Relief Milieu biologique
Tourisme

Au 1er juillet 1927
Arrondissements administratif et judiciaire  : Huy. Canton judiciaire et électoral  : Ferrières.
Bureau de recrutement  : Verviers..
Conseil de prud'hommes  : Comblain-au-Pont .
Superficie : 446 hectares
Habitants :170
Maisons : 45

Recette des contributions : Ferrières
Recette de l'enregistrement : Aywaille
Hameaux et dépendances : Faveux, Pouhon, Basse-Bosson et Routière Communes limitrophes : Ferrières, Harre, Harzé, Lorcé, Werbomont, Xhoris. Accès au vicinal : Burnontige
Poste et Télégraphe : Werbomont

Ci-dessous, adaptation d'un extrait de la carte Ferraris, dressée en 1778 par le Comte Joseph de Ferraris, à la demande de l'impératrice Marie-Thérèse
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)


Aperçu d'un recensement en humains et en animaux du 19 février 1799


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Quelques faits et dates de l'histoire de mon village, relevés dans les archives de l'Etat

Quelques vieilles pierres et dates anciennes relevées dans mon village


SITUATION GEOGRAPHIQUE

Petit village rural de la Province de Liège, situé en bordure de la Nationale 30, à une dizaine de kilomètres d’Aywaille, à 3 kilomètres de Werbomont et à 7 kilomètres de Ferrières, Ernonheid était, jusqu’à la fusion des communes, l’une des plus petites communes de Belgique.

Depuis le 1er janvier 1977, il est rattaché à l’entité d’Aywaille dont il occupe l’extrême sud.

Aujourd’hui intégré à l’arrondissement de Liège, il dépendait jusqu’en 1976, de l’arrondissement de Huy-Waremme.

Avec ses trois hameaux "Faweux", "Pouhons" et "La Levée", il s’étend sur 430 hectares (5/100 du territoire de l’entité) de forêts, de taillis, de pâtures et de quelques rares parcelles cultivées.

Cliquez sur le plan pour l'agrandir

Carte plus détaillée en pdf

Voir carte Ferraris datant de 1775 environ
dressée entre 1771 et 1778 à l'initiative du comte de Ferraris.

Ernonheid vu de l'espace
(vue Google Earth)

Voir extrait du Plan Popp d'Ernonheid
réalisés entre 1842 et 1879, pour les communes des provinces du Hainaut et de Liège

 

ETYMOLOGIE

Officiellement et selon le dictionnaire de Grandgagnage, l’étymologie d’Ernonheid serait la suivante : Ernon, dérivé du nom d’un personnage nommé Arno et heid, dérivé du germain heide qui signifie bruyère.

De même que Erna Piery, lieu-dit dont on retrouve déjà mention dans un record de 1425, aurait la même origine.

En réalité, j’ai acquis la conviction que cette hypothèse était erronée. Il m’a été confirmé très récemment, et de source très bien informée, que « RENA » est un fort ancien mot celte qui signifiait « frontière, borne ».

Rena dans beaucoup de toponymes wallons signifie borne, limite, comme Rena-ry, ruisseau limite. Le roman étant Renal, on pourrait avoir Renal-mont : mont limite, devenu ensuite Renarmont (Polain Eugène « Le Vieux Liège » n° 36 p. 83 année 1936). On pourrait attribuer la même origine à Renaville, disparu, situé à la limite des Seigneuries d'Aywaille et de Comblain.

Citation : Nandrin et Fraineux sous l'ancien Régime - Jacques Thisse – Derouette et Louis Tomballe " … est limité au Nord par la grand-route dite Neuve-voie ou chemin-neuf, qui est la chaussée de France créée au 17e siècle, les territoires joignant sont les seigneuries d'Abée, Fraineux, les bans de Saint-Severin, Clermont et Ehein. Notre document précise «  ... de là, venant à un chêne croisé dans le tiège de Beamont, marchant droit à la cheminée de M. Soumagne située au Fraineux, sans pouvoir passer le chemin qui va de Liège à Dinant, et du grand chemin, venant à une haie proche de laquelle, il y a un grand renal de pierre avec les armes du seigneur d'Abée (du wallon rénâ, rinnà : borne cadastrale – cf Jean Haust)"

Notons encore que le docteur Louis Thiry cite, dans l'un de ses ouvrages : " En français Fond du ou des renard (s) — ou bien encore fond des limites (renna = borne, en wallon ancien)".

Et il ajoute : " Remarquons, une fois pour toutes, que notre vocable wallon Reid (= escarpement) n'a rien à voir avec le vocable thiois Heide (= bruyère)".

