-T e x t e s - d e s - c h a n s o n s -
"DES MECS BIEN".
Un mec bien.
Le papa de mon copain qui est vraiment un mec bien
A décidé ce matin de transformer sa salle de bain.
L'éclairage est mal placé a dit son ami l'pompier
Quelqu'un pourrait le toucher et puis s'électrocuter.
La première étape, c'est s'asseoir et réfléchir
On s'lance pas comme ça dans un travail délicat
L'électricité il faut bien la maîtriser
La moindre connerie pourrait tout faire péter.
Pendant ce temps, la maman d'mon copain s'occupe des enfants.
Il y en a trois à habiller et quatre chambres à ranger.
Le papa de mon copain qui est vraiment un mec bien
Une fois onze heures du matin se lève enfin plans en main
Deux bonnes heures pour les tracer sur papier millimétré
La lampe n'a qu'à bien s'tenir un tournevis va l'ouvrir.
La deuxième étape c'est s'asseoir et réfléchir
On s'lance pas comme ça dans un travail délicat
Va falloir ach'ter les matériaux nécessaires
Une liste est dressée, y'a plus qu'les achats à faire.
Pendant ce temps, la maman d'mon copain s'amuse avec les enfants
Tout en passant la serpillière et que cuit un lapin à la bière.
Le papa de mon copain qui est vraiment un mec bien
Dès qu'il a fini d'manger dans son auto part ach'ter
Tout ce dont il a besoin, le magasin n'est pas loin
Pas de bol il est fermé, une heure il doit poireauter.
La troisième étape c'est s'asseoir et réfléchir
On s'lance pas comme ça dans un travail délicat
Comment découper le plafond sans l'abîmer
Il faut emprunter un burin chez le voisin.
Pendant ce temps, la maman d'mon copain s'occupe dans le jardin :
Quand l'potager est nettoyé, le sèche-linge se met à
sonner.
Le papa de mon copain qui est vraiment un mec bien
Vient avertir la maman qu'il va couper le courant
Elle s'arrête de repasser, un drame va se jouer :
La télé va s'arrêter, les enfants vont chahuter.
La dernière étape, c'est s'asseoir et s'reposer
Fait trop noir maint'nant pour pouvoir continuer.
Dès demain matin y s'remettra au turbin
Qu'est-ce qu'il est heureux d'être un papa courageux.
Bientôt la maman ira coucher les enfants
Il est épuisé, il se f'ra un peu masser.
Marc Nicolas.
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La fièvre.
Chaque année en juillet la fièvre montait à la maison.
Mes parents entassaient dans la voiture valises et paquets.
Nous partions en vacances
Ils me disaient que j'avais de la chance
J'devais penser aux malheureux
Q'avaient pas de sous et restaient chez eux.
Moi j'vous avoue j'étais envieux
Tous mes copains étaient fauchés
Imaginez c'qu'on se s'rait marrés
Si mes parent s'étaient ruinés.
Quand la pendule sonnait cinq heures, mon père sortait de sa torpeur
Il tendait d'une main sévère à la mère l'itinéraire.
Arriba Espana Moi j'aime pas l'Espana
J'ai horreur du flamenco des olives et du poisson
Le soleil convient pas à ma peau je suis couvert de p'tits boutons.
Deux jours coincé dans les bouchons
J'rêvais de téléportation
Mais y'a ça que dans les feuilletons
Star Trek c'est bien d'la science fiction.
C'est fou comme à cinquante à l'heure
Les pères chauffent autant qu'leurs moteurs
Coincés entre deux caravanes
Sur les nationales catalanes
Et quand enfin on arrivait n'allez pas croire qu'on s'reposait
Dans notre appartement clapier y f'sait plus de quarante degrés.
Je vous fais grâce d'la description
D'un mois dont la seule distraction
Est de rôtir au bord de l'eau
Une heure de face une heure de dos.
Et quand enfin venait le jour
Tant attendu du grand retour
C'était bien sûr pour se taper
Le même cauchemar qu'à l'aller
Si comme moi vous faites partie de cette étrange minorité qu'une heure de plage rend fou à lier, n'hésitez pas à me contacter : nous formerons un syndicat, on s'installera en Alaska
Arriba Alaska Moi j'adore le grand froid
Dans un igloo aux murs gelés
Enfin je pourrai prendre mon pied
Bien au chaud sous mon édredon
A r'garder tomber les flocons.
Marc Nicolas.
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La musique de mes grands-parents.
Il n'y a pas si longtemps
Un soir que mes parents
Sortaient pour s'amuser dans un lieu mystérieux
Où vont parfois danser les vieux
J'ai trouvé oubliés tout au fond du buffet
Chez papy et mamie où je passais la nuit
De vieux disques en français
La musique de mes grands-parents nous parle d'un temps
Où guidés par de bons sentiments tout le monde était
charmant.
La musique de mes grands-parents nous parle du bon temps
Où chacun vivait content
enfin c'est c'que m'dit grand maman.
