John Kennedy fut le 35ième
président des Etats-Unis élu en 1960 en battant in
extremis le républicain Richard Nixon par le plus
petit écart électoral de l'Histoire des USA (si l'on
excepte évidemment l'épisode tragi-comique du duel
Bush-Gore en 2000). Premier catholique à exercer le
poste suprême, sa personnalité ne laissait pas
indifférent : ou bien on l'admirait pour son
charisme qui était réel ou bien on le détestait
pour ses options politiques mais il ne laissait en
général pas indifférent. En 1963, désireux d'être
réélu et conscient que son bilan politique en trois
ans restait assez moyen, il se lança dans une très
longue campagne électorale. Ses conseillers lui
avaient proposé de porter ses efforts sur les Etats
du sud où les Démocrates (en Europe, on dirait la
gauche) étaient moins populaires que les
Républicains (la droite).
En novembre 1963, John
Fitzgerald Kennedy se retrouve dans un Etat où la
situation du parti démocrate est particulièrement
délicate : le Texas, un des fiefs du parti
républicain.
Le 22 novembre 1963,
John Kennedy débarque en compagnie de son atout
charme sa femme Jacqueline Bouvier à Dallas, une
ville où il fait l'objet de vives critiques et même
de menaces à peine voilées.
Le petit prince maudit
de l'Amérique allait y rencontrer son destin.
DALLAS, 22
NOVEMBRE 1963, 12H30
Ce jour-là, il faisait
beau et doux à Dallas. Hélas, devrait-on écrire
car s'il avait plu, rien peut-être ne se serait
passé.
A la descente de l'avion
Air Force One, John Kennedy et son épouse prennent
place à l'arrière d'une somptueuse limousine Ford
Lincoln décapotée vu les conditions climatiques
favorables. Devant eux se trouvent le gouverneur du
Texas John Connally et sa femme. La voiture est
pilotée par un agent du Secret service (terme
que l'on aurait tort de traduire littéralement par
Service secret. Il s'agit en fait d'un service de
protection du Président). La Limousine est suivie
par un important cortège de voitures officielles.
John Kennedy doit
traverser une grande partie de la ville à vitesse
réduite pour se rendre à une réception officielle,
l'idéal pour saluer la foule qui se presse le long
du parcours. Les habitants de Dallas lui réservent
un accueil généreux, ce qui ne manque pas d'étonner
le couple présidentiel.
Vers 12H30, le cortège
arrive sur Dealey Plaza, quasiment en fin de parcours.
Soudain, plusieurs coups de feu éclatent (Trois?
Quatre? Plus?). Kennedy est touché à la tête, le
gouverneur Connally est aussi blessé. Emmenés à l'hôpital
Parkland, les médecins tentent l'impossible pour
sauver le Président mais ils doivent rapidement
constater le décès de l'homme le plus puissant du
monde. Les chirurgiens parviendront par contre à
sauver Connally.
Sur les lieux de l'attentat,
la confusion est complète. Des témoins affirment
que les tirs sont partis d'un immeuble situé
derrière la limousine, d'autres moins nombreux
indiquent une butte gazonée entourée d'une
barrière en bois se trouvant devant le cortège au
moment des détonations. La police boucle le quartier
et s'intéresse particulièrement au Texas School
Book Depository (TSBD), un immeuble servant de
dépôt de livres scolaires et d'où des tirs sont,
semble-t-il, partis. Au cinquième étage du TSBD (sixième
niveau pour les Américains), les policiers de Dallas
découvrent une carabine italienne et trois douilles.
Très vite et assez bizarrement, une description
très vague (homme blanc, trentaine, 1m80) d'un homme
vu à la fenêtre de cet étage est communiquée aux
patrouilles de la police de Dallas. Vers 13H15, dans
un quartier éloigné de plusieurs kilomètres des
lieux du crime, un agent de police du nom de Tippit
remarque un homme qui correspond au signalement. Il
tente de le contrôler mais l'homme sort un revolver
et le tue. Plus tard, à proximité, un homme fort
nerveux pénètre dans une salle de cinéma sans
payer. La police est avertie et pénètre en force
dans le cinéma. Non sans mal, les policiers
arrêtent un homme armé. Son nom deviendra célèbre
dans le monde entier : Lee Harvey Oswald.
