LOTUS

Au cœur du symbolisme

Ming-Tang, temple de la Lumière

(Page détaillée)

Résumé

Le carré et la croix

Les sommets de quatre équerres peuvent être posés sur les quatre coins du Temple ou de la salle centrale. Ces équerres génèrent deux figures appelées gammadia car formées à partir d'équerres à branches égales dont la forme évoque la lettre grecque gamma (Γ).

  1. Le gammadion en carréLe gammadion en croixSous la première forme, les quatre équerres dessinent la base carrée de l'édifice et, plus particulièrement, les quatre pierres d'angle qui doivent être taillées à l'équerre.
  2. Sous sa seconde forme, les quatre équerres façonnent une croix représentant les quatre voies qui partent du centre et y aboutissent. Cette figure évoque aussi la forme première de l'idéogramme “hing” du nombre d'éléments ou d'états du monde matériel dans la tradition chinoise (voir les cinq éléments). Cette tradition compte quatre éléments périphériques (Feu au sud, Eau au nord, Bois à l'est et Métal à l'ouest) et un élément central (Terre). Le cinquième élément correspond à la projection de la dernière pierre de la construction, la pierre angulaire ou clef de voûte déposée au sommet de l'édifice.

Dans le symbolisme Chrétien, la pierre angulaire représente le Christ et les pierres d'angle les quatre Évangélistes. L'ensemble des deux figures décrit le Christ au milieu des quatre animaux de la vision d'Ézéchiel 1. Si les Évangiles constituent le fondement de l'Église, la pierre d'angle posée en premier lieu, la pierre fondamentale, symbolise son fondateur, Saint Pierre.

Les deux voies

Lorsque les sommets de quatre équerres sont posés sur les points médians de façades opposées, les figures dessinent deux voies verticale et horizontale assimilables aux traits vertical et horizontal des lettres I et H respectivement.

  1. La voie verticaleLa voie horizontale La voie verticale représente le canal de communication entre le nord (yin) et le sud (yang), l'Eau et le Feu, les profondeurs terrestres et les hauteurs célestes. L'Empereur occupant une position centrale entre les influences célestes et terrestres représente le véritable médiateur entre le Ciel et la Terre.
  2. La voie horizontale dépeint le canal de communication entre l'ouest (yin) et l'est (yang), le métal et le bois, le monde en-dessous et le monde au-dessus, l'obscurité et la lumière. ‘Détruire l'obscurité (tsing), restaurer la lumière (ming)” constitue l'une des devises de certaines sociétés chinoises.

La voie horizontale est yin relativement à la voie verticale yang.

La verticalité de la lettre I fait référence à l'Axe du Monde, à la voie ascendante et descendante entre le Ciel et la Terre 2.

La barre horizontale de la lettre H relie deux états contraires qui ne peuvent exister l'un sans l'autre; ils sont appelés à devenir complémentaires et à s'unir le long de l'axe vertical. Cette barre représente un échelon de l'échelle reliant la Terre et le Ciel et destinée à être gravie.

La circumambulation

Lorsque les sommets de quatre équerres forment un carré intérieur au contour du Temple, les figures représentent les branches de swastikas en rotation autour du centre.

Premier swastika dextrogyrePremier swastika sénestrogyre
Second swastika dextrogyreSecond swastika sénestrogyre

Le swastika symbolise le passage du centre à la périphérie et réciproquement. Il décrit en conséquence la circumambulation de l'Empereur qui édicte les ordonnances terrestres en application des principes célestes. Les deux sens de rotation du swastika correspondent aux deux sens du parcours de l'Empereur qui part du centre pour y retourner. En effet, l'Empereur repasse par le centre à mi-chemin et, par conséquent, inverse le sens de rotation du parcours.

Le swastika constitue un emblème du Christ dont la bonne Parole est essaimée dans les quatre Évangiles qui, à leur tour, doivent être rassemblés pour restituer le Verbe dans son intégralité.

Bibliographie

  • René Guénon:
  • “La Grande Triade”. Éditions Gallimard 1957;
  • Particulièrement, le chapitre XVI sur le Ming-Tang précisément.
  • “Symboles de la Science sacrée”. Éditions Gallimard, 1962;
  • Notamment, le chapitre XLV intitulé El-Arkân sur les gammadia.
  • Marcel Granet:
  • “La pensée chinoise”. Éditions Albin Michel 1988.

1 retour De même, dans la tradition islamique, la représentation terrestre où le Prophète est situé au milieu des quatre premiers califats constitue un reflet de la représentation céleste où le chef de la milice du Ciel, Er-Rûh, se tient au milieu des quatre archanges: Jibrîl, Rufaîl, Mikaîl et Isrâfil.

2 retour La lettre i est équivalente au iod, dixième lettre de l'alphabet hébraïque et première lettre du Tétragramme ou nom divin (י ה ו ה).

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