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Florence Delay


Dit Nerval (essai)

 

Dit Nerval (Gallimard, 1999 – Folio) – 151 pages

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L’auteur, académicienne française, rend hommage à son père qui l’initia à son amour pour Nerval. Parallèlement, elle met aussi les pas du docteur Delay, psychiatre éminent et passionné de littérature, qui avait des relations difficiles avec son propre père, dans ceux de Nerval, fils d’un médecin des armées impériales qui ne comprit jamais les choix de vie de son fils. Et derrière cela, la souffrance des fils devant la déception des pères.

De fil en aiguille, au gré des souvenirs, des idées qui s’enchaînent sans toujours de lien logique, l’auteur brosse un portrait délicat de Gérard Labrunie, dit Nerval, que l’on retrouva pendu à un réverbère, son chapeau sur la tête, et qui laissait derrière lui une œuvre poétique et narrative toute empreinte de rêve, témoignage d’un monde intérieur d’une grande richesse.

Elle évoque également les relations qu’il eut avec Gautier et d’autres amis pas toujours fiables, comme Dumas ou Houssaye qui trahirent ses secrets.

C’est une œuvre d’admiration, d’amour littéraire que nous livre Florence Delay, tissant sans trêve des liens entre la vie du poète et ses travaux de chercheur et de professeur. C’est un ouvrage qui n'a pas la rigueur de construction d’un essai universitaire mais est une promenade, à la fin de laquelle on a l’impression de découvrir Nerval mieux qu’à travers bien des œuvres savantes et de le connaître comme un ami, comme un parent lointain.