Jadis, le nouveau né devait recevoir le sacrement du baptême le plus tôt possible : le jour même si possible, voire le lendemain si la naissance avait eu lieu dans l'après-midi.

En effet, l'enfant, dominé par le démon jusqu'à son baptême, ne devait pas quitter la maison jusqu'à la cérémonie car il était alors vulnérable à tous les maléfices et les sorciers risquaient de lui jeter un sort.

De plus, le taux de mortalité infantile était tel qu'il fallait éviter à tout prix qu'il ne décède sans avoir été baptisé, ce qui l'aurait comdamné à errer éternellement dans les limbes et à se voir refuser une sépulture chrétienne. Dans ce cas, comme pour les suicidés, l'inhumation devait se faire à l'extérieur du cimétière paroissial, en terre "non consacrée".

Dans ces circonstances, s'il avait échappé aux risques que représentait sa mise au monde, le nouveau né se voyait très tôt plongé dans une aventure qui bien souvent, n'était pas dépourvue de périls. En effet, il n'était pas rare que l’église paroissiale fut distante de plusieurs kilomètres qu'il fallait parcourir à pied quelles que soient les conditons météorologiques. Pluie, vent, neige ou gel à « pierre fendre » : rien ne devait empêcher le voyage du nouveau-né vers une église souvent sibérienne en hiver où une eau glaciale lui signifierait qu’il était entré dans le monde des croyants.

Les habitants d’Ernonheid devaient se rendre à l’église paroissiale de My, distante de plusieurs kilomètres.

Il est bien évident que la maman n’assiste jamais au baptême de ses enfants. Bien sûr, dans ces conditions, son état de faiblesse ne le lui permettrait pas, mais quand bien même, l’Eglise le lui interdirait formellement avant ses relevailles . C’est un donc cortège constitué de la sage-femme (ou d’une voisine qui a aidé à l’accouchement) qui porte le nouveau-né, du parrain, de la marraine et du père qui se rendra à l’église.

C’est aussi lors de ce cérémonial que le nouveau-né recevra son prénom pour la vie.

Historique du baptême

Puisque le christianisme est né dans un milieu juif, c'est très probablement dans la religion juive qu'il faut rechercher les origines du rituel du baptême.

On sait, d'autre part, que le rituel des ablutions y détenait une place très importante. C'est ainsi qu'après une relation sexuelle, l'homme et la femme devaient tous deux se laver à l’eau et ils resteraient impurs jusqu’au soir. (Lév., XV, 18).

A l'époque de Jésus, ces ablutions rituelles étaient poussées à un degré de minutie extrême. Chez les Esséniens (secte juive fondée vers 150 avant J.C. qui disparaîtra deux siècles plus tard vers 68 après J.-C.), un bain de purification devait précéder chaque repas. On a retrouvé à Qumrãn des piscines qui servaient à ces ablutions quotidiennes.

Les judéo-chrétiens conserveront l’usage de ces purifications, mais le baptême chrétien apparaît comme radicalement différent de ces rites d’ablutions puisqu'il n’était donné qu’une seule fois, comme rite d’initiation à la communauté.

Certains voient l'origine du baptême chrétien, dans le bain que devait prendre tout païen converti à la religion juive, avant de recevoir la circoncision et ce afin de faire disparaître son état d’impureté rituelle. Portant, il n’est pas certain que cet usage existait au temps du Christ.

Pour d'autres, il s’est inspiré du bain dans le Jourdain, que l’on trouve dans les communautés baptistes de cette région au temps des origines chrétiennes. N'oublions pas que Jean dit « le Baptiste » s’est inspiré de cet usage quand il a baptisé Jésus dans le Jourdain.

Baptême des adultes

Encore, faut-il distinguer le baptême des adultes qui se convertissaient à la foi catholique de celui qui nous préoccupe, le baptême des nouveau-nés ou « pédobaptisme ».

En ce qui concerne les adultes, le baptême était, à l’origine, administré par un membre de la communauté, par triple immersion du « catéchumène » dans une rivière ou dans la mer. Mais dès le IVe siècle, l’usage s’établit de réserver pour cette cérémonie une salle dans les dépendances de l’église : « le baptistère ». En Occident, le baptistère est le plus souvent de forme octogonale plutôt que circulaire, le nombre 8 étant pour les premiers chrétiens symbole de résurrection, de renaissance.

Jusqu'à l'époque carolingienne (IXe siècle), le baptistère fait partie dans les villes de l'ensemble d'églises et de bâtiments qui forme le groupe cathédral. Le baptistère lui-même est alors un édifice autonome, situé le plus souvent face à la porte d'entrée de l'église principale, parfois sur le côté de la nef, près de la façade et de préférence du côté sud.

Une piscine y était creusée dans le sol et l’eau de cette piscine devait être normalement une eau courante.

Le Baptistère Saint-Jean est le plus ancien monument chrétien de France. Il a en effet été bâti vers l'an 360, vraisemblablement sur ordre de Saint-Hilaire, premier évêque de Poitiers, avant d'être reconstruit au VIIème siècle. La piscine octogonale était alimentée par un aqueduc et utilisée alors pour le baptême par immersion.

L’un des baptêmes les plus connus, est assurément celui de Clovis en la cathédrale de Reims, par l’évêque Saint Remi, le jour de Noël 496.