Les milords cueillaient les roses blanches, les moulins abritaient les
amours
Des légionnaires à leur retour de Java Mexico ou Hambourg.
Quand papa noël descendait du ciel
C'était en diligence sur les chemins de France
Qu'il offrait ses jouets
Quant aux demoiselles assises sur les balançoires
Elles rêvaient d'orangers de salades de fruits
Et n'avaient pas de soucis
La musique de mes grands-parents nous parle du bon temps
Où chacun vivait content
enfin c'est c'que m'dit grand-maman.
Il y a bien un détail pourtant qui me rende assez méfiant
:
Deux guerres mondiales, c'est embêtant, ça s'oublie pas si facilement
Les milords cueillaient les roses blanches pendant qu'les bombes thermonucléaires
Précipitaient le retour des légionnaires en mal d'amour
De Tobrouk, Berlin ou Hambourg
Tarawa, Midway Pearl-harbour
Le bon temps, j'le trouve un peu lourd
Le bon temps, j'le trouve un peu lourd.
Marc Nicolas.
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Les magiciens du pré-emballé.
Je connais une maison dont je connais le nom
Où habillés de blanc exercent leur talent
Les magiciens du pré-emballé.
Ils sont docteurs ingénieurs ou vétérinaires
Ont créé l'industrie agroalimentaire
Les magiciens du pré-emballé.
J'ai vu à la télé de gros hommes bien payés
Faisant de la réclame pour tranches sous cellophane
Quels sont ces bidules sous plastique ?
C'est rose et mou on dirait du mastic.
Quels sont ces bidules sous plastique ?
Paraît qu'ça s'mange mais moi je suis sceptique.
Face aux questions posées je ne pouvais rester
Sans étudier de près les mets qu'on nous vantait.
Alors je suis entré dans un super-marché
Décidé à acheter tout ce qu'y proposaient
Les magiciens du pré-emballé.
Une ravissante caissière m'a dit le regard fier :
Dans le rayon du fond sont toutes les créations
Des magiciens du pré-emballé.
Une goutte de plasma, un zeste d'amidon
Une lampée de dextrose voici un saucisson
Quels sont ces bidules sous plastique ?
C'est rose et rempli d'acide ascorbique.
Quels sont ces bidules sous plastique ?
Si c'est d'la bouffe elle est psychédélique.
J'ai des nuds dans les tripes et l'estomac qui flippe
Le glutamate de sodium ça nourrit donc son homme !
Maintenant je comprends pourquoi
Les vaches en voyant ça
Entament des farandoles et s'font passer pour folles.
Marc Nicolas.
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Il pleut.
Il pleut dans le jardin
L'orage gronde soudain
Le sentier où j't'ai vue passer
Sera bientôt dévoré
L'eau n'arrête pas de tomber
Le ciel en est lacéré.
Il pleut dans le jardin
Un torrent gonfle au loin
Des escargots empressés
Se gavent de salades pommées.
Le ch'min que tu as emprunté
Ne peut te mener qu'au milieu des prés
Je sais qu'tu es allée te réfugier
Dans la vieille grange abandonnée.
Il pleut dans le jardin
J'patauge sur le chemin
Mes vêtements sont transpercés
J'm'en fous je cours te r'trouver
Les grenouilles de l'étang
Répètent en chur leur tour de chant.
Ton t-shirt détrempé
Te va comme un gant mouillé
Et comme la pluie ne va pas s'arrêter
Personne ne viendra nous déranger
Il pleut dans le jardin
Marc Nicolas.
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Même les enfants.
Maman dit : " t'en fais pas dors maintenant.
Tu comprendras quand tu s'ras grand. "
Mais moi j'm'en fous,
Même les enfants s'posent des questions de temps en temps.
A l'heure où même le clown au pied du lit
Semble oublier qu'le jour il rit.
Quand toutes mes peluches sont endormies
Moi dans ma tête j'ai comme un cri :
Pourquoi papa il est parti ?
Marc Nicolas.
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Parlons d'argent.
Monsieur Léon pour du pognon dit jamais non
Monsieur René peut s'oublier pour de l'argent vite gagné
Monsieur Emile se fait d'la bile quand l'grisby file
Monsieur Julien il aime bien vivre au-dessus de ses moyens
Monsieur Alec s'il est à sec cherche des Kopecks
Madame Audrey pour des billets a épousé un freluquet.
Tune tune tune, c'est pas l'facteur qui sonne
Tune tune tune c'est comme ça qu'on le nomme
Le blé qu'il faut gagner pour pouvoir subsister
L'magot qu'il faut couver pour pas se l'faire piquer.
Monsieur Eric qui croule sous l'fric est diabolique
Monsieur Gaston qui a pas un rond est malgré tout un brave garçon
Madame Mireille dort plus elle veille sur son oseille
Madame Gervaise quand y'a plus pèse appelle son jules y'a pas d'malaise
Tune tune tune
L'pognon qu'faut grapiller pour pouvoir prendre son pied.
