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Elisabeth Bélorgey


Autoportrait de Van Eyck (roman) - Une saison en Abyssinie (roman)

 

 

Autoportrait de Van Eyck (Fayard, 2000 – Livre de poche) – 252 pages

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1441, Jan Van Eyck, de retour d’une mission à Venise, est agressé aux portes même de Bruges et reste frappé d’un mal étrange : il ne distingue plus les couleurs. Pour lui, c’est la catastrophe finale dont il ne se remettra pas tant les couleurs sont non seulement à la base de sa technique mais de toute sa vie. Sur les conseils de son ami, Gilles Binchois dont il a réalisé le portrait, il se décide à mettre sa vie par écrit : du départ de son père du Brabant, chassé par l’épidémie à ces derniers moments de presque cécité. Tout y passe : la vie difficile de ses parents, ses relations orageuses avec son frère Hubert, son séjour aux côtés de de celui-ci dans l’atelier de Robert Campin à Tournai… mais aussi ses amours, ses missions pour le duc de Bourgogne et surtout la peinture, c’est-à-dire la succession difficile de son frère pour L’Agneau mystique et cet autoportrait possible qu’est L’homme au turban rouge.

Élisabeth Bélorgey plonge avec délices dans l’histoire de Van Eyck, dont elle invente beaucoup. En effet, les détails de l’existence de ce peintre majeur sont très méconnus ; on ignore en effet si Hubert a seulement existé et les interprétations des inscriptions qu’il a apposées sur ses œuvres sont multiples. Choisissant une hypothèse controversée – l’Homme au turban rouge serait un autoportrait – elle fonde tout son récit sur cette vie étonnante de peintre, d’inventeur (il aurait à tout le moins mis au point la peinture à l’huile), de courtisan et d’espion.

Les couleurs sont sans cesse présente dans ce roman fascinant même s’il reste très classiquement  ancré dans la fausse autobiographie comme l’ont pratiquée avant elle d’autres écrivains, Dominique Rolin par exemple dans L’Enragé, consacré quant à lui à Breughel

Pour en savoir plus sur Jan Van Eyck

Pour découvrir une promenade littéraire à Bruges

 

Une saison en Abyssinie ( Fayard, 2001) – 295 pages  

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Marie-Eugénie, une jeune grecque que ses parents ont laissée à la garde de ses tantes, doit quitter celles-ci pour rejoindre sa famille en Éthiopie afin de se marier. La jeune fille ne s’entend ni avec ses sœurs, ni avec sa mère autoritaire qui lui reproche d’être ce qu’elle est et de porter une opulente chevelure rousse qui lui a valu le surnom « d’allemande ». Le père est un faible et elle ne peut réellement compter que sur un soutien silencieux. C’est le grand voyage et la découverte d’un pays étonnant qui, aux frontières de l’Afrique profonde, prétend maintenir une sorte de vie européenne, que les réalités de l’histoire (nous sommes à la fin des années 20) vont bientôt balayer.

Ce roman d’E.Belorgey nous entraîne sur les pas d’une jeune fille indépendante et assoiffée d’absolu, rebelle aux conventions de son milieu et de son époque. L’Éthiopie est superbement décrite ; les convulsions de l’histoire nous emportent avec l’héroïne dont nous partageons aussi les émois amoureux.

Le récit est enlevé mais on peut regretter, à certains moments, qu'il reste un peu en surface et qu’abandonnant la vie intérieure de son héroïne, l’auteur nous la rende plus lointaine et moins crédible ; c’est surtout le cas à partir du récit de son accouchement pénible où l’histoire s’accélère, balayant en quelques pages des événements à la fois de la sphère privée  et de l’histoire, qui auraient mérité un développement plus fouillé. Quoi qu’il en soit, ce roman est d’une lecture agréable et nous fait découvrir une époque et un pays souvent méconnus.