Le phare de Limal

En 1944, Nelly Pirson avait 11 ans. Elle habitait rue Charles Jaumotte, au magasin « Le Phare ».
Ses souvenirs sont ceux d’une fillette qui, cachée avec les siens dans l’escalier de la cave, fut marquée par la peur. Elle garde une impression de grande soif . Si sa maison ne fut pas gravement touchée (des carreaux comme partout), la désolation de la place et surtout le drame des Servais l’émeuvent encore aujourd’hui. Une de ses connaissances, Marie-Louise Martin, 14 ans en 1944, habitait rue Joséphine Rauscent. Son papa décédé le 18, avait été mis en bière . L’enterrement était prévu pour le 21. Mais la maison fut détruite et le cercueil fut brûlé. Seul aurait subsisté le crucifix. Il se disait que Monsieur Martin était mort deux fois.

Non loin de là, au 1, rue Laffineur, vivait Joseph Vanesse, 35 ans à l’époque.

« Je suis resté dans ma maison qui a connu quelques dégâts. Les habitants de la boulangerie Romain (aujourd’hui De Backer) et de la maison voisine s’étaient réfugiés juste à temps en face, au coin de la rue de la Closière (poste actuelle).
Le père Héreng, dont les jambes étaient coincées, ne put être dégagé rapidement. Il fut finalement délivré à l’aide d’un levier, par Monsieur Hendrix. Il était trop tard. Plus tard, j’ai dû identifier des morts rassemblés à la commune. Chez ma mère, droguiste rue Charles Jaumotte, il n’y avait que quelques carreaux cassés à l’arrière du bâtiment ».

Les prisonniers limalois
Au centre, en costume clair : J. Vanesse

[La bourse sous un déluge de feu:
Emile Haulotte raconte
]