SOUVENIRS DU PROVENCAL


- Le Provencal vu par Jean-Pierre LEBBE - 1971

- Armement du Provencal et un certain mois de Février 1960

- Trois jours en mer

- Exercices avec le Gustave Zédé

- Equipage et divers




En 1971, Jean-Pierre LEBBE était secrétaire du commandant du Provencal, poste sans doute pas toujours facile, mais dont il semble avoir gardé un très grand souvenir car il est resté en contact avec l'ancien capitaine de corvette BERGOT, la vie sur un bateau crée des liens indéfectibles, "marin un jour, marin toujours".




Combien de marins ne se sont pas faits photographier sur une tourelle, tube lance-torpilles ou mortier ASM, inconsciemment ces objets faisaient tellement partie de notre vie qu'ils devaient également être immortalisés. Voici Jean-Pierre sur un des canons de 57 mm, on voit bien ici le tube de récupération des gaz qui rendait le chargement de la pièce automatique. (photo Jean-Pierre LEBBE - 1971).



Un autre "mise en valeur" de l'affût double de 57 mm. A l'arrière plan, on peut aperçevoir un autre E52b et l'arrière d'un pétrolier, l'Isère ou la Charente. (photo Jean-Pierre LEBBE - 1971).



Le capitaine de corvette BERGOT, commandant du Provencal en 1971, il pose sur l'aileron tribord, devant lui un compas de relèvement. (photo Jean-Pierre LEBBE - 1971).



Vue intérieure de la passerelle du Provencal. Elle est a comparer à celle, découverte, des E50 ou des premiers E52, un peu plus comfortable quand même. Le CC BERGOT est assis dans la chaise du commandant. L'ambiance semble détendue et au vu des tenues, la photo est prise en été. Le capitaine de corvette BERGOT à été commandant du Provencal de mars 1971 à août 1972. (photo Jean-Pierre LEBBE - 1971).



La dédicace du capitaine de corvette BERGOT à Jean-Pierre LEBBE qand ce dernier à quitté le Provencal en décembre 1971. Cette dédicace est écrite sur la photo prise lors de l'escale du Provencal à LEIXOES au Portugal. Ce genre de "souvenirs" est assez rare et n'en est que plus émouvant. Il dit assez bien le rapport entre la solitude du commandant et celui qui partage sa vie de tout les jours. Merci à Jean-pierre LEBE pour ces documents. (photo Jean-Pierre LEBBE - 1971).





Armement du Provencal et un certain mois de février 1960



Peu après son armement, le contre-amiral Ploix passe en revue l'équipage du Provencal, nous sommes en Novembre 1958.  (photo parue dans le "Cols Bleus n°1882 du 1er février 1986).



Nous sommes maintenant en 1960. Cette photo montre un amiral qui monte à bord pour une inspection générale. Le Provencal est à Mers-el-Kebir (avril 1960).

A cette époque les escorteurs rapides participaient aux opérations au large de l'Algérie, ils surveillaient le traffic naval afin de capturer les cargaisons d'armes destinées au FNL. Dans l'article de "Cols Bleus", le contre-amiral Sabbagh, qui a été le premier commandant du Provencal et l'a quitté en avril 1960, nous raconte quelques anecdotes qui se sont passées en février 1960, je lui laisse la parole :

"Le 12 février, nous lisons un avis aux navigateurs aériens : Eviter le survol de la zone des essais nucléaires de Reggane au Sahara. Il y avait une grande excitation sur les ondes. Si le tir avait lieu, comment allait se développer la zone de pollution et se déplacer le nuage de l'explosion ? Le bord était équipé pour vérifier ces éléments dans son secteur. Nous voilà aux postes de veille radiologique. Le 13, peu après 7 heures, l'amiral préfet maritime annonça en phonie la réussite du premier tir nucleaire français. Quelques heures plus tard il était évident que la radioactivité était nulle sur la côte. L'amiral nous donna l'ordre de faire escale à Melilla (enclave espagnole au nord du Maroc). Après l'appareillage, on reconnut un paquet de chalutiers espagnols occupés à des opérations "anormales" au large et par grand fonds. Mouillaient-ils , à la tombée de la nuit des conteneurs qui en dérivant vers la côte forceraient notre blocus ? En approchant des "suspects", on constata que ces chalutiers faisaient simplement leur métier. Ils pêchaient. Comment cela pouvait-il se faire pas grand fonds ? Tout simplement parce que nos cartes étaient incomplètes. Il y avait là un très grand banc poissoneux et bien connu - nous le sûmes plus tard - des Espagnols et des sous-mariniers allemands de la dernière guerre qui l'utilisèrent pour se dérober pendant les attaques sur le rail des convois d'Oran. Pendant deux jours, nous fîmes le relevé de ce banc. Nous le baptisâmes "BANC DES PROVENCAUX". Le Service Hydrographique de la marine retient cette appelation et la fit figurer sur les cartes".   (photo et article parus dans le "Cols Bleus n°1882 du 1er février 1986).
 