Monsieur Edmond c'est un champion des picaillons
Madame Arlette qui est replète n'est pourtant pas bourrée d'galette
Madame Manon n'a pas d'biffetons elle c'est bidon
Sans qu'on n'le pousse d'une voix très douce monsieur Alain parle de
son flouze.
Tune tune tune
L'oseille qu'il faut banquer pour pas s'faire arnaquer.
Le pèse qu'il faut cracher rien qu'pour pouvoir becqu'ter.
Marc Nicolas.
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Déménager.
Quand j'suis arrivé dans ma nouvelle classe au milieu de l'année
Quand j'ai rencontré ceux qui allaient devenir mes copains, c'est forcé
Je pouvais pas imaginer jusqu'où cela allait me mener
De déménager, changer de maison
Déménager, me refaire un nom.
Tu m'as regardé petite fille rousse d'la troisième rangée
Ton p'tit nez froncé, tes taches de rousseur et tes cheveux frisés
Semblaient déjà me parler
J'savais même pas te nommer.
J'venais de déménager
Les jours ont passés j'ai vite compris comment m'faire accepter
Fallait pas parler à la p'tite fille rousse mais plutôt se moquer
Des taches de rousseur et des cheveux frisés
Que je n'osais plus regarder.
J'venais de déménager .
Cesse donc eh carotte de me suivre partout.
Les filles amoureuses, nous les mecs on s'en fout
L'année a coulé les vacances enfin mais j'peux pas l'oublier
J'sais qu'je m'suis trompé et j'aimerais tellement pouvoir retrouver
Ses tâches de rousseur et ses cheveux frisés
Que j'aimerais tant caresser
Mais elle a déménagé, changé de maison.
Déménagé
. A quoi me sert mon nom ?
Marc Nicolas.
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Gros Louis blues.
On m'appelle Gros Louis
Je suis le dur de la classe
On m'appelle Gros Louis
Pour les biceps je suis un as
Même que l'prof m'a dit :
" Le plomb tu l'as. Dommage que c'est pas à la bonne place ! "
Oui c'est bien moi Louis
C'est vrai qu'on tremble quand je passe
Ouais c'est bien moi Louis
Que je sois tendre ça vous dépasse
Même que j'en rêve la nuit
Si vous saviez combien mon image me lasse
Je sais c'est moi qui ai gravé
A bas les profs sur le pommier
Oh oui c'est moi qui ai collé
Mes vieux chewing-gum sur l'escalier
Et encore moi qui ai renversé
Mon pot de colle sur vos cahiers.
Je suis le roi des emmerdeurs
Celui qui s'bat tous les quarts d'heure
Celui qui fait verser des pleurs
A toutes les filles qui crêvent de peur
Ca vous connaissez pas l'bonheur
Qu'j'éprouve à être une vraie terreur.
Oui c'est bien moi Louis
J'suis bien le dur de la classe
Oui c'est bien moi Louis
C'est tout ce que j'ai trouvé pour me faire une place...
Marc Nicolas.
C'est tout c'que j'ai trouvé pour me faire une
place.
Marc Nicola
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Potron-minet blues.
S'éveiller, s'étirer, s'engourdir, s'assoupir
Sursauter, se lever et bailler se chausser
Puis tourner, renverser, et beurrer, tartiner
Déjeuner, avaler, déglutir sans faillir
Puis s'dresser, s'déplacer, discuter
Faire couler, bien frotter pour s'laver.
S'habiller, enfiler, bien lacer, boutonner
Se coiffer, s'admirer, s'faire gronder, s'dépêcher
Dévaler, s'engouffrer, oublier, remonter
Puis s'asseoir, s'émouvoir, s'disputer puis pleurer
Et crier, bouder, s'faire consoler
Pardonner, oublier, rigoler.
Arriver, débarquer, embrasser, s'retourner
Se ruer, s'amuser, s'dépenser, trébucher
S'bousculer, se ranger se calmer pour entrer
Et on voudrait après tout ça
Que j'aie encore ma tête à moi
C'qu'y m'faudrait, c'est un bon lit douillet
Y rester, attendant une récré.
C'qu'y m'faudrait, c'est un bon lit douillet
M'y r'poser espérant la récré.
Marc Nicolas.
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Qu'il est bien.
Qu'il est bien avec sa télé
C'est par elle que sa vie est réglée.
Il l'aime, y peut plus la quitter
Quel bonheur de s'laisser dériver
Au gré des publicités
Elles le font tellement planer
Surtout depuis qu'il peut tout ach'ter
Sans s'bouger
Suffit de téléphoner.
Qu'il est bien avec sa télé
C'est par elle que sa vie est réglée.
Dans sa maison il s'est calfeutré
Tous ses rêves il les a oublié.
Proposez-lui donc de rater
Un de ses shows échev'lés
Vous le verrez se marrer
Puis refuser
Ce serait comme la tromper.
