LOTUS

Au cœur du symbolisme

Le drapeau de l'Union européenne

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Résumé

Drapeau de l'Union européenne

Le nombre douze et le macrocosme

La ceinture circulaire des douze étoiles représente le zodiaque qui enveloppe le Cosmos. Ce dernier symbolise l'ensemble de ce qui est, c'est-à-dire la manifestation tant universelle (macrocosme) qu'individuelle (microcosme). Le non manifesté se trouve au-delà du Cosmos et correspond au Centre ou Principe à l'origine de toute manifestation.

La croix et les axes solsticial et equinoxialLe zodiaque est traversé par deux portes considérées comme des passages donnant accès à l'entrée et à la sortie du Cosmos. En effet, l'être humain n'est pas voué à demeurer dans l'obscurité du monde cosmique et peut accéder à la lumière du monde supra-cosmique ou divin. Ces portes sont dénommées solsticiales car elles correspondent aux solstices d'hiver et d'été qui marquent le début des phases ascendante et descendante du soleil en direction respectivement du Pôle Nord et du Pôle Sud céleste. Elles sont symbolisées par l'axe vertical des représentations zodiacales figurant sur le portail des églises et cathédrales. Le Christ cosmocrator du trésor de l'église de Telasfarri Estifanas (Éthiopie) en offre un exemple.

Cadre du processus cyclique universel, le macrocosme englobe aussi bien le Ciel que la Terre et renvoie tout particulièrement au nombre douze. Douze a toujours servi de base pour la mesure du cercle (Ciel) alors que le nombre dix constitue la base de mesure du carré (Terre). Transcrit au niveau humain, le cycle cosmique se retrouve aussi bien dans le cycle annuel des douze mois de l'année que dans le cycle journalier de deux phases diurne et nocturne de douze heures chacune.

Le nombre douze, reflétant la régulation de l'Ordre cosmique (sens étymologique de Cosmos), a été repris dans la plupart des traditions. Pensons simplement aux fruits de l'Arbre de Vie, aux grands dieux de l'Olympe, aux tribus d'Israël, aux portes du Temple de Salomon, aux arrêts de l'Empereur de Chine dans le “Ming Tang” (Temple des lumières), aux apôtres, aux chevaliers de la Table Ronde etc. Ces diverses transpositions n'ont pas eu d'autre but que d'assurer l'harmonie du microcosme (monde de la seule manifestation humaine) avec le macrocosme (monde de la manifestation dans son ensemble).

Le nombre cinq et le microcosme

L'étoile à cinq branches du drapeau est dessinée avec une branche dirigée vers le haut ou le Ciel et deux branches s'appuyant sur une ligne horizontale non apparente symbolisant la Terre. Elle représente un état intermédiaire entre le Ciel et la Terre.

La croix et les points cardinauxEn effet, le nombre cinq est un symbole du microcosme ou de l'être humain qui, bras et jambes étendus, s'inscrit dans une étoile à cinq branches comme le montre le pentagramme de Henricus Cornelius Agrippa (XVIe siècle de notre ère). Sur cette image, l'homme est ceint d'un cercle symbolisant le Ciel dont le centre se trouve à l'intersection de deux axes perpendiculaires représentant les points cardinaux ou la Terre.

Le nombre 5, médian pour les nombres de 1 à 9, est un symbole de l'harmonie et de l'équilibre. Dans les traditions Pythagoricienne et de la Chine ancienne, il gouvernait l'union ou le mariage sacré entre le Ciel ou l'aspect masculin (associé au nombre 3) et la Terre ou l'aspect féminin (caractérisée par le nombre 2).

L'étoile représente bien l'être intermédiaire entre le Ciel et la Terre, voire le médiateur après avoir réalisé en lui-même l'union du spirituel et du temporel et rejoint ainsi le Centre.

Le Centre, origine du macrocosme et du microcosme

De même que les étoiles et autres astres errants tournent en apparence autour de l'étoile polaire ou du Pôle Nord céleste, les étoiles du drapeau représentent une ronde autour d'un Centre, d'une étoile invisible. Ce Centre immobile symbolise le Principe immuable à l'origine aussi bien du macrocosme que du microcosme. Il est invisible car nul ne peut y accéder à moins avoir réalisé l'union du spirituel et du temporel ou quitté le monde individuel ou humain pour le monde supra-individuel ou spirituel. Goûter prématurément au fruit de la connaissance symbolisé par cette treizième étoile entraîne la chute à l'image d'Icare s'approchant indûment du soleil (voir à ce propos le labyrinthe). Par contre, atteindre le Centre après avoir accompli tous les rites de passage conduit à la félicité. D'où les superstitions populaires qui entourent le caractère bénéfique ou maléfique du nombre 13. 1

Pour atteindre le Centre, l'être humain devra franchir les deux portes mentionnées plus haut:

  • La première porte, associée au solstice d'été et appelée “porte des hommes”, débouche sur l'état d'être centré en lui-même qui a complètement intégré toutes les possibilités de la manifestation humaine et réalisé l'harmonie parfaite du microcosme avec le macrocosme.
  • La seconde porte, en relation avec le solstice d'hiver et dénommée “porte des dieux”, transporte l'être de l'état d'individu humain à celui d'être spirituel qui a rejoint le Centre du monde et réalisé l'union parfaite du Ciel et de la Terre.

1 retour La séquence des nombres 5, 12 et 13 peut prendre la forme de triangles rectangles comme dans les schémas de sites mégalithiques (Carnac en Bretagne par exemple).

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