LOTUS

Au cœur du symbolisme

Vues partielles et d'ensemble

(Page détaillée)

Résumé

Le système des cinq éléments

Dans les diverses traditions, la manifestation se fonde non sur quatre, mais cinq éléments. Le cinquième représente leur unité dans un état indifférencié (Pour plus de détails, voir Unité & diversité). À la différence des éléments chimiques, simples ou composés, les éléments traditionnels représentent des états de manifestation. Dans les traditions grecque et dérivées par exemple, quatre des éléments (Feu, Eau, Air, Terre) sont disposés sur deux axes orientés selon les points cardinaux. Le cinquième (Éther), qui les unifie, est situé au Centre.

Éléments des traditions grecque et dérivées
Eléments de la tradition grecque

En tant que polarités du Centre, de l'unité, les quatre éléments périphériques ne peuvent qu'être fortement inter liés.

Feu

Le Feu et l'Eau sont souvent associés dans les rites initiatiques de purification et de ré-génération. Ces éléments se complètent l'un l'autre, mais à différents niveaux. L'Eau purifie les désirs jusqu'à la sublime bonté; le Feu rend la chose effective par la réalisation du plus haut degré de spiritualité, l'illumination. Avec l'Eau, l'être progresse réellement tandis qu'il est complètement transformé avec le Feu.

A l'instar des rayons du Soleil, le Feu peut être à la fois nourricier ou créateur et consommateur ou destructeur. Deux aspects néanmoins étroitement liés car une destruction précède généralement une ré-génération, une nouvelle création.

Le Feu se décline sur trois niveaux: terrestre avec le feu ordinaire, intermédiaire avec l'éclair et céleste ave le Soleil. Ces niveaux correspondent, au sein de l'être, respectivement au corps, à l'âme ou la psyché et à l'Esprit.

Eau

La masse d'Eau indifférenciée renferme toute la potentialité des possibilités de manifestation. Comme telle, elle se sépare entre Eaux Supérieures associées à la potentialité informelle ou céleste et Eaux Inférieures relatives à la potentialité formelle ou terrestre.

S'immerger dans les eaux et en ré-émerger signifie passer par une phase de désintégration, de dissolution dans le grand réservoir du potentiel suivie d'une phase de ré-intégration et de ré-génération comme dans le baptême et les rites initiatiques. Il s'agit d'une mort dans un état d'être prolongée d'une re-naissance dans un autre. Comme le Feu, les Eaux sont à la fois sources de mort et de vie, destructrices et créatrices.

La pluie et la rosée symbolisent une semence ou une bénédiction du Ciel qui féconde la Terre. Gravide, la Terre devient fertile et la germination peut commencer.

Air

Occupant un espace intermédiaire entre le Ciel et la Terre, l'Air s'emplit de vent à la fois créateur et destructeur, tout comme l'Eau. Il symbolise le souffle de l'Esprit animant (de “anima” signifiant âme) l'ensemble du monde sensible. Le souffle est universellement regardé comme un principe de vie.

Le Feu et l'Air sont actifs comparativement à l'Eau et à la Terre tenus pour passifs. Tandis que les deux derniers éléments sont considérés comme matériels, le Feu et l'Air sont de nature spirituelle. Source de la vie universelle, le souffle évoque l'étincelle de la vie spirituelle.

Terre

Traditionnellement, la Terre était perçue comme un principe passif qui devait être fécondé par un germe, une graine, une semence, un principe actif. C'est le réceptacle des influences célestes, le ventre fécond, la matrice, la caverne, la vallée où le germe peut croître. Sa maturation obéit à des processus complexes qui tous font référence aux polarités: chaud et froid, sec et humide, lumière et obscurité etc.

Pour pleinement jouer ce rôle, la Terre doit être à la fois créatrice et destructrice. D'un côté, elle est la Mère prodigue, elle donne la vie aux êtres qu'elle porte et les nourrit. De l'autre, elle est la Mère dévoratrice, exigeant les cadavres comme tributs. La Terre donne la vie et la reprend au cours de cycles successifs de mort et re-naissance. Comme le dit la Genèse: “Tu n'est que poussière et tu retourneras en poussière”.

Selon différentes traditions, les éléments inter agissent afin d'actualiser les divers êtres manifestés. Au plan de la nature, les interactions du Feu, de l'Air et de la Terre génèrent le volcan tandis que l'Air, la Terre et l'Eau produisent la montagne, la forêt et la vallée et leurs appendices. Tous ont une forte signification symbolique.