Qu'il est bien avec sa télé
C'est à vingt heures qu'il doit s'informer
Il grignote des biscuits salés
Pendant qu'elle montre des réfugiés affamés
Des innocents bombardés
Des enfants exploités.
Que le monde est dégoûtant
Mais qu'est-ce qu'on l'oublie devant
Un écran.
Marc Nicolas.
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Tout était bien.
Au commencement était la Terre.
Prisonnière de la grande ronde céleste, elle s'ennuyait un peu.
Partageuse et pas farouche, elle laissa l'air, l'eau, les végétaux
puis les animaux
Aller et venir librement sur son dos.
Ca la chatouillait un peu, la Terre, mais elle était heureuse : tout
était bien.
C'est alors que l'Homme entra dans le bal
Grisé par sa posture verticale
Il se proclama roi du règne animal
Décidant de ce qui est bien, de ce qui est mal.
D'un appétit sans égal,
Le nouveau venu était un commercial.
Ca l'inquiétait un peu, la Terre.
Mais tout était bien.
Lorsque l'Homme comprit que la Terre était source de vie
Il en prit possession comme on cueille un épi.
Domestiquer la nature à son seul profit
Fut donc le moteur de sa barbarie.
Il n'eut de cesse que d'avoir tout envahi
Recouvrant les sols de béton et de cambouis
Gonflant les eaux de ses saloperies
Laissant à l'air les miasmes de ses industries.
C'est alors que l'Homme se dit : Je suis le maître ici.
Qui me fait encore de l'ombre ?
Les autres hommes, pardi !
Depuis ce jour, elle se marre, la Terre.
Elle se marre car elle sait que l'Homme termine toujours ce qu'il a commencé.
Et comme sa dernière trouvaille s'appelle la guerre,
Elle sait que bientôt elle n'aura plus aucun soucis à se faire
La Terre.
Marc Nicolas.
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Quelques chansons créées avec des enfants ou adolescents pendant des séances d'écriture.
Chanson écrite en 2005 avec un groupe d’enfants de 8 ans. Le choix des métiers considérés comme non désirés dans le dernier couplet n’est que l’expression de leur ressenti et bien sûr cela n’engage qu’eux…
Moi plus tard, je serai pompier, artiste peintre, pilote d’avion
Maîtresse d’école, mécanicien, tondeur de pelouse
Boulangère, sonneur de cloches, laveur d’voitures
Mangeur de frites, suceur de bonbons
Maçon ou ministre
Mais ce que je veux avant tout,
C’est m ‘amuser partout
J’veux pas d’un métier ou j’devrai m’ennuyer
Moi plus tard, je serai chanteur, parachutiste, grand magicien
Laveur de feuille, tireuse de cartes, frotteur de lunettes
Vendeur ne noix, coupeur de langues, tueur de rats, voleur de mouches
Bûcheron, lécheur de timbres ou imprimeur d’argent
Mais ce que je veux avant tout,
C’est m ‘amuser partout
J’veux pas d’un métier ou j’devrai m’ennuyer
Maman m’a dit que travailler c’était sérieux qu’il valait mieux
Un peu s’ennuyer mais bien gagner sa vie
Je suis d’accord mais tout d’abord soyons bien clairs
L’argent n’est pas la seule chose qui pour moi
Compte dans la vie
Moi, ce que je veux avant tout,
C’est m ‘amuser partout
J’veux pas d’un métier ou j’devrai m’ennuyer
Moi plus tard, je ne serai ni policier ni éboueur ni égoutier
Ni guitariste encore moins soudeuse
Ni catcheur ni militaire ni banquier ni assureur
Je ne sais pas ce que j’serai
Mais j’espère que je l’aimerai
2005. Enfants de huit ans. Si le thème peut surprendre, il s’explique par le décès d’une maman d’un élève du groupe dans les mois qui précédaient mon arrivée…
On a huit ans et on se pose des questions
C’est énervant, on s’prend la tête pour de bon
Est-ce que plus tard on sera toujours réunis
Ou est-ce que le hasard nous clouera dans un lit ?
On est sûrs d’une chose, c’est qu’on va tous mourir
Que ce soit dans cent ans, cinquante ou même pire
C’qui est important, c’est notre vie
C’est le présent pour construire l’avenir
Dans notre école, on se fait des amis
On s’amuse bien, et surtout on réfléchi
On est sûrs d’une chose, c’est qu’on va tous mourir
Que ce soit dans cent ans, cinquante ou même pire
On est sûrs d’une chose, c’est qu’on va tous mourir
Que ce soit dans cent ans, cinquante ou même pire
Bien travailler, c’est parfois fatigant
On peut s’énerver, baisser les bras de temps en temps
Mais si on veut pouvoir choisir notre vie
Puis être heureux, chaque matin se lever joyeux
Même si on est sûrs qu’d’une chose, c’est qu’on va tous mourir
Que ce soit dans cent ans, cinquante ou même pire
On sait que c’est maintenant que l’avenir se décide
Peut importe comment ou quand on s’en ira
La seule chose qui compte vraiment
C’est qu’aujourd’hui on est là !