Donc, tout logiquement, il faut lire « Es Renâ Piery » et « Es Renâ heid ». Rien à voir avec Arnon et encore moins avec le renard. Le premier étant effectivement un endroit fort pierreux et le second fut jadis réputé pour ses bruyères qui attiraient les « mohlis » qui y venaient placer leurs ruches à la saison des bruyères en fleurs.

Mais quelle était donc cette « frontière » qui fut baptisée « Renâ » ? Fort probablement, il y eut-il dans les temps anciens, une borne frontière qui selon mes déductions, aurait pu être un lieu de jonction entre la Principauté de Liège, la Principauté de Stavelot et le Duché de Luxembourg. Il est intéressant de noter que de nos jours et à fort peu de choses près, s’y rejoignent les arrondissements administratifs de Liège, de Huy et de Verviers.

L’origine de Faweux est Fawe mot wallon tombé en désuétude qui signifie hêtre (Faweux = hêtraie - dictionnaire wallon de Jean HAUST). Pouhon dérive de pouxher, pouher, mot wallon qui veut dire puiser (il y existe une source d’eau minérale).

Quant à La Levée, il s'agirait d'une très ancienne chaussée comme en témoigne le Docteur L. Thiry dans La Porallée - Miraculeuse Dieu et Saint-Pierre d'Aywaille (p.6) : A hauteur de Baronheid, elle disparaît et est remplacée par une levée, jadis pavée et connue sous le nom de pavé de Charlemagne

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Le château de Grimonster

UN PEU D’HISTOIRE

Sous l'Ancien Régime, ERNONHEID dépendait de la principauté de Stavelot et du comté de Logne. La seigneurie d'Ernonheid et des Pouhons relevait en fief de la cour féodale de Stavelot. Il y existait une cour de justice dite la Cour de Pouhon.

L’histoire de Pouhon se confond avec celle des alternatives de prospérité et de décadence par lesquelles passèrent les installations industrielles qui lui donnaient toute son importance.
La décadence avouée dans les reliefs de la mayeurie fut irrémédiable ; des villages tout entiers disparurent au point que nul n’arrive à les situer ; seule la chapelle érigée par les Neufforge demeura gardienne de leurs cendres et de leur pieux souvenir.

En 1685, Paul Herman de Boileau, seigneur de Vilhain et sa femme, Marie Gallo de Salamnca, donnèrent au prieur du monastère de Bernardfagne, leur part dans la dite seigneurie d'Ernonheid, l'autre moitié avait pour seigneur en 1699 et 1732, Eugène Louis de Maizier.
Ernonheid continue d'appartenir indivisément au prieur de Bernardfagne et au seigneur laïque jusqu'à la révolution française.

Les archives nous révèlent qu’entre 1560 et 1570, le seigneur engagiste de Durbuy a tenté d’augmenter la redevance des métallurgistes et mentionnent les protestations de Noël d’Ernonhé et de Remacle de Noirfalize demeurant aux Pouhons. Cette redevance était un droit de passage sur le minerai, tant par eau que par terre, dans la Terre de Durbuy.

Le 26 juillet de chaque année, jour où l’on fête Ste Anne, une messe est célébrée en la chapelle Sainte Anne des Pouhons.

Quant à la chapelle d’Ernonheid, construite en 1666, ce n’est qu’en 1705 qu’elle acquit le droit de posséder des fonts baptismaux et d’y célébrer les sépultures. Elle fut consacrée en 1739 en l’honneur de Saint Joseph. Enfin, c’est en 1921 qu’elle fut reconstruite telle qu’on peut la voir maintenant, seule la tour ancienne ayant subsisté.

Le petit tableau ci-dessous retrace, en quelques lignes, quelques faits marquants de l’histoire du village dont on peut retrouver des traces écrites.

Période romaine

57 av. J.C. - 450 ap. J.C.

Selon le Docteur Thiry, une chaussée qui reliait Havelange à My, croise au Faweux, "la voie des Liégeois"

Fin du 14e et 15e siècles

1384 à 1482

Début de l’industrie du fer dans la vallée des Pouhons

Fin du 15e et début 16e siècles

1482 à 1555

Industrie du fer à Pouhon

1524 : Construction de la Chapelle Ste-Anne

Fin du 16e et 17e siècles

1555 à 1713

1666 : Construction de la Chapelle d’Ernonheid qui deviendra église en 1739

Fin de l'Ancien Régime

1794 à 1830

1802 : Après le Concordat, Ernonheid devient une paroisse à part entière et ne dépend plus de la paroisse de My

