Grammaire wallonne en ligne
Li waibe del croejhete walone

Sous-sections

Les lettres


L'alphabet

L'alphabet de l'orthographe wallonne comprend 26 lettres, les mêmes qu'en français: a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z. Le nom des lettres est le même qu'en français, sauf w qui s'appelle (anciennement doble u) et y qui s'appelle î gréc ou yod. Remarques: a) Le q n'est pas utilisé dans certaines variantes du système de transcription Feller, ni dans l'orthographe normalisée. Il est remplacé par k ou c selon les cas: ki ou qui (que), cwand ou qwand, cand ou quand (quand), pratike ou pratique (pratique), etc. Voir ci-dessous k. b) Le x n'est normalement pas utilisé dans le système de retranscription Feller. Par contre, il l'est en orthographe rénovée. Voir ci-dessous x. c) Certaines variantes de l'orthographe Feller utilisent un n en exposant pour noter un i nasalisé (n, bien, n, dans le Centre et en niv.) ou un o mi-nasalisé (nze, rose, np, coup, èvônye, parti en brab.).


Les signes diacritiques

Les signes diacritiques utilisés sont les accents aigu (é, É), grave (è, È), rond (å, Å) et circonflexe (â, Â, ê, Ê, î, Î, ô, Ô, û, Û). Certaines variantes du système de transcription Feller utilisent aussi: à, À (à, là, dèdjà), ù (èwoù), ì (ptìt). Mais on écrit le plus souvent la (là), dedja (déjà), a (à), ewou (où). ì n'est pratiquement jamais utilisé en dehors des ouvrages scientifiques (voir ci-dessous i). Dans certains dialectes, on utilise aussi le tréma: ë (lë ptët, le petit; brab., Bertrix), ö (röze, rose; chestr.); voir à ces lettres ci-dessous.


Les graphèmes

L'orthographe normalisée est fondée sur la notion d'une notation de variables , c.-à-d. des unités abstraites structurant la langue et pouvant se réaliser en différentes variantes. Ces variantes peuvent être: Chaque variable a une représentation graphique typique, appelée graphème et utilisée dans le classement ci-dessous. Comme dans toute langue écrite, certains sons identiques peuvent apparaître comme réalisations de variables différentes (p. ex. in [~E] comme réalisation de én et de in). Proposer un système de variables pour une langue, rendant compte des principales variantes phonétiques, phonologiques et dialectales, est un exercice forcément quelque peu arbitraire: la classification présentée ci-dessous n'est donc pas à considérer comme «le» système des variables du wallon mais comme une des manières possibles de structurer la plus grande partie de la diversité phonétique observable. Les lettres précédées d'un astérisque sont des graphies utilisées dans le système de transcription Feller mais pas dans l'orthographe normalisée.

a

a

[a] Exemples: gade (chèvre), il abata (il abattit). Prononciation: comme en français. Voir aussi â, å, au/ô, an.

â

[a:] Exemples: diâle (diable). Prononciation: a long. Ce phonème est assez rare en dehors de la réalisation [a:] de å ou de la réalisation [a:] de a dans certaines régions et dans certains contextes phonétiques, notamment devant [R] en nam.: (transcr. Feller) mwârt (mort), pwârter (porter). Voir oi.

å

[O:] $ \leftrightarrow \protect $ [o:] $ \leftrightarrow \protect $ [a:] Exemples: påsse (pâte), å (au), djåzer (parler). Réalisations et transcr. Feller: Utilisée d'abord en région liégeoise pour noter un son intermédiaire entre [a:] et [o:], comme dans l'anglais law, la lettre å est aussi assez fréquemment utilisée en dehors du liégeois pour noter des mots comme lård (lard), djåzer (parler), cåzer (parler), tåte (tarte, tartine), påsse (pâte), qui sont identiques dans toute la Wallonie, si ce n'est que le å se prononce comme ô ou au dans la plupart des régions (laurd, djauzer, cauzer, taute, pausse ou lôrd, djôzer, côzer, tôte, pôsse, etc.), comme â dans certaines régions ardennaises et à Seraing (lârd, djâzer, câzer, tâte, pâsse, etc.) ou avec un son intermédiaire en liégeois. Outre ces prononciations, en SW, CW et OW, cette lettre est généralement prononcée â (ou plus rarement ô) dans les suffixes récemment empruntés au français: abôminåcion (horreur), capåbe (capable), etc. Formes de référence: dans cette grammaire, on utilisera systématiquement å pour représenter ce phonème wallon qui peut se prononcer â, ô ou entre les deux selon les régions.2.1 Voir cartes p. [*].

ae

[a]  ~ [E] Exemples: plaece (place), glaece (glace), passaedje (passage). Prononciation: comme a à Charleroi et Namur; comme è à Liège et en Ardenne;  le suffixe -aedje se prononce -âdje en OW. Transcr. Feller: écriture phonétique, donc a (place, glace, passadje), â (passâdje) ou è (plèce, glèce, passèdje), selon la prononciation. Remarque: ä est la graphie conseillée par la Commission de Normalisation de la Langue de l'UCW. ae n'est qu'un équivalent sans tréma.

