LOTUS

Au cœur du symbolisme

Le drapeau de la République de Chine

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Résumé

Drapeau de Taïwan

Les couleurs du drapeau

Le rouge et le bleu foncé sont deux couleurs “extrêmes” du spectre visible de l'arc-en-ciel. La couleur rouge, plus “élevée”, est plus proche du Ciel tandis que le bleu foncé, plus “bas”, est plus proche de la Terre. Le rouge est associé à la tête du pouvoir temporel tandis que le bleu foncé correspond à la population industrieuse.

La couleur blanche caractérise la lumière visible émanant du soleil et composée de toutes couleurs du spectre de l'arc-en-ciel. Elle représente le Principe, la source des couleurs en particulier et de toute chose en général, notamment de la polarité fondamentale Ciel-Terre.

Dans la Chine ancienne, l'Empereur remplissait la fonction de “médiateur” entre le Ciel et la Terre. Il était dès lors naturel de lui associer la couleur médiane de l'arc-en-ciel, le jaune, la couleur du soleil.

L'étoile à douze branches

Symbole yin-yangLa place centrale du soleil dans le monde physique se reflète dans le mouvement des astres, l'ordonnancement des cycles, la génération d'énergie etc. Son importance physique ne doit pas cependant nous faire perdre de vue sa portée symbolique pour une meilleure compréhension du monde dans sa totalité. Ainsi, l'alternance du jour ou de la lumière (yang) et de la nuit ou de l'obscurité (yin) met en avant la complémentarité profonde d'oppositions apparentes, unifiées au sein du fameux symbole yin-yang.

En tant que médiateur entre le Ciel et la Terre, l'Empereur devait garantir l'harmonie entre le monde de l'au-delà et le monde ici bas. Il en résultait une conformité entre la course apparente du soleil dans le ciel et la fonction de l'Empereur gouvernant la terre de Chine depuis sa résidence.

Vers la fin du troisième millénaire avant notre ère, la Chine était divisée en neuf provinces: une province centrale située au milieu de huit autres orientées selon les points cardinaux et intermédiaires. Cette division à l'image de neuf carrés accolés est attribuée à Yu le Grand (Ta Yu) et fut inspirée par le diagramme de “Lo-shu” qui, selon la légende, figurait sur la carapace d'une tortue. L'Empereur résidait naturellement dans la province centrale et dans le Ming-Tang (“Temple de la Lumière”) 1 composé également de neuf pièces disposées à l'image des neuf provinces.

Les façades du Ming-Tang, orientées selon les points cardinaux, possédaient trois ouvertures chacune conformément au tracé géométrique suivant:

  • Ming-TangLes ouvertures à l'est correspondaient aux trois mois du printemps;
  • Les ouvertures au sud aux trois mois de l'été;
  • Les ouvertures à l'ouest aux trois mois de l'automne;
  • Les ouvertures au nord aux trois mois de l'hiver.

Il existe en conséquence une relation entre les ouvertures associées aux douze mois de l'année et l'étoile à douze branches sur le drapeau. Cette dernière ne peut représenter que le soleil et ses douze rayons pointant vers les douze constellations du Zodiaque.

En effet, l'Empereur accomplissait dans le Ming-Tang, au cours du cycle annuel, une circumambulation calquée sur la course apparente du soleil. Au printemps, il se tenait dans la pièce centrale et se tournait vers l'est. Puis, il stationnait successivement devant chacune des douze ouvertures en relation avec les douze mois de l'année pour promulguer les ordonnances appropriées. L'Empereur s'identifiait ainsi aux douze signes du Zodiaque ponctuant le cycle annuel du soleil.

Il s'ensuit que le drapeau de Taïwan met en avant la fonction du souverain: éclairer le pays de sa sagesse comme le soleil illumine le firmament de sa splendeur afin de maintenir le lien unissant le Ciel et la Terre.

Bibliographie

  • René Guénon:
  • “La Grande Triade”. Éditions Gallimard, 1957.
  • Notamment, le chapitre XVI sur le “Ming-Tang”.
  • Marcel Granet:
  • “La pensée chinoise”. Éditions Albin Michel, 1988.
  • En particulier, le chapitre 3 sur “Les nombres”.

1 retour Notons en passant que l'idéogramme Ming (Lumière) est composé de deux caractères représentant le Soleil (yang) et la Lune (yin). Il s'agit de la Lumière dans sa manifestation globale, tout à fois directe et réfléchie, car le yang n'est jamais sans le yin et le yin sans le yang.

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