La Bourse sous un déluge de feu:

Emile Haulotte raconte

Si certains quartiers furent épargnés (le Par-delà l’Eau, par exemple), les habitants du centre du village ne furent pas les seuls touchés. La Bourse, et plus particulièrement la rue Joseph Mathieu, paya un lourd tribut. Emile Haulotte et son épouse Adèle habitent aujourd’hui au 7, rue Joseph Mathieu. Il y a cinquante ans, ils vivaient déjà à la Bourse.

« Le quartier n’avait pas sa physionomie actuelle. Plusieurs maisons de la rue Mathieu (côté des numéros pairs) présentaient leur pignon à la rue. Un petit chemin circulait derrière elles et leurs jardins. Elles ont presque toutes été détruites par le bombardement.

Personnellement, en 1944, j’étais « officiellement disparu ». Afin d’empêcher notamment le recrutement du S.T.O. (le travail obligatoire en Allemagne), les registres communaux avaient été volés en 1942. Je travaillais donc clandestinement pour aider financièrement ma famille.

Le soir du bombardement, je travaillais chez Gaucet, le marchand de « patates » de la rue Bauduin. Nous avons déchargé un wagon à la gare de Lima. Alors que je rentrais chez moi, j’ai été pris sous les bombes dans le petit chemin aujourd’hui disparu. Je me suis précipité chez ma grand-mère pour l’emmener chez mes parents qui habitaient à l’emplacement de l’actuel n° 8 de la rue. J’ai été atteint par un éclat de bombe au bras ; ma grand-mère a été gravement blessée. Pris de panique, je me suis enfui par les jardins. En franchissant une clôture, je me suis ouvert une jambe sur un barbelé. Nos blessures étaient si sérieuses que, dans la nuit, nous reçûmes les derniers Sacrements chez la sage-femme, Alida Vilain, dans la maison occupée aujourd’hui par la famille Weiss. Ensuite, nous avons été transférés à Bruxelles, où ma grand-mère décéda. Adèle, quant à elle, a passé le bombardement dans la cave de la maison familiale, à la rue Marc Brison. Il faut dire qu’après les combats de 1940, elle avait été renforcée. C’était un abri sûr. Qui plus est, la maison a été épargnée.

Un an plus tard, nous nous mariions. »

La Bourse
La bourse
De gauche à droite:
1er Jules Francotte
2e inconnu
3e Marie Clément
4e Emile Haulotte
5e Georgina Clément
6e MauriceClément
7e Paula Clément

[Le cochon était toujours vivant]