LOTUS

Au cœur du symbolisme

Développement durable, un concept ambigu

(Résumé)

Vous avez dit durable ?

Le concept de développement durable fut introduit par la Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement (CMED) des Nations Unies présidée par l'ancien premier ministre de Norvège, madame Gro Harlem Brundtland. Le rapport de la Commission, intitulé “Notre avenir à tous”, date de 1987. Plus de 25 ans ont passé, soit le temps nécessaire de prendre une nouvelle génération à bord de la définition:

Le développement dit durable entend répondre aux “besoins” du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres “besoins”.

Le succès rencontré par la notion de développement durable réside dans l'ambigüité du concept et l'absence de prescriptions pour son application. Il est:

  • Énigmatique sur le but poursuivi, principalement axé sur la satisfaction des “besoins” de générations successives;
  • Muet sur les outils nécessaires à sa mise en œuvre.

Certes, les différents plans proposés à différentes échelles s'attachent peu ou prou à préciser les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en œuvre, mais toujours dans un cadre de référence évasif. Il y a autant de projets de développement durable que de niveaux géographiques, de sociétés ou de systèmes économiques différents. D'où, une dispersion des moyens et une prolifération de définitions en relation avec la multitude des situations existantes.

Leur seul point commun réside dans l'accent mis sur les relations inter générationnelles et, par conséquent, le long terme. Tout serait parfait si les questions environnementales ne concernaient que le long terme. Évidemment, ce n'est pas le cas. Il suffit de penser à la population côtière ou riveraine du Bengladesh ou encore aux personnes souffrant d'asthme dans nos villes pour s'en rendre compte. Par contre, les plans mis en place pour redresser la barre n'auront réellement d'effets que sur le long terme. D'où, la tentation de reporter l'application effective de décisions à plus tard, c'est-à-dire sur le dos des générations futures qui recevront ce lourd fardeau en partage.

Or, tout comme dans notre propre vie, chaque heure perdue l'est à jamais. La crise pétrolière de 1973 fut un avertissement sur l'épuisement des ressources non renouvelées de la planète et non une crise de l'énergie. Plus de 40 ans ont passé et la situation ne s'est guère améliorée. Alors, à l'approche de ce 30e anniversaire d'un développement qui dure toujours, du moins sur le papier, n'est-il pas temps de s'éveiller et de prendre véritablement conscience des conditions de vie que nous léguerons aux générations futures ?

Page détaillée

Haut