ai

[e:] --> $ \leftrightarrow \protect $ [E:] Exemples: maisse (maître), i fwait (il fait). Cette variable est prononcée un peu plus ouverte en EW, CW et SW ([E]) et un peu plus fermée en OW ([e]). Utilisation des variantes graphiques dans le système de transcr. Feller: n'est utilisé que par les auteurs namurois (maîsse, i faît). La tendance est plutôt d'écrire ê en EW et SW (mêsse, i fêt) et é en OW (mésse, i fét). Forme de référence: dans cette grammaire, nous utiliserons systématiquement ai, ce qui permet de diminuer considérablement le nombre de signes diacritiques. Cette graphie ai n'est utilisée que par référence à l'étymologie ou, si l'on préfère, à l'analogie avec le français. Dans les autres contextes, le même son [E] peut s'écrire e (voir cette lettre). Opposition avec [E]: messe  ~ maisse (messe, maître), braes  ~ brait (bras, crie), etc.

* aî

Voir ai.

an

[~a] $ \leftrightarrow \protect $ [~O] Exemples: Djan (Jean), blanc (blanc). Prononciation: comme en français. Théoriquement, le son [~a] s'écrit toujours an et jamais en, ni aon: ampire (empire). En transcr. Feller, certains auteurs privilégiant l'analogie avec le français utilisent parfois en: empîre. Chez les jeunes ou les néo-locuteurs, on constate une tendance de plus en plus marquée à remplacer les an par des in: kind pour quand (quand), diminder pour dimander (demander), tchinter pour tchanter (chanter), etc. Ex. lit. Il existe une tendance à prononcer on en condr.: Djon (Jean). En chestr., il existe un son intermédiaire, noté ån: djåndu (touché). Il existe une tendance à la dénasalisation en EW, et surtout à l'est de ce domaine (malm.): djâbe (jambe). Ces variantes phonétiques sont notées telles quelles en transc. Feller.

* ån

Voir an.

* au

Voir å et ô.

b

b

[b] Exemples: bén (bien), aboird (abord). Prononciation: comme en français. En position finale, voir Assourdissement des consonnes en finale, p. [*].

c

* c

Voir k et s.

ch

[S] Exemple: chal (ici). Prononciation: comme en français. Le son [S] est relativement rare en wallon, sauf comme réalisation de xh, sch et sh . En dehors de ce cas, il provient d'emprunts au français (chôcolåt), de formes picardes (muchî (entrer; cacher) face à moussî (entrer; habiller)) ou de cas d'assimilation de [sj], sporadiquement en EW et OW, de type: (transcr. Feller) cial (arch.) > chal (ici); assiète > achète (assiette), atincion > atinchon (attention), pourcia > pourcha (cochon), etc. (voir la section consacrée aux assimilations, p. [*]) On constate actuellement une tendance très nette (au moins en CW, SW et OW) à remplacer certains [S] (quelle que soit leur origine) par des tch. Ex. lit.:

d

d

[d] Exemples: dint (dent), wårder (garder). Prononciation: comme en français. En position finale, voir Assourdissement des consonnes en finale, p. [*].

dj

[dZ] Exemples: djin (personne), rodji (rougir). Prononciation: comme dans les mots d'origine anglaise John, jazz, jeans. En position finale, voir Assourdissement des consonnes en finale, p. [*]. Remarque: le groupe [dj] + voyelle  est souvent prononcé comme un [dZ]: diâle > djâle (diable). Ce trait phonétique est parfois noté. Voir la section consacrée aux assimilations (p. [*]).

e

e (au début ou à l'intérieur d'un mot)

[E] Exemples: efant (enfant), aredje (rage), biesse (bête), les (les), pierdant (perdant). Prononciation: pratiquement toujours è ([E]). D'un point de vue phonologique, noter systématiquement l'accent grave est pratiquement inutile, puisque la prononciation est régulière. Ne pas le noter allège considérablement l'aspect visuel de l'orthographe wallonne. Dans les formes de références, une exception est faite pour les morphèmes des épithètes féminines plurielles antéposées (p. [*]) et de la 3e pers. du plur. de l'indicatif présent (p. [*]), voire pour les mots outils èt et eyèt (et), dont la prononciation diffère du mot français équivalent. Transcr. Feller: selon la prononciation, donc èfant; arèdje; bièsse ou biêsse (chestr., Lesse), lès, pièrdant . Remarques: a) Une section particulière revient sur les signes diacritiques, notamment sur le e . b) En plus des prononciations notées ci-dessus, dans certains mots et certaines régions, le e interne peut ne pas se prononcer: dji serè est réalisé dji sèrè ou dji srè; c' est pezant est réalisé pèzant ou pzant (Centre); ledjîr est réalisé lèdjîr ou ldjîr (ESM); il a metou est réalisé il a mètu, mètou ou mtu (carol.); il a semé est réalisé il a sèmè, sèmé ou smè; mezeure peut se réaliser mzeure; boledjî est prononcé bolèdjî ou boldjî. c) Dans certains emprunts récents au français, il peut exister une hésitation entre la prononciation é ([e]] et è ([E]): velo (vélo), telefone (téléphone), culturel (culturel). NB: Dans ce dernier cas, la forme wallonne originelle est , comme dans (tel), åté (autel), (quel). d) En transcr. phonétique Feller, il arrive que la lettre «e» soit utilisée pour «eu». Ex. lit.: C'est surtout le cas dans les emprunts qui s'écrivent normalement régleumint (règlement), meunu (menu), breuton (breton), etc. Dans certains cas, des formes wallonnisées existent concurremment, p. ex. réglumint. e) Devant r [R], le e (E) a tendance a subir diverses évolutions phonétiques: fermeture en lg. (transcr. Feller: espwér, espoir); nasalisation dans la région de Saint-Hubert (transcr. Feller: Sint-Ubinrt, Saint-Hubert); ouverture, allongement, etc. Voir aussi a, ai et in (è nasal). Voir aussi p. [*] pour l'alternance è  ~ a, de type braes (brès  ~ bras) (bras), glaece (glèce  ~ glace ) (glace), etc.