1808 : Impôt sur les ruches - barrière à péage (octroi) à Ernonheid (Barrière de Bosson)
Le Maire d’Ernonheid est de Thier de GRIMONSTER

L'Indépendance

1830

Projet de réunion des communes de Ferrières, Werbomont et Ernonheid proposé par le Commissaire royal

Sous Léopold Ier

1831 - 1865

Construction de l’école communale

1840 : première restauration de l’église

Sous Léopold II

1865 - 1909

La malle-poste Aywaille-Manhay passe à Ernonheid

Fin de l’octroi à Basse-Bosson

Deux foires annuelles à Ernonheid (mars et mai)

Sous Albert Ier

1909 - 1934

En 1914, le village est incendié - un civil est pendu

1922 : deuxième restauration de l’église

1924 : téléphone public à Ernonheid (dans un café)

Sous Léopold III

1934 - 1950

1947 : électrification du village

Sous Baudouin Ier

1950 - 1994

1966 : installation de l’eau alimentaire

1975 : installation de la télédistribution


RELIEF ET HYDROGRAPHIE

Le village proprement dit s’étale sur un plateau culminant à une altitude maximale de 370 mètres. Par contre, ses hameaux, dans le vallon de la Lembrée ont un relief plus accidenté (altitude minimale : 300 mètres).

L'étang de Grimonster

Une nappe phréatique est présente sur l’ensemble du plateau d’Ernonheid et elle est captée par de nombreux habitants qui ont creusé des puits ce qui, de nos jours serait interdit.

En effet, Ernonheid est inclus dans la zone de protection des eaux carbo-gazeuses de Bru-Stoumont, zone dans laquelle des précautions de déversements d’eaux et autres produits liquides doivent être prises afin d’éviter toute pollution. Signalons, toutefois, que l’eau captée à Ernonheid n’est pas carbo-gazeuse.

A certains endroits, cette nappe affleure et donne naissance à divers ruisselets (sources).

Ruisseaux répertoriés sur le territoire du village

Le débit de ces ruisseaux est sensiblement plus faible qu’il ne l’était aux siècles derniers. A cela, plusieurs raisons, entre autres : le drainage artificiel - les plantations de résineux et les bassins d’orage construits en bordure de l’autoroute.

  • le ruisseau de Bosson : se jette dans la Lembrée aux Pouhons - il constitue la frontière, tantôt avec Werbomont, tantôt avec Harzé

  • la Lembrée : communément appelée le ruisseau du Pouhon sur le territoire d’Ernonheid - se jette dans l’Ourthe à Vieuxville

  • le ruisseau du Pourceau Pré : se jette dans la Lembrée à Grimonster - constitue une frontière avec Ferrières

  • le petit ru de Schinlée (ou Chinlé) : long de quelques centaines de mètres, se jette dans la Lembrée à La Levée. Ce dernier est devenu, au fil des ans, le récolteur d’une bonne partie des eaux usées du village !!!

Le ruisseau du Pouhon à Sainte-Anne
il n'est pas encore nommé Lembrée

 

Il faut savoir, en effet, que jadis, le ruisseau de Bosson actionnait un moulin banal au lieu-dit Moulin de Bosson et que l’eau de la Lembrée servait à faire tourner les nombreuses machines nécessaires à l’industrie métallurgique florissante dans ce vallon, aux 15e et 16e siècles. Il est vrai que plusieurs barrages (dont on peu encore observer certaines traces) avaient été édifiés sur le cours de ces ruisseaux (également sur la Schinlée) pour pouvoir bénéficier de la force hydraulique nécessaire.

GEOLOGIE

Le sous-sol du village d’Ernonheid fait partie d’un massif de l’Eodévonien et plus particulièrement du Siegénien de nature schisto-gréseuse, bordé d’une zone du Gedinnien et d’une zone de l’Emsien.

Petit pont sur le ruisseau du Pouhon

L’ensemble est un mélange de schistes et de grès colorés, accompagnés de psammites et de quartzites variés.

Le Siegénien constitue l’épine dorsale du massif Eodévonien, ce qui est normal car c’est un complexe de roches arénacées des plus résistantes à l’érosion.

Le Siegénien inférieur est la plus gréseuse des trois assises constituantes.

La part phyllitique augmente dans les Siegéniens moyen et supérieur qui présentent, localement, des bancs de schistes roses.

Il est à signaler que les murs de plusieurs anciennes maisons d’Ernonheid ont été construites avec des pierres extraites du sol même du village (les dernières ont été arrachées au sol à la fin des années 60 au lieu-dit La Jachère). Çà et là, subsistent des "trous" qui témoignent de cette extraction.

