LOTUS

Au cœur du symbolisme

Le drapeau du pays de Galles (Page détaillée)

Résumé

Drapeau du pays de Galles

Les couleurs du drapeau

Le blanc représente la lumière visible contenant toutes les couleurs du spectre de l'arc-en-ciel dont l'arc “supérieur” est rouge. En conséquence, le blanc symbolise le Principe de la manifestation des couleurs en particulier et de toute chose en général. C'est la couleur des Druides de la tradition celtique, des représentants de l'autorité spirituelle ou sacerdotale détenant la Connaissance d'origine céleste. Un pouvoir qui a autorité sur le pouvoir temporel le plus élevé, associé à la couleur rouge et délégué au roi en charge de l'application des principes célestes au monde terrestre.

Comme il se doit, le dragon rouge recouvre de manière égale les bandes blanche et verte du drapeau. Il se tient, en effet, à mi-chemin entre les mondes surnaturel d'origine céleste et naturel d'origine terrestre. De plus, comme le Ciel est au-dessus de la Terre, la bande blanche est au-dessus de la bande verte.

Le dragon rouge

Par sa seule couleur rouge, le dragon est le symbole du roi en charge du gouverner le monde ici-bas. D'où, le qualificatif de fils “d'Uther Pendragon” (tête de dragon) donné au roi Arthur dont la légende remonte à la tradition celtique.

La tête du dragon symbolise l'union des principes d'origine céleste. Leur mise en œuvre terrestre, selon les quatre directions cardinales, est figurée par les quatre pattes du dragon. La patte levée sur un fond blanc dépeint la réception des influences célestes tandis que les trois autres posées sur un fond vert caractérisent leur mise en œuvre terrestre.

Dans la société celtique, les Druides étaient détenteurs de l'autorité spirituelle, de la Connaissance tant doctrinale que pratique. Ils transmettaient au roi le pouvoir temporel pour administrer le monde d'en bas conformément aux principes du monde d'en haut. De façon plus prosaïque, le roi usait de son pouvoir pour défendre la nation contre les ennemis extérieurs et maintenir la cohésion sociale à l'intérieur du pays.

L'équilibre entre les mondes terrestre et céleste se maintient tant que les pouvoirs temporel et spirituel ne s'affrontent pas. Lorsque le roi se rebelle contre les Druides pour s'affranchir de l'autorité spirituelle et exercer le pouvoir temporel en toute indépendance, l'harmonie entre l'autorité spirituelle et le pouvoir temporel ne perdure pas.

Les dragons blanc et rouge

Le récit du Moyen-âge des Mabinogion intitulé “Lludd et Llevelys” décrit la lutte entre un dragon blanc et un dragon rouge.

Dragon blancLludd, un roi fort et généreux, régnait en paix sur son royaume Breton. Un jour pourtant, trois fléaux mirent la paix en péril. L'un d'eux consistait en un cri terrible poussé par deux dragons en plein combat. Il retentissait chaque année à l'approche de la saison chaude et suspendait toute vie dans le royaume.Dragon rouge Sur les conseils de son frère, le sage Llevelys, Lludd mesura les dimensions du royaume pour en déterminer le centre (géographique). Puis, il y fit creuser une fosse et déposer un tonneau rempli du meilleur hydromel. La fosse fut recouverte d'un tissu de soie. Finalement épuisés, les deux dragons s'affalèrent sur le sol et roulèrent dans la fosse. Après avoir bu tout l'hydromel, ils sombrèrent dans un sommeil profond. Enveloppés dans le tissu de soie, ils furent ensevelis dans un lieu tenu caché dans les profondeurs d'une colline ou d'une montagne. Le récit raconte que plus aucun fléau ne s'abattrait sur le pays tant que les deux dragons resteraient enfouis.

Que nous conte cette histoire ? Les fléaux qui s'abattent sur le royaume sont la conséquence d'une lutte intérieure entre les dragons rouge et blanc, entre le pouvoir temporel et l'autorité spirituelle. Le sens du récit va, en effet, bien au-delà de l'explication courante évoquant le conflit extérieur entre le royaume Breton et l'envahisseur saxon à partir du IVe siècle. Le déroulement du récit n'a pas lieu au centre du royaume par hasard. Le centre géographique est une image physique du centre spirituel de la tradition observée en pays Breton. Le centre spirituel symbolise l'unité des opposés au-delà de leur antagonisme. Son reflet dans le centre géographique du royaume Breton ne fait que pré-figurer l'unité propre au centre spirituel. En fait, les dragons ne sont pas ensevelis dans la fosse, mais au plus profond d'une colline ou d'une montagne, le symbole le plus représentatif du centre spirituel 1. L'axe vertical reliant le sommet aux profondeurs de la montagne ne représente t-il pas le lien par excellence entre les hauteurs célestes et les profondeurs terrestres ? Ne dépeint-il pas le trait d'union entre l'autorité spirituelle et le pouvoir temporel, le lieu où les Druides et le roi gouvernent le pays en parfaite harmonie ?

Lorsque le pouvoir temporel tente de s'affranchir de l'autorité spirituelle, il s'écarte de l'axe et l'union dégénère en conflit. Le pays ne retrouvera plus alors la paix tant que le pouvoir temporel n'aura pas regagné l'axe où siège l'autorité spirituelle. Le centre (même géographique) se distingue en effet de la périphérie, domaine des antagonismes, par son caractère relativement paisible comme en témoignent les deux dragons “endormis”. De plus, l'hydromel est doté d'un pouvoir de ré-génération et de restauration de l'état unifié. Enfin, le trésor caché dans les profondeurs d'une colline ou d'une montagne n'est autre que l'art de gouverner le monde terrestre en conformité avec les principes célestes. Et il appartient à un dragon d'en préserver l'accès contre toute tentative de s'arroger indûment le pouvoir temporel.

Les couleurs et le dragon passant du drapeau gallois mettent l'accent sur l'harmonie entre les mondes céleste et terrestre et la subordination du pouvoir temporel à l'autorité spirituelle.

Bibliographie

  • René Guénon:
  • “Autorité spirituelle et pouvoir temporel”. Éditions Guy Trédaniel, 1984;
  • Notamment, les chapitres II sur la “Fonctions du sacerdoce et de la royauté” et VII sur “Les usurpations de la royauté et leurs conséquences”.

1 retour Le centre spirituel de la tradition celtique est symbolisé par la Montagne Blanche.

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