e («muet»)

Exemples: gade (chèvre), blame (flamme). Ce e n'est jamais prononcé, même dans la poésie. En orthographe rénovée, on trouve ce e «muet» uniquement en fin de mot: rôze (rose), gade (chèvre). Dans certaines variantes des transc. phonétiques Feller, on le trouve aussi: Dans les formes de références, il n'est utilisé qu'en position finale. On écrira donc: rôze, gade, li cminçmint, biesmint, bocter, nos vicrans, etc.

é

[e] Exemples: pés (pis), viké (vécu). Prononciation: comme en français. Par analogie avec le français, certaines formes verbales à l'infinitif et à la 2e personne du pluriel sont écrites avec -er et -ez: viker (vivre), rider (glisser), djåzer (parler)... vos vikez (vous vivez), vos ridez (vous glissez), vos djåzez (vous parlez)... Dans certains dialectes, notamment le sud-nam. et le SW, les é [e] finals des autres dialectes sont systématiquement des è: costè (côté), il a-st-arivè (il est arrivé), etc. C'est aussi le cas de certains morphèmes verbaux du carol.: vos arivèz (vous arrivez), il a arivè (il est arrivé; mais ariver, arriver); voir, dans la section consacrée à la conjugaison, l'inf. (p. [*]) l'ind. pr. (p. [*]) et le part. pas. (p. [*]). En ancien wallon, le son é ([e]) était très souvent écrit ei. Ex.: Voir aussi è, ê et én.

* ë

Voir i et u.

ea

[e:] --> $ \leftrightarrow \protect $ [E:]  ~ [ja] Exemples: bea (beau), novea (nouveau) Prononciation: ia ( [ja]) à Charleroi et Namur, ê ou é ( [e:] ou E:) à Liège et en Ardenne Transcr. phonétique Feller: ia ou ê (parfois é ), selon la prononciation: bia, bê; novia, novê. Le suffixe descendant du latin -ellus est noté -ea en orthographe rénovée, comme dans certains systèmes d'écriture anciens. Voir p. [*]. Ex. anciens: La graphie ea est encore présente dans quelques noms de personnes wallons, p. ex.: Quelques exemples de mots écrits avec ea dans l'orthographe rénovée:

* en

Voir an. Ce digraphe est utilisé pour an dans certaines associations d'écrivains, par analogie avec le français.

én

[~e] $ \leftrightarrow \protect $ [e] $ \leftrightarrow \protect $ [~E] $ \leftrightarrow \protect $ [~i] Exemples: bén (bien), rén (rien), tchén (chien). Variantes et transcr. phonétique Feller: Remarques: a) Dans les régions où existe le phonème én ( [~e]), le groupe des mots contenant ce son peut être plus ou moins large (p. ex. l'indicatif imparfait pluriel de types -éns ne recouvre pas toute la région où existe le son én; voir p. [*]). b) Le chestr. est le seul dialecte à ne pas avoir une voyelle nasale dans certains de ces mots. Les mots équivalents ont souvent iè: biè pour bén . Le son [~e] peut être plus ou moins dénasalisé, dans les régions où il est connu. Il se confond alors avec un é [e]: (transcr. Feller) bé, tché, ré. Forme de référence: dans cette grammaire, nous utiliserons systématiquement la graphie én pour tous ces mots. Voir cartes p. [*].2.2

eu

[\oe]  ~ [ø] Exemples: leup (loup), feume (femme), dj' esteu (j'étais), leune (lune). Prononciation: a)  La graphie normalisée eu  se prononce pratiquement toujours [o:] (comme dans le français des bœufs ) en EW et SW. b) En OW et CW, la réalisation est eu [\oe] (comme dans le français un bœuf ) dans les mots feu (feu), djeu (jeu), leup (loup) ou le morphème verbal de l'indic. imparf.: dj esteu (j'étais) ; par contre, elle est [o:] devant r et dans les cas où le eu précédait un r qui a disparu: eure (heure), leu (leur), måleur (malheur), coleur (couleur), tchesseu (chasseur), colebeu (colèbeû) (colombophile); enfin, en nam. uniquement, elle peut se prononcer brève dans le suffixe -eure: costeure (coûture), posteure (statue), mezeure (mesure), etc., alors qu'elle est longue dans le morphème verbal de l'indic. imp. sing.: dj' esteuve (j'étais). c) Les mots de type leune (lune), comeune (commune), eune (une, pron.), fôrteune (fortune), utilisés en EW, contiennent d'anciens u centralisés. d) Le mot feume, prononcé avec un [\oe] en lg., nam. et carol. et nulle part avec un [o:] est une sorte d'anomalie. En Ardenne, on trouve une forme fème. Remarque: ce phonème n'est pas l'équivalent long de [\oe]. Seuls certains rares parlers du SW ont une opposition de longueur entre [\oe] et [\oe:]. Voir aussi un ( [~\oe]).

