LOTUS

Au cœur du symbolisme

Carnaval, un monde sens dessus dessous

(Résumé)

Masque du carnaval de Venise

Le temps des retournements

Le carnaval correspond aujourd'hui à la période réservée aux divertissements entre le jour des Rois (Épiphanie) et le mercredi des Cendres, premier jour du carême. Il atteint son paroxysme au terme des réjouissances, c'est-à-dire à mardi gras (“carnevale” en italien), suivi d'un brutal retour à la vie ordinaire. En quoi des carnavals aussi connus que ceux de Venise en Italie, Nice en France, Cologne ou Munich en Allemagne, Bâle ou Zürich en Suisse, Binche en Belgique, Rio au Brésil ou de la Nouvelle-Orléans aux États-Unis, reflètent-ils les origines et les fondements des fêtes qui leur ont donné jour ?

Le carnaval et les fêtes qui lui ont donné naissance sont des festivités à caractère rigoureusement social. Ces fêtes n'ont pas pour but l'harmonie de l'être avec le Cosmos, mais le contraire puisqu'elles recourent systématiquement à un renversement, à une inversion des tendances propres au monde cosmique. Certes, de telles pratiques constituaient une excellente catharsis pour des êtres à la vie rigoureusement réglée et garantissaient aux autorités le maintien de l'ordre social. Cependant, si ces pratiques sont tombées en désuétude et si le carnaval se voit réduit, de nos jours, essentiellement à un rôle de spectacle où les railleries vis-à-vis des autorités constituent toujours un exutoire social, c'est probablement, comme le souligne René Guénon, que les défoulements, loin de rester confinés à des périodes bien définies, font aujourd'hui partie de la vie ordinaire. Une vie qui a même repris à son compte les manifestations de sorcières, bien éloignées des pratiques “à rebours” du “sabbat”, avec la remise au goût du jour de la fête d'Halloween.

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