La
Société belge d'étude des phénomènes spatiaux (SOBEPS)
a été créée en 1971 par un amateur d'ovni Lucien
Clerebaut, un philatéliste. Cette petite ASBL allait
attirer deux scientifiques : les chimistes
MichelBougard et Jacques Scornaux. Au fil des années,
c'est surtout le premier cité qui prendra de l'importance
au sein de l'association dont le siège central se
trouve à Bruxelles. Michel Bougard deviendra en
effet le président de la SOBEPS. Les deux chimistes
furent rejoints ensuite par Auguste Meesen, un
physicien de l'Université catholique de Louvain (UCL)
passionné par l'ufologie. La SOBEPS n'attira aucun
autre scientifique et faute de "matière"
perdit au fil des années de nombreux membres et dû
donc restreindre la quantité de ses travaux. Tout
changea quand éclata la vague ovni belge qui permit
à la SOBEPS de rebondir spectaculairement...
Lorsque
la vague éclata, la SOBEPS devint omniprésente dans
les médias. Un physicien de l'Université Libre de
Bruxelles, Léon Brenig, rejoignit l'association et
devint un des enquêteurs de terrain les plus zélés.
Léon Brenig et Auguste Meesen apportèrent la
caution scientifique de haut niveau que recherchait
depuis longtemps l'association ufologique belge. L'arrivée dans le giron de la
SOBEPS du physicien français Jean-Pierre Petit
renforca également auprès du public l'image de
rigueur scientifique que l'association voulait se
donner. A l'époque cependant, les responsables de la
SOBEPS ignoraient que M.Petit était sur le point de
publier un livre décapant sur les extra-terrestres
de la planète UMO qui, selon cet auteur, étaient
déjà sur notre Terre. Le but de Jean-Pierre Petit
était de faire connaître son nom afin de faire par
la suite la promotion de son livre en Belgique.
La
renommée des deux physiciens attira l'attention de
plusieurs scientifiques belges qui s'intéressèrent
dès lors aux recherches de la SOBEPS durant la vague
ovni belge (1989-1991). Par curiosité, plusieurs
dizaines de scientifiques belges assistèrent en
février 1991 à une conférence sur les ovnis
organisée par la SOBEPS. Tous en ressortirent
irrités ou déçus. Les révélations des
responsables de la SOBEPS étaient en effet peu
crédibles et sans aucune valeur scientifique.
Cela n'a
pourtant pas découragé la SOBEPS qui en octobre
1991 publia un volumineux rapport Vague d'ovni
sur la Belgique, un dossier exceptionnel. La
SOBEPS a voulu présenter cet ouvrage comme une
étude de haut niveau scientifique qui devait faire
toute la lumière sur les ovni. La SOBEPS aurait
voulu avec cet ouvrage convaincre la communauté
scientifique belge du sérieux de sa démarche
scientifique. Ce fut un fiasco. Ce dossier passa
entre les mains des nombreux scientifiques qui furent
abasourdis. Certains signèrent un communiqué de
presse qui fut publié en intégralité dans le
journal LA WALLONIE daté du 26 octobre 1991. Ce
texte primordial dans l'histoire de l'ufologie belge
est reproduit ci-dessous (avec l'aimable autorisation
de M.André Lausberg, chef des travaux à l'Institut
d'Astrophysique de l'Université de Liège).
En tant qu'universitaires,
nous sommes interpellés, malgré nous, et parfois
choqués par le battage médiatique fait autour du
récent rapport de la SOBEPS à propos de la vague
belge d'ovni, et nous souhaitons formuler les
remarques suivantes.
Un grand nombre de scientifiques, et
particulièrement les astronomes, sont passionnés
par l'idée de la recherche d'une vie extra-terrestre
et par les nombreux programmes en cours visant à
établir une éventuelle communication avec d'autres
civilisations. Ils sont même pour la plupart
convaincus que la probabilité d'existence d'une
autre vie ailleurs n'est pas négligeable. Certes la
probabilité d'une possible communication est
beaucoup plus faible, et à fortiori celle d'une
rencontre. Mais il est certain qu'un tel événement
serait accueilli comme la chose la plus
extraordinaire de notre histoire.
La vague de sensationnalisme qui a deferlé ces
derniers jours sur la Belgique, au travers d'une
partie heureusement très limitée de la presse, a pu
faire croire au public que la preuve d'une visite
extra-terrestre était apportée par certains
scientifiques belges. Il est loin d'en être ainsi.
Une remarque s'impose ici à propos du nombre de
scientifiques réellement impliqués dans l'étude du
phénomène ovni : le fait qu'environ 80
scientifiques se soient rendus à une réunion
organisée en février 1991 par la SOBEPS ne signifie
nullement qu'"une centaine de chercheurs tant de
l'ULB que de l'UCL s'y intéressent de près" (Le
Soir du 22-10-91). Ce nombre ne doit pas atteindre la
dizaine. De surcroît, les trois scientifiques de la
SOBEPS qui signent un ou plusieurs chapitres du
rapport ont des attitudes radicalement différentes
et parfois contradictoires : face au réalisme
volontaire de Léon Brenig, chef de travaux à l'ULB,
et à la prudence de Michel Bougard chimiste, on
trouve les affirmations ambigues et parfois
incohérentes du professeur Auguste Meesen de l'UCL.