ey

[Ej]  ~ [E:j]  ~ [i:j]  ~ [i:] Exemples: åjhey (facile), industreye (industrie) Prononciation: èy ( [Ej]) ou êy ( [E:j]) en EW et à Bastogne; généralement îy ( [i:j]) ailleurs; î ( [i:]) en chestr. et Lesse. Transcr. phonétique Feller: selon la prononciation, donc: aujîy, åhèy, åhî, ôjî, auji, etc.; industrèye, -êye, industrîye, -îe. Remarque: cette graphie ne se trouve, en général que dans le suffixe -eye ; à part dans åjhey, elle correspond au français -ie.

f

f

[f] Exemples: feume (femme), Afrike (Afrique), filozofe (philosophe). Prononciation: comme en français. Ce son [f] ne s'écrit jamais ph: foto (photo), afe (aphte)...

g

g(u)

[g] Exemples: gade (chèvre), gueuye (gueule). Prononciation et utilisation: comme en français. On écrit gu devant e et i: gueuye (gueule), guîye (quille)... En position finale, voir Assourdissement des consonnes en finale, p. [*]. En général, le g n'est pas utilisé pour écrire un [Z], sauf chez quelques écrivains attachés à l'analogie avec le français. Par exemple, le mot ancien djindåme a été remplacé par un emprunt au français qui est normalement écrit jandâme; mais on trouvera aussi gendâ(r)me (et jendâ(r)me).

gn, ny

[ñ] Exemples: fignesse (fenêtre), pogn (poing). Prononciation: comme en français. Dans certaines variantes du système de transcr. Feller, on écrit parfois ni selon l'analogie avec le français: fènièsse. Formes de références: le son [ñ] sera noté gn. Exception: le son [ñ] sera écrit ny  quand le suffixe verbal -yî ou le suffixe nominal -yin suit un radical terminé par n: comunyî (communier), Iranyin (Iranien). Dans de rares mots, une séquence «g + n» doit se prononcer [gn] et non [ñ]. On peut alors placer une apostrophe entre les deux lettres: dag'ner (1. recouvrir de graisse noire; 2. appliquer une matière épaisse et visqueuse; 3. souiller, salir en collant - mot attesté au moins en bast. et brab.); i bag'nut (ils déménagent). Une autre solution courante, dans certaines variantes du système de transcr. Feller, est d'écrire daguener, i baguenut.

h

h

[h] $ \leftrightarrow \protect $ zéro Exemples: hoye (charbon), havet (crochet), cahute (cahute). Prononciation: en EW, comme en anglais [h]; non prononcé ailleurs mais peut empêcher la formation d'un hiatus: li hoye ou li houye (et non ºl' oye; cf. en français les haricots). Normalement, dans le système de transcr. Feller, on n'écrit le h que s'il est prononcé, donc uniquement en EW. Dans certains dictionnaires, on trouve par exemple: ouye; avèt; ca-ute ou ca.ute. Pourtant, dans le CW et le SW, le [h] est également présent, quoique rarement noté (du moins en CW), puisqu'il empêche les liaisons: dès havèts et non ºdès-avèts. Il est également présent dans une partie de OW (ESM, voir ex. ci-dessous). Dans le reste de OW, le h initial semble avoir disparu: dès-avèts. Ex. lit.: Dans les régions où le [h] n'est pas ou plus prononcé, entre deux voyelles, il peut être remplacé, dans la prononciation, par une semi-consonne: cahute > cayute (cabane); ahan > awan (automne); couhatchî > couwatchî (hacher menu); sohêtî > sowêtî (souhaiter). Formes de référence: dans cette grammaire, le h est utilisé tel quel quand il existe dans toute la Wallonie (soit il se prononce, soit il empêche l'hiatus, soit il est remplacé par y ou w): on houyeu, ene cahute, on havet. Les h étymologiques écrits en français (histoire, homme, théâtre, etc.) ne le sont jamais en wallon: istwere, ome, teyåte, etc.

i

i

[i] $ \leftrightarrow \protect $ [I] Exemples: mi (moi), pitit (petit), li (le, la). Prononciation: comme en français, mais presque toujours plus relâché ([I]). Le brab. et le bouill. prononcent le [i] (et le [y]) de manière très relâchée, ce qui est noté ë (më, pëtët, lë) dans les transcriptions phonétiques du système Feller. La nuance intermédiaire (nam., hesb.) est notée ì dans l'ALW: (moi), pìtìt (petit). Voir cartes p. [*]. Voir aussi î; i nasal, sous én; y.