2002. Enfants de huit et neuf ans . Un phantasme…
Refrain :
Si j’avais une baguette magique, si j’étais un grand magicien
Ou un fée, ce serait magnifique, j’vous le jure, je m’en servirais bien
Je réfléchirais dix fois avant de faire n’importe quoi
Je ne lancerais de mauvais sorts qu’en tout dernier ressort
A l’école, mon cartable ensorcelé
Travaillerait à ma place
Pendant que j’s’rais en récré
Le professeur qui aime tant nous faire bosser
Ne s’apercevrait de rien
Pétrifié dans sa classe
Refrain.
A la maison, mes parents seraient contents
Faut dire que j’les câlinerais bien
Une fois que j’les aurais changés en chien
Les armoires déborderaient de friandises
Et aussi il faut que j’vous dise
J’inviterais tous mes copains
Refrain.
Aux commandes de mon tapis volant
Je découvrirais le monde
J’en f’rais l’ tour en quelques secondes
Et si un jour j’en avais assez
J’ n’aurais qu’à tout annuler
Quitte à recommencer
Mais je n’ai pas de baguette magique
Je n’suis pas un grand magicien
Ni une fée, c’est dramatique
Ca me désole, mais je n’y peux rien
Finalement ce n’est p’t’être pas plus mal
J’aurais p’t’être fait n’importe quoi
J’crois que j’préfère le monde normal
Ma vie, je l’aime comme ça !
2004. Enfants de dix et onze ans. Extrait d’une comédie musicale où les terroristes du M.L.E.M. (mouvement de libération des enfants mécontents) prenaient le public en otage pendant cinquante minutes pour lui présenter ses revendications. Le spectacle étant sensé se passer à l’intérieur d’un studio de télévision, l’ensemble était filmé par les enfants eux-même et projeté en direct sur un écran se trouvant au fond du plateau.
La première chose qu’il faut savoir
C’est qu’un enfant a peur du noir
Il est donc très important
De le garder avec les grands
Sachez qu’aucune conversation
Ne le laisse indifférent
Laissez-le donc écouter
Toujours tout c’que vous racontez
Libérez, libérez
Les enfants qu’vous élevez
Libérez, libérez
Les enfants qu’vous avez
La deuxième chose qu’faut respecter
C’est son accès à la télé
Il doit être illimité
Y’a pas d’heure pour s’cultiver
Le matin s’il est fatigué
Parce qu’il l’a trop regardé
Laissez-le donc se reposer
L’école ça sa peut s’oublier
Libérez, libérez les enfants qu’vous élevez
Libérez, libérez les enfants qu’vous avez
Le dernier point fondamental
Et l’oublier serait fatal
C’est d’choisir une habitation
Toujours en fonction d’la saison
L’été la mer c’est évident
C’est le seul endroit convaincant
L’hiver la montagne c’est amusant
S’en priver serait trop frustrant
Libérez, libérez Les enfants qu’vous élevez
Libérez , libérez les enfants qu’vous avez (Bis)
Chez moi. (réflexions sur la vie)
2005. Handicapés mentaux de seize à vingt ans. Caractériels et autistes légers. Gagner leur confiance n’a pas été une mince affaire. Mais une fois cela acquis, quel bonheur, et quelle richesse…
Chez moi, à la maison
Il y a papa et maman
Ce n’est pas très original
Mais chez moi ça se passe mal
On se dispute, on se chamaille
Et vlan, un coup de ceinture
Un poing dans ma figure
Une chaise dans le carreau
On en a plein le dos !
Moi j’ai souvent l’impression
D’être celui qui est de trop
J’aimerais pouvoir m’en aller
Prendre enfin ma liberté
Mais pour manger
Faut un métier !
J’ai lu les p’tites annonces
J’suis allé me présenter
Mais ça n’a pas marché
Sur ma tête on m’a jugé
Et pourtant s’il est vrai
Que quand il faut lire et calculer
J’ai du mal à m’appliquer
Je sais qu’j’pourrais quand même travailler
Il suffirait de bien m’expliquer
Comme ça, j’gagnerais ma vie
J’fondrais une famille
J’vivrais dans ma maison
Remplie de chansons
Chez moi à la maison
Il y aura mes enfants
Ce n’est pas très original
Mais si un jour ils ont mal
Je serai là pour les écouter
Chez moi, à la maison …
C’est important.(chanson sociale)
2005. Enfants de huit ans. Chanson écrite pendant les troubles secouant les banlieues françaises. Une vision particulière du racisme ordinaire.