Emmené au commisariat,
les choses vont prendre rapidement une mauvaise
tournure pour Oswald. Interrogé sur la mort de
Tippit et de Kennedy, il nie en restant très maître
de lui. Il va d'abord être inculpé du meurtre de l'agent
Tippit. Ensuite, il sera longuement interrogé sur l'assassinat
de JFK car de lourdes charges pèsent sur lui.
Employé au dépôt de livres, il s'y trouvait au
moment de l'assassinat. Les policiers ont également
la preuve que le fusil retrouvé avait été
commandé par Oswald sous un faux nom. La police va
également avoir accès aux dossiers de Lee Harvey
Oswald détenus par différents services. On
découvre que Oswald est un ancien militaire qui
séduit par les thèses marxistes a trouvé un moment
refuge en URSS. Oswald y travailla quelques années
dans une usine à Minsk et y épousa une jeune femme.
Par la suite, déçu du communisme, il revint aux
Etats-Unis accompagné de sa femme. Cela ne l'empêcha
pas de garder une certaine sympathie pour la
philosophie extrémiste de gauche et d'afficher
publiquement son appui pour Castro. Mais devant la
presse, Oswald persiste à nier et lâche cette
phrase sibylline : "Je suis un bouc-émissaire".
Le 23 novembre, le
procureur et ses services inculpent officiellement
Oswald de l'assassinat du Président des Etats-Unis.
Oswald qui, notons-le, n'a toujours pas pu
bénéficier de l'assistance d'un avocat.
Le lendemain, Oswald
doit être transféré à la prison de Dallas.
Entouré par de nombreux policiers et devant une
meute de journalistes, Oswald doit traverser tout d'abord
le parking souterrain de la police. Soudain, un homme
bondit devant lui et lui tire une balle dans le
ventre. Les policiers se jettent sur le tireur pour l'immobiliser.
Ils sont pour le moins surpris : l'homme qui vint de
tirer est une de leur vieille connaissance, Jack Ruby
un propriétaire de boîtes de strip-tease.
Transporté à l'hôpital Parkland, Oswald y décède
en emportant son secret. Sommé de s'expliquer sur
son geste fatal, Ruby explique avoir simplement voulu
venger la mort du Président de manière impulsive et
dans un moment de folie.
LE RAPPORT
WARREN
Inutile de préciser qu'après
cette succession d'événements tragiques, l'Amérique
est sous le choc. Certes, ce n'est pas la première
fois qu'un président américain est assassiné. Mais
ici le peuple américain ne comprend pas que le
président qui devait être extrêment bien protégé
soit si facilement abattu et que son assassin
présumé ait subi le même sort. C'est une situation
véritablement scandaleuse qui doit être absolument
éclaircie. Le nouveau président Lyndon Johnson
promet une commission d'enquête. Elle sera confiée
à un homme respecté et respectable : Earl Warren,
président de la Cour suprême des Etats-Unis. Warren
et ses collaborateurs vont être confronté à trois
hypothèses : un complot extérieur aux USA, un
complot intérieur ou un acte commis par un
déséquilibré isolé. Dès le départ, la
commission va être confrontée à un terrible
dilemme : Kennedy abattu par les communistes (Soviétiques
ou Cubains), les Américains n'avaient comme choix qu'une
riposte militaire débouchant probablement sur une
troisième guerre mondiale. Les Soviétiques étant d'ailleurs
en alerte nucléaire craignant qu'on les accuse de l'assassinat.
S'il s'agissait d'un complot intérieur, la confiance
dans les institutions américaines aurait été
ébranlée et le pays aurait été confronté à une
très grave crise politique et institutionnelle. La
Commission Warren n'avait donc pas le choix :
il fallait que l'assassinat de Kennedy soit l'oeuvre
d'Oswald, un tireur isolé.
La commission Warren
via les services du FBI et de la CIA entendra des
centaines de témoins, prendra connaissance des
rapports balistique et d'autopsie et visionnera une
copie du film tourné par un amateur, Abraham
Zapruder, qui a filmé par hasard la scène du crime.
