Le Hasard, pas la conspiration, dans le meurtre de JFK

par Kenneth A. Rahn

L'auteur est professeur émérite à l'Université de Rhode Island. L'article est co-signé par Steve Barber, John Cahill, Jean Davison, Joe Durnavich, Joel Grant, Martin Kelly, David Reitzes, Rob Spencer, et Larry Sturdivan (en ordre alphabétique). Ce groupe de personnes totalise 200 ans d'études des faits dans l'assassinat de JFK.

L'original en anglais de l'article se trouve dans le site du Professeur Kenneth Rahn

19 novembre 2003

Nous autres américains avons été inondés depuis des décennies par des histoires de conspiration dans l'assassinat du Président Kennedy le 22 novembre 1963. Le résultat en est que la plupart d'entre nous croient que cela s'est passé de cette façon. Mais les faits sont différents : Lee Harvey Oswald a tué Kennedy tout seul, ensuite deux jours plus tard, Jack Ruby a tué Oswald tout seul. Alors que nous approchons du 40e anniversaire de l'assassinat, il est essentiel de savoir la véritable histoire de cet assassinat.

Plusieurs faisceaux parallèles de hasards réunirent le  Président Kennedy et Lee Harvey Oswald. Oswald déménagea à Dallas au moment où le Texas School Book Depository était en train d'engager des travailleurs saisonniers. Il avait besoin de travailler, et une voisine de sa femme avait un frère qui venait de commencer à y travailler. Elle suggéra que Oswald essaie aussi. La logeuse de la femme d'Oswald lui obtint un entretien le jour suivant, et il fût engagé. Il commença à travailler le 16 octobre, des semaines avant que la parade de Dallas soit décidée ou organisée..

Kennedy fût amené à Oswald par trois hasards concomitants. Le premier fût l'annulation en dernière minute de la remise d'un diplôme honoris causa par la Texas Christian University à Forth Worth. Cela créa un trou dans l'emploi du temps qui fût seulement partiellement rempli par un petit déjeuner à cet endroit. Afin de compléter l'emploi du temps, la parade à Dallas fût décidée, second hasard.

Le troisième hasard fût le choix de l'endroit où se tiendrait le déjeuner du 22. Kennedy et le Secret Service préféraient un endroit, mais le Gouverneur insista pour que le choix se porte sur le Trade Mart et réussit à les convaincre. Avec le premier endroit choisi, la parade serait passée au milieu de Dealey Plaza à vitesse élevée, et avec Mme Kennedy entre Oswald et JFK. Le site choisi imposait de conduire lentement en contournant la plaza, dans la direction opposée et juste en face du dépôt. Ceci amena Kennedy à distance de tir et en fit une cible plus lente et non protégée. La route ne fût publiée dans les journaux que 3 jours avant le 22 novembre.

Quoique cette séquence d'événements puisse sembler improbable, elle ne l'est pas plus que toute autre séquence d'événements non programmés. Des événements non prévus arrivent tous les jours, mais nous nous focalisons sur cette petite fraction d'événement qui a des conséquences dramatiques. Il ne faut pas oublier, en effet, toutes les circonstances dans lesquelles aucun président ne fût abattu, y compris les 6 précédentes parades auxquelles Kennedy avait participé au cours de ce voyage.

Oswald et Ruby furent aussi amenés l'un vers l'autre par des hasards concordants. Oswald fût amené vers Ruby par deux délais imprévisibles survenus dans son transfert vers la prison. Tout d'abord par un interrogatoire d'une heure mené par l'inspecteur  en chef de la poste, qui n'alla pas à l'église afin de tenter d'aider la police, ensuite par Oswald lui-même qui demanda à la dernière minute de pouvoir passer son pull noir pour passer à la télé.