On a peur des voleurs, des loups, des promeneurs
Des kidnappeurs, des bagarreurs, des bus qu’sont pas à l’heure
C’est important, d’être en sécurité tout le temps (bis)
On a peur des araignées, des scorpions, des sangsues
Des requins, des oursins et même des gros chiens
Mais c’est important, d’être en sécurité tout le temps (bis)
Moi j’ai trouvé une solution qui règle le problème pour de bon :
Je reste enfermé dans ma chambre assis sagement à attendre !
On a peur des Indiens, des Martiens, des Maghrébins
Les étrangers qu’on ne connaît pas, ça fait peur oh là là
C’est important, d’être en sécurité tout le temps (bis)
On a peur de tous ceux qui ne pensent pas comme nous
On a bien envie de leur dire : « allez, rentrez chez vous ! »
C’est important, d’être en sécurité tout le temps (bis)
Il y a bien un problème pourtant : c’est qu’dans l’école cinquante pour cent
De nos amis sont étrangers et qu’on ne veut pas être séparés
C’est important, d’être en sécurité tout le temps
Oui mais pourtant, sans risque il n’y a jamais de gagnant…
C’est compliqué (la vie). (réflexions sur la vie)
2002. Enfants de huit et neuf ans. Du désagrément de ne pas être un enfant unique. Un grand classique.
J’aime le chocolat, mais pas quand il coule sur mes doigts
J’aime aussi le nougat, mais quand il colle, ça ne me plait pas
J’aime aussi mes parents, sauf qu’ils crient trop souvent
Et j’aime mes frères et sœurs, surtout quand ils sont ailleurs
Refrain :
C’est compliqué, la vie
Rien n’est jamais ni blanc ni noir
Parfois j’aurais envie
Que tout se passe sans histoire !
J’aime beaucoup mon chien, mais quand il bave, je le tuerais bien
J’aime aussi les bébés… pourquoi doivent-ils toujours crier ?
J’aimerais beaucoup conduire, mais l’accident me fait frémir
Et j’aime mes frères et sœurs, surtout quand ils sont ailleurs
Refrain.
J’aime beaucoup la nature, mais quand il pleut quelle aventure !
J’aime aller à la mer, mais le sable qui colle, ce n’est pas super
J’aime faire de la musique… quand faut en jouer ça se complique
Et j’aime mes frères et sœurs, surtout quand ils sont ailleurs
Refrain.
P’t’être bien qu’y aurait moyen
De simplifier tout ça
Si ce n’est que j’ai bien
Des frères et des sœurs sur les bras !
Comment nourrir un enfant. (chanson de révolte)
2004. Enfants de dix et onze ans. Extraite du spectacle « prise d’otage ».
Ref :
Cette chanson va vous apprendre
Comment nourrir un enfant
Y’a des choses à éviter
Et d’autres à n’pas louper
Les légumes n’y pensez même plus
C’est pas bon, nous on n’en veut plus
Vous nous dites que ça fait grandir
On n’y croit plus, ça nous fait bien rire
Regardez Grand-papa Grand-maman
Ils en mangent tous les jours tout le temps
Pour leur parler, il faut s’abaisser
J’ai beau r’garder, je n’les vois pas pousser
Ref.
Chaque jour, il est important
De nous offrir en nombre suffisant
Des éléments vitaux essentiels
On veut parler d’aliments naturels
A chaque repas, frites pizzas et coca
Sans oublier bonbons et chocolats
Les pâtes bien sûr, c’est le bonheur chez soi
Nappées de chips, cela va de soi !
C’est pas comme ça. (Chanson sociale)
2005. Adolescents de quatorze à …vingt-quatre ans. Cette chanson est un défi lancé par les ados : « Chiche que vous n’êtes pas capable de nous faire un rap ! ». Ce n’est pas mon « truc », mais j’ai fait ce que j’ai pu…
Les participants sont élèves d’une école portant chez nous la douce appellation de « discrimination positive ».
Après l’école, on voit les potes
Dans la rue, c’est plus le bahut
Y’en a qui bossent, d’autres qui bossent plus
Y’en a même qui sont au chôme-du
Ils fument des joints cachés dans un coin
Pour passer le temps, ils emmerdent les gens
Ils cassent les poubelles, arrêtent les voitures
Font courir les vieilles et taggent les murs
Refrain :
J’avais toujours cru que passer des années sur des bancs usés,
Ce ne serait qu’un mauvais moment à passer
Mais c’est pas comme ça : du boulot, y’en a pas !
Moi je ne serai ni avocat ni médecin
Mon boulot, je le ferai avec mes mains
Mais faudrait dire aux politiciens
Que les manuels sont pas des chiens
Parqués dans des niches
Pour survivre, faut qu’on triche
Nos responsabilités, on veut bien les assumer
Mais on veut pas se laisser oublier
Refrain.
P’t’être qu’un jour il faudra une révolution
Pour changer ce monde de cons
Où les pauvres bossent pour les riches
Où la télé et ses potiches
Nous font croire que tout va bien
Dans le monde ça chie, c’est évident
L’égalité, ça devient urgent :
Sans partage, pas de gagnant !
