L'Ecole des femmes de Molière

Le 8/10/2004 au Théâtre royal du Parc

Voir une présentation de la pièce sur le site du Théâtre royal du Parc - un dossier réalisé par les élèves de 6e g A 

Critique 1:
Laura Marella

Critique 2:
Alison Splingard

En lisant cette œuvre, avant de me rendre au Théâtre royal du Parc à Bruxelles pour assister à la représentation de L’École des femmes de Molière, j’avais imaginé un décor dans lequel il y aurait, comme à l’époque de Louis XIV en France, une place classique, avec une fontaine ainsi que des comédiens vêtus de costumes semblables au style vestimentaire des gens de la cour à cette époque, chapeaux, robes classiques. Le tout accompagné, bien évidemment, de musique classique. Quelle surprise lorsque le premier acte commença ! Le metteur en scène, Jean-Claude Idée avait fait une adaptation « orientale » de la pièce. Les comédiens marchaient dans le sable, les costumes réalisés par Thierry Bosquet étaient de couleurs vives et le chapeau d’un des personnages portait même des plumes. Les modèles des costumes étaient totalement différents de celui des pays européens. De plus, pour nous mettre dans l’ambiance, Jean-Claude Idée n’a pas hésité à jouer le tout pour le tout en faisant accompagner la représentation d’un air oriental. Tout cela ne me déplut absolument pas, bien au contraire, car cette mise en scène était finalement plus appropriée, il me semble, à l’histoire.

Arnolphe, un égoïste de quarante-deux ans, se confie à Chrysalde qui représente le bon sens de l’histoire, le raisonneur. Il lui dit souhaiter se marier pour mener une vie bourgeoise mais ne pas vouloir être cocu ! Pour éviter cela, il a formé une femme bête et naïve à l’écart de tout. Agnès, en l’absence de son maître, reçoit la visite d’Horace, un jeune célibataire qui tombe follement amoureux de la belle innocente. Dès son retour, Arnolphe rencontre son ami Horace qui lui confie qu’il est l’amant d’une jeune fille gardée par deux valets Alain et Georgette, sous les ordres d’un certain Monsieur de la Souche. Horace n’est évidemment pas au courant qu’Arnolphe et ce dernier ne sont qu’un. Interrogée, Agnès raconte son aventure tandis qu’Arnolphe exige qu’on chasse Horace dès qu’il s’approchera de la maison. Après deux vaines tentatives, celui-ci réussit quand même à s’échapper avec sa bien-aimée qu’il confie ensuite à Arnolphe pour la loger. Lorsqu’Agnès voit son maître, c’est comme un papillon qui sort de sa chrysalide : elle qui était si innocente, n’hésite pas à proclamer son amour pour Horace. Celui-ci revient accablé : son père arrive pour le marier ; Arnolphe lui promet son aide tout en sachant qu’il n’en fera rien, bien au contraire. Ce n’est qu’à l’arrivée du père qu’Horace se rend compte de la trahison de son confident et aussi que la fille qui lui était destinée n’est autre qu’Agnès. Les deux jeunes tourtereaux vont finalement se marier tandis qu’Arnolphe retourne seul dans une cage dans laquelle il se retrouve prisonnier à son tour.

Je trouve que la mise en scène et les décors ont été pertinemment bien choisis car c’est surtout dans les pays orientaux que les femmes n’ont pas le droit à la parole, sont soumises à leur mari autoritaire, doivent rester à la maison pour s’occuper des enfants et du ménage et, donc, n’ont aucune liberté. Bien sûr, à l’époque où Molière a écrit cette pièce, c’est-à-dire au XVIIe siècle, les femmes n’avaient pas de droit, pas de liberté et elles étaient considérées comme des objets, mais je suppose que Jean-Claude Idée a voulu actualiser la pièce et donc se référer à la situation des pays orientaux où ce système est toujours d’application. Pour nous montrer le manque de liberté d’Agnès, le metteur en scène a remplacé la maison par une cage dans laquelle est logée la jeune fille, comme un oiseau dans une cage ! Cette idée m’a vraiment plu. Mais ce n’est pas tout car, au début, Agnès est vêtue d’une simple robe, ensuite lorsque la ruse prend le dessus et qu’elle révèle son amour pour Horace à Arnolphe, nous la voyons se métamorphoser, vêtue d’une robe splendide.

N’oublions pas les éclairages qui nous permettent de nous rendre compte du temps qui passe, ce qui est important pour situer l’action dans la pièce.