Interactions entre éléments

Volcan, montagne, caverne, forêt et cascade

Pour ceux qui vivent à leur pied, les volcans sont de terrifiants exemples du pouvoir destructeur de la Terre, mais aussi de bienfaisants modèles de son pouvoir de grande productivité et fertilité. La cheminée du volcan représente le canal de communication entre le Ciel et le noyau de la Terre.

Les montagnes sont des lieux où le Ciel et la Terre se rencontrent. Vues de la vallée, leurs pics s'élèvent comme des “Axes du Monde”. Survolés depuis le Ciel, ils ressemblent à des “Centres du Monde”. Leurs sommets sont soit atteints directement depuis l'intérieur de la caverne en suivant symboliquement l'axe vertical soit escaladés le long de la paroi extérieure. Il y a de nombreux chemins ralliant le sommet d'une même montagne. Leurs différences, d'autant plus apparentes que nous nous tenons plus bas, disparaissent à mesure que nous nous approchons du pic, du Centre.

La forêt, chevelure de la montagne, permet à celle-ci d'attirer la pluie bienfaisante, la bénédiction du Ciel. En tant que symbole de vie, l'arbre peut être vu comme un lien entre la Terre dans laquelle plongent ses racines et la voûte du Ciel brossée par ses plus hautes branches. Le mouvement descendant de la cascade a le même sens que les chutes de la pluie porteuses des influences célestes se répandant dans les vallées et l'immensité de l'océan.

Montagne et forêts sont des lieux en retrait choisis aussi bien par les ascètes méditatifs que les fées, les sorcières et les bandes de brigands. Dans la vallée, au contraire, l'homme s'ouvre à la vie.

Vallée, rivière et océan

Compléments symboliques des montagnes, les vallées sont ouvertes aux influences célestes et aux Eaux fécondant la Terre. Les Eaux descendent du flanc de la montagne dans la vallée et rejoignent la mer où toutes se retrouvent pour retourner à un état indifférencié. De là, elles regagnent le ciel sous la forme de nuages. Poussées par le vent, elles terminent leur course en averses au-dessus des sommets et recommencent un nouveau cycle.

Les Eaux douces reviennent dans de nombreuses histoires ou contes comme élixir de vie, de connaissance et de vérité. Retourner à la source ou traverser la rivière d'une berge à l'autre signifie toujours surmonter un obstacle séparant deux états différents de l'être, passer d'un état inférieur à un état supérieur.

Par les interactions entre éléments, la manifestation du monde prend forme, tissant une foule de paysages naturels ou symboliques. Nous tenant dans la vallée, le lieu de la féconde alliance des opposés, nos yeux sont distraits par tant de vues et nous laissent songeurs devant le spectacle du plein développement de la nature, du monde substantiel. À ce stade, nous ne pouvons qu'élever notre regard vers les hauteurs et nous tourner vers un monde plus essentiel.

Des vues partielles au panorama complet

Encre sur soie de Ma Yuan (Période Song, 13e siècle)L'idéogramme chinois du mot paysage signifie “montagne et eau”. Rien ne pouvait être plus approprié. En effet, la plupart des peintures de paysages chinois (et japonais) montrent et signifient exactement cela (voir l'image). Les paysages sont autant d'invitations au voyage pour remonter la rivière et retourner à la source. Une source enfouie dans l'antre de la montagne, un lieu où nous disparaissons dans les profondeurs de la caverne. Là, nous perdons le sens de la parole, nos repères et sommes la proie de notre ignorance, de nos peurs, des sentiments d'angoisse, des aversions, des phobies et des terreurs. Heureusement, nous pouvons aussi creuser dans nos ressources intérieures pour sortir de cet état de grande confusion et rejoindre la lumière de la connaissance au sommet de la montagne.

Du haut de la montagne, nos yeux jettent un regard sur les monts perdus dans la brume, descendent le long des pentes boisées et plongent dans la vallée où la rivière serpente entre champs, bosquets et maisons en direction d'une mer lointaine. Toutes les vues partielles perçues depuis la vallée ne semblent soudainement plus détachées les unes des autres. Elles sont une. Nous respirons profondément l'air vivifiant qui pousse les nuages et leur ombre sur un tapis verdoyant. Nous nous sentons un avec lui. Nous sommes l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, le sol que nous foulons... Souvent, nous n'observons nulle trace d'être vivant dans les peintures de paysages chinois. En réalité, ces êtres sont bien présents. Ils se sont simplement fondus dans le paysage, vivant en parfaite harmonie avec leur environnement naturel.

