Maurice Maeterlinck 


 

Biographie

Bibliographie

Le Symbolisme de Maeterlinck


Biographie

Il est né à Gand en 1862 et mort à Nice en 1949. Il a fait oeuvre de poète, de dramaturge et d'essayiste. En 1911, il se voit décerner le Prix Nobel de littérature et reste, à ce moment, le seul belge à avoir obtenu le prix dans cette catégorie.

Avocat, il abandonne sa carrière pour se consacrer à la littérature, d'abord en livrant des poèmes à des revues littéraires.

Son premier recueil, Serres chaudes, en 1889, le situe immédiatement dans la veine symboliste, en effet il crée des ambiances féeriques par le mélange d'éléments décadents et symbolistes.

Il se consacre ensuite au théâtre et obtient le succès en France notamment grâce à une critique d'Octave Mirbeau pour La Princesse Maleine, posant immédiatement Maeterlinck  comme un égal de Shakespeare.

Par la suite, il se consacrera à l'écriture d'essais philosophiques et scientifiques, comme La Vie des abeilles en 1901. Il publiera aussi un volumes de souvenirs, Bulles bleues, à son retour des USA où il s'était exilé pendant la seconde guerre mondiale.

Il a également traduit des écrivains comme Ruysbroeck l'Admirable, Emerson et Novalis et enregistrer appels à la radio, comme sa déclaration sur l'Amérique du Sud le 25/02/47.

Il reçut les plus hautes distinctions belges (anobli par le roi Albert Ier) et françaises (grand officier de la Légion d'honneur).


Éléments bibliographiques
a) Poésie:

1889: Serres chaudes
1896: Douze chansons

b) Théâtre:

1889: La Princesse Maleine
1890: Les Aveugles - L'Intruse
1892: Pelléas et Mélisande
1894: Intérieur - La Mort de Tintagilès
1896: Aglavaine et Sélysette
1908: L'Oiseau bleu (qui fut mis en scène par le célèbre metteur en scène russe, Stanislavski

c) Essais:

1896: Le Trésor des humbles
1901: La Vie des abeilles
1907: L'Intelligence des fleurs
1921: Le Grand secret
1934: Le Grand silence


Le Symbolisme de Maeterlinck
Maeterlinck concrétise les réflexions symbolistes contemporaines, ainsi
  • dans Serres chaudes, il évoque un univers fabuleux, mystérieux. Ses personnages se caractérisent par un langage "troué" de silences,
  • La Princesse Maleine est marquée par le mystère, l'inintelligible, le surhumain et l'infini.

Dans son théâtre, il aimerait remplacer les acteurs vivants par des figures de cire, pour qu'ils ne viennent pas s'interposer entre l'imagination du spectateur et les mots.

Les dialogues qu'il construit se caractérisent par:

  • l'absence de liens logiques entre les phrases,
  • les répliques monosyllabiques,
  • l'abondance des exclamations,
  • les répétitions et les suspensions,
  • l'appauvrissement des sons.

Maeterlinck parle lui-même de sa conception du théâtre:

"Ce qu'on entend sous le roi Lear, sous Macbeth, sous Hamlet par exemple, le chant mystérieux de l'infini, le silence menaçant des âmes ou des Dieux, l'éternité qui gronde à l'horizon, la destinée ou la fatalité qu'on aperçoit intérieurement sans que l'on puisse dire à quels signes on la reconnaît, ne pourrait-on, par je ne sais quelle interversion des rôles, les rapprocher de nous tandis qu'on éloignerait les acteurs ? Est-il donc hasardeux d'affirmer que le véritable tragique de la vie, le tragique normal, profond et général, ne commence qu'au moment où ce qu'on appelle les aventures, les douleurs et les dangers sont passés ?

Le bonheur n'aurait-il pas le bras plus long que le malheur et certaines de ses forces ne s'approcheraient-elles pas davantage de l'âme humaine ?

Faut-il absolument hurler comme les Atrides pour qu'un Dieu éternel se montre en notre vie, et ne vient-il jamais s'asseoir sous l'immobilité de notre lampe ?

N'est-ce pas la tranquillité qui est terrible lorsqu'on y réfléchit et que les astres la surveillent; et le sens de la vie se développe-t-il dans le tumulte ou le silence ?

N'est-ce pas quand on nous dit à la fin des histoires "Ils furent heureux" que la grande inquiétude devrait faire son entrée? Qu'arrive-t-il tandis qu'ils sont heureux ?

Est-ce que le bonheur ou un simple instant de repos ne découvrent pas des choses plus sérieuses et plus stables que l'agitation des passions ?

N'est-ce pas alors que la marche du temps et bien d'autres marches plus secrètes deviennent enfin visibles et que les heures se précipitent ?

Est-ce que tout ceci n'atteint pas des fibres plus profondes que le coup de poignard des drames ordinaires ?

N'est-ce pas quand un homme se croit à l'abri de la mort extérieure que l'étrange et silencieuse tragédie de l'être et de l'immensité ouvre vraiment les portes de son théâtre ?

Est-ce tandis que je fuis devant une épée nue que mon existence atteint son point le plus intéressant ?"