MILIEU BIOLOGIQUE

Jusqu’au milieu du 19e siècle,les forêts de feuillus occupaient la majeure partie de nos régions d’Ardenne et un grand nombre de terrains étaient incultes, car couverts de bruyères, de genêts ou de fougères. Ces landes fournissaient le supplément nécessaire pour subvenir aux besoins de l’agriculteur ardennais : les terres de culture, situées à proximité des villages, livraient une nourriture très restreinte (seigle, avoine, pomme de terre...), vu la pauvreté et l’épuisement des sols.

Les landes servaient alors de pâturages communs, où tous les troupeaux pouvaient trouver une nourriture, pauvre mais efficace.

En même temps, les fermiers récupéraient le genêt et la bruyère comme litière pour les animaux, car la paille était rare.

De temps à autre, ces landes à bruyères étaient mises en culture après essartage et/ou écobuage (pâtures-sarts). On y semait habituellement du seigle, parfois du sarrasin, pendant deux ou trois saisons; après quoi, le sol était épuisé et le champs restait en jachère pendant quelques années.

Quant aux forêts de feuillus, elles étaient partiellement converties en landes à bruyères par l’extension du pâturage, ou en terres à sarts par l’application de l’essartage. De plus, elles souffraient des pratiques sylvicoles des ardennais, qui y trouvaient le bois d’œuvre et le bois de chauffage, ainsi que le charbon de bois et l’écorce à tanner.

C’est ainsi que la haute futaie originelle à base de chêne et de hêtre fut remplacée par un maigre taillis de chêne.

La loi de 1847 mit fin à ces pratiques néfastes et poussa au reboisement. Le pin sylvestre apparut en premier lieu dans ces nouvelles plantations, mais vu les résultats médiocres de cette nouvelle essence, il fut rapidement remplacé par l’épicéa.

Depuis lors, de grands massifs sombres et compacts de « sapins » prirent une importance toujours croissante dans la grande forêt ardennaise et remplacèrent, peu à peu, la plupart des landes et des pâtures-sarts.

La conversion des terres labourées en prairies permanentes date de cette même époque (fin du 19e siècle).

De nos jours, classifié dans l’Ardenne atlantique, le massif forestier du secteur Ferrières-Ernonheid, occupant uniquement des roches éodévoniennes, est dominé par la « chênaie-boulaie » (chêne-bouleau) typique en ce qui concerne les feuillus.

On peut également y observer, sur des sols dégradés, avec effleurement des rochers, la variante à « Leucobryum ». Sur les bas des versants colluvionnés orientés au sud, la variante à « violette des bois » comportant un grand nombre d’espèces à tendance mésotrophe et à méso-eutrophe. Sur les sols frais, la variante à « dryoptéris des chartreux ». Enfin, sur les versants à exposition sud, on trouve une variante thermophile à « alouchier et néflier ».

Dans ce secteur éodévonien, il faut également citer la présence de « chênaies-frênaies » (chêne-frêne), de « frênaies à laîche espacée », ainsi que de petits fragments d’« Aulnaie oligotrophe » (aulne). Et une variante fraîche de la « chênaie-charmaie » (chêne-charme) a été répertoriée sur quelques versants au nord.

Sources
  • Carte des sols de la Belgique - Harzé 159 W
    Edité sous les auspices de l’Institut pour l’encouragement de la Recherche Scientifique dans l’Industrie et l’Agriculture (I.R.S.I.A.) - 1970
  • Carte d’évaluation biologique
    Institut de Botanique - Université de Liège - 1985

 

UTILISATION DU SOL

  • Très peu de cultures (maïs - orge - seigle)
  • Une majorité de pâtures, parfois fort humides où le drainage artificiel s’avère nécessaire, mais n’est pas toujours entretenu
  • Pratiquement pas d’arbres fruitiers (les quelques vergers d’antan avec leurs variétés rustiques ont été réduits en bois de chauffage)
  • Jusqu’à l’installation du réseau de distribution d’eau, pratiquement chaque maison avait son puits d’eau potable et ceux-ci étaient également nombreux dans les pâtures. Seuls quelques uns subsistent.

DEMOGRAPHIE

La démographie du village a très fortement régressé après la seconde guerre mondiale, comme d’ailleurs dans la plupart de nos villages d’Ardenne. La dénatalité et l’exode rural pour des raisons économiques en sont la cause essentielle.

Il faut cependant remarquer que depuis la fin des années 60, la population du village a infléchi sa courbe descendante et que l’exode rural a régressé de façon importante (la construction de l’autoroute E25, dans les années 80, a accentué cette tendance).