î

[i:] Exemples: (mieux), (vieux), pîd (pied), candjî (changer). Prononciation: i long. Le son i long est souvent bref dans des aires dialectales plus ou moins étendues, par exemple en brab.: pid, vi, candji. Phonologiquement, tous les dialectes n'opposent pas de manière aussi marquée le /i/ et le /i:/. Il existe par exemple quelques paires minimales en nam.: soris $ \neq $ sorît (souris, sourit); li $ \neq $ (lui, lu, du v. lire). Elles semblent plus rares en liég., par ex.: mi $ \neq $ (moi, mieux). En carol., le i long est la marque de l'infinitif alors que le i bref est la marque du part. passé dans certains verbes: candjî (changer) mais candji (changé). voir, dans la section consacrée à la conjugaison, l'inf. (p. [*]) l'ind. pr. (p. [*]) et le part. pas. (p. [*]).

in

[~E] Exemples: rinde (rendre), dj' aprind (j'apprends). Prononciation: comme en français. Ce son ne s'écrit jamais «ein», «ain», etc.: mwin ou min (main). Remarques: a) inne [~En] et inme [~Em]. Exemples: tchinne (chêne, chaîne), crinme (crème). Prononciation: d'abord in puis n ou m, comme en français régional, dans les mots équivalents. Variantes: parfois, surtout parmi les écrivains namurois, on écrit tchin.ne, crin.me, pour bien montrer la prononciation. b) Le son in [~E] peut être plus ou moins dénasalisé sporadiquement. Il existe p. ex. une tendance à la dénasalisation à l'est de EW: rinde > rêde. En malm., il n'y a pas du tout de nasalisation devant une consonne nasale: créme (crème), tchéne (chêne). Formes de référence: les formes nasalisées, beaucoup plus fréquentes, seront utilisées devant une consonne nasale et notées sans point: tchinne, rinne, crinme, chîhinme, etc.

* î-n

Voir én.

j

j

[Z] Exemples: jate (tasse), eponje (éponge), Beljike (Belgique). Prononciation: comme en français. En position finale, voir Assourdissement des consonnes en finale, p. [*]. Ce son est rare en wallon, sauf comme variante de jh (allophone du [h]). En dehors de ce cas, il provient souvent d'un emprunt au français ou d'une assimilation de [zj] (voir p. [*]). On constate une tendance très nette chez les néolocuteurs (au moins en CW, SW et OW) à remplacer certains [Z] (qu'ils soient empruntés au français ou variante de jh par des dj: scrijâdje > scrîdjâdje ; plêji > plêdji ; jate > djate. Le même phénomène existe pour la transformation du ch (emprunté ou allophone de [h]) en tch. Ex. lit.:

jh

[h] --> $ \leftrightarrow \protect $ [Z] Exemples: prîjhon (prison), nos djhans (nous disons). Prononciation: h [h] en EW; j [Z] en CW, SW et OW. Quelques mots courants: Dans certains cas, l'EW (soit le liég. proprement dit, soit l'EW en général) a perdu ce h: gléhe > èglîse (église), alors que le j subsiste dans tous les autres dialectes: èglîje. De même èle fihèt > èle fèt (elles font) alors que le SW conserve èle fijèt; scrîheû > scriyeû (écrivain)  ~ scrîjeû (CW, OW, SW). Les formes de références utilisées dans cette grammaire sont les formes avec h, notées jh .2.3

k

k/c

[k] Exemples: crole (boucle), cwand (quand), viker (vivre), ki (que), stoumak (estomac), cwè (quoi), cwiter (quitter), cok (coq). Prononciation: comme en français. Dans les formes de références de cette grammaire, le q n'est pas utilisé: on écrit c devant a, o, u et les consonnes et k devant i et e. Le q est utilisé en général par analogie avec des mots français: qwate ou quate (quatre), quiter ou qwiter (quitter), musique (musique). Ce principe est toujours resté flou et l'ensemble de mots écrits avec un q est très variable selon les régions et les auteurs. La Commission de Normalisation de la Langue de l'UCW [#!ucw1992!#] conseille de ne s'en servir que dans les mots grammaticaux: quî (qui), qui (que), qwand (quand), qué (quel), qwè (quoi), qwantes (combien) et leurs dérivés: saquî (quelqu'un), etc.

l

l

[l] Exemples: loyî (lier), éle (aile) Prononciation: comme en français, mais voir remarque à r, ci-dessous.

m

m

[m] Exemples: mwin (main), åme (âme). Prononciation: comme en français.

n

n

[n] Exemples: nawe (fainéant), anoyî (attristé). Prononciation: comme en français.

o

o

[O] Exemples: posse (poste), clokî (clocher), soris (souris). Prononciation: comme dans le français «donne», «sol» (pas comme dans «eau», «sot»...). Voir p. [*] pour l'alternance o  ~ ou, dans les mots de type soris (souris), tot (tout), etc. Voir aussi ô et on.

