LOTUS

Au cœur du symbolisme

Le serpent enroulé autour de l'arbre

(Résumé)

Le serpent, un et deux

Le serpent est l'un des symboles les plus complexes et les plus répandus dans de nombreuses traditions:

  • Il représente non seulement des aspects opposés tels que lumière-obscurité, masculin-féminin, création-destruction etc., mais également leur principe unificateur;
  • Il est souvent relié à d'autres symboles tels que l'oiseau, la spirale et l'arbre ou assimilé au dragon. Comme le dragon, le serpent joue le rôle de gardien des fruits de l'arbre qui donnent accès à la connaissance.

Tout d'abord, le serpent est à la fois dualité et unité. Sa nature androgyne fait de lui un être ni bon ni mauvais, mais neutre, c'est-à-dire au-delà du monde de la dualité où l'homme veut bien souvent le cantonner.

Plat XVIe siècle, Iznik (Turquie)OuroborosEnsuite, le serpent est souvent représenté sous la forme d'une hélice enroulée autour du tronc d'un arbre ou d'un bâton dressé verticalement. Le tronc de l'arbre ou le bâton vertical symbolise l'Axe du Monde, la voie directe entre la Terre et le Ciel. L'enroulement de l'animal autour du tronc caractérise la voie de contournement, la voie indirecte entre la Terre et le Ciel. Chacune des spires de l'hélice constitue un cycle associé à un état d'être. La fin d'un cycle ne coïncide pas avec son début car l'individu meurt à un état d'être pour renaître dans un autre. Le cycle associé à un état correspond au parcours de l'ensemble de ses modalités et sa projection sur l'axe vertical au centre du dit état. Il s'ensuit que la voie directe passe par le centre de chaque état et la voie indirecte par les diverses modalités de chacun d'eux.

La projection d'un cycle quelconque sur le plan horizontal est un cercle qui considère isolément les diverses modalités de son parcours. Il traduit l'impression de perpétuel recommencement qu'éprouve l'être humain prisonnier de sa condition temporelle. Un tel cycle est malicieusement symbolisé par l'ouroboros, un serpent qui se mord la queue.

Le parcours de la multitude des états d'être peut être effectué dans deux directions opposées: la direction ascendante vers les états supérieurs et la direction descendante vers les états inférieurs. Ces deux sens opposés correspondent aux deux courants de la force cosmique, le courant ascendant considéré comme bénéfique et le courant descendant qualifié de maléfique. En fait, ces deux courants ne sont pas opposés, mais complémentaires et font partie d'un même processus; ils décrivent la manifestation universelle à partir du Principe, de l'état totalement unifié et le retour du manifesté vers ce même Principe. Cela est tellement vrai que les deux courants inverses de la force cosmique sont symbolisés par un unique serpent appelé amphisbène et pourvu d'une tête à chaque extrémité (pour plus de détails, voir la double spirale).

Pour parvenir à la réalisation totale, L'être devra quitter le cycle associé à un état pour en rejoindre le centre. Il pourra ensuite poursuivre son ascension le long de l'axe vertical. Si il y a continuité entre les états du parcours cyclique, le passage au centre d'un état implique au contraire une discontinuité, un saut correspondant à l'intégration des diverses modalités de l'état considéré. Il n'y a pas d'accès aux états supérieurs sans saut dans l'inconnu.

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