Refrain.
Dans mon enfer. (chanson d’amour)
2002. Enfants de dix et onze ans. Les émois amoureux dans les cours de récré. Cette chanson est conçue pour être chantée alternativement par les filles puis les garçons, avant la fusion finale.
Les filles :
Dans mon enfer, il n’y a pas de Lucifer
Il n’y a pas de flammes
Pourtant elle brûle mon âme !
Dans mon enfer, je ne sais pas comment faire
Pour enfin lui parler, enfin lui avouer
Que depuis son arrivée, je ne peux plus l’oublier
Que je suis perdue, que je n’en dors plus
Que depuis que je l’ai vu, je me sens nue
Vraiment petite, à sa merci.
Dans mon enfer, il n’y a pas de Lucifer
Il n’y a pas de flammes
Pourtant elle brûle mon âme !
J’aimerais tellement avoir enfin le courage de l’aborder, de me livrer
Les garçons :
Dans mon enfer, il n’y a pas de Lucifer
Il n’y a pas de flammes
Pourtant elle brûle mon âme !
Dans mon enfer, je ne sais pas comment faire
Pour enfin lui parler, enfin lui avouer
Que quand je l’ai aperçue
J’ai cru perdre la vue
Mon cœur battait, j’étais muet
Déjà je l’aimais, je l’attendais
Mais elle ne venait pas et moi je ne bougeais pas
Les deux :
Dans notre enfer, qui a fait le premier pas ?
Serait-ce toi ou moi, on ne s’en souvient pas
Ce qui est important, c’est que tu es avec moi
Et moi tout contre toi et on ne se lâchera pas
Quand on s’est embrassés, on s’est envolés
Nous sommes partis au paradis
Nos cœurs battaient mais on s’parlait
On s’découvrait, on s’adorait
Dans notre enfer, qui a fait le premier pas ?
Serait-ce toi ou moi, on ne s’en souvient pas (bis)
J’aime pas.(chanson de révolte)
2005. Handicapés mentaux de seize à vingt ans. Centre ouvert. Ceci expliquant la présence des tâches ménagères citées…
Moi j’aime pas qu’on me dise de me taire
Moi j’aime pas qu’on m’demande d’écouter
Moi j’aime pas me ranger pour entrer
Moi j’veux pas ramasser les papiers
Moi j’veux pas rester calme et poli
Moi j’veux pas respecter tout c’qu’on m’dit
Moi je n’f’rai plus la vaisselle des autres
Moi je n’f’rai plus l’entretient des toilettes
Moi je n’f’rai plus des politesses pour rien
J’aime pas l’école
J’aime pas l’école, non
Oh non, j’aime pas l’école
Si je pouvais, j’oublierais l’école
J’aime bien chanter
Ça me fait voler
J’aime bien manger
Ça me rend moins léger
J’aime les câlins
Ça je les aime vraiment bien
J’aime pas l’école
J’aime pas l’école, non
Oh non, j’aime pas l’école
Si je pouvais, j’oublierais l’école !
2002 . Enfants de dix et onze ans. Le temps qui passe… ou qui ne passe pas.
La vie est courte quand on s’amuse, la vie est longue quand on s’ennuie
Le temps qui passe souvent nous use, même les bonheurs on les oublie
Bis
Attendre d’être grand, ça ne fait pas passer le temps
Devenir adulte, j’y pense, c’est une obsession intense
Qui me met presque en transe
La vie est courte quand on s’amuse, la vie est longue quand on s’ennuie
Le temps qui passe souvent nous use, même les bonheurs on les oublie
Bis
Egrainer les souvenirs, ça fait souvent sourire
Penser aux bons moments, à ceux où on était contents
Ca raccourcit le temps
La vie est courte quand on s’amuse, la vie est longue quand on s’ennuie
Le temps qui bouge c’est une ruse, mais on s’fait avoir c’est la vie
Bis
Puis qu’on est tous nés pour mourir
Il vaut p’t’être mieux en rire
Profiter du présent, s’amuser maintenant
Savourer chaque instant
La vie est courte quand on s’amuse, la vie est longue quand on s’ennuie
Le temps qui passe souvent nous use, même les bonheurs on les oublie
La vie est courte quand on s’amuse, la vie est longue quand on s’ennuie
Le temps s’emballe quand l’plaisir fuse, sur le cadran valsent les aiguilles
La vie est courte quand on s’amuse, la vie est longue quand on s’ennuie
Le temps qui bouge c’est une ruse, mais on s’fait avoir, c’est la vie
La vie est courte
La vie est longue
2002. Enfants de huit et neuf ans. La peur de l’autre…
Près de chez moi, il y a un bois
Très curieux, mystérieux
M’y promener, je n’oserais pas
Le danger se cache là !
On raconte tellement d’histoires sur ce bois-là
On y aurait même entendu des bruits de l’au-delà !