ô

[o:] --> $ \leftrightarrow \protect $ [~O] --> $ \leftrightarrow \protect $ [U:] Exemples: rôze (rose), ôte (autre), ôr (or). Prononciation: comme dans le français «eau». Il existe des réalisations phonétiques plus ou moins nasalisées [~O] notées nze (brab.), rônze (Saint-Hubert) ou röze (chestr.); il existe aussi des réalisations phonétiques plus fermées ( [U:]) tendant vers roûze (sporadiquement en nam.; noté tel quel par l'écrivain J. Guillaume; noté par un accent plat dans certains ouvrages de l'écrivain É. Gilliard): rōze. Certains emprunts récents au français sont généralement notés avec un ô (ôto, ôtomatike, comunôté, burô, etc.) alors que les équivalents français ont un (e)au. Certains écrivains ont parfois utilisé la graphie au par analogie avec le français, p. ex. aute (autre). Dans les régions où la lettre ô est prononcée [~O] (on) ou [U:] (), on trouve des graphies comme abauminâbe (abominable) pour bien marquer l'absence de nasalisation ou de fermeture, p. ex. dans Hostin1975 ou Leonard. Dans les régions où l'opposition phonologique entre å et ô n'existe pas, c.-à-d. surtout en OW, ô sert à écrire le son [o:] dans tous les cas: lôrd (lard), djôzer (parler), môjon (maison), etc. En CW, l'opposition n'existe pas partout. Néanmoins, traditionnellement, le premier de ces sons est écrit au (équivalent à å en EW et â en SW) alors que le deuxième (phonème [o:] dans toute la Wallonie) est écrit ô, même dans les régions où ces deux phonèmes sont réalisés de manière identique: laurd, djauzer, maujone.

* ö

Voir ô.

oe

wE  ~ ø  ~ E  ~ \oe Exemples: toet (toit), doet (doigt), moes (mois), poere (poire), boere (boire), stoele (étoile) Prononciation: ( [ø]) (comme dans le français «mieux») en EW et certaines régions du SW; ( [wE]) à Namur et Charleroi; eu ( [\oe]) (comme dans le français «œf») en Entre-Sambre-et-Meuse, en Ardenne, en sud-nam. et ailleurs; è ([E]) en Ardenne; dans le Centre; wa en chestr., etc. Transcr. phonétique Feller: selon la prononciation, donc: teût, teut, tèt, twèt, toût, twat; deût, deut, dèt, dwèt, doût, dwat; meûs, mwès; peûre, pwêre, pwère, pwâre; beûre, bwêre, bwère, bwâre; steûle, stwèle, stwale... Remarque: cette graphie est empruntée aux écrivains du 19e s. Elle permet de rendre compte des monophtongues proprement wallonnes comme des diphtongues apparentées au français. Une autre manière de procéder, proposée par la Commission de Normalisation de la Langue de l'UCW, est de ne pas choisir une graphie unifiante, mais de choisir des formes de référence différentes selon les cas.

oi

[wa] ou [wE] Exemples: boird (bord), moirt (mort), moite (moirte), ripoizer (reposer) Prononciation: wa ( [wa]) ou ( [wa:]) en CW, SW (sauf chestr.), malm. et ouest de l'OW; ( [wE]), ( [wE:]) ou ( [we]) en EW (sauf malm.), ôr, ô ou , oûr en OW et chestr. Transcr. phonétique Feller: selon la prononciation, donc: bwârd, bward, bwérd, bwêrd, bwèrd, bôrd, boûrd; mwârt, mwart, mwért, mwêrt, mwèrt, môrt, moûrt; mwate, mwète, mô(r)te, moû(r)te, etc.

on

[~O] Exemples: djondou (touché), son (son). Prononciation: comme en français. Toutefois, il existe une tendance générale à la dénasalisation en verv. et malm. (djôdu). Certaines régions (Thiérache, chestr.) prononcent un son intermédiaire tendant vers an ( [~a]), parfois noté djandu (Thiérache) ou djåndu (chestr.) (voir an). Enfin, en verv. et malm., il existe une tendance à la vélarisation (bon prononcé [b~oN]) qui est toutefois rarement notée. Remarque: onne [~on]. Exemples: djonne (jeune), vonne (veine). Prononciation: d'abord on [~o] puis n [n]. Certains auteurs, surtout namurois, écrivent djon.ne, von.ne, pour éviter toute ambiguïté. Cette graphie n'est pas utilisée dans les formes de références.

ou

[u] Exemples: mousse! (entre!), atouwer (tutoyer). Prononciation: comme en français. Voir aussi u et p. [*] pour l'alternance u  ~ ou dans les mots de type touwer (tuer), couhène (cuisine), etc.

[u:] Exemples: Moûze (la Meuse), noû (neuf). Prononciation: comme un ou, mais long. Voir aussi u.

p

p

[p] Exemples: pîre (pierre), aprinde (apprendre). Prononciation: comme en français.

