LOTUS

Au cœur du symbolisme

Le triskèle et le ternaire (Résumé)

Les deux types de triskèle

Le motif du triskèle remonte fort loin dans le temps et a couvert une large zone géographique; nous le retrouvons aussi bien au Japon que chez les Amérindiens. C'est cependant dans les régions d'Europe occidentale qu'il a connu et connaît encore sa plus grande diffusion. Motif par excellence de l'art celtique, le triskèle est associé à la tripartition du cercle qui reste inchangée après une rotation d'un tiers de tour dans un sens ou dans l'autre.

Schématiquement, le motif consiste en trois points équidistants l'un de l'autre et du centre du cercle dans lequel il s'inscrit. Il est de deux types toutefois selon que les trois points sont reliés au centre du cercle ou entre eux.

1. La figure du premier type correspond à un mouvement de développement à partir du Centre sous la forme de trois facettes et d'enveloppement de ces mêmes facettes autour du Centre, du Principe unitaire qui les contient. Ces trois facettes ne peuvent être que du même ordre au cours de leur manifestation, c'est-à-dire qu'aucune d'entre elles ne joue un rôle privilégié par rapport aux deux autres.

Une rotation autour du centre n'altère en rien le motif qui met en relation le Principe immobile et la manifestation de trois de ses facettes.

Comme exemple du premier type, nous pouvons évoquer la triple manifestation indienne (“Trimûrti”) composée de trois dieux: Brahmâ le Créateur, Vishnu le Préservateur et Shiva le Transformateur. Tous les trois sont des aspects manifestés du dieu “Suprême”, Brahma, au-delà de toutes distinctions et occupant le Centre.

Forme schématique du triskèle du premier typeForme schématique du triskèle du second typeForme schématique inversée du triskèle du second typeDétail du Hoher Dom à Paderborm (Westphalie-Allemagne)2. Une rotation du motif du second type aboutit, au contraire, à une figure où l'un des trois pôles est au-dessus ou au-dessous des deux autres. Ce pôle joue un rôle privilégié qui diffère selon qu'il est relativement supérieur ou inférieur:

Le pôle supérieur représente le Principe unitaire et les deux autres, la polarité du Principe selon deux facettes opposées. À titre d'exemple, mentionnons les Rois-mages. Le premier d'entre eux offre l'or à l'enfant “Roi”, le deuxième donne l'encens au “Prêtre” et le troisième présente la myrrhe au “Prophète”. Le “Prophète” détient la plénitude des deux autres fonctions, sacerdotale et royale, envisagées dans leur Unité première et qui se manifestent distinctement dans les personnes du “Prêtre” et du “Roi”. Pour plus de détails sur ce sujet, voir les Rois-mages.

Le pôle inférieur caractérise le résultat de l'union de ces deux facettes apparemment opposées dans un troisième pôle, reflet du Principe unitaire au niveau de cette seule polarité. Comme exemple, signalons le ternaire Osiris, Isis et Horus ou, plus généralement, père, mère et enfant, fruit des deux parents.

Le détail ci-contre d'un vitrail du Hoher Dom à Paderborm (Westphalie-Allemagne) offre un exemple intéressant de triskèle chrétien du second type montrant trois lièvres reliés par les oreilles 1. Il est souvent interprété à tort comme une représentation de la Trinité. En effet, le Saint Esprit ne saurait en aucune façon être comparé à la mère.

Mode de figuration du ternaire, le triskèle touche à des traditions diverses. Il fait l'objet de plus amples développements dans le cadre de la tradition la plus significative à cet égard, à savoir la tradition celtique.

1 back Les oreilles des lièvres dessinent un triskèle du second type comme le souligne l'énigme suivante: Drei Hasen und Löffel drei und doch hat jeder Hase zwei! (Trois lièvres et trois oreilles et pourtant chacun d'eux en a deux!).
L'illustration du triskèle à partir des grandes oreilles du lièvre fait écho aux mots de l'Évangile de Saint Mathieu (13-9): “Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende!”, c'est-à-dire que seul l'être ouvert à la parole divine peut la comprendre.

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