Tout au fond du bois, une maison est là
Et moi j’habite là depuis toujours ma foi
On raconte tellement d’histoires sur ce qu’il y a hors du bois
On y aurait même entendu des hurlements d’effroi
Un jour, je ne sais pas pourquoi
Je suis entré dans le bois
J’avais besoin de savoir, d’affronter mon cauchemar
Un jour, je ne sais pas pourquoi, je suis sorti du bois
J’avais besoin de savoir, d’affronter mon cauchemar
On s’est rencontré à l’orée du bois
Puis on s’est parlé, on s’connaissait pas
On raconte tellement d’histoires autour de ce bois
Mais ce n’étaient que des bobards
Les rumeurs, n’y croyez pas
Pourquoi ? (réflexions sur la vie)
2005. Handicapés mentaux de seize à vingt ans. Point de départ de la discussion : que sait-on faire seul ?
Je sais presque attacher mes chaussures
M’habiller, c’est quasi sûr
On sait tous éplucher les légumes
Quand ça cuit, la cuisine se parfume
Mais j’peux pas, non j’peux pas
Ecouter puis obéir
Mais j’peux pas, non j’peux pas
M‘concentrer pour réfléchir
A l’école, j’ai des tas de copains
On s’retrouve tous les matins
On discute, on s’amuse, on s’apprend
Même si les cours sont parfois chiants
Je n’vois pas, je n’vois pas
En quoi je suis différent
J’comprends pas, j’comprends pas
Pourquoi on s’moque de moi tout le temps…
Dans la rue, on me dit qu’à mon age
Et souvent ça me met en rage
Je devrais lire, écrire, calculer
J’essaye bien, mais sans y arriver
Non j’peux pas, non j’peux pas, est-ce si grave d’être différent ?
Non j’peux pas, non j’peux pas, dans ma tête j’suis un enfant
Dans ma tête j’suis un enfant.
2005. Adolescents de quatorze à vingt-quatre ans. Le quotidien… six mois avant l’explosion des banlieues.
Quand je rentre chez moi le soir
J’aurais des choses à raconter
Malheureusement je dois constater
Qu’il n’y a personne pour m’écouter
Dans le salon y’a la télé
Et dans le divan y’a mon père
En train de pioncer
Il y a du bruit dans la cuisine
Ma mère prépare le souper
Impossible de lui parler
Elle est bien trop accaparée
Bientôt sa série va commencer
Y’aura plus rien à en tirer
Moi dans ma chambre je vais me barrer
Et sur mon pc, je vais chatter
Moi je ferais bien une grosse connerie rien que pour me faire remarquer
Foutre le feu et me casser, au moins j’aurais l’impression de compter
Moi les parents, ça me fait marrer
Pour leur parler, faut déconner
Passé le moment où on s’fait engueuler
On peut enfin dialoguer…
2005. Handicapés mentaux. Seize à vingt ans. L’impuissance et le malaise.
Parfois j’aimerais bien disparaître
Tout simplement ne plus être
Quitter la terre et m’envoler
Malheureusement ce n’est pas possible
De changer de vie je ne suis pas libre
Je suis différent, et ça me pèse tant !
Si j’avais une baguette magique
J’effacerais le temps, ce serait comique
Toutes les choses seraient autrement
Je redeviendrais… un petit enfant !
Chaque année à mon anniversaire
Je me sens mal, y’a pas de mystère
On m’oublie et ça me fait pleurer
J’ai beau faire de gros efforts
Chaque année ça se voit plus fort
Je ne suis plus un enfant
J’aimerais qu’on me cajole pourtant
Un coup de téléphone, un mot sur une carte
Ce n’est pas grand chose mais c’est mieux que rien
Savoir qu’on pense à moi, ça me met en joie
Si j’avais une baguette magique
Ma vie deviendrait magnifique
Toutes les choses seraient autrement
Je redeviendrais… un petit enfant !
2005. Adolescents de quatorze à vingt-quatre ans. Sans commentaires…
On a le dégoût
On vit dans un monde qui triche
On nous cache tout
Pour pas qu’on quitte notre niche
Pour nous endormir
Des images en pagaille
Des infos pour faire peur
Des séries imbéciles
Où tout est si facile
On n’a pas besoin de carotte
On veut une vie qui nous botte
On a le dégoût
On vit dans un monde en friche
On est pas des toutous
Tous vos mensonges on s’en fiche
La brosse à reluire
Ca répare pas les semelles
Elle monte elle monte la gadoue
On en a déjà jusqu’aux genoux
Vous étonnez pas si on rit
Quand on nous d’mande d’être gentils
On a le dégoût
On vit dans un monde qui triche
On nous cache tout
Pour pas qu’on quitte notre niche
L’école est un zoo
Les profs et nous des animaux
Qui font le gros dos
Emportés par le fleuve
Et qui s’accrochent tant qu’ils peuvent
On n’a pas besoin carotte
On veut une vie qui nous botte