Après plusieurs mois d'une
enquête parfois bâclée, la Commission Warren
rendra public son rapport. Ses conclusions seront
simples : Oswald, un déséquilibré pro-communiste
agissant seul, a assassiné le Président, Jack Ruby
a tué Oswald pour des raisons personnelles, il n'y a
pas eu de complot pour assassiner John Kennedy. Les
Américains pouvaient dormir tranquilles.
L'HOMME AU
PARAPLUIE, LES TROIS CLOCHARDS ET THE BLACK DOG MAN
Dès la publication de
ce rapport, les Américains sentirent comme un
soulagement. L'assassinat de Kennedy était l'oeuvre
d'un fanatique. Mais l'Amérique, n'en déplaise à
certains, reste la plus grande démocratie du monde
et des voix discordantes se sont faites entendre.
Pendant des dizaines d'années, des chercheurs, des
enquêteurs privés, des avocats, des journalistes
vont s'attaquer aux faiblesses du rapport Warren en
pointant du doigt ses lacunes, ses omissions et ses
failles. Ils arriveront à la conclusion que JFK fut
bel et bien la victime d'un complot.
Selon ces "conspirationnistes",
le principal point faible du rapport consistait dans
l'interprétation balistique du drame. La Commission
avait conclu que Lee Harvey Oswald avait tiré trois
balles : une balle qui rata sa cible mais blessa
indirectement un témoin, une balle dont la
trajectoire semblait impossible et qui fut surnommée
la "balle magique". La balle magique toucha
Kennedy dans le dos, resortit par sa gorge puis
continua sa trajectoire en causant trois blessures au
gouverneur Connally. Cette balle fut retrouvée
ensuite pratiquement intacte sur une civière à l'hôpital
Parkland. La dernière balle, la balle mortelle,
atteignit John Kennedy à la tête. Mais en examinant
le film Zapruder (qui ne fut rendu public qu'en 1975),
on voit très bien qu'au moment de l'impact la tête
de Kennedy est violemment projetée vers l'arrière
comme si le tir provenait de l'avant. Cela
nécessitait évidemment la présence d'un second
tireur. Et que dire alors de l'impact d'une balle
retrouvé sur le pare-prise de la Lincoln?
En examinant les autres
documents pris sur Dealey Plaza le 22 novembre 1963 (films,
photos), les chercheurs trouveront d'autres
éléments troublants venant conforter la théorie du
complot. Sur l'agrandissement d'une photo, on peut
voir sur le monticule herbeux une ombre qui sera
appelée the black dog man car elle
ressemble à un chien assis. Quasiment au même
endroit, on a vu également une tâche qui une fois
analysée laissait apparaître la silhouette d'un
policier semblant tenir un fusil (the badge man).
Il faut rester cependant prudent avec ce genre d'analyses
car l'interprétation y joue un grand rôle.
Sur le film d'Abraham Zapruder (encore lui!) et sur d'autres
photos, on voit un homme tenant un parapluie ouvert.
C'est un fait étrange car le soleil était radieux
ce jour-là. Beaucoup d'enquêteurs parallèles ont
pensé que l'homme au parapluie donnait un signal au(x)
tireur(s). Un auteur a même imaginé que ce
parapluie était une arme tirant une fléchette
empoisonnée sur le Président...
On sait aussi que la
police de Dallas interpella trois clochards dont on s'est
longtemps interrogé sur l'identité. Certains ont
reconnu en eux des agents de la CIA. Mais après
vérifications des dossiers de la police, ces trois
clochards furent identifiés : ils étaient bel et
bien des clochards qui se trouvaient là par hasard.
La personnalité de
Jack Ruby suscita aussi de nombreuses interrogations.
Il était difficile de croire que Ruby ait agi
simplement par amour pour les Kennedy et pour éviter
à Jacky d'assister un procès qui s'annonçait
pénible pour elle. Le plupart des observateurs
eurent la conviction que Ruby avait tué Oswald pour
l'empêcher de faire des révélations. Ruby qui
était déjà omniprésent durant ces trois jours de
novembre 1963. Au moment de l'attentat, il se
trouvait à proximité de Dealey Plaza dans un
immeuble d'où il avait une vue parfaite sur le TSBD.