Parlons des comédiens : Jean-Claude Frison joue magnifiquement le rôle d’Arnolphe, un être égoïste, possessif et sûr de lui (on se demande si c’est dans ses habitudes de se comporter de cette manière tant il interprète bien son rôle !). Roxane de Limelette assume son rôle d’Agnès innocente, belle, naïve, sotte et rusée mais elle devient lassante justement par sa naïveté, sa sottise et sa bêtise. À côté de ces deux rôles principaux, n’oublions pas le reste de la distribution qui, elle aussi, a été bien choisie en fonction des personnages à interpréter et répond parfaitement à mes attentes tant physiquement que par la manière de jouer : Olivier Cuvellier et Karin Rochat interprètent deux valets qui s’allient avec l’un ou l’autre, selon le profit qu’ils peuvent en tirer ; ils sont en quelque sorte les deux personnages comiques de l’histoire. Steven Driesen, dans le rôle d’Horace, follement amoureux d’Agnès, Alan Le Rouzic et Michel Hinderyckx dans la peau d’Oronte et Enrique, les pères d’Horace et Agnès, et Jean-Paul Dermont qui interprète Chrysalde, une personne censée, modérée, tolérante et qui raisonne. Il ne faut pas oublier la brève apparition de Benoît Pauwels jouant le rôle du notaire qui devait, normalement, marier Arnolphe et Agnès.

En conclusion, une agréable soirée, remplie de surprises grâce à une magnifique mise en scène, des costumes, des décors, de la musique et une très belle interprétation des comédiens devant lesquels je suis restée admirative. Je pense très sincèrement que Molière aurait été satisfait de cette interprétation car, tout en conservant le texte original, nous pouvons constater que la manière d’imaginer les choses peut être très différente. Et donc je vous recommande cette pièce sans hésiter.

Laura Marella, 5e g A

Cette nouvelle mise en scène de L’École des femmes, pièce écrite par Molière, m’a fait beaucoup rire.

Bien que ce soit une comédie, je pensais m’y ennuyer vu les nombreux monologues et les longues tirades que j’avais lues. Grâce au bon jeu des acteurs, cela m’a semblé court et j’ai donc pu apprécier le contenu du récit, par exemple lorsqu’Arnolphe, interprété par Jean-Claude Frison, fait son discours sur les différents types de cocus et explique à Chrysalde (Jean-Paul Dermont) son stratagème pour éviter le cocuage.

En effet, 13 ans plus tôt, il a adopté une petite fille et l’a fait placer dans un couvent afin de la rendre bête. Cette jeune fille innocente, Agnès, est interprétée par Roxane de Limelette. Malheureusement, les plans d’Arnolphe ne vont pas se dérouler comme il l’espérait. Pendant son absence, Horace (Steve Driesen) rencontre Agnès et tombe amoureux d’elle. Mais le plus drôle dans cette histoire, c’est le quiproquo entre Arnolphe et Horace qui lui confie son amour pour Agnès, sans connaître sa véritable identité. Il lui demandera ensuite de l’aide, quand il apprendra que son père Oronte (Alan Le Rouzic) veut le marier. Finalement tout s’arrange pour lui car la fille d’Enrique (Michel Hinderyck), avec laquelle il doit se marier, n’est autre qu’Agnès. N’oublions pas le couple de valets Georgette (Karin Rochat) et Alain (Olivier Cuvellier) qui ajoutent une touche d’humour grâce à leur comportement et à leurs maladresses.

Ce sont les décors de Serge Daems qui m’ont le plus étonnée. En effet, je pensais ne voir que la façade de la maison durant toute la pièce, alors qu’en fait elle se soulève pour montrer l’intérieur de la maison. Par la suite, cette structure se sépare en deux pour laisser place à un petit jardin avec une fontaine. J’ai aussi beaucoup apprécié les effets de lumière qui montrent les différents moments de la journée et aussi les costumes de Thierry Bosquet qui sortaient de l’ordinaire par leur petite touche orientale.

Il ne faut pas oublier la mise en scène de Jean-Claude Idée qui nous présente, au début de la pièce, une Agnès enfermée comme un oiseau en cage et habillée comme une petite fille. Tout cela sert à montrer sa soumission face à Arnolphe. Tout au long de l’histoire, on la voit évoluer en jeune femme, en ajoutant à chaque fois un vêtement, pour finir vêtue d’une magnifique robe représentant sa liberté.

En résumé, c’est une belle histoire pleine d’humour et de surprises avec des personnages attachants qui évoluent au fil de la pièce, comme Arnolphe pour qui, finalement, les spectateurs éprouvent de la compassion.

Alison Splingard, 5 g A