Ruby fût amené vers Oswald lorsqu'il décida de fermer son club pour le week-end à cause de l'assassinat. De ce fait, ses danseuses se retrouvèrent sans travail. L'un d'elle l'appela le dimanche afin de lui demander de lui verser $25 pour de la nourriture et son loyer. Ruby alla au centre ville pour lui virer l'argent. Avec son chien favori, Sheba, dans la voiture, il quitta son domicile une heure après l'heure à laquelle Oswald aurait dû être transféré. Il effectua son versement et alla jusqu'au poste de police, à l'extérieur duquel il avait remarqué une petite foule. Alors qu'il arrivait, un camion monta la rampe vers le garage en distrayant le garde, et il en profita pour entrer dans le sous-sol. Lorsque Oswald apparût une minute plus tard, Ruby se porta en avant et l'abattit avec le revolver qu'il avait d'habitude sur lui afin de protéger les importants montants en liquide qu'il transportait régulièrement ($2000 ce jour là). En l'absence d'un quelconque des événements de ces deux séries de hasards, Ruby n'aurait pas pu tuer Oswald. Extraordinaire séquence d'événements, effectivement, mais avec peu de place pour une conspiration.

Exclure la conspiration des séquences d'actions de Oswald et Ruby supprime essentiellement toute raison de penser à une conspiration. Mais ne pourrait-il y avoir une conspiration à un certain niveau? Si non, les deux prédictions suivantes se vérifieront : toutes les preuves proposées pour démontrer la conspiration échoueront à démontrer quoi que ce soit, et les théories de la conspiration proposées malgré tout présenteront d'énormes différences du fait qu'elles seront toutes présentée en l'absence de fondement probant.

Les preuves à l'appui de la conspiration ont effectivement échoué. Le mouvement en arrière de Kennedy  (le fameux “back and to the left” de Oliver Stone), supposé avoir été causé par un tir depuis le tertre herbeux, commence trop tard et est trop lent pour être le résultat d'un impact de balle. La balle "magique" ou "intacte", "trop intacte" pour être passée à travers deux hommes, est déformée exactement comme on pourrait s'y attendre d'une balle chemisée frappant la chair (elle avait un tel pouvoir de pénétration qu'elle fût utilisée pendant des décades pour chasser l'éléphant). L'éphémère tireur sur le tertre s'avéra être le résultat d'échos, de confusion, et d'une imagination débridée appliquée à des images graineuses. Les preuves acoustiques d'un tir sur le tertre s'avérèrent quant à elles avoir été enregistrées par un micro situé à des kilomètres de Dealey Plaza.

Ainsi que prédit également, les théories de la conspiration font flèche de tout bois. Dans plus de 100 scénarios de conspiration avancés au cours de 40 années, les théoriciens de la conspiration ont affirmé que de 3 à 10 tirs furent tirés par 2 à 6 tireurs travaillant selon 30 à 40 différentes combinaisons. Ils ont tiré au fusil, au pistolet, ou même des fléchettes empoisonnée avec des parapluies. Ils ont tiré du dépôt, du bâtiment Dal-Tex, du tertre, des rails de trains sur le pont, des toits d'au moins deux bâtiments, d'un égout ou même de l'intérieur de la limousine présidentielle. Ils ont travaillé indépendamment ou par équipe coordonnées par radio. Au moins 70 personnes se trouvaient sur Dealey Plaza avec des intentions malveillantes, laissant à peine la place pour qui que ce soit d'autre. Les commanditaires incluent Cuba, la Russie, la Chine, le Vietnam du nord, le Vietnam du sud, la Grande-Bretagne, Israël, les juifs, les protestants, les catholiques, la Mafia, les riches Texans du sud, le FBI, la CIA, les gauchistes, la droite, ainsi que le réseau souterrain Nazi. Une pensée à ce point chaotique est la marque de la fantaisie la plus débridée. Il n'est donc pas une surprise que la thèse de la conspiration ne va nulle part, malgré les affirmations tonitruantes affirmant le contraire. Après 40 ans de recherche ininterrompue, les preuves démontrent encore largement la même chose que quelques jours après l'assassinat : JFK a été tué par deux balles qui ont été tirée par le fusil de Lee Harvey Oswald.

Quarante ans de spéculations vaines suffisent. Il est temps d'admettre qu'il n'y a pas eu de conspiration et qu'il n'y a jamais eu aucun élément probant pour la démontrer. La véritable histoire est la suivante: Kennedy a été tué par un désaxé, un fusil bon marché mais de qualité, un bon poste de tir du bâtiment où il travaillait et une série d'événements fortuits.

C'est terminé. Nous devons réaliser que cet horrible événement n'a pas été le résultat d'un complot diabolique. Il a été le résultat du hasard, pas d'une conspiration.

 

Haut de la page

Page d'accueil