LOTUS

Au cœur du symbolisme

Drapeaux ornés d'une croix

(Page détaillée)

Résumé

La croix sur le drapeau

L'origine du symbole de la croix remonte bien avant la christianisation. Il suffit de se pencher sur la société précolombienne pour en trouver des traces. Une origine occultée à tel point aujourd'hui que seuls les pays de confession chrétienne affichent la croix sur leurs drapeaux.

La croix dessinée sur le drapeau peut être représentée avec des branches de longueurs égales (croix grecque) ou de longueurs différentes (croix latine). Elle est toutefois présente sous ses deux formes sur le drapeau de l'une des îles anglo-normandes, Guernesey (Voir le tableau plus bas).

Croix à branches égales et évasées (broderie de Bayeux)La croix rouge aux branches inégales à l'arrière plan s'inspire visiblement du drapeau anglais. La croix d'or aux branches égales et évasées trouve, entre autres, malicieusement sa place sur le bouclier des guerriers combattant aux côtés du conquérant de l'Angleterre, le duc Guillaume de Normandie, comme le montre le détail ci-contre de la broderie de Bayeux.

La présentation suivante contient tout un ensemble de drapeaux arborant une croix de l'une ou l'autre forme:

Drapeaux ornés d'une croix grecque ou latine


Croix rouge


Suisse


Grèce


Malte


Tonga


Guernesey


Angleterre


Danemark


Îles Féroé


Finlande


Islande


Norvège


Suède


Rép. dominicaine


Dominique

Les couleurs des drapeaux

Les divers drapeaux présentés ci-dessus sont peints aux couleurs suivantes: blanc, rouge, bleu, jaune et vert.

  • Le blanc représente la lumière visible dont le spectre recouvre l'ensemble des autres couleurs. Il symbolise à ce titre le Principe, l'Unité à la source de la manifestation des couleurs en particulier et des êtres et des choses en général. Notons que seul le drapeau suédois ne fait pas appel à cette couleur essentielle. Quant aux autres couleurs, elles constituent autant de facettes d'un même Principe vu sous des angles différents.
  • Le rouge, habituellement assimilé au courage, incarne aussi l'Amour du Principe symbolisé par le blanc, l'Amour divin, l'Amour des Chevaliers. Rien de surprenant dès lors que le drapeau de Malte arbore ces couleurs.
  • Symbole de la force spirituelle, le bleu évoque la conscience de l'indestructibilité du Principe, une conscience si intense que sa couleur est aussi bien attachée à la croix finlandaise ou norvégienne qu'au champ des drapeaux grec, suédois ou islandais.
  • Le jaune dépeint le rayonnement spirituel (du Principe ou de celui qui s'y identifie) à l'image de la croix des drapeaux de Guernesey ou suédois. Il symbolise la sagesse véritable.
  • Le vert représente l'espérance dans toute sa plénitude, c'est-à-dire l'aspiration profonde à la félicité, à la connaissance du Principe. Il s'impose, sur le drapeau de la Dominique, sous l'apparence d'un perroquet se tenant immobile au centre d'une ceinture de dix étoiles. Cette dernière symbolise la “roue cosmique” ou la manifestation du Principe.

La signification de la croix ornant ces drapeaux diffère non seulement selon la couleur, mais aussi suivant les longueurs respectives des branches.

Drapeaux ornés d'une croix grecque

La croix aux branches égales est souvent associée à la rose des vents représentative des quatre directions cardinales. Cet aspect est particulièrement renforcé par la forme carrée du drapeau suisse. Quant aux points cardinaux eux-mêmes, ils sont d'ordinaire regroupés sous la complémentarité lumière/ombre. Une complémentarité plutôt qu'une opposition car il n'y a pas d'ombre sans lumière ni de lumière sans ombre et qui opère aussi bien au niveau de chaque branche (Sud et Nord, Est et Ouest) qu'entre les branches (Sud et Ouest, Est et Nord).

La complémentarité lumière/ombre se décline sous des termes divers selon les traditions: yang/yin (tradition chinoise), Purusha/Prakriti (tradition hindoue) ou masculin/féminin (tradition hermétique). Ces complémentaires trouvent leur équilibre en un point où aucun d'eux ne prédomine. Ni au Nord ni au Sud ni à l'Est ni à l'Ouest, mais au centre symbolisé par le point d'intersection des branches. Dans la tradition hermétique, rejoindre le centre signifie réaliser la réintégration dans l'état indifférencié où les aspects masculin et féminin sont en parfaite harmonie. L'être centré en lui-même devient alors un être humain à part entière, un individu au sens strict du terme (de “individuum” ou un), c'est-à-dire un être unifié.

La bannière sous laquelle est rassemblée une même population reflète l'unité de l'être humain représentée par le centre de la croix grecque.

Drapeaux ornés d'une croix latine

Dans la croix aux branches de longueurs inégales, la branche horizontale représente un état quelconque de l'être, humain ou autre. Le point d'intersection de cette branche avec la verticale figure le centre de l'état correspondant. L'être centré dans cet état se tient par conséquent en un point de la verticale d'où il peut percevoir les centres liés aux autres états, tant terrestres que célestes, tant inférieurs que supérieurs à son état actuel.

Parcourir la verticale signifie con-naître (naître avec) tous les autres états et devenir un être total. L'être quitte alors définitivement le monde humain pour le monde supra-humain. Situé au-delà de l'être centré en lui-même, il s'identifie au Centre de tous les mondes et devient l'Être universel. Il est désormais à la croisée de tous les chemins également symbolisée par l'intersection des branches. À l'image du Christ, Il représente au médiateur par excellence entre le Ciel et la Terre sous la bannière duquel se rangent les êtres épris de spiritualité.

Bibliographie

  • René Guénon:
  • “Le symbolisme de la croix”. Éditions Guy Trédaniel, 1996;
  • Cet ouvrage traite du symbole de la croix de façon approfondie
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