Fernand Khnopff


 

F.Khnopff dans son atelier devant l'autel d'Hypnos

Biographie

Le Symbolisme de Khnopff

 

On n'a que soi

devise de F.Khnopff


Biographie

Fernand Khnopff est né le 12 septembre 1858 à Grembergen mais il passe ses premières années à Bruges étant donné la nomination de son père au poste de magistrat dans cette ville.

En 1860, son frère, Georges (plus tard poète, critique d'art et musicien) naît et en 1864, c'est le tour de Marguerite (muse du peintre).

En 1866, toute la famille quitte la Venise du nord pour s'installer à Bruxelles où le père de Khnopff a été nommé juge. Parents et enfants passent dès lors leurs vacances à Fosset, un petit hameau des Ardennes, près de La Roche.

Pour faire plaisir à ses parents, Khnopff entame des études de droit à l'Université libre de Bruxelles tout en appréciant en parallèle la littérature française et des auteurs comme Baudelaire, Flaubert et Leconte de Lisle. Avec son frère, il rencontre fréquemment des écrivains belges (Max Waller, Ivan Gilkin, Georges Rodenbach, Émile Verhaeren,...)

Un an plus tard, il abandonne ses études pour suivre une formation à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles ( 1876-1879). Il apprend les premiers rudiments de la peinture avec Xavier Mellery et suit ses cours avec James Ensor pour condisciple. Durant ces années, il séjourne à plusieurs reprises à Paris, travaillant dans l'atelier de J. Lefèbre et à l'Académie Julian. Il en profite pour étudier l'art de Delacroix, Ingres, Moreau et Stevens ainsi que celui de certains artistes anglais.

Ses premiers tableaux sont des paysages de Fosset. En 1891, il expose pour la première fois au salon de l'Essor à Bruxelles.

En 1883, il est cofondateur du cercle artistique d'avant-garde et de vocation internationale : "les XX". Ensuite, il est également fondateur de la Libre Esthétique. Il expose régulièrement dans leurs salons réputés mais aussi à l'étranger (Munich, Florence et Londres). L'écrivain Émile Verhaeren lui consacre quatre articles dans la revue, «L'art moderne ».

En 1885, il rencontre Joséphin Péladan, grand-maître de la société ésotérique La rose+croix à Paris. Pour l'auteur, il dessine divers frontispices et expose son oeuvre dans des salons organisés par Péladan (1892 à 1897).

En 1891, il expose en Angleterre et rencontre à Londres les préraphaélites. De plus, il publie des articles de critique et des commentaires sur des artistes et expositions belges, dans la revue "the studio".

En 1898, il connaît le succès à la première exposition de la Sécession Viennoise et y acquiert une renommée internationale.

De 1900 à 1902, il s'occupe de la construction de sa maison. Celle-ci est conçue comme un temple dédié à son propre « moi ». Il en dessine les plans, en réalise la décoration et les couleurs. Malheureusement, le bâtiment sera détruite après la mort du peintre.

A partir de 1903, Il crée régulièrement des costumes et décors pour le théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles. Il reçoit également des commandes et peint ainsi une peinture de plafond pour la maison communal de Saint-Gilles, des décorations murales pour la salle de musique du Palais Stoclet... Khnopff s'intéresse aussi à la photographie et se consacre également à la gravure et à la sculpture.

Vers la fin de sa vie, Khnopff est de plus en plus sollicité. Il réalise des programmes pour des oeuvres de charité ou événements patriotique. Il dessine même un billet de banque qui ne sera jamais réalisé, conçoit des dentelles,...

L'artiste décède le 12 novembre 1921.


Le Symbolisme de Khnopff

Ses oeuvres ont plus un caractère mystérieux, emblématique que réel. L'artiste est le peintre d'un monde étrange, peuplé d'androgynes, de villes fossilisées et de femmes silencieuses

Deux types de femmes caractérisent son oeuvre: la femme-sphinx et la femme ange. Elle apparaît tantôt entourée d'emblèmes, tantôt comme une créature immatérielle, flottant à travers les espaces de la mémoire. Elle marque le repli sur soi et l'abandon au rêve. Le regard des femmes dans ses tableaux est très important. C'est un regard vide, impossible à soutenir qui évoque la mort, un regard placé au-dessus qui évoque un autre monde.

Ses paysages sont essentiellement ceux de Fosset et de Bruges. L'atmosphère assoupie et décadente de Bruges laisse à l'artiste une impression ineffaçable qu'il garde depuis l'enfance. Ses paysages appellent à l'évocation d'un état d'âme. Dans ses paysages, eau et brume sont des éléments essentiels

Fernand Khnopff, étant également portraitiste mondain, peint des petites filles telles que "Jeanne Kéfer".

Les couleurs sont une caractéristiques primordiales de son oeuvre: gamme de tons délavés accentue l'aspect nostalgique et froid de ses tableaux. Les pastels évoquent le monde nébuleux du rêve. Le bleu, par exemple, est la couleur du ciel et d' Hypnos (dieu du sommeil)

Assez logiquement, Khnopff privilégie donc l'aquarelle et le dessin au crayon par rapport à la peinture à l'huile.

Khnopff, non seulement peintre, est aussi photographe. On distingue deux catégories dans ses photographies : celle des photos réalisées par Albert Édouard Drains et reprenant des tableaux de Khnopff que le peintre lui-même a retouchées à l'aquarelle. L'autre catégorie est purement documentaire, généralement utilisée dans la préparation des oeuvres picturales et regroupe les photos de sa soeur Marguerite mais aussi des cartes postales de Bruges. Khnopff est l'un des premiers peintres à se servir de la photographie pour la composition de ses tableaux.

Il ne faut pas non plus oublier les rapports étroits qui l'unissent - comme d'autres artistes symbolistes - aux autres arts et, en particulier, à la littérature.

Edmond-Louis DeTaeye disait du Symbolisme de Khnopff:

ni religieux, ni chrétien, ni mythologique, mais plutôt emblématique. Sa lecture est souvent énigmatique, voire impossible, mais une exquise délicatesse de composition, une grande séduction de style et une évidente subtilité intellectuelle corrigent toujours cette faiblesse. (1898)