* q

Voir k.

r

r

[R] Exemples: råyî (arracher), arester (arrêter), boird (bord). Prononciation: comme en français. La prononciation ancienne était un [r] vibrant apical (c.-à-d. roulé) proche du son [l], ce qui explique certaines hésitations comme berike  ~ belike (lunettes) ou prandjîre  ~ plandjîre (sieste), cérebrå  ~ célebrå (cérébral. Ex. lit. OW: C'è-st-ène fîve célèbrâle! (E.-J. PIRET, Extraits, p. 66)), adré  ~ adlé (près de), etc. Cette prononciation est encore relativement courante chez les locuteurs âgés ou ayant le wallon comme langue maternelle. La prononciation la plus fréquente actuellement est la même qu'en français, soit [R]. Rem.: dans les syllabes fermées de type voy. + r, la voyelle a tendance à s'allonger et à subir des changements de timbre variés suivant les régions. Ces modifications subsistent dans de nombreuses voyelles devenues finales suite à une chute généralisée des r finaux en wallon. Ces r ont le plus systématiquement disparu en OW et CW, alors que les régions plus conservatrices du CW et de l'est de l'EW ont plus souvent gardé ce r final: tchèsseû  ~ tchèsseûr (chasseur), djoû  ~ djoûr (jour),  ~ cûr (cuir), toû  ~ toûr (tour), tchå  ~ tchår (viande), etc.

s

s/ss/ç/c

[s] Exemples: çoula (cela), sûner (suinter), dissu (dessus), atincion (attention). Prononciation et utilisation: comme en français. Pour ss, voir Consonnes doubles, p. [*].

sch

[h] --> $ \leftrightarrow \protect $ [S] --> $ \leftrightarrow \protect $ [ç] --> $ \leftrightarrow \protect $ [X]  ~ sk Exemples: scheure (secouer), dischinde + autres formes (descendre), schåle (échelle), schirer (déchirer), schaper (sauver), scheter (casser). Prononciations: h [h] en EW; ch [S] en CW et SW, parfois OW. En OW et parfois ailleurs, les mots de cette série ont une séquence sk [sk]: skeûre, diskinde  ~ dèskinde, iscôle, ascouter, scaper, skirer, skèter, etc. 2.4 Dans le système de transcription phonétique Feller, la graphie hy est uniquement utilisée en malm. pour noter la prononciation constrictive palatale de ce phonème: dihyinde, hyâle. Les mots de cette série sont assez rares, les principaux étant cités ici. Ce son ne se trouve pratiquement qu'à l'initiale, sauf si un préfixe s'ajoute à la racine du mot: kischeure (secouer violemment), dischirer (déchirer), rischaper (sauver de nouveau), etc. En wallon ancien, les mots de cette série étaient souvent écrits avec xh (p. ex. xhure, xhale, etc.). Le graphème sch est proposé ici pour faciliter la reconnaissance de la prononciation [sk] de l'OW.

sh

[S]  ~ [s] On trouve cette variable à l'initiale de certains mots: shûre (suivre), shîjhe (veillée), shîjh (six). La réalisation est ch [S] en OW, CW et certaines régions du SW; elle est s [s] dans l'EW et le reste du SW. La transcr. phonétique est sûre, sîze, sîh dans le second cas et chûre, chîje, chîj dans le premier.

t

t

[t] Exemples: tins (temps), atrape (attrape). Prononciation: comme en français. La lettre t ne sert jamais à écrire un son [s]: atincion (attention).

tch

[tS] Exemples: tchant (chant), raetchî (cracher). Prononciation: comme dans l'anglais «chop» ou le français «tchèque». Remarque: le groupe [tj] + voyelle est souvent prononcé comme un [tS]: tièsse > tchèsse (tête). Ce trait phonétique est parfois noté. Voir la section consacrée aux assimilations (p. [*]).

u

u

[y] --> $ \leftrightarrow \protect $ [Y] Exemples: pus (plus). Prononciation: comme en français. Toutefois, de même que pour le [I], le brab. et le bouill. prononcent «eu» ([@]), de manière très relâchée, ce qui est noté ë (pës, mètë, kë). Les nuances intermédiaires, prononcées [Y] sont très fréquentes (nam., hesb., Lesse). Elles sont notées ù dans l'ALW: pùs (plus), mètù (mis). En lg., les finales -une sont devenues -eune, comme dans leune (lune), comeune (commune), fôrteune (fortune). Voir aussi û.

û

[y:] Exemples: hût (huit), cût (cuit), nûleye (nuage). Prononciation: comme un u, mais long et tendu. Opposition avec [y]: cu $ \neq $ cût (cul, cuit), yute $ \neq $ yût' (outre, huit), etc.

un

[~\oe] Exemples: brun (brun), djun (juin), comun (commun). Prononciation: comme en français. Ce son est encore plus rare qu'en français. Il n'apparaît pratiquement que dans ces trois mots (et comun est un gallicisme récent pour comon).

v

v

[v] Exemple: vint (vent). Prononciation: comme en français. En position finale, voir Assourdissement des consonnes en finale, p. [*].

w

w

[w] Exemples: walon (wallon), want (gant), hawer (aboyer). Prononciation: comme en français dans «watt». Dans les dialectes ou [h] n'est pas prononcé (c.-à-d. est réalisé par zéro), une semi-consonne peut le remplacer en position intervocalique: ahan > awan (cabane), cohoudri > si cowoudri (se secouer en tous sens), cohossî > cowossî (cahoter), brouheû(r) > brouweû (brume). Voir h.

x

x

[ks] Exemples: taxi (taxi), paradoxe (paradoxe). Prononciation: toujours [ks], jamais [gz]. Remarque: cette lettre n'est normalement pas utilisée dans le système de transcription Feller. On écrit: tacsi, paradocse, mais ègzamin (examen), deûs (deux), Brussèle (Bruxelles), selon la prononciation. Toutefois, certains auteurs utilisent le x dans les mots internationaux comme taxi, voire, beaucoup plus rarement, quand la prononciation est [gz] (èxamin). En orthographe normalisée, on écrira: egzamin (examen), deus (deux), Brussele (Bruxelles). Toutefois, le x est utilisé dans xh et, en général, dans les mots où il est prononcé [ks].