Les électriciens d'armes du Provencal, réunis plage arrière pour la postérité. A Toulon en Avril 1960. On aperçoit à gauche une partie de porte-avions.  (photo parue dans le "Cols Bleus n°1882 du 1er février 1986).



Voici l'auteur de l'article de 1986 lors de sa prise de commandement du Provencal le 1er Novembre 1958.Cette photo m'a été envoyée par un habitué, j'ai nommé Johann Migalski qui l'a trouvée dans un ancien "Cols bleus" sans doute de 1998 à en croire la légende. Nous somme devant le bloc passerelle sur le roof de l'affût de 57 avant.  (photo parue dans "Cols Bleus en 1998).

"Retour à la page au debut de la page"



Trois jours en mer

Je suis depuis quelques jours l'heureux propriétaire d'une collection d'anciens "Cols Bleus" des années 1970 et 1980. Je suis en train de les savourer et j'y trouve beaucoup de matière qui me fait revivre mes années "marine". En tout bien tout honneur, je commence par le Provencal, je sais c'est totalement arbitraire !!

Voici donc des documents tirés d'un article écrit par Jean-Louis ANDREANI et paru dans le "Cols Bleus" n° 1569 du 2 juin 1979. IL évoque une "sortie" pour exercices de 3 jours avec l'Alsacien et le Vendéen, comme nous en faisions très régulièrement.

  



 










Les escorteurs rapides en ligne de file, la photo est prise depuis le Provencal, suit ensuite l'Alsacien et le Vendéen qui ferme la marche. Jean-Louis ecrit dans son article "  ...Le Provencal a hissé le pavillon jaune et bleu du chef de file. On mesure au micromètre "Fleuriais", la distance qui nous sépare de l'Alsacien. Trop courte. L'Alsacien lui aussi s'en rend compte et entame une "baïonnette" pour se placer à bonne distance ..." (Photo "Cols Bleus - 1979)















"Elle est partie" . Durant cet exercice, les escorteurs devaient protéger le pétrolier L'Isère d'attaques de sous-marins. A 9h le sonar a accroché une cible, en l'occurence le sous-marin de 400 tonnes l'AMAZONE. Le submersible se dérobe et le Provencal le perd. Quelques minutes plus tard, le contact sonar est rétabli, cette fois suffisament longtemps pour pouvoir armer le DUBA en attaque, ensuite calcul de distance, temps de parcours, puis "Alerte" suivi de "feu !", et l'annonce laconique "torpille partie.". L'article mentionne que l'Amazone n'a pas réussi à passer le barrage des escorteurs. Ca a l'air simple, je me souviens pourtant que pour quelques minutes d'excitation, il y avait des heures de veille et de fausses alertes qui se terminaient souvent par un match nul. J'avais beaucoup de respect pour les gars en dessous que nous "chassions". (Photo "Cols Bleus - 1979)







Voici une photo du PC ASM (anti sous-marins). Le centre nerveux du bateau pour la lutte contre les sous-marins. Quand la chasse est commencée, c'est d'ici que les ordres fusent, vers la passerelle et l'homme de barre en coordination avec le CO (central opérations) et la table tracante ASM. (Photo "Cols Bleus - 1979)












Après l'action, le réconfort. Voici une vue de la cafératia du Provencal. D'accord, c'était pas le restaurant du "Lutécia", mais c'était un très grand progrès par rapport à la "gamelle" d'avant et pendant la 2ème guerre. Néanmoins, les rapides étaient très effilés et légers, la mer un peu forte rendait le maniement du plateau repas assez hasardeux, mais avec l'habitude, on pouvait s'en sortir.(Photo "Cols Bleus - 1979)














"Et maintenant, chers auditeurs ...." Voici dans toute sa splendeur le second-maître "sorcier", j'ai nommé l'infirmier-coopérateur-animateur de RADIO PROVENCAL. Dans le petit PC Trans, il animait le soir notre petite radio locale entre 18h et 20h, c'était bricolé, mais je vous assure que ça ne respirait pas la mélancolie. Si il se reconnait, j'aimerais bien qu'il prenne contact. (Photo "Cols Bleus - 1979)
















