LOTUS

Au cœur du symbolisme

Couleurs des points cardinaux et éléments (Résumé)

Carrés et cercles concentriques de Wassily Kandinsky, 1913

Des diagrammes hauts en couleur

Points cardinaux et couleurs

Depuis la nuit des temps, l'homme a toujours cherché à se repérer dans l'espace. Pour y parvenir, il a observé les différentes positions du soleil au cours de la journée ou des étoiles durant la nuit:

  • Le jour, l'ombre d'un piquet planté dans le sol permettait de déterminer la position du soleil à son zénith, c'est-à-dire la direction du sud. Les autres directions cardinales s'ensuivaient;
  • La nuit, l'observation du point fixe, autour duquel semblaient tourner les étoiles, fournissait la direction du pôle nord (géographique) et, ensuite, les autres directions.

Le diagramme des quatre directions cardinales a pu ensuite servir à représenter les quatre périodes de la journée, les quatre saisons, les quatre âges de l'être humain etc. D'où l'idée d'associer directions cardinales et couleurs. Il suffisait de penser, entre autres, au printemps vert, à l'été jaune, à l'automne roux et à l'hiver… blanc.

Le choix des couleurs devait cependant refléter la relation entre clarté et obscurité (sud et nord, est et ouest) soulignée par des couleurs complémentaires (par exemple rouge et vert, jaune et violet). La correspondance entre points cardinaux et couleurs pouvait, par exemple, associer est et vert, sud et jaune, ouest et rouge, nord et violet ou bleu foncé. Quant au blanc évoqué à propos de l'hiver, il appelait son complémentaire, le noir. Ensemble, ils représentaient aussi la relation entre clarté et obscurité pour les deux directions verticales associées au zénith et au nadir.

L'association des six couleurs les plus largement répandues dans les sociétés traditionnelles et des six directions de l'espace donnait le premier diagramme ci-dessous. Il ne constituait que l'un des huit diagrammes générés en accolant les quatre couples possibles de couleurs complémentaires (rouge, vert), (vert, rouge), (jaune, bleu) et (bleu, jaune) aux deux couples de points cardinaux (sud, nord) et (est, ouest). Toutefois, seuls quatre de ces diagrammes seront retenus, les quatre autres se déduisant des quatre précédents en échangeant les couleurs le long de chacun des axes:

Couleurs chrétienté et HindouismeCouleurs en Grèce et IndeCouleurs et ChineCouleurs chez les Mayas

Le blanc et le noir ont une grande portée symbolique. Le blanc représente non seulement l'état unifié des couleurs du spectre de la lumière visible, mais plus généralement de tous les êtres et choses. Il symbolise la perception terrestre du Principe primordial non manifesté à l'origine de la manifestation. Quant au noir, il est l'image même du non manifesté, au-delà de notre perception du Principe symbolisé par le blanc.

De façon plus prosaïque, le blanc et le noir caractérisent la lumière et les ténèbres, la clarté et l'obscurité, la connaissance et l'ignorance. Comme souvent dans la tradition hermétiste, ce qui est au plus haut au niveau céleste est au plus bas au plan terrestre.

Points cardinaux et éléments

Certains des diagrammes précédents furent enrichis par l'introduction des éléments dans diverses formes traditionnelles. Ils étaient symbolisés dans la Grèce antique par le feu, l'air, l'eau et la terre selon l'ordre hiérarchique fourni par Platon et son disciple Aristote. Le seul critère de la production matérielle des éléments aurait conduit à inverser l'ordre du feu et de l'air plus léger. Su était cependant écarter l'aspect symbolique des deux éléments. Le feu était associé à la verticalité, à l'ascension vers le Ciel, vers des états d'être supérieurs. L'air, caractérisé principalement par le mouvement transversal du vent, ne représentait que l'expansion horizontale reliée à un état d'existence donné. Quant aux éléments eau et terre, ils étaient également en relation avec la verticalité, mais descendante.

Il s'ensuivait que les éléments ne pouvaient être échangés à loisir; ils procédaient l'un de l'autre aussi bien dans leur ordre hiérarchique que de production.

Il était toujours possible d'associer le feu à la couleur rouge et l'eau à la couleur bleue, verte ou turquoise par exemple. Mais qu'en était-il des autres éléments et couleurs ? La tâche fut d'autant plus ardue que l'introduction des éléments impliquait de passer d'une approche descriptive ou matérielle à une approche plus symbolique.

Les éléments des diverses formes traditionnelles n'avaient, en effet, rien de commun avec les éléments chimiques à la base de la composition des corps en général. Ils représentaient des principes élémentaires déterminant la manifestation des corps du seul monde physique ou substantiel, du monde inférieur. De plus, tout corps (physique) procédait de l'ensemble des éléments dans différentes proportions, contrairement aux composés chimiques.

Est-ce qu'une correspondance entre les quatre éléments et les quatre phases de la matière, à savoir solide (terre), liquide (eau), gazeuse (air) et plasma (feu), aurait pu nous rapprocher d'une vision traditionnelle ? Sûrement pas! Les quatre phases ne sauraient coexister dans un même corps, contrairement aux éléments traditionnels.

Il résulte de tout cela que les couleurs attribuées aux points cardinaux et aux éléments ne sauraient être fixées une fois pour toutes. Le choix et la disposition des couleurs dépendait largement des arrière-plans culturels qu'ils reflétaient et des ordres hiérarchique ou de production mis en avant au cours du processus de la manifestation du monde physique.

Seuls quelques cas seront examinés pour les six couleurs retenues précédemment. Bien d'autres seraient possibles en fonction des couleurs ou des nuances de base propres à chaque culture, mais ce simple aperçu nous permettra déjà de mesurer les répercussions symboliques de la couleur dans les sociétés anciennes.

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