xh

[h] --> $ \leftrightarrow \protect $ [S] Exemples: pexhon (poisson), ouxh (porte), finixhans (finissons). Prononciation: h [h] en EW; ch [S] en CW, OW, SW. 2.5 Quelques mots courants écrits avec xh en orthographe normalisée:

y

y, i

[j] Exemples: aweye (aiguille), yebe (herbe), tiesse (tête). Prononciation: comme en français Remarque: Le son [j] s'écrit i après une consonne, sauf si un autre i suivrait: ancyin (ancien). Dans les transcr. Feller, on écrit y ou i au début des mots (ce qui est rare): yèbe ou ièbe (herbe), yute ou iute (outre). La deuxième graphie est plutôt utilisée par les auteurs namurois et l'autre ailleurs. En wallon, y ne représente jamais la voyelle [i]; on écrit: on mistére (un mystère), dj' î va (j'y vais)... (voir i). Dans les dialectes ou [h] n'est pas prononcé (c.-à.-d. se réalise par zéro), une semi-consonne peut le remplacer en position intervocalique: cahute > cayute (cabane). Voir h1. L'ancien l dit «mouillé» est passé à [j] à des rythmes différents selon les dialectes; le [j] est le plus fréquent à l'ouest et le [lj] à l'est: d' alieûr  ~ d' ayeûr (d'ailleurs); miliård  ~ miyârd (milliard); liârds  ~ yârds (argent), etc.

z

z, s

[z] Exemples: zûner (bourdonner), cåzer, djåzer, dvizer (parler), raezer (raser). Prononciation: comme en français. En position finale, voir Assourdissement des consonnes en finale, p. [*]. En orthographe normalisée, [z] s'écrit toujours z. Dans les transcriptions phonétiques Feller, l'usage varie selon les auteurs. Certains écrivent un s simple entre deux voyelles par analogie avec le français: causer ou câser, raser ou rèser.

Evolutions possibles

Le système de variables présenté ci-dessus n'est probablement pas définitif. Il se veut une synthèse des travaux menés par la Commission Langue de l'UCW et des travaux diffusés notamment par Lucyin Mahin (réf.). Certains points pourraient encore évoluer. Ainsi, d'autres graphèmes ont été proposés pour couvrir d'autres variables, p. ex.: A l'inverse, des simplifications du système sont posibles: ainsi, on pourrait légitimement avancer que le graphème jh est phonologiquement inutile; il serait possible de simplifier le système en le remplaçant par h: dès lors, tout h interne représenterait cette variable réalisée soit h, soit j selon les dialectes. Toutefois, visuellement, les personnes prononçant j s'y retrouveraient probablement moins bien. Un autre axe de simplification possible est de privilégier certaines formes dialectales de manière à supprimer un graphème du système. Il serait alors possible de supprimer le oe en écrivant eu, représentant une évolution plus proprement wallonne que . De même, on pourrait supprimer le graphème sh et écrire s, qui représente une évolution souvent majoritaire et témoignant d'une évolution plus régulière. Le graphème sch pourrait lui aussi être supprimé si l'on écrit xheure (secouer), xhåle (échelle), comme anciennement -- en négligeant ainsi la réalisation sk, plus picarde que wallonne, il est vrai. Enfin, le «nouveau» graphème oi pourrait être supprimé au profit de wae (p. ex. fwaert, fwaece), qui s'insère régulièrement dans le système pour représenter les variantes fwart  ~ fwért mais représente moins bien les variantes fôrt  ~ foûrt, moins typiques du wallon. L'orthographe normalisée s'en trouverait assez considérablement simplifiée: par rapport au système de transcription Feller, il n'y aurait plus que quatre graphèmes nouveaux (ae, ea, ey, xh) au lieu de neuf (les mêmes et jh, sch, sh, oe, oi). Il faut entendre «nouveau» par rapport au système de transcription Feller, non par rapport aux systèmes graphiques wallons utilisés pendants les siècles précédents. Dans certains cas, il s'agirait d'une simplification «réelle», en ce sens que, pour beaucoup de locuteurs, le nombre de cas où un son identique serait écrit de plusieurs manières se trouverait réduit; dans d'autres cas, la simplification diminuerait simplement l'effort d'adaptation initial pour les personnes utilisant déjà l'une des variantes du système de transcription Feller. Mais cela se ferait au prix d'une moins bonne représentativité des différentes variantes dialectales. Au-delà du problème de la simplicité technique, il s'agit quasiment d'un choix de société... D'un point de vue purement graphique, il est également possible d'envisager de noter un accent grave redondant sur le e dans certains cas (p. ex. en syllabe ouverte: èfant, tèlèfone mais pierdant, biesse, les). Enfin, l'utilisation de k et c pour q n'est pas nécessaire à strictement parler dans l'orthographe normalisée du wallon.
Lorint HENDSCHEL 2001-08-04