Le roman: Pascal Quignard, Tous les matins du monde, Gallimard, 1991

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Les personnages

Les deux personnages principaux sont Monsieur de Sainte-Colombe et Marin Marais. Tout les oppose.

Monsieur de Sainte-Colombe est quelqu'un de démodé, de taciturne, il a du mal à communiquer avec les autres personnages; son seul moyen d'expression est la musique. Il a un grand dégoût du monde, de Paris et de la Cour. De plus, au moment où se déroule l'histoire, il est à un âge où le caractère, la personnalité ne changent plus. Il aime à rester seul dans sa baraque constuite dans un vieux mûrier où il joue en secret des morceaux de sa composition. Il est sentimental car il reste fidèle à l'amour de sa femme qui est morte et lui apparaît de temps à autre

Par contre, Marin Marais est en pleine évolution: un peu timide au début, il prendra de l'assurance. Il est ambitieux et voit dans la musique un moyen de changer de classe sociale. Il veut vivre dans le monde privilégié des Grands et avoir de la notoriété. Pour y arriver, il fréquente la famille de Sainte-Colombe, devient l'élève du maître à l'âge de 17 ans, courtise les filles de celui-ci: c'est un arriviste.

Les deux filles de Monsieur de Sainte-Colombe, Madeleine et Toinette, s'opposent également. Malgré leur caractère différent, elles se sont toujours bien entendues même si, souvent, Toinette est jalouse de sa soeur parce qu'elle est la cadette. Elles sont perpétuellement en compétition.

Le thème principal

L'amour de la musique est le soutien même du récit. En effet, tous les personnages ont un rapport avec elle: le professeur et compositeur Sainte-Colombe qui a amélioré la viole, Marin Marais, futur ordinaire de la Chambre du Roi, les deux filles qui donnent des concerts avec leur père, le luthier et les réprésentants du Roi. Le but principal de Sainte-Colombe est de se perfectionner; il joue pour lui seul et en aucun cas pour se produire sur scène ou devant un public, son amour pour la musique est désintéressé et total. M.Marais voit plutôt dans la viole un moyen de réussite sociale.

Le cadre spatio-temporel

L'histoire se passe au XVIIe siècle.

Les cadres de vie des deux principaux sont, eux aussi, opposés. La maison de Sainte-Colombe est calme, rustique, c'est la campagne. Cet endroit correspond à sa personnalité.

En revanche, Marais préfère fréquenter la Cour.

Choix narratifs

L'auteur a choisi de mettre en évidence la musique sans entrer dans les détails techniques. Il a aussi utilisé des ellipses narratives pour certains moments du récit et a choisi de se baser sur la vision de Sainte-Colombe, sans pour autant utiliser une focalisation interne avec narrateur-personnage.

Ecriture

L'auteur écrit dans un style sophistiqué et simple à la fois. Il emploie des tournures de phrases très belles mais avec un vocabulaire simple, ce qui rend le livre très agréable et facile à lire. Quignard emploie des phrases courtes et insère des descriptions courtes, elles aussi.

Critiques

J’ai aimé ce roman car c’est une belle histoire mais, malheureusement, je pense qu’il ne s’adresse pas à tout le monde. Il est plutôt adressé à des personnes aimant la musique et attirées par cette époque.

Avec un bagage historique et culturel plus important, je pense que j’aurais pu mieux apprécier l’histoire. (…)

Toutefois, le style d’écriture de Pascal Quignard m’a énormément plu car il arrive à trouver les mots justes pour nous faire ressentir très rapidement le mal être du personnage principal. (Xavier)


J’ai apprécié le style de l’auteur. L’écriture est relativement actuelle malgré le cadre spatio-temporel de la narration ; elle est simple tout en étant précise et dépourvue de termes trop techniques relatifs à la musique, ce qui facilite la lecture de tous. De plus, il a habilement inséré dans son récit des vers de Racine, ce qui renforce une certaine forme d’harmonie dans les mots et les phrases.

Les choix d’oppositions comportementales, physiques et idéologiques des héros procurent un équilibre au roman. Le lecteur peut aisément se reconnaître dans certains traits des personnages. Ses descriptions sont courtes et complètes, ce qui allège le récit.

Certes, l’histoire peut ne pas plaire à tout le monde, il faut aimer les romans historiques pour l’apprécier à sa juste valeur mais personnellement cela ne m’a pas déplu.

En conclusion, je conseille donc à tous les passionnés d’histoire et de musique de lire ce livre qui se dévore rapidement. (Gwendolyn)


Personnellement, je n’ai pas trop apprécié ce livre et cela pour plusieurs raisons. La première est que je ne m’y connais pas beaucoup en musique du XVIIe siècle et il ne faut pas me demander de jouer d’un instrument. Ce qui fait qu’au niveau des compositions et détails techniques, je n’y comprenais pas grand-chose et cela ne m’intéressait pas. La deuxième est que cette histoire est très plate et sans rebondissements ni action.

Cela dit, je n’ai pas complètement détesté ce roman, loin de là, car certaines choses m’ont beaucoup plu, et, pour commencer, l’écriture du récit que j’ai trouvée remarquable tant elle est agréable à lire et très accessible à la fois. Cette histoire m’a aussi appris beaucoup de choses sur la musique, le comportement des gens de l’époque et, en général, sur le XVIIe siècle. En conclusion, ce livre est très bien écrit mais la qualité de l’histoire reste à l’appréciation des lecteurs. (Adrien)


L’auteur a voulu écrire le roman comme on écrivait au XVIIe siècle, d’où les phrases sont très courtes. En plus, c’est bref et neutre, comme Monsieur de Sainte-Colombe.

Le vocabulaire ne complique nullement la lecture. Les phrases sont joliment tournées et chantent comme la musique.

J’ai beaucoup apprécié le roman. Tout d’abord pour sa mélancolie, pour les personnages auxquels on peut s’identifier, pour sa lecture aussi aisée qu’une danse, pour la ressemblance de l’écriture avec les thèmes qu’il traite, pour tout l’amour qu’il nous transmet et, enfin parce que le thème principal, qui, en l’occurrence, est la musique, est un sujet qui à la base m’attire. (Isabelle)