Après l'attentat, certains témoins affirmeront l'avoir
vu à l'hôpital Parkland. Durant la garde à vue d'Oswald,
Ruby se trouvait au milieu des journalistes. Il
semblerait aussi que vu ses activités
professionnelles, Ruby fréquentait des milieux
interlopes dont des proches de Jimmy Hoffa, un
syndicaliste mafieux. Ruby fut condamné à mort en
1964 après un procès étrange où Accusation et
Défense s'affrontèrent sur l'état mental de Ruby
au moment de son crime sans jamais donner l'impression
de vouloir connaître véritablement le but exact de
Ruby. Jack Ruby mourut d'un cancer en 1967. A la fin
de sa vie, lorsque son état physique mais aussi
mental se dégradaient considérablement, il accusa
sans vraiment le nommer le nouveau Président Johnson
d'avoir organisé l'assassinat.
Pour tous les
chercheurs, le doute n'était plus permis. Il y avait
plusieurs tireurs et Kennedy fut la victime d'un
complot. La grosse majorité des auteurs pensent qu'il
y avait deux tireurs : un dans le TSBD et un autre
sur le monticule herbeux qui toucha Kennedy à la
tête. D'autres penchent pour un nombre supérieur de
tireurs qui se seraient trouvés dans un autre
immeuble proche du TSBD, sur un pont de chemin de fer
voire même dans une bouche d'égoût.
QUI?
Si réellement un
complot est à l'origine de la mort de Kennedy, on
peut écrire sans se tromper que les suspects sont
nombreux.
La thèse de l'élimination
de Kennedy par la mafia conserve des partisans. Il a
toujours été dit que la mafia avait aidé le clan
Kennedy à remporter les élections présidentielles
de 1960. En contre-partie, une fois élu, John
Kennedy devait laisser les mains libres à l'organisation
criminelle. Or, une fois à la Maison-Blanche,
Kennedy nomma son frère Robert à la tête du
Ministère de la Justice. Robert Kennedy allait mener
une lutte impitoyable contre le crime organisé. L'honorable
société se serait vengée en organisant l'assassinat.
Certains boss mafieux se sont d'ailleurs vanté en
privé d'avoir eu la peau de Kennedy.
Fidel Castro fut aussi
montré du doigt. Cuba était devenu un véritable
danger pour la sécurité des Etats-Unis comme la
fameuse crise des missiles l'a démontré. Les
gouvernements américains vont tout tenter pour
renverser le régime marxiste de La Havane. John
Kennedy lui-même ordonna à plusieurs reprises à la
CIA d'assassiner Castro par tous les moyens. Sans
résultats vu que Fidel Castro continue à voir
défiler les présidents américains. Fidel Castro
savait évidemment que Kennedy voulait l'éliminer.
Quelques semaines avant le 22 novembre 1963, Castro
déclarait que "si l'on me menace, je suis
aussi capable de menacer".
Les Soviétiques aussi
figurent en bonne place dans la liste des coupables
potentiels. Après la grave crise des missilles de
Cuba, les Soviétiques se sentirent humiliés d'avoir
perdu leur bras de fer contre Kennedy. Il n'est donc
pas impossible que certains cerveaux du KGB et du
Soviet Suprême eurent l'idée de tuer Kennedy dans
un simple souci de vengeance. Une curieuse affaire d'espionnage
est venu conforter cette théorie. En 1964, un
officier du KGB du nom de Nosenko passa à l'ouest et
offrit ses services aux Américains. La CIA,
méfiante au départ, reçut des informations ultra-secrètes
qui une fois recoupées s'avéreront exactes. Par
hasard, Nosenko était l'officier du KGB qui s'occupa
du dossier de Lee Harvey Oswald quand celui-ci s'installa
à Minsk. Interrogé sur Oswald, Nosenko va déclarer
que jamais celui-ci ne fut engagé par les services
secrets russes et qu'il n'y eu même jamais de
contact entre Oswald et le KGB. Le FBI finit
cependant par découvrir que Nosenko n'était qu'un
agent d'intoxication. Pourquoi donc les Soviétiques
se donnèrent-ils tant de mal pour démontrer qu'ils
n'avaient aucun lien avec Oswald?
