LOTUS

Au cœur du symbolisme

Le compas et l'équerre (Résumé)

Emblème maçonnique

Le Ciel et la Terre

Le compas et l'équerre à branches égales étaient utilisés au moyen âge pour la taille des pierres et la construction des édifices sacrés. Ils sont bien évidemment associés au cercle et au carré. Ces deux figures géométriques représentent respectivement le Ciel caractérisé par le zodiaque et la Terre orientée selon les quatre points cardinaux.

Lorsque ces deux outils sont réunis comme dans le symbolisme maçonnique, le compas est naturellement situé au-dessus de l'équerre tout comme le Ciel couvre la Terre. Notons que dans l'image ci-dessus, l'une des branches du compas passe par dessus et l'autre par dessous les branches de l'équerre. Cela correspond à la prédominance des influences célestes dans un cas et des influences terrestres dans l'autre. Autrement dit, la branche du compas à l'avant-plan caractérise la voie descendante du Ciel vers la Terre et la branche à l'arrière-plan la voie ascendante de la Terre vers le Ciel. Dans le cas où les deux branches de l'équerre recouvrent les branches du compas, seule la voie ascendante de la Terre vers le Ciel est prise en considération 1.

Entre le compas et l'équerre nous trouvons le plus souvent “l'Étoile flamboyante”. Cette étoile à cinq branches symbolise l'Homme (pour plus de détails, voir le drapeau européen) ou plus exactement le Maître Maçon. Plus généralement, elle représente l'initié resplendissant dans la lumière céleste au milieu de l'obscurité terrestre.

Le Maître Maçon appartient en conséquence au monde intermédiaire entre le Ciel et la Terre. Il représente l'être terrestre parfaitement accompli sur la voie de l'accomplissement céleste. Selon la tradition chinoise, il s'agit de l'être pleinement humain ou véritable sur la voie de l'être supra-humain ou transcendant. Ou en empruntant les termes de la tradition gréco-égyptienne, il est question de l'être initié aux “petits mystères”, préalable indispensable à l'initiation aux “grands mystères”.

Au centre de l'Étoile flamboyante, la lettre G représente le Principe divin, l'Un qui réside dans le cœur de l'être régénéré (pour plus de détails, voir le symbole du cœur). La lettre centrale correspond à l'iod de l'alphabet hébraïque transformé en G à la suite d'une équivalence phonétique avec God (G stands for God).

Le cercle et le carré

Le cercle et le carré, associés au Ciel et à la Terre, peuvent être représentés de diverses manières et même se contenir l'un l'autre:

Carré inscrit dans un cercle Cercle inscrit dans un carré

Ces deux figures correspondent à deux visions du monde:

  • Dans la première figure, la Terre est intérieure et le Ciel extérieur. L'être terrestre cherche hors de lui-même l'accès au monde céleste. Il s'agit d'une vision proprement cosmologique correspondant à la voie ascendante de la Terre vers le Ciel 2;
  • Dans la seconde, la Terre est extérieure et le Ciel intérieur. L'être terrestre recherche au fond de lui-même l'accès au monde céleste. Il est question ici d'une vision fondamentalement métaphysique associée à la voie descendante du Ciel vers la Terre.

La tradition chinoise offre une illustration de ces deux visions, notamment les anciennes monnaies et les tubes cong (jade):

Monnaie chinoise ancienne Tube cong

Certes, les tubes cong datent de la culture Liangzhu (3300-2600 avant notre ère) et sont antérieurs à notre connaissance de l'image symbolique du “Ciel rond et de la Terre carrée” de la tradition chinoise. Toutefois, le choix des formes avait déjà un sens à l'époque néolithique.

Notons aussi que le rapprochement des traditions initiatiques occidentales et des traditions extrême-orientales à propos du symbolisme du compas et de l'équerre n'est pas fortuit (pour davantage de détails, voir la disposition des trigrammes).

1 retour De façon plus prosaïque, ces trois représentations décrivent parfaitement les relations entre les trois grades de la Maçonnerie: Maître Maçon, Compagnon et Apprenti.

2 retour Mentionnons en passant que la figure du carré entouré d'un cercle peut se retrouver dans l'Islam et, tout particulièrement, à la Mecque. En effet, l'empreinte laissée par la Kaaba sur le sol et le cercle dessiné par la circumambulation des fidèles autour du monument cubique forment une telle figure traduisant l'aspiration céleste du pèlerin.

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