LOTUS

Au cœur du symbolisme

Le drapeau de la Mongolie

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Résumé

Drapeau de Mongolie

Les couleurs du drapeau

À l'image du drapeau du Tibet, le drapeau de la Mongolie évoque les symboles bouddhistes.

Le rouge et le bleu de l'arrière-plan représentent deux couleurs qui bordent le spectre de la lumière visible. Ils symbolisent la manifestation de toute la gamme des couleurs en particulier et de toute chose en général. Une manifestation qui trouve son principe dans la lumière blanche renfermant toutes les nuances de couleurs et, de façon générale, dans le non manifesté.

Le jaune du motif représente la couleur médiane du spectre. Située entre le rouge et le bleu, elle symbolise l'équilibre, l'harmonie et l'union des tensions entre les opposés que rehausse le caractère symétrique et axial du dessin.

Le symbolisme du soyombo

L'axe du dessin symbolise le passage vertical entre plans terrestre et céleste, les mondes temporel et spirituel, le corps et l'Esprit.

Le soyombo peut être lu de haut en bas ou de bas en haut. Ces deux mouvements le long de l'axe traduisent une descente du spirituel vers le corporel et une remontée du corps vers l'Esprit:

1. Le premier mouvement d'ordre métaphysique consiste en une descente d'un pôle céleste, d'un Principe indifférencié symbolisé par la pointe de la flamme centrale du motif supérieur (), vers la manifestation terrestre représentée par le motif du bas ();

2. Le second mouvement d'ordre cosmologique correspond à une remontée de la manifestation terrestre vers le Principe indifférencié.

Ces deux mouvements, figurés par les deux colonnes latérales du dessin, traduisent l'origine et le destin de tout être. Produit du mouvement descendant, l'être humain ordinaire ne peut que remonter la pente vers sa source céleste, vers le Principe indifférencié ou l'Unité Suprême, s'il veut à jamais se libérer des chaînes de ce monde.

La manifestation du monde et des êtres

Les symboles situés le long de l'axe du motif peuvent être mis en relation avec le mouvement descendant associé à la manifestation du Principe et, en particulier, avec son aspect le plus substantiel. Le motif est en effet composé des quatre éléments propres à la plupart des traditions et ordonnés le long de l'axe en fonction de leur mouvement naturel:

1. Le Feu, élément le plus léger qui s'élève à la verticale et rayonne dans toutes les directions ();

2. L'Air, élément le plus aérien qui se meut transversalement ();

3. L'Eau, élément substantiel informe qui pénètre la surface du sol ();

4. La Terre, élément le plus substantiel qui réside sous la surface du sol ().

Symbole du soyombo Tous ces éléments trouvent leur source dans un cinquième élément, le moins substantiel de tous et qualifié à tort de "quintessence" car il ne s'agit pas d'une essence, mais d'une substance. Ce cinquième élément dénommé Éther et symbolisé par les flammes () contient tous les autres à l'état indifférencié. Leur manifestation dépend de leur mouvement et de leur nature relative. Une nature fonction de leur caractère yin ou yang figuré par le symbole du même nom localisé à dessein entre la Terre et l'Eau. En effet, le yin est passif, réceptif et sombre; le yang est actif, prodigue et lumineux. Il s'ensuit que l'Eau est yang par rapport à la Terre yin; de même, le Feu est yang relativement à l'Air yin.

D'où une échelle de caractères yin et yang successifs génératrice de tensions entre les éléments. Ces tensions sont résorbées au sein de l'unité de l'élément substantiel par excellence, l'Éther et, de manière générale, dans le Principe à la source de la manifestation de toute chose et de tout être.

Le retour vers le Principe indifférencié

Les symboles peuvent être perçus différemment au cours de la remontée vers le non manifesté ou de la descente vers le manifesté. La descente rapproche de la Terre, l'ascension du Ciel. Aussi, les éléments Feu et Air en relation avec la descente sont-ils naturellement associés au Soleil et à la Lune du point de vue de l'ascension.

1. La sphère de la Lune () sépare les états de la manifestation corporelle et psychique des états spirituels, les états propres à l'individu des états supra-individuels;

2. Le Soleil () représente le Principe indifférencié à la source des états aussi bien individuels que supra-individuels, l'Unité de tous les états d'être ainsi que l'être ayant atteint l'état unifié.

Les flammes couronnant le soyombo () symbolisent les trois joyaux ou les trois sublimes refuges, les canaux de communication entre les sphères de la Lune et du Soleil:

  • La flamme centrale du motif représente la voie directe qui mène à l'état unifié, à l'état de Bouddha, à l'éternel présent qui perçoit tout la réalité d'un seul coup d'œil. À ce titre, elle englobe les deux flammes latérales indispensables à l'intelligence du retour vers l'état unifié;
  • L'une d'elles dépeint la Loi du Ciel qui gouverne le monde terrestre, le Dharma. Source d'équilibre et d'harmonie entre les choses et les êtres qui composent ce monde, elle montre à l'être qui entend remonter vers sa source la loi qui le régit;
  • L'autre flamme correspond à la juste connaissance qui guide la communauté des disciples ou Sangha vers les états supérieurs. L'être quitte alors la périphérie de la “roue cosmique” pour en rejoindre le centre où il se tient immobile; il passe de l'extérieur à l'intérieur; il ne fait plus partie du monde, le monde fait désormais partie de lui.
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