Les opposants au
régime de Fidel Castro étaient probablement ceux
qui avaient le plus envie de se débarrasser de
Kennedy. Lorsque avec l'appui de la CIA, les
anticastristes tentèrent de débarquer à Cuba afin
d'y mener une tentative de renversement de Castro (la
Baie des Cochons), ils espérèrent en vain un appui
militaire direct demandé au président américain.
Mais Kennedy refusa et la tentative de putsch se
termina par un fiasco. Des éléments anticastristes
auraient donc voulu venger leurs camarades tués ou
retenus prisonniers en assassinant celui qu'ils
considéraient à tort ou à raison comme le
principal responsable de l'échec de l'opération.
Depuis le film JFK d'Oliver
Stone, la thèse de l'assassinat organisée par des
agents de la CIA avec l'appui du lobby de l'industrie
militaire est devenue très tendance. Pour les
conspirationnistes, la CIA, une organisation très
puissante, était la mieux placée pour éliminer
Kennedy avec qui les relations étaient très tendues.
Les moyens dont elles disposent expliqueraient les
diverses anomalies constatées par certains
chercheurs : disparition de certains témoins, photos
d'autopsie truquées, manipulation de l'autopsie,...
D'autres furent
également accusés d'avoir commandité l'attentat du
22 novembre 1963 : le vice-président Lyndon Johnson,
l'extrême-droite américaine, les pétroliers texans
ou encore les services secrets israéliens.
Mais après quatre
décennies d'enquêtes parallèles, les éléments de
preuve suffisants du complot manquent encore
cruellement.
THESES
ETRANGES ET ETRANGES THEORIES
Rien qu'en langue
anglaise, plusieurs centaines d'ouvrages consacrés
à l'assassinat du président Kennedy furent publiés,
ce qui correspond pratiquement à autant de théories
différentes.
Certains chercheurs ont cependant proposé des
théories peu orthodoxes dont certaines frisent
souvent la fantaisie.
On va le voir, l'imagination
est au pouvoir.
- JFK souffrait de
graves problèmes de santé. Se sachant condamné par
la médecine, il aurait lui-même mis au point son
assassinat afin de laisser sa trace dans l'histoire.
- Le journal France-Dimanche a un jour
publié des photos prises de loin sur une île
grecque d'un homme dans une chaise roulante. Cet
homme était sensé être Kennedy qui n'aurait été
que grièvement blessé en novembre 63. Totalement
handicapé, il aurait été recueilli par Aristote
Onassis, le second mari de Jacqueline Bouvier.
- Dans son ouvrage Mortal error, Bonnar
Menninger affirme après une étude balistique
poussée que la balle mortelle fut tirée par erreur
par l'un des gardes du corps du Président.
- Dans un livre paru en 1989, l'écrivain James
Reston affirme quant à lui que la véritable cible
de Lee Harvey Oswald était en fait le gouverneur
John Connally avec qui il aurait eu un différent.
Dans cette optique, on peut dire que si Oswald visait
Connaly, il fut prodigieusement... maladroit. Par
contre, on peut dire aussi que si Oswald visait
Kennedy, il fut prodigieusement... adroit!
- Dans un ouvrage auto-édité, un auteur californien
liait à l'assassinat à la mise au point par la CIA
dans ses laboratoires d'un virus destiné à
éliminer Castro entre autres. Ce virus se serait
répandu ensuite par erreur dans le monde. Son nom :
le SIDA.
- Un autre auteur, après avoir examiné
attentivement le film Zapruder, arriva à la
conclusion que la balle mortelle fut tirée par le
chauffeur de la Limousine présidentielle. En effet,
en visionnant le film image par image, on peut voir
le chauffeur se retourner. On a même l'impression qu'il
tient en main un objet brillant (une arme?). C'est à
ce moment précis que le Président est touché à la
tête. C'est assez étonnant à constater. Mais
pourquoi donc l'agent Greer aurait-il abattu celui qu'il
devait protéger? Il aurait reçu cet ordre d'un
mystérieux gouvernement occulte du nom de Mj12 qui
voulait empêcher Kennedy de dévoiler la présence d'ovnis
et d'extra-terrestres sur notre planète.