Atteindre le sommet signifie accéder au panorama complet, embrasser l'ensemble du paysage. Lorsque nous le surplombons, nous n'avons plus besoin de mots pour exprimer la trame de toutes les inter relations enfouies dans le paysage et comprenons pleinement en quoi la nature consiste réellement. Nous sommes de retour à la source, à notre source extérieure et intérieure.

Après les développements précédents, vous êtes en droit de vous demander: que diable vient faire tout cela dans le champ environnemental ? Pour éclairer notre lanterne, nous allons considérer trois thèmes environnementaux, apparemment fort éloignés l'un de l'autre, et voir dans quelle mesure le retour à la source peut nous rapprocher de la vue panoramique.

Que pouvons-nous en retirer au sujet de l'environnement ?

Nuisances sonores

Selon diverses enquêtes, les nuisances sonores représentent, dans l'esprit des gens, une des premières causes de perturbations environnementales. En dehors du bruit de voisinage auquel il est toujours possible de mettre fin, nul doute que le bruit de fond va grandissant tout comme notre accoutumance. Avons-nous le choix ? Rien de dramatique cependant, nous avons la réponse adéquate, le double ou le triple vitrage. Du moins, tant que nous restons à l'intérieur. Qu'en est-il des personnes ayant un jardin ? Ne peuvent-elles en jouir en paix ? Particulièrement celles vivant à proximité d'un aéroport, d'une autoroute ou simplement en zone urbaine comme la moitié de la population mondiale de nos jours.

Ne serait-il pas préférable de porter notre attention aux sources sonores ? Des avions, des camions, des voitures moins bruyants ou de meilleurs revêtements routiers seraient certainement utiles, mais cela coûte cher et ne résoudrait pas la question. Pourquoi ne pas réduire le trafic ? Oh! Quelle réponse irréaliste. Vraiment ?

Est-ce que les hommes (et femmes) d'affaires ont besoin de voyager autant à l'époque de la vidéo conférence et des moyens de télécommunications. Certes, ils doivent entretenir des contacts réguliers et personnels avec leurs partenaires ou concurrents. Néanmoins, ces contacts devraient se limiter aux réunions plénières et être assorties de contacts bilatéraux permettant de faire savoir à leurs interlocuteurs qu'ils sont davantage que de simples rouages dans une entreprise. Cela implique de voyager moins et de séjourner plus longtemps. Quant aux besoins journaliers, le téléphone, le courrier électronique et la correspondance peuvent tout aussi bien garantir des relations d'affaires personnalisées.

Des discussions sans fin sur la réduction du trafic routier de marchandises ont eu lieu au cours des dernières décennies. Et qu'en est-il ressorti ? Le transport routier de marchandises s'est tant accru qu'il est devenu une source majeure de perturbation environnementale. Et que demandons nous ? Davantage d'autoroutes. Bien entendu, cela ne fera qu'empirer la situation. Que de temps perdu plutôt que de réellement faire face au problème et de développer une meilleure coordination entre les divers moyens de transport.

Et qu'en est-il de chacun de nous ? Allons-nous continuer à donner de plus en plus d'importance à la voiture individuelle pour se rendre au travail ou en vacances ? Pourquoi ne pas envisager un meilleur équilibre entre transports privé et public ? C'est à nous de faire pression sur les autorités publiques et de contribuer à l'amélioration d'une situation faisant, chaque année, plus de 40 000 morts et 2 000 000 de personnes blessées ou handicapées sur les routes de l'Union européenne. Au cours de mon existence, j'ai beaucoup emprunté les transports publics en dépit de leur manque de coordination. Durant ces trajets, c'est fou le nombre de contacts que j'ai pu faire et de livres que j'ai pu lire. Ma propre expérience m'a également appris qu'il était plus facile d'utiliser les transports publics en Inde que dans n'importe pays européen, le Danemark mis à part. Aussi, les possibilités d'amélioration ne manquent pas dans nos contrées. De plus, nous pourrions beaucoup apprendre de pays moins développés (Voir l'exemple de Curitibaau Brésil).

Vivre une existence sans stress et paisible, notamment durant nos loisirs, n'est pas hors de portée. Nous devons faire face aux causes de nuisances, remonter à leurs sources et être conséquents. Remonter à la source des nuisances sonores étend le champ de la question à un domaine bien plus vaste, celui du transport. Ne serait-il pas merveilleux de faire d'une pierre deux coups ? Et je ne parle même pas des répercussions bénéfiques sur le réchauffement climatique.