C’est ainsi qu’au cours des dernières années, un certain nombre de jeunes natifs d’Ernonheid, ont choisi de fixer leurs attaches dans leur village natal et que d’autres manifestent le désir d’y revenir.

Si l’on ajoute que des "citadins" ont été sensibles aux charmes de mon village et y ont élu domicile, que ce soit pour y profiter d’une retraite bien méritée ou encore pour s’y installer avec des enfants en bas-âge, il est à parier qu’à l’aube du troisième millénaire, Ernonheid peut connaître un nouvel essor démographique, voire une renaissance de son économie.

L’ACTIVITE ECONOMIQUE

L’activité économique de mon village se résume, aujourd’hui, à peu de choses en regard de son passé.

Si l’on excepte quelques retraités qui ont conservé un petit cheptel, il ne reste que deux fermes en pleine activité. Comme dans d’autres régions rurales, le nombre de fermes en activité n’a cessé de décroître au cours des dernières années. C’est ainsi que les fermes subsistantes ont vu leur superficie s’accroître en même temps que leur cheptel.

D’autre part, nombre de terres de pâture, lorsqu’elles ne sont pas retournées en friche ou converties en terrains à bâtir, ont vu arriver de petits troupeaux de moutons et plus près de nous, des chevaux de selle ou d’attelage.

Si aujourd’hui, l’activité économique de notre village est réduite à une peau de chagrin, il faut savoir qu’il n’en fut pas toujours ainsi. Et il n’est pas nécessaire de remonter à l’époque de l’industrie métallurgique mentionnée ci-avant, ni même à celle, plus proche, où deux foires annuelles tenaient leurs assises sur la place du village, pour en retrouver les traces.

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La chapelle Sainte-Anne des Pouhons

Si, jusqu’à la fin des années 50, chaque maison avait son étable et ses quelques "bêtes", on pouvait, également, se procurer presque tous les biens de consommations utiles à l’époque, en ne quittant pas son village.

Une salle de spectacles avait sa propre troupe de comédiens amateurs qui y organisait des "concerts" en wallon qui ravissaient nos villageois.

N’oublions pas un mécanicien de vélos et ses frères, l’un maréchal-ferrant et l’autre charron, tous trois situés sur la place du village, où devait régner, à cette époque, une activité que nous avons du mal à imaginer de nos jours.

Ajoutons les commerçants ambulants qu’étaient le marchand de pétrole (raccordement au réseau électrique en 1947 et à l’eau courante en 1966), le boulanger, le boucher, le légumier ou encore les fameux "tchouk-tchouk" chez lesquels on pouvait se procurer les tissus nécessaires au ménage et à l’habillement avec tout ce qu’il fallait pour les confectionner.

Notons encore le nom d’un lieu-dit (Al Brictreye) qui laisse supposer qu’à une certaine époque, on fabriqua même des briques à Ernonheid.

Un nouvel essor économique du village est bien difficile à entrevoir dans l’avenir. Néanmoins, je pense que la majorité des habitants d’Ernonheid sont heureux d’avoir été épargnés, jusqu’à présent, par l’implantation de l’un de ces parcs artisanaux qui ont défiguré le paysage de communes voisines, tout en y créant fort peu d’emplois.

TOURISME

Les amoureux de la nature peuvent effectuer, à partir d’Ernonheid, de très jolies promenades en toutes saisons, en prenant toutefois quelques précautions en période de chasse.

Par exemple en se dirigeant vers Grimonster et son château par la Heid des Rotins ou par la Fontaine des Princes (*).
A partir de Grimonster, le retour au village peut se faire par des itinéraires très variés :

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Le Thier dè Statte

  • par Ferot, Rouge-Minière et Saint-Roch.
  • en remontant le cours de la Lembrée, vers la Chapelle Sainte-Anne en passant par La Levée.
  • à La Levée, le promeneur pourra bifurquer vers la Croix Christophe et les bois de Xhoris, vers Piromboeuf ou encore vers le bois de Mahousseux réputé pour ses myrtilles

A ce propos, mentionnons les promenades de l’ ADEPS organisées, depuis plusieurs années, l'une au début du mois de janvier et l'autre, le jour de l’Ascension. Sans oublier le tronçon du parcours des Grandes Randonnées Ardennes-Eiffel qui traverse le village sur plusieurs kilomètres.

(*) La Fontaine des Princes est un très ancien captage d'eau qui servit à alimenter le château de Grimonster (d'où son nom). Son origine doit être très lointaine.

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Vue sur les Pouhons