- Dans une théorie reprise en son temps par le Nouvel
Observateur, les auteurs de l'assassinat
seraient trois Français recrutés pour la cause par
la mafia américaine. L'un de ces trois individus
était déjà soupçonné d'avoir assassiné un
policier bruxellois dans les années 50.
- D'autres encore ont imaginé que Lee Oswald avait
un sosie au rôle trouble. Cette théorie prit même
une ampleur considérable à un point tel que le
corps d'Oswald fut déterré pour analyse.
LES CONTRE-ENQUETES
OFFICIELLES
Le premier à remettre
en cause officiellement la conclusion du rapport
Warren fut le procureur de la Nouvelle-Orléans Jim
Garrison. En recueillant les témoignages d'individus
douteux dont un toxicomane, Garrison découvrit que
Lee Harvey Oswald fréquentait le même immeuble que
des individus clairement opposés à Fidel Castro.
Garrison découvrit que ces hommes étaient liés à
la CIA. Le Procureur imagina alors que l'Agence avait
préparé l'assassinat du Président. Il parvint
même à déférer devant un tribunal l'homme d'affaires
Clay Shaw que Garrison présenta comme le cerveau de
l'assassinat. Mais les charges retenues contre Shaw
furent considérées comme insuffisantes pour ne pas
dire inexistantes et Clay Shaw fut acquitté.
En 1975, devant la
pression de l'opinion publique, le pouvoir
législatif américain décida de créer une
commission d'enquête sur les assassinats de John
Kennedy, de Robert Kennedy et de Martin Luther King.
Cette commission d'enquête, la House Select
Committee on Assassinations (HSCA), travailla pendant
trois années et arriva en ce qui concerne l'assassinat
de John Kennedy à des conclusions surprenantes.
Après avoir procédé à l'audition d'une bande
sonore enregistrée au moment de l'attentat depuis
une moto de la police de Dallas, le HSCA conclut qu'il
y avait eu quatre tirs. Trois tirs (dont la balle
magique et la balle léthale) venant du dépôt de
livres et un tir provenant du fameux tertre gazonné.
Mais ce tir rata le Président... Le HSCA démontra
cependant que puisqu'il y avait deux tireurs, il y
avait complot. La commission pensait que la mafia
était à l'origine de l'assassinat. Quelques années
plus tard, l'Académie des Sciences des USA (dont l'impartialité
ne peut être mise en doute) analysa à nouveau ce
document sonore et déclara qu'il ne prouvait pas l'existence
de quatre coups de feu...
LA THEORIE
DU TIREUR ISOLE
Une majorité d'Américains
ne croient pas aux conclusions de la Commission
Warren. Pourtant, il existe des auteurs qui après
avoir analysé sérieusement le dossier ont conclu
que Lee Harvey Oswald était le seul et unique
coupable. On citera par exemple les travaux du
juriste G.Posner qui est généralement considéré
comme quelqu'un de sérieux aux Etats-Unis.
Plusieurs éléments en
effet sont défavorables à Oswald.
1. Oswald travaillait
au TSBD et s'y trouvait le jour de l'assassinat.
2. Le fusil utilisé pour tirer sur Kennedy
appartenait à Oswald et on retrouva ses empreintes
sur les cartons entourant l'endroit où se trouvait
le tireur.
3. Il est absolument certain que trois coups ont
été tiré depuis le cinquième étage du dépôt de
livres. Des témoins qui se trouvaient à la fenêtre
située juste en-dessous ont clairement entendu les
trois détonations ainsi que le bruit des douilles
éjectées tombant sur le sol.
4. Oswald quitta précipitamment le dépôt de livres.
5. On a souvent écrit que Lee Harvey Oswald était
un piètre tireur. Or, lors de son interpelation, on
trouva sur lui une médaille de très habile
tireur des Marines.
