Juste quelques mots sur un portrait

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Le père Goriot


Portrait de Vautrin

Honoré de BalzacDans le “Le Père Goriot”, Balzac interrompt le récit de la triste et nauséabonde “pension Vauquer” pour présenter les personnages de son roman. Il se borne à esquisser les comparses tandis qu'il ébauche minutieusement les acteurs principaux et, en particulier Vautrin, l'un des piliers de la “Comédie humaine”:

Entre ces deux personnages et les autres, Vautrin, l’homme de quarante ans, à favoris peints, servait de transition. Il était un de ces gens dont le peuple dit : “Voilà un fameux gaillard !” Il avait les épaules larges, le buste bien développé, les muscles apparents, des mains épaisses, carrées et fortement marquées aux phalanges par des bouquets de poils touffus et d’un roux ardent. Sa figure, rayée par des rides prématurées, offrait des signes de dureté que démentaient ses manières souples et liantes. Sa voix de basse-taille, en harmonie avec sa grosse gaieté, ne déplaisait point. Il était obligeant et rieur. Si quelque serrure allait mal, il l’avait bientôt démontée, rafistolée, huilée, limée, remontée, en disant : “Ça me connaît.” Il connaissait tout d’ailleurs, les vaisseaux, la mer, la France, l’étranger, les affaires, les hommes, les événements, les lois, les hôtels et les prisons...

Honoré de Balzac : “Le Père Goriot”, 1834. Le Livre de Poche, 2004.

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