Voici ce qu’en écrit Grégoire de Tours, un demi-siècle plus tard :

« Cette nouvelle [le désir de Clovis d'être baptisé, avec l'accord de son peuple] est portée au prélat [saint Remi] qui, rempli d'une grande joie, fit préparer la piscine. Les places sont ombragées de tentures de couleurs, les églises ornées de courtines blanches; le baptistère est apprêté, des parfums sont répandus, des cierges odoriféants brillent; tout le temple du baptistère est imprégné d'une odeur divine et Dieu y comble les assistants d'une telle grâce qu'ils se croient transportés au milieu des parfums du paradis. Ce fut le roi qui le premier demanda à être baptisé par le pontife. Il s'avance, nouveau Constantin, vers la piscine pour se guérir de la maladie d'une vieille lèpre et pour effacer avec une eau fraîche de sales taches faites anciennement. Lorsqu'il y fut entré pour le baptême, le saint de Dieu l'interpella d'une voix éloquente en ces termes: "Courbe doucement la tête, ô Sicambre; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré".
Ainsi le roi, ayant confessé le Dieu tout puissant dans sa Trinité, fut baptisé au nom du père et du Fils et du Saint Esprit et oint du saint chrême avec le signe de la croix du Christ. Plus de trois mille hommes de son armée furent également baptisés. »

GRÉGOIRE DE TOURS, Histoire des Francs, II, 31, trad. R. LATOUCHE

Baptême des enfants

Il est bien difficile d’affirmer à quelle époque il remonte. Si son existence est controversée à l’époque des apôtres, par contre, elle est bien établie au IIe siècle, du moins en certaines Églises (e.a. Carthage).

Cela signifiait-il que tous les parents convertis au christianisme faisaient baptiser tous leurs enfants ? Cela n’est pas sûr.

Plusieurs inscriptions funéraires du IIIe siècle attestent que le baptême pouvait être donné plusieurs mois, voire plusieurs années après la naissance.

Au IVe siècle, il semble que l’enfant était reçu dans l’Eglise par la signation de la croix (et le sel), et que ce n’est qu’à l’âge adulte qu’il recevait le baptême lui-même. Il faut probablement trouver dans cette période d’attente, la crainte que l’enfant ne soit infidèle à son baptême…

Le rituel du baptême « pour la rémission des péchés » était le même pour les enfants et pour les adultes. C’est cette question de la rémission des péchés appliquée à des êtres non capables de péchés personnels qui aboutit, chez Saint-Augustin (mais seulement à partir de 408 et surtout de 412) à la doctrine du péché originel, reprise dogmatiquement, par-delà le concile de Carthage de 418, au concile de Trente (1546).

Ce n’est finalement qu’à partir du Moyen Age que le baptême de l’enfant nouveau-né deviendra l’usage.

Ce rite, tombé en désuétude à la fin du siècle dernier, a néanmoins conservé certains « adeptes » en milieu rural jusque dans les années 1940-1950.

Origine : C'est le jour de la Chandeleur (40 jours après Noël) que l'Eglise a placé la présentation de Jésus au Temple et les "relevailles" de la Vierge Marie.

En effet, ce n’est que quarante jours après la naissance de son enfant qu’accompagnée d’une voisine, agenouillée sur le parvis de l’église, un cierge allumé en mains, le prêtre lui accordera sa bénédiction et l’autorisera à retrouver une vie sociale normale.

Pendant ces quarante jours, l’accouchée est considérée comme « impure ». Elle ne pourra quitter sa maison, ne pourra avoir des rapports sexuels, ne pourra aller puiser de l’eau au puits (qu’elle tarirait), ne pourra toucher le pain (aliment sacré), ne pourra se rendre à l’église…

Cela peut nous donner une idée du chemin parcouru sur la voie de la libération de la femme.

http://www.geneprovence.com/">Voici ce qu'on peut lire au sujet des Relevailles sur le sitehttp://www.geneprovence.com/"> GénéProvence

La cérémonie des relevailles trouve son origine dans la Bible. C'est dire son ancienneté. Selon le Lévitique, une femme qui venait d'accoucher restait impure quarante jours et ne pouvait réintégrer la société avant le terme de cette période.

Cette durée était beaucoup plus variable en Provence mais elle était tout de même scrupuleusement respectée.
On choisissait le jour des relevailles avec soin. Il s'agissait de préférence d'un samedi, ou à défaut d'un mardi ou d'un jeudi, mais jamais d'un vendredi, d'un mercredi, d'un lundi ni d'un dimanche qui portaient malheur.

On évitait aussi que le jour tombât un 13. La date préférée était le 2 février, jour des relevailles de la Vierge Marie.
Pour cette cérémonie, la mère se rendait à l'église accompagnée de la sage-femme, de la marraine et des femmes de la maisonnée, ainsi bien sûr que de l'enfant.
Durant le trajet, la porteuse tient l'enfant de telle sorte que sa tête repose sur son bras droit. La mère est à sa droite et la marraine à sa gauche (aux pieds de l'enfant).
Ce cortège, très féminin, se dirige ensuite vers la chapelle de l'église où ont lieu les cérémonies de relevailles. Le prêtre prononce alors une messe appropriée, puis tous se mettent à genoux et brûlent un cierge. Voila la mère officiellement réintégrée dans la société.

Les relevailles, précisons-le, étaient essentielles. Elles devaient être respectées même si la mère mourait en couches.
On observait alors un simulacre de relevailles, mais nul doute que si la cérémonie n'était pas faite, la défunte ne pouvait accéder au repos de son âme. Précisons que, dans l'esprit des Provençaux, une femme morte en couches allait systématiquement au paradis.

Après les relevailles, on organisait un banquet qui marquait la fin de toutes les cérémonies liées à la naissance de l'enfant. La mère y occupait une place d'honneur. Une coutume consistait à cette occasion à planter un arbre, souvent un olivier, arbre généreux et immortel, donc porte-bonheur.

 

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