6. Oswald visait la tête du Président. Il rata une
fois sa cible, toucha une fois le Président dans le
dos et une salle balle atteignit la tête du
Président. Ce qui grosso modo ne fait qu'un taux de
réussite de 50%.
Ces éléments ne
constituent qu'un faisceau de présomption et
certainement pas des preuves absolues. Il est
difficile d'imaginer comment se serait passé le
procès de Lee Harvey Oswald. Mais un bon avocat
aurait pu peut-être démontrer son innocence. Mais
Jack Ruby est venu mettre un terme à tous les
scénarios de justice-fiction...
Depuis, les experts
continuent à s'affronter. En visionnant le film
Zapruder, les experts ont déclaré à l'époque que
les trois balles auraient dû être tirées en six
secondes environ ce qui semblait appartenir au
domaine de l'impossible ou presque. Cependant les
techniques modernes ont permis de digitaliser le film
et de le projeter à sa vitesse exacte. On observe
alors que les trois balles ont été tirées en 9
secondes.
Mais le point sur lequel les experts ne sont pas en
accord reste la trajectoire des balles. Déjà, les
expertises commandées par la Commission Warren
démontraient que la trajectoire de la balle magique
était tout à fait possible bien que fort inattendue.
Mieux même, en 1976, le prix Nobel de Physique Luis
Alvarez analysa le mouvement de la tête de Kennedy
au moment de l'impact de la balle fatale. Il
démontra que le premier mouvement de la tête était
vers l'avant. Le mouvement suivant (vers l'arrière)
serait dû à un reflexe neurologique. Ce tir, selon
Alvarez, venait donc bien de l'arrière comme le
démontre d'ailleurs les photos de l'autopsie.
Cependant, tous les experts ne sont du même avis. La
bataille des experts va sans aucun doute continuer
encore longtemps. (voir à ce propos http://users.skynet.be/mar/jfk.htm)
On notera également qu'un
policier belge du nom de Marcel Dehaeseleer en
analysant le film Zapruder y a trouvé des éléments
qui pourraient s'avérer fort intéressants (http://users.skynet.be/copweb/jfk/)
JFK, 40 ANS
APRES
A l'approche du
quarantième anniversaire (vu les circonstances, il
serait préférable de parler de commémoration) de
la mort de JFK, les esprits se sont à nouveau mis à
s'échauffer. La chaîne de télévision américaine
ABC par exemple a diffusé un reportage où après
avoir analysé avec les moyens technologiques les
plus modernes les différents éléments du dossier (photos,
rapports,...) ABC tire comme conclusion que Lee
Harvey Oswald était l'unique tireur. Une hypothèse
largement partagée par le frère de l'assassin
présumé. Mais quel crédit peut-on apporter aux
médias américains qui semblent avoir perdu le plus
élémentaire sens critique et paraissent totalement
muselés par les gardiens du temple gouvernemental?
En langue française,
deux ouvrages méritent qu'on s'y arrêtent : Les
nouvelles preuves de l'assassinat de J.F. Kennedy
par Caroline Lebeau et le dernier témoin
par William Reymond.
Commençons par esprit
de clocher et par galanterie par le livre de Caroline
Lebeau une jeune Liégeoise qui se présente comme
journaliste d'investigation alors qu'elle ne possède
en fait qu'un simple diplôme d'aide-comptable. Son
livre est préfacé par un certain Hugues Mondrian (alias
Hugo Nhart) un auteur prolixe qui a déjà consacré
une enquête sur le "complot" qui mis fin
à la vie de la princesse Lady Di et sur les ovnis,
un autre thème où les amateurs voient aussi des
complots un peu partout.
Comme la plupart des autres auteurs, Caroline Lebeau
affirme que John Kennedy fut la victime d'une vaste
conspiration. Caroline Lebeau y accuse George Bush
Senior d'avoir trempé dans l'assassinat du
Président. A l'appui elle publie une photo sensée
représenter George Bush à Dallas le 22 novembre
1963. Ce document (comme toutes les autres
photographies du livre) a été capturée sur
Internet et est donc de qualité médiocre. En outre,
l'éventuelle présence de G.H. Bush sur Dealey plaza
ne constitue en rien une preuve. Pour se rendre un
peu crédible, Caroline Lebeau a été jusqu'à
affirmer que durant son enquête, elle fut l'objet de
menaces et d'intimidations et qu'elle dû faire appel
à une société privée de gardiennage pour assurer
sa sécurité.
