Le drapeau danois

Résumé

Drapeau civil danois

Guerre et Paix

Selon la légende, la croix du drapeau danois tomba des cieux au cours d'une célèbre bataille.

La guerre est une manifestation de désordre qui contrebalance un autre désordre et contribue à la restauration de l'ordre. Selon l'enseignement traditionnel, l'ordre est la somme de tous les désordres et il n'apparaît que si nous cessons de regarder les choses séparément. Lorsque ces dernières sont vues dans leur ensemble, l'unité transparaît et toute chose retrouve sa pleine réalité. Sinon, les oppositions et les contraires, sources de désordre, persisteront et la guerre restera l'état commun de l'humanité et de l'être.

La guerre consiste en un ré-établissement de la paix et de la concorde entre les êtres. En conséquence, sa légitimité ne pouvait être niée dans une société traditionnelle. Elle signifiait souvent l'accomplissement d'un devoir sacré comme dans la “Bhagavad-Gitâ” (ou le “Le chant du Bienheureux” qui fait partie du “Mahabharata”) en Inde ou le cycle arthurien en Occident. Cela tient au fait que guerre et paix peuvent être perçues sous deux angles différents:

  • D'un point de vue extérieur et temporel, la guerre était particulièrement justifiée contre les ennemis qui mettaient l'ordre de la communauté en péril et anéantissaient les lois gouvernant la société. Elle devait être suivie de la restauration de l'équilibre, de l'harmonie et de la justice, reflet de la cohésion des membres de la communauté.
  • Du point de vue intérieur et spirituel, la Guerre a trait au combat contre nos propres démons (du grec “diabolos” qui signifie désunir, séparer, diviser), c'est-à-dire contre nos ennemis intérieurs qui sont opposés à l'ordre et à l'unité. C'est la seule véritable Guerre Sainte de l'être en quête de Paix intérieure.

Le poème de la “Bhagavad-Gitâ” relate le combat du roi Arjuna. Pris de doute face à la perspective de tuer des proches, il prend conseil auprès du dieu Krishna. Le dieu presse le roi de remplir le devoir de sa caste (fonction) comme un guerrier dévoué à sa tâche tout en lui enseignant la dévotion absolue à l'Être Suprême.

Tous deux constituent un couple inséparable (humain et divin, moi et Soi, âme et Esprit) se trouvant sur le même char, le véhicule de l'être au cours de ses transformations. Pendant qu'Arjuna combat, Krishna conduit le char sans prendre part à la bataille. Ils représentent respectivement les mondes extérieur et intérieur que symbolisent les deux branches de la croix.

La croix

Dans la représentation cruciale, l'axe horizontal représente l'expansion de toutes les possibilités liées à un état d'être. Centré dans un tel état, l'être devient proprement humain et se tient en un point de l'axe vertical. De là, il perçoit les centres de la série indéfinie de tous les états d'être entre Ciel et Terre. Gravir cette hiérarchie d'états conduit à la réalisation de l'être total. Il s'ensuit que la croix symbolise l'être qui a intégré tous les états et réalisé l'union des aspects terrestre et céleste. Comme tel, il est devenu le médiateur entre le Ciel et la Terre qualifié “d'Homme universel”. En termes proprement chrétiens, le Christ a porté à son achèvement l'union des natures divine et humaine pour devenir le médiateur par excellence entre ce monde et les Cieux, symbolisé par la croix.

Broche viking ciselée autour d'une croixNéanmoins, le symbole de la croix peut se rencontrer dans d'autres religions que chrétiennes ainsi qu'à d'autres époques. Les vikings, par exemple, attachaient une grande importance à cette représentation comme en témoigne la broche du musée national de Copenhague ci-contre. La croix divise la surface de la broche en quatre quartiers comme souvent dans les plans des villes et des camps.

Le camp viking se composait principalement d'un imposant rempart circulaire entourant nombre de “casernes” qui étaient en fait des châteaux. Le plus connu d'entre eux, Trelleborg dans le Seeland, en comportait seize répartis de manière égale entre les quatre quartiers (voir ci-dessous).

Le camp était orienté selon la représentation usuelle des points cardinaux et dessinait unePlan du camp viking de Trelleborg (Danemark) croix. La verticale symbolise l'axe solsticial et l'horizontale l'axe équinoxial. Le nord, en “haut”, correspond au solstice d'hiver, début de la phase ascendante du soleil vers le pôle nord céleste, le point immobile autour duquel tournent les étoiles et les astres “errants” pour la population vivant dans l'hémisphère nord. Le sud, en “bas”, est associé au solstice d'été, commencement de la phase descendante en direction du pôle sud céleste. L'est et l'ouest sont situés au milieu de chacune des deux phases. Pour davantage de détails concernant ce point, consulter la description de la sphère céleste.

Quatre portes, situées aux quatre points cardinaux, autorisaient l'entrée et la sortie du camp. Ces portes ont un sens symbolique. En particulier, la porte sud correspond à l'accès à l'état d'être humain associé à la phase descendante du soleil car l'être appartient encore au monde terrestre. La porte nord représente l'accès à l'état d'être total où l'être quitte définitivement le monde humain pour le monde spirituel. L'être total, ayant surmonté toutes les oppositions ainsi que le désordre, a réalisé l'unité et trouvé la Paix.

Les couleurs du drapeau

Krishna, dont le nom signifie “sombre” ou “noir”, symbolise le Principe non manifesté invisible, le point immobile à l'origine de la manifestation visible représentée par Arjuna, associé au “blanc”. Le blanc dépeint la totalité du spectre de la lumière visible composé des couleurs de l'arc-en-ciel où le rouge occupe la partie “supérieure”. Aussi, le rouge est-il mis en relation avec le rang le plus haut au sein de l'ordre de la manifestation, c'est-à-dire le guerrier, le victorieux, le roi.

Bibliographie

  • René Guénon:
  • “Le symbolisme de la croix”. Éditions Guy Trédaniel, 1996;
  • Particulièrement, les chapitres III sur le symbolisme métaphysique de la croix et VIII sur la guerre et la paix.