Pour se convaincre de ces contradictions, il suffit
de voir comment les différents journaux ont compris
le message de la SOBEPS : on y trouve toute la gamme
des conclusions possibles. Elles sont pourtant
tirées du même rapport.
Un premier examen de
ce rapport nous amène aux conclusions suivantes :
- La photo de couverture provient d'une diapositive
dont l'authenticité ne peut être absolument
garantie.
- Les autres documents photographiques ou
vidéographiques n'apportent aucun élément probant.
- L'analyse des échos radars reçus par les F-16 de
notre Force aérienne faite par Monsieur Meesen fait
apparaître qu'il pourrair s'agir de phénomènes
météorologiques, tandis que la prétendue
détermination de vitesses supersoniques et d'accélérations
foudroyantes pour des engins matériels n'est pas du
tout convaincante.
- Le rapport ne fait pratiquement mention d'aucune
autre mesure physique exploitable.
Ajoutons que plusieurs des signataires du présent
communiqué (physiciens, météorologistes ou
astronomes) ont déjà été contacté en vue d'examiner
divers documents se rapportant à ces phénomènes
inexpliqués. Rien de mystérieux n'est sorti de ces
examens; plusieurs cas ont déjà été élucidés et
d'ailleurs certains de ceux-ci sont repris dans le
rapport de la SOBEPS.
En conséquence, il
nous semble qu'une fois de plus, l'ensemble de la
problématique des ovni repose uniquement sur des
témoignages.
La bonne foi de la majorité des témoins n'est pas
ici mise en cause et nous espérons qu'une
interprétation correcte de leurs observations sera
découverte. Il nous paraît que l'important travail
de compilation et de tri fait par la SOBEPS devrait
être utilisé pour des études psychologiques et
sociologiques, portant notamment sur l'examen des
perceptions visuelles et sur leurs possibles
interprétations.
La longue histoire de la littérature ufologique nous
enseigne que d'innombrables phénomènes, perçus d'abord
comme absolument étranges, ont pu être
interprétés ensuite par des moyens classiques. Cela
suppose évidemment que des observations aient été
recueillies en nombre suffisant et qu'une analyse
sereine ait été entreprise pour chaque cas.
Nous espérons que le présent communiqué sera
diffusé par les organes de presse, et qu'ainsi
seront mieux rencontrées les exigences à la fois de
la rigueur scientifique et de l'information objective.
Jacques Demaret
Maître de conférence à l'Institut
d'astrophysique de l'Ulg
Nicolas Grevesse
Chef de travaux à l'Institut
d'astrophysique de l'Ulg
José Gridelet
Docteur en médecine,
Neuro-physiologue
André koeckelenbergh
Astronome, Chargé de cours
à l'ULB
André Lausberg
Chef
de travaux à l'Institut
d'astrophysique de l'Ulg
Jean Manfroid
Directeur de recherches
au FNRS
Arlette Noels
Chargée de cours à l'institut
d'astrophysique de Liège
Alfred Quinet
Chef de département à l'IRM
Jean Surdej
Maître de recherches au FNRS
Jean-Pierre Swings
Agrégé de faculté à l'Institut
d'astrophysique de l'Ulg
Ce texte mettait le doigt sur le
manque total de sérieux scientifique du rapport de
la SOBEPS. Le rapport en question n'est rien d'autre
qu'une compilation de témoignages parfois douteux et
d'hypothèses allant du très intéressant (analyse
des documentsvidéos) jusqu'à l'absurde (le
mimétisme) en passant par l'approximatif (analyse
des échos radars). Il est dommage que ce communiqué
soit systématiquement ignoré ou tourné en
dérision par les ufologues. Ils devraient pourtant
en tirer certaines conclusions...
Et à
présent, où en est-on? Auguste Meesen, pensionné
entre-temps, continue à s'intéresser de près aux
ovnis. Il a le grand défaut de ne plus développer
le moindre esprit critique vis-à-vis du phénomène
puisque Auguste Meesen gobe tout et n'importe quoi
sur les ovnis (Roswell, les ronds dans les blés, les
petits gris,...). Léon Brenig rêvait depuis cette
vague d'obtenir de très gros crédits afin d'analyser
le phénomène ovni. Léon Brenig aurait voulu mettre
en place une structure mobile capable de se déplacer
partout où des ovnis auraient été signalés afin
de récolter des analyses physiques. Il rêvait
également d'obtenir des photos des ovnis de la vague
ovni belge prises par les satellites civils ou
militaires. Il n'a jamais rien obtenu. Jean-Pierre
Petit a très vite cessé de fréquenter la SOBEPS
qui n'a pas dû apprécier le fait d'être manipulé
dans un but commercial. J-P Petit continue cependant
à écrire des articles sur les Ummites (habitants de
la planète UMMO) qui continueraient à transmettre
aux terriens des données scientifiques importantes.
Il s'intéresse également maintenant au spiritisme
avec son ami Jacques Benveniste, le père de la
mémoire de l'eau.
Force
est de constater que depuis 1991 la SOBEPs n'a
réussi qu'à convaincre qu'un tout petit nombre de
scientifiques belges de les rejoindre. De plus, aucun
de ces nouveaux membres n'a été nommé à un poste
important dans l'organigramme interne de l'association
ufologique. Pourtant, le secrétaire général de la
SOBEPS déclarait en 1991 que les scientifiques
belges les rejoignaient par légion. Où sont donc
passées ces légions de scientifiques?