Tout cela n'a
finalement aucun intérêt.
Beaucoup mieux
charpenté est l'enquête du journaliste français
William Reymond présenté comme l'ouvrage définitif
sur la plus grande affaire du XXième siècle. Mais
est-il pour autant plus crédible?
William Reymond a passé de longues heures à
interroger un certain Billie Sol Estes, un
milliardaire ruiné et véritable escroc qui a
longtemps fréquenté le cercle financier très
fermé du parti démocrate et de Lyndon Johnson en
particulier. Estes affirme que l'assassinat de
Kennedy fut personnellement ordonné par le vice-président
Lyndon Johnson. L'exécuteur des basses-oeuvres
serait un dénommé Mac Wallace, un homme de main de
Lyndon Johnson. La seule preuve apportée par Estes
et reprise par Reymond est une cassette audio où l'on
entend un collaborateur de Johnson déclarer :"Johnson
n'aurait pas dû donner à Wallace l'ordre de tuer le
Président". Cela reste assez faible comme
argumentation. Cependant, un élément reste
troublant. En novembre 1963, une empreinte inconnue
fut retrouvée sur les cartons du cinquième étage
du dépôt de livres. Un expert affirme que cette
empreinte fut déposée au moment de l'assassinat et
qu'elle appartient sans aucun doute à Mac Wallace.
William Reymond écrit également qu'un
thanatopracteur fut employé pour camoufler les
blessures à la tête de Kennedy. Le journaliste
tente ici mollement et sans beaucoup de conviction d'apporter
une réponse à un problème qui a considérablement
irrité les chercheurs. Sur les photos de l'autopsie
de JFK, il n'existe nulle trace d'une blessure
provenant d'un tir de face. Les tenants de la
conspiration ont affirmé dès lors que le corps fut
maquillé ou plus simplement que ces photos furent
habillement truquées.
Un gros problème se pose cependant avec William
Reymond. En 1998, chez le même éditeur, il publiait
un ouvrage (Jfk,
autopsie d'un crime d'Etat) où il affirmait
déjà connaître les assassins de Kennedy : des
Cubains dont il donnait les noms. Six ans après, les
Cubains ont laissé la place à Mac Wallace dont
personne ne sait vraiment ce qu'il est devenu. Comme
pour sa relecture de l'affaire Dominici, William
Reymond manque de rigueur et la crédibilité de sa
thèse en prend un coup.
Ceux qui ont déboursé
environ 40 euros pour se procurer ces deux livres
auront la fâcheuse impression d'avoir été floués.
Pierre Salinger, l'attaché de presse de John Kennedy,
disait que : "L'assassinat de Kennedy allait
donner naissance à une véritable industrie,(...).
Certains y ont même gagné une petite fortune".
Ces propos restent d'actualité et tant pis pour la
vérité.
Même s'il ne faut pas
exlure définitivement la culpabilité de Lee Harvey
Oswald, la thèse de la conspiration reste la plus
probable. Le drame pour tous les passionnés de l'affaire
est qu'il n'existe pas la moindre preuve matérielle
venant conforter cette théorie. Les chercheurs ont
même tellement embrouillé l'affaire qu'il est
devenu quasiment impossible de démêler l'inextricable
écheveau. Beaucoup espèrent encore que la vérité
se trouve quelque part dans les archives classées Secret
défense qui ne seront accessibles que dans
plusieurs dizaines d'années. Leur déception risque
cependant d'être à la mesure des espoirs
démesurés suscités par le contenu de ces archives.
Car si réellement Kennedy fut la cible d'un complot,
on imagine mal les commanditaires laisser la moindre
trace écrite permettant de les incriminer.
L'affaire Kennedy est-elle
condamnée à rester à tout jamais un mystère?