Symboles fêtes: Saint Nicolas et père Noël

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Saint Nicolas et père Noël

Résumé

Saint Nicolas

Nombre d'histoires merveilleuses circulent à son propos. L'une d'entre elles met particulièrement en exergue sa bonté et sa générosité discrète. Selon cette légende, il entendit un jour parler de trois jeunes et jolies soeurs qui vivaient dans le plus total dénuement en bordure de la ville. Des rumeurs laissaient même entendre qu'elles avaient tenté de vendre leurs charmes pour survivre. Saint Nicolas ne pouvait, bien sûr, rester indifférent à ce triste sort. Aussi, par une nuit sans lune, il se rendit en catimini au domicile des trois jeunes filles et jeta trois bourses d'or dans l'habitation par le trou qui servait de cheminée. Selon l'une des versions de l'histoire, les trois soeurs ainsi dotées trouvèrent chaussure à leur pied et vécurent heureuses sans préciser si elles eurent beaucoup d'enfants.

Saint Nicolas ne faisait certainement pas étalage de sa générosité et parcourir discrètement les rues de la ville, affublé des habits ecclésiastiques, n'a pas dû être aisé. Il suffit de l'imaginer revêtu de l'habit épiscopal, coiffé d'une mitre et tenant une crosse dans la main (voir l'image ci-dessous) pour s'en rendre compte. Ces trois symboles, aisément reconnaissables en tant qu'attributs de l'évêque, sont expliqués dans la suite de cet article.

L'habit épiscopal

Saint Nicolas et l'âne, lumière et obscuritéLe violet de l'habit épiscopal est la couleur complémentaire du jaune (voir le diagramme des couleurs de l'arc-en-ciel). À l'inverse du jaune, couleur du passage de la mort d'un état d'être à la re-naissance dans un autre (pensez à Pâques), le violet figure le passage de la vie à la mort, à la mort dans un état d'être avant de re-naître ou de ressusciter dans un autre. Ces deux couleurs sont associées à deux phases d'un même cycle de mort et de re-naissance. Sous la couleur violette se prépare une transformation qui donnera lieu à une nouvelle re-naissance et un nouveau cycle. Un symbole des plus clairs à l'époque de Noël.

La mitre

Symbole de la mitre de l'évêqueAvec sa forme pentagonale (5), la mitre symbolise l'union du Ciel (3), en haut, et de la Terre (2), en bas. En effet, le nombre 1, associé au sommet de la mitre, est le nombre de l'Être, de l'Un à l'origine de la manifestation de toute chose. Le nombre 3, formé de 1 et 2, évoque l'Unité et sa polarisation. Quant au seul nombre 2, il ne peut être relié qu'à la Terre, monde de la dualité par excellence.

La crosse

Formée d'une tige droite terminée par une spirale, la crosse représente la voie descendante de l'influence céleste sur Terre. Le sommet de la spirale symbolise le pôle nord céleste, le point immobile autour duquel tournent les astres de la voûte céleste. La spirale figure le mouvement circulaire de la descente des influences célestes à partir du pôle. Quant à la tige droite, elle représente l'axe des pôles ou “l'Axe du Monde” reliant le Ciel et la Terre. Pour davantage de détails sur cette représentation, consulter la double spirale.

La crosse évoque aussi la houlette du berger ou du pasteur, gardien des animaux et des âmes, dont il se sert pour ramener dans le troupeau la brebis ou le mouton égaré.

Saint Nicolas avec ses attributs épiscopaux est le représentant sur terre de l'autorité spirituelle dont il dispense la lumière avec bienveillance. En devenant la figure prodigue non seulement des bonnes paroles, mais également de gâteries, il faisait un pas dans la direction du monde féerique des enfants (et des adultes). Un nouveau monde de lumière, non plus exclusivement spirituelle ou chrétienne, s'ouvrait devant les vitrines des grands magasins. Ces nouveaux temples du monde moderne envahis en décembre par la foule en quête de cadeaux et un nouveau père dont l'origine se perd dans la nuit des contrées nordiques.

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Origines présumées du père Noël

Pour les uns, le père Noël viendrait d'Angleterre. Pour d'autres, il serait originaire d'Allemagne d'où il aurait envahi l'Alsace et la Lorraine. De fait, après l'annexion par l'Allemagne de ces deux régions en 1870, les émigrés partant pour la France emportèrent dans leurs bagages le sapin pour les alsaciens et Saint Nicolas pour les lorrains.

Certains disent que ce sont les hollandais, de confession protestante et fondateurs de la Nouvelle Amsterdam devenue plus tard New York, qui auraient transformé Saint Nicolas en une sorte de magicien nordique habitant les régions circumpolaires. D'autres enfin n'hésitent pas à affirmer qu'il vient de Finlande où, avec son village et son traîneau tiré par des rennes, il est à la source d'une manne touristique.

Que tirer de tout cela ? Que la référence à la source hyperboréenne ne devrait pas surprendre. Que nombre de traditions y puisent leur source. Que le père Noël doit se rattacher à quelque personnage ancien de ces zones reculées. Or, comment parler du père Noël sans le rapprocher d'une figure nordique ancienne dont la légende semble avoir servi de canevas.

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Le dieu Thor

Dieu nordique ThorSelon une légende nordique, Thor traversait les cieux sur son char tiré par deux béliers. Le ciel résonnait de ses coups de marteau générateurs de foudre. Son marteau, de couleur verte, produit le feu céleste. Il fut forgé par le feu terrestre et métallurgique de couleur rouge du nain Sindri 1. Cette double manifestation du pouvoir divin, sous la forme des feux céleste et terrestre, est à l'image des deux cornes situées sur la couronne de la tête du bélier.

