LOTUS

Au cœur du symbolisme

Le drapeau mexicain

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Résumé

Drapeau Mexicain

Les couleurs du drapeau

Au-delà des explications contingentes, les couleurs du drapeau ont un sens pénétrant 1 qui renforce la signification du blason figurant au centre du drapeau:

  • Le vert symbolise l'Espérance, l'Aspiration profonde au retour à l'unité de l'être écartelé entre ses différentes aspirations contradictoires et à l'union des êtres rassemblés sous une même bannière.
  • Le blanc dépeint la Foi des êtres prêts à entreprendre ce voyage de retour, l'abandon total aux puissances divines symboles de l'unité et la confiance sans limites dans les dieux et en soi-même.
  • Le rouge figure l'Amour divin, l'Amour qui nous soutient tout au long du chemin vers la réalité profonde de notre nature avec laquelle nous ne faisons qu'un.

Le blason

Chez plusieurs peuples d'Amérique Centrale, la forme du figuier de barbarie sacrée (“peyotl” ou “hicouri”) symbolise “l'Oeuf du Monde”. Il en émerge un aigle tenant un serpent dans son bec.

L'aigle tenant un serpent dans son becLe combat de l'aigle et du serpent se retrouve dans nombre de traditions. Dans la tradition indienne par exemple, l'oiseau mythique Garuda, originellement un aigle, est souvent représenté dans son combat contre le Nâga. Ailleurs, il est remplacé par d'autres oiseaux destructeurs de serpents tels que l'ibis, la cigogne ou le héron. L'aigle et son ennemi symbolisent l'opposition entre le Ciel et la Terre, entre l'ange représentant les états supérieurs et le démon assimilé aux états inférieurs, entre le monde céleste et le monde infernal. Rien d'étonnant dès lors que l'un des principaux symboles du dieu égyptien Toth, l'ibis destructeur de reptiles, soit devenu un symbole du Christ.

Quetzalcoatl, symbole de l'union des opposésCependant, cette image de l'aigle tenant un serpent dans son bec n'évoque pas exclusivement l'idée d'antagonisme entre les mondes d'en haut et d'en bas. Le serpent de la bouche duquel sort “l'Oeuf du Monde” symbolise aussi le Verbe, la parole de l'union du Ciel et de la Terre dépeinte par le grand dieu du panthéon mexicain, Quetzalcoatl, le serpent à plumes formé d'un oiseau (quetzal) et d'un serpent (coatl).

L'union du Ciel et de la Terre se retrouve dans les ailes et les deux serpents du Caducée où ces derniers symbolisent les deux voies ascendante et descendante entre le Ciel et la Terre. Il est l'attribut d'Hermès, le Messager entre les mondes céleste et terrestre et le pendant grec du dieu égyptien Toth.

Ces différents dieux symbolisent tous l'état primordial, préalable à la polarisation Ciel/Terre et à notre perception antagoniste de deux mondes qui en réalité ne font qu'un. Ces rapprochements entre traditions diverses n'ont qu'un seul but: montrer leur unité profonde quant au message qu'elles transmettent.

La polarisation du Ciel et de la Terre est à la base de la manifestation. Sans, elle aucun être, aucune chose ne pourrait exister. Produit de l'unité du monde, l'être ne peut que retourner vers cet état primordial et retrouver l'unité perdue.

La polarisation constitue le sacrifice nécessaire sur la voie de la manifestation qui signifie désintégration. À nous de remonter le courant et de retrouver l'état d'union dont parlent toutes les traditions. L'être ré-intégré peut alors soit rester dans le non manifesté soit revenir dans le monde manifesté et faire à tous don de son sacrifice.

Le blason du drapeau mexicain nous rappelle que si la lutte est une étape nécessaire de l'existence pour prendre conscience de la réalité du monde, elle ne saurait en constituer le but qui réside dans l'union entre les êtres et avant tout de l'être avec lui-même.

Bibliographie

  • René Guénon:
  • “Symboles de la Science sacrée”. Éditions Gallimard 1962;
  • Notamment le chapitre VII consacré à la langue des oiseaux.
  • “Formes traditionnelles et cycles cosmiques”. Éditions Gallimard 1970;
  • En particulier, le chapitre sur Hermès.
  • D.H. Lawrence:
  • “Le serpent à plumes et autres œuvres mexicaines”. Éditions Stock 1976.
  • Jacques Soustelle:
  • “Les Quatre Soleils. Souvenirs et réflexions d'un ethnologue au Mexique”. Éditions Plon 1967.

1 retour Les couleurs du drapeau mexicain peuvent être rapprochées de celles du drapeau italien en relation étroite avec les couleurs des vertus théologales.

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