Pour finir, une photo d'une partie des membres du poste d'équipage N° 3. Si je me souviens bien c'était le poste de l'arrière, le plus confortable quand la mer était mauvaise. C'est le premier poste que j'ai occupé en embarquant à bord, avant d'avoir une banette dans le poste 1, mais à 20 ans on se fait à beaucoup de choses.  Malgré l'exiguïté des lieux, ces couchettes représentaient un réel îlot d'intimité une fois le rideau tiré. Je me souviens du respect de chacun pour ces moments de calme et les besoins de solitude. (Photo "Cols Bleus - 1979)















"Retour à la page au debut de la page"



Un transfert de personnel à la mer avec le GUSTAVE ZEDE en février 1969

J'ai reçu d'un ancien du Gustave Zédé, Jean-Claude BLOT, une série de photos dont celles qui suivent, prises lors d'un transfert de personnel à la mer entre le Provencal et le Gustave Zédé, TATAVE pour les intimes. Je m'intéresse surtout aux rapides mais allez sur son site à http://gouyette.free.fr, il y a un tas de photos intéressantes, et des souvenirs encore très vivants. Pour contribuer à garder la mémoire de nos anciens bateaux, merci à Jean-claude pour sa contribution.

 



Cette photo, comme les suivantes est prise depuis le Gustave Zédé, Le Provencal se présente sur le babord du Gustave Zédé. (photo Jean-claude BLOT - Février 1969)




La suite logique de la photo précédente, l'équipe de manoeuvre est prête plage avant à recevoir l'aussière pour le transfert. (photo Jean-claude BLOT - Février 1969)




Les deux bateaux sont côte à côte, un cable est tendu entre eux, on y fait passer une chaise metallique dans laquelle un "volontaire" à pris place. A droite, on voit bien les superstructures du Gustave Zédé, l'architecture des bateaux de cette époque était beaucoup plus compliquée que celle des navires actuels, néanmoins ça leur donnait un air beaucoup plus humain. Il faut rappeler que le "Tatave" était un ancien bateau allemand prise de guerre, qui à fait une longue carrière dans la marine. Allez sur le site de Jean-claude, vous y verrez beaucoup d'autres photos du Gustave Zédé, de la pomme du mât au fin fond des machines. (photo Jean-claude BLOT - Février 1969)



Le "volontaire" est récupéré sain et sauf, l'exercice est terminé, on range le matériel, comme on peut le voir plage arrière, ce genre d'exercice, il faut bien le dire impressionnant à toujours son public. (photo Jean-claude BLOT - Février 1969)





Les machines sont mise en avant rapide, le Provencal semble s'ébrouer après être resté attaché à son collègue de travail, il y a toujours un rique à ces ravitaillements, on est en général assez rassurés quand c'est terminé. (photo Jean-claude BLOT - Février 1969)

"Retour à la page au debut de la page"

Souvenirs d'équipage et divers




Nous sommes le 31 décembre 1975, c'est le réveillon de nouvel an sur le Provencal pour ceux qui sont restés à bord. C'est Paul Perraudin, peintre de la marine, qui a croqué quelques vues de l'évènement. Je me souviens que je faisait partie de la fête. Je me souviens aussi qu'à minuit pile, tous les bateaux de Toulon ont allumé leurs projecteurs et fait marcher leurs cornes de brume, c'était assez magique. (dans "Cols Bleus" décembre 75 - par Paul Perraudin).







le 23 septembre 1972, le Provencal revient d'une mission en ocean Indien. La musique des équipages de la flotte l'accueille sur le quai, les familles sont là, on a beaucoup de mal a oublier ces moments. Le Picard accompagnait le Provencal dans son périple asiatique. (Photo "Cols bleus" - 1972)














Fin novembre 1980, Par un triste et pluvieux aprés-midi, le Provencal est retire du service actif, les couleurs sont rentrées pour la dernière fois en présence d'une délégation de l'équipage et d'anciens commandants. Ce moment est toujours émouvant et triste en pensant à tous ceux pour qui ce bateau a été le lieu de travail, la maison et sans doute en peu plus encore. (Photo "Cols bleus" - 1980)









Cette photo est prise plage arrière du Provencal le 17 septembre 1975, lors d'une prise de commandement. Une certaine tension se lit dans les yeux de l'équipage, surtout ceux du quartier-maître fourrier à gauche, qui n'est autre que votre serviteur.

"Retour à la page au debut de la page"

"Retour à la page Souvenirs"