Notez que le bruit des super pétroliers et des grands navires, audible à des milliers de kilomètres sous l'eau, peut également stresser et perturber la vie marine.

Pollution des eaux marines

Les deux-tiers environ de la pollution des eaux marines proviennent de l'intérieur des terres, via les effluents des rivières et les poussières atmosphériques déversées par la pluie. Leurs effets impliquent la détermination des sources et leur localisation. Les sources ponctuelles, bien qu'aisées à identifier, ne comptent que pour une fraction de la pollution originaire de l'intérieur des terres. La contribution majeure à la pollution marine provient de sources non ponctuelles, plus difficiles à identifier et pouvant être localisées fort loin des zones côtières.

Le tableau suivant fournit une vue d'ensemble des principales sources de pollution marine, de leurs effets et de quelques réponses pour y remédier.

Causes et sources principales de la pollution marine

Thème Causes Sources Effets Réponses
Eaux

Eaux pluviales, ruissellement:
L'eau s'écoulant sur les surfaces herbeuses ou solides entraîne les polluants dans les ruisseaux, les rivières ou les baies;

Suintement.

Aires de construction urbaines;
Usage inapproprié de pesticides, herbicides ou engrais (agriculture, jardinage, cours de golf etc.);

Déversements industriels et eaux usées;

Suintement de décharges contenant des produits toxiques (produits chimiques, piles, pneus, peintures, produits de nettoyage etc.)

Prolifération d'algues dans les eaux côtières causant une diminution de l'oxygène (eutrophisation) et tuant la vie marine;

Contamination des fruits de mer;

Pollution de la vie marine côtière.

Bassins collectant et filtrant les eaux pluviales avant qu'elles ne rejoignent les basins fluviaux;

Usage approprié de pesticides, herbicides, engrais ou de substituts naturels;

Décharges sécurisées et/ou traitement des produits toxiques.

Sols

Érosion du sol:
lessivage des sols par la pluie.

Mines, agriculture, construction et autres utilisations du sol.

Empêche la photosynthèse sous les eaux de surface;

Obstrue les ouïes des poissons;

Transporte d'autres polluants tels que des produits chimiques.

Couverture végétale du sol.

Déchets organiques

Dispersion de composés organiques.

Déjections humaines, résidus de déchets animaux et végétaux.

Décomposition par les bactéries de matières organiques et production additionnelle d'éléments nutritifs;

Contamination des zones de baignade côtières et des fruits de mer;

Dispersion de maladies.

Stations de traitements des déchets et des eaux usées.

Produits pétroliers

Dispersion de produits pétroliers variés.

Véhicules routiers, matériel lourd, industrie;

Opérations de transfert de pétrole et dégazage de pétroliers;

Plateformes pétrolières et suintement.

Tue la vie marine et les oiseaux;

Boulettes de pétrole dénaturant les eaux marines, les habitats côtiers et les plages.

Traitement des divers résidus pétroliers;

Développement et application de la législation sur le transport de produits pétroliers.

Transports

Eaux de ballasts:
transport d'espèces étrangères.

Transport maritime.

Compétition avec les espèces locales;

Introduction de nouvelles maladies marines.

Collecte et filtrage des eaux de ballasts.

Plastiques

Dispersion de plastiques.

Abandon d'équipements de pêche;

Détritus sur les plages;
Déchets industriels et ménagers.

Débris ou sacs de plastique où s'empêtre la vie marine ou pris à tort pour de la nourriture.

Attitude de précaution, surtout quand les plastiques peuvent durer de 100 à 400 ans.

Eaux chaudes

Ruissellement d'eaux chaudes;

Réchauffement climatique.

Refroidissement de centrales et sites industriels;

Émissions de gaz à effet de serre par divers secteurs économiques.

Tue les coraux;

Affecte la température des espèces sédentaires sensibles.

Piscines de rétention des eaux chaudes;

Mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Sable marin

Prélèvements sans limite de sable marin pour la construction, l'extension de territoires et la création d'îles artificielles.

Secteur de la construction;

Autres secteurs concernés: puces électroniques, papier, plastiques, peintures, détergents, cosmétiques etc.

Érosion des bords de mer;

Disparition des plages et des îles;

Désertification de fonds marins;

Destruction d'éco-systèmes marins.

