La communion solennelle

Historique

Age de la première communion

  • Jusqu'au XIIe siècle, la première communion suit immédiatement le baptême : on humecte de vin consacré les lèvres du nouveau baptisé (cette coutume est encore observée, de nos jours, dans l'Eglise d'Orient). De même, les enfants sont autorisés, après la messe, à finir les pains consacrés non utilisés.

  • Le Concile de Latran IV, convoqué par le pape Innocent III (11 - 30 novembre 1215) définit la transsubstantiation dans l'Eucharistie et décide que la première communion aura lieu à « l'âge de discrétion » (filles : 12 ans - garçons : 14 ans). Jusqu'à la fin du XVIe siècle, aucune cérémonie particulière ne marque cet événement : il s'agit d'un acte privé, qu'aucune liturgie particulière n'accompagne.

  • Lors de ses sessions 17 à 25 (Pie IV ; 1562-1563), le Concile de Trente (convoqué le 22 mai 1542 par Paul III) fait entrer cet usage dans le droit canon.

Communion solennelle

A partir du XVIIe siècle, la première communion prend progressivement la forme un rituel public, une cérémonie solennelle qui rassemble en même temps tous les enfants d'une même classe d'âge.

Au XIXe siècle, la première communion déborde le cadre de l'église et devient un grand moment de l'histoire familiale et même un authentique rite de passage : l'attention plus grande portée à l'enfant à tous les étages de la société et l'élévation générale du niveau de vie n'y sont certainement pas étrangers.

A partir de la première communion, l'enfant prend place à la grande table, il se sert lui-même aux plats, il peut émigrer saisonnièrement avec un membre de sa famille...

Les garçons portent le pantalon long. Les filles sont autorisées à relever leurs cheveux en chignon et commencent à préparer leur trousseau.

En 1910, le pape Pie X permet aux enfants de communier dès « l'âge de raison », et à partir de cette époque, on distingue la première Communion, dite « communion privée » et célébrée discrètement, de la « Communion solennelle », accomplie vers 12-14 ans.

Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle, avec le culte de l’Immaculée Conception, que les communiantes sont habillées de blanc. Les garçons, quant à eux, portent un costume de drap sombre - leur premier costume d'homme - sur lequel on accroche un brassard blanc.


Photographie de communion solennelle
signée par André Lejeune des Studios Mazé-Launay.
http://membres.lycos.fr/morlaixdaguerreo/Maze_Launay.htm

Ce que le rituel entend ainsi marquer, c'est manifestement l'état de pureté exigé des communiants et surtout des communiantes : ce sont elles que l'on habille tout en blanc.

Il ne faut pas oublier que les "menstruations" ont été considérées, tant le christianisme que dans le judaïsme et l'islam, comme une souillure. La première Communion se situant au moment de la puberté, n'est-ce pas cette impureté que l'on veut conjurer en habillant les communiantes en non les communiants, en blanc ?

Cette mise en exergue de la pureté des filles est, sans conteste, en relation avec l'essor, après la Contre-Réforme, du culte de l'Immaculée Conception : Vierge perpétuelle, Marie serait en outre la seule femme à avoir été exemptée des effets du péché originel (qui, pour les chrétiens, affecte tous les hommes depuis la faute d'Adam et d'Eve), la seule femme, donc, qui serait absolument pure.

Aussi les doctrinaires espagnols de la peinture du Siècle d'Or recommandent-ils de représenter la Vierge sous les traits d'une toute jeune fille habillée de blanc. C'est ainsi qu'elle apparaît à Bernadette Soubirous, en 1858, à Lourdes, quatre ans après la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception par le pape Pie IX.

Si l'on a habillé de blanc les communiantes, c'est, vraisemblablement, parce qu'on voulait en faire des images vivantes de la Vierge. Etre semblable à Marie est en effet, pour l'Eglise, l'idéal de la femme chrétienne, un idéal que l'on ne peut atteindre qu'en se vouant à la vie consacrée. Cela permet de supposer que l'attention particulière portée à la préparation des filles à la première Communion et l'insistance, pour ce qui les concerne, sur l'aspect émotionnel du rite, visait à éveiller des vocations religieuses parmi elles.

Depuis, les années 1960, cette disrimination a fort heureusement disparu et garçons comme filles sont revêtus des communes "robes Jésus" pour le cérémonial religieux.

 

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