Insigne des adorateurs de ThorL'image se retrouve également dans le dessin du marteau en forme de croix Tau que portent les adorateurs du dieu. La barre horizontale représente la Terre, le principe passif ou féminin par rapport à la barre verticale associée au Ciel, au principe actif ou masculin. Cette dernière s'arrête à la hauteur de la première car le symbole du Ciel doit être tout entier au-dessus de celui de la Terre.

Symbole de l'insigne des adorateurs de ThorPar ailleurs, ces deux lignes horizontale et verticale constituent la base et la hauteur d'un triangle dont les côtés latéraux, dessinés en traits pleins, déterminent deux directions partant d'un même sommet qui rappellent la partie supérieure de la mitre de l'évêque. Ces deux côtés symbolisent la manifestation de l'Un, sous sa forme polarisée ou double: feux terrestre et céleste etc.

En tant que “Maître du feu”, Thor est devenu le protecteur bienveillant des foyers, descendant dans l'âtre par la cheminée. Une vieille coutume voulait qu'un marteau, déposé près du foyer, protège les habitations des calamités.

De l'association des deux couleurs opposées et complémentaires, le vert et le rouge représentant respectivement les feux du Ciel et de la Terre, sont nées les tonalités de Noël.

Le fait que le père Noël descende dans les demeures par la cheminée à la suite du dieu nordique ne saurait surprendre. Coiffé de son bonnet ou capuchon rouge assorti à son costume et porteur de sa longue barbe couleur de neige et de sa hotte bourrée de cadeaux, il ne pouvait que susciter l'émerveillement dans les yeux des enfants.

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Le père Noël

La barbe blanche

La couleur blanche symbolise la foi, la confiance, l'innocence, la voie du cœur, de la connaissance directe sans interférence du mental. L'innocence correspond à l'abandon total dans les contes, les paraboles, les mythes, les légendes etc. C'est la nature du nouveau-né, du gamin ludique et de l'adulte qui a su gardé son âme d'enfant, à Noël notamment. L'innocence symbolise la voie de communication immédiate avec les Cieux.

Le costume rouge

La cheminée, axe de communication entre Ciel et TerreRappelons qu'autrefois, le père Noël revêtait, non pas l'habit rouge, mais brun évoquant le vêtement des ordres monastiques. Aujourd'hui, le rouge du vêtement représente de prime abord la couleur du courage car du courage il en faut pour visiter en une seule nuit toutes les maisons des petites et grandes têtes endormies. C'est aussi la couleur la plus élevée de l'arc-en-ciel qui correspond à la fonction la plus haute de l'ordre visible ou temporel, celle de Roi. Que l'on y croit ou que l'on n'y croit pas, pour un soir, le père Noël est vraiment le Roi de petits et des grands. Et surtout, le rouge est la couleur du feu qui brûle dans...

La cheminée

La cheminée est le symbole des mystérieux canaux de communication entre les Cieux et les êtres. C'est le canal utilisé à la fois par les sorcières lorsqu'elles se rendent aux Sabbats et par le père Noël pour déposer les présents. Son symbolisme est lié à celui de l'Axe du Monde le long duquel descendent les influences célestes et remontent les influences terrestres. Un axe de communication entre les mondes des feux céleste et terrestre.

La cheminée est aussi le canal du souffle qui maintient le feu et la chaleur du foyer, du groupe social à l'image des histoires que contaient les parents aux enfants et amis au cours des longues soirées d'hiver d'antan.

La hotte

A l'instar de la légende nordique, la mythologie grecque fait aussi de Zeus (Jupiter), détenteur du pouvoir universel, le dieu de la foudre. Son attribut, le faisceau enflammé, fut également forgé par un feu souterrain, le feu d'Héphaïstos (Vulcain).

Un jour où Zeus jouait avec Amalthée, la chèvre qui l'avait allaité, il lui cassa par mégarde une de ses cornes. En signe de réparation, il lui promit de remplir constamment la corne brisée de tous les fruits qu'elle désirait. La corne, avec son ouverture tournée vers le haut et remplie de présents par les dieux, devint la corne d'abondance et l'emblème de nombreuses déités.

La corne brisée signifie la fin de la dualité propre au monde humain et l'accès au monde de l'unité, la fin des souffrances liées aux déchirements de l'être et la promesse de connaître enfin la paix de l'esprit. Plus prosaïquement, elle représente l'abondance de cadeaux dont la hotte regorge. En réalité, le seul véritable cadeau du Ciel est la capacité de vivre hors de la dualité: au-delà de la nostalgie et des rêves, dans l'innocence de l'éternel présent (pour plus de détails, voir les fêtes de Noël et de l'Épiphanie).

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Bibliographie

René Guénon:
“La Grande Triade”. Éditions Gallimard 1957;
Notamment les chapitres III sur le Ciel et Terre et V sur la double spirale.
Jean-Marie Pelt:
“Fleurs, fêtes et saisons”. Éditions Fayard 1988;
En particulier, le chapitre sur saint Nicolas.

1 retour Symbole de Noël, l'arbre toujours vert absorbe le gaz carbonique et le transforme en oxygène grâce à la photosynthèse; absorbé par l'être vivant animé, l'oxygène produit à son tour le sang rouge. Il s'ensuit que le vert a en quelque sorte la préséance sur le rouge. Autrement dit, le feu céleste ne peut être que vert comparativement au feu terrestre rouge.

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