Réfréner la construction immobilière;

Lutter contre le trafic illégal de sable;

Trouver des substituts au sable comme matériau de construction.

Produits radioactifs

Dispersion de substances radioactives.

Rejets de produits radioactifs.

Contamination des eaux, des plantes, des animaux marins et des zones côtières.

Renflouage des bâtiments à propulsion nucléaire immergés;

Récupération de conteneurs de produits radioactifs immergés;

Arrêt des rejets de déchets radioactifs liquides en haute mer.

Au-delà de la complexité de tant d'aspects à traiter, ce tableau non exhaustif nous apprend trois choses:

  • Tout, d'abord, les caractéristiques des thèmes environnementaux impliquent un renforcement de la coopération internationale si nous ne voulons plus considérer les eaux marines comme la plus gigantesque poubelle à notre disposition.
  • Ensuite, nous sommes tous impliqués, d'une manière ou d'une autre, en matière de pollution marine et ne pouvons dire: “Ce n'est pas mon affaire”. En tant qu'acteurs de ce cauchemar, nous devrions nous réveiller et non nous contenter de déléguer aux autorités publiques nationales et internationales l'énorme tâche de résoudre la question.
  • Enfin, la résolution de questions environnementales requiert toute une panoplie de moyens divers et coûteux.

Dès lors, rechercher les réponses présentant le meilleur rapport coût/efficacité devrait nous guider dans cette tâche. Se sentir concerné est certainement le premier pas sur cette voie et sûrement pas un gaspillage de temps.

Gestion des déchets

En matière de gestion des déchets, il est habituel de faire référence à la règle des trois R (Réduire le volume des déchets; Réutiliser les produits dits hors d'usage; Recycler les composantes des déchets) avant de traiter le reliquat.

Aujourd'hui, l'accent est mis sur le recyclage. Des tas de gens trient leur poubelle et en sont fiers. Et plus nous aurons de déchets plus nous recyclerons. N'est-ce pas prodigieux ? Toutefois, ne serait-il pas préférable de se concentrer sur la source des déchets, sur leur réduction ? Tout particulièrement des emballages remplissant la moitié de nos poubelles! Moins de déchets signifie moins de recyclage, moins de coûts et moins d'impôts. Une société développée ne recycle pas davantage, mais gaspille moins.

Mettre l'accent sur l'aspect réduction signifie aussi réutiliser et entretenir les produits dits hors d'usage. Certaines personnes disent qu'il serait préférable d'acheter de nouveaux articles consommant, en principe, moins d'énergie. Qu'en est-il de l'énergie et des ressources utilisées pour les fabriquer ? Que dire des nouveaux appareils de télévision restant en état de veille quand ils ne sont pas allumés ? Est-ce réellement un progrès ? Que dire de l'ordinateur pratiquement démodé après quelques années, voire quelques mois ? Devons nous le changer pour bénéficier de la dernière technologie ou le garder plus longtemps ? Notamment, lorsque la plupart des gens utilisent 10% au plus des capacités de leur machine. Quel gâchis d'énergie et de ressources. S'il s'avérait que nos connexions neuronales ne sont guère plus performantes, changerions pour autant de cerveau au bout de quelques mois ou années d'utilisation ? Soit dit en passant, ne ressentez-vous pas davantage de fierté à réparer vous-même un quelconque appareil domestique plutôt que d'acheter le modèle dernier cri, objet de campagnes publicitaires ? Et comme personne ne peut tout réparer, cela ne réduirait pas l'emploi dans le secteur de la production et de la distribution, mais le transfèrerait dans le domaine de la maintenance.

Après avoir pleinement exploité la réduction des déchets, la réutilisation des produits et leur entretien, nous devrions vraiment nous pencher sur le recyclage qui ne concerne pour le moment que le métal, le papier, le verre et certains plastiques. Cela se traduirait par moins de déchets à traiter au final, un traitement aussi cause de pollution.

Appliquée dans l'ordre mentionné plus haut et non dans l'ordre inverse, les trois R sont une excellente stratégie de gestion des déchets. Découpler croissance économique et croissance des déchets et trouver les solutions garantissant le meilleur rapport coût/efficacité implique de se rapprocher des sources de production de déchets et de les réduire.

Bibliographie

  • François Terrasson:
  • “La peur de la nature”. Éditions du Sang de la terre, 1991;
  • “La civilisation anti-nature”. Éditions du rocher, 1994.
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