Les victimes limaloises

Albert Rans

A l’aide des registres paroissiaux, Albert Rans, Conseiller communal de Limal et de Wavre, nous a livré une synthèse des dégâts et de la situation des victimes.

« Le bombardement de Limal du 20 avril 1944 a débuté à 23 h 00 et a duré 25 minutes.

Auparavant, des fusées éclairantes se trouvaient au-dessus de la gare d’Ottignies, mais à l’arrivée des bombardiers, elles se trouvaient sur Limelette et Limal. Le carnage fit 7 morts à Ottignies, 42 à Limelette et 30 à Limal.

Les sept maisons commençant par la rue de la Cure de la Place Albert 1er furent détruites et on y compta sept morts.


Dans la même cave, se trouvaient le Docteur Wilmes, sa femme, deux enfants, sa servante, le sacristain Debroux et sa femme. Heureusement, les deux enfants purent être sauvés. La maison d’à côté vit la mort d’un grand-père et de son petit-fils.

Les maisons partant de la boulangerie De Bock actuelle, soit treize au total, furent anéanties jusqu’à la maison Droolans, cette dernière ayant échappé au désastre. Aucune victime parmi les habitants de ces immeubles ne fut à déplorer. 21 habitants avaient trouvé refuge dans les caves de la brasserie Rans et y furent sauvés. La plus jeune était Jacqueline Mattens (trois semaines).

Brasserie Rans/Pharmacie Mattens
Place Albert 1er no 23 et 24 - La brasserie Rans et la pharmacie
Mattens... ou plutôt ce qu'il en reste

Avant le carrefour des rues Rauscent, Goossens et de Grimohaye, trois maisons furent détruites. Joséphine Rauscent, la nièce de celle qui avait donné son nom à la rue (victime civile 1914-1918) y perdit la vie. A droite, cinq maisons seront détruites. Plus loin, dans la même rue, on devait déplorer la mort de Joseph Vandries, qui s’était réfugié dans le ruisseau près de sa maison. Trois maisons seront encore anéanties.

Nestor Rans devant sa maison
Place Albert 1er, depuis le coin de la rue du Petit Sart
jusqu'au traiteur chinois actuel dans la rue J. Rauscent.

Plus loin encore, vers Rixensart, une famille de six personnes disparut : les Servais. En leur mémoire, un monument funéraire fut dressé au cimetière, adossé au mur (à droite en entrant). Détail navrant, le père, veuf, qui habitait rue Laffineur, apprit cette triste nouvelle le lendemain.

Rue de Grimohaye, cinq personnes périrent dans l’anéantissement de leurs habitations. Rue du Petit-Sart, dans la maison occupée aujourd’hui par les de Caritas et seulement endommagée, un jeune garçon fut tué.

Magasin de charbon des frères rans
Rue E. Laffineur - Ce qui reste du magasin de charbon des frères Rans

A la rue Joseph Mathieu, quatre maisons ont été détruites. On déplora plusieurs victimes dont Victoire Joly et Solange Van Pée.

Beaucoup de volontaires venus des environs et de Bruxelles même, vinrent aider à dégager les corps et à consolider les immeubles ébranlés.

Les corps furent déposés dans les classes de l’école communale des garçons de l’époque. Une foule immense participa aux funérailles religieuses, dans une tristesse indescriptible.

Magasin de charbon et poste. (rue Laffineur)
Le magasin de charbon et la poste actuelle. (rue Laffineur)

[Un souvenir très vivace
chez Jules Herpigny
]