LOTUS

Au cœur du symbolisme

Les échecs, l'alliance du blanc et du noir

(Résumé)

Jeu d'échecs

Noir sur blanc, blanc sur noir

Dans les temps anciens, les jeux n'étaient pas de simples divertissements comme aujourd'hui. Ils revêtaient un caractère sacré dont les échecs conservent encore des traces de nos jours.

L'origine du jeu se perd dans la nuit des temps. Des textes indiens, chinois, persans, égyptiens, hébreux, arabes et grecs font référence au jeu, mais ni Homère ni Hérodote et pas davantage Platon ne sont parvenus à découvrir son origine.

Nombre d'hypothèses ont été formulées sur l'origine des échecs et aucune d'elles n'a été vérifiée jusqu'à présent. Une chose est certaine cependant, le jeu est ancien et vient d'Orient; il fut introduit en Europe par Arabes à l'époque des croisades.

La dénomination du jeu trouve notamment son origine dans les travaux de Thomas Hyle sur les jeux orientaux et repris dans son livre, intitulé De Ludis Orientalus (1694), où il cite l'extrait suivant tiré d'un traité persan:

“Satrangh est le nom de la plante qui ressemble à un homme et que l'on donne en arabe à la mandragore… C'est de là que provient le nom de ce jeu si connu et si répandu car, en effet, l'on y voit des pièces de bois qui sont des figures humaines, d'où il fut appelé satrangh, mandragores, dont la prononciation arabe est shatrang-j.”

La forme en usage shatrang-j ou shatrengh a donné xatrang ou xatreng en vieux portugais. Al-shatrang pourrait correspondre au portugais escaques devenu scacco en italien, eschas et eschec en français et xaque en espagnol.

Il s'ensuit que les échecs sont d'abord le jeu des hommes avant d'être celui des rois. Or, l'homme (microcosme) participe au monde (macrocosme) à trois niveaux:

  • Il est en relation avec le monde céleste par l'esprit;
  • Il est lié au monde terrestre par le corps;
  • Il est rattaché au monde intermédiaire par l'âme ou la psyché.

L'homme représente en conséquence l'être susceptible de maintenir le lien entre le Ciel et la Terre, la lumière et l'obscurité, le blanc et le noir ou, selon la tradition chinoise, le yang et le yin. Dans les temps anciens, les échecs aidaient les hommes, en particulier le roi, à prendre conscience de leur rôle dans le monde. Lewis Carroll a d'ailleurs fait référence à la même idée dans “Alice au pays des merveilles”.

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