LE SIEGE DE TOURNAI 

 

LE SIEGE DE TOURNAI

25 AVRIL- 19 JUIN 1745

 

 

VUE DE LA VILLE FORTIFIEE DE TOURNAI EN 1709

Chevau-Léger de la Maison du Roi

Le Roi de France arriva à Tournai le 8 mai 1745

Attaque française de la Porte des Sept-Fontaines

(du 30 avril au 22 mai 1745)

GALERIE DE TIR DANS LA CITADELLE

EGLISE SAINT-JACQUES

Boulet français de 12 livres encastré dans le mur extérieur

SIEGE DE LA CITADELLE DE TOURNAI

(du 1er juin au 19 juin 1745)

Tabatière offerte par le roi Louis XV à la baronne de Chin

(Musée des Arts décoratifs à Tournai)

(Le roi Louis XV prit ses quartiers au château de Chin durant le siège)

PIECE D'ARTILLERIE FRANCAISE

Ruines de murs casematés (entrée de la citadelle)

Médaille de la conquête de Tournai en 1745

Epée de fusilier français, sabre de dragon, boulets de 16, 12 et 4 livres

LE SIEGE DE TOURNAI

ETATS DE TOURNAI-TOURNAISIS

LES DEUX SIEGES DE 1745

En 1745, la ville de Tournai, protégée par son enceinte et par sa citadelle, était défendue par une garnison hollandaise de quelque 9000 hommes aux ordres du Gouverneur baron Johan Adolf Van Dorth. La ville avait un population de quelque 21.400 habitants et faisait partie des places de la Barrière, établie depuis 1714 comme rempart face à la France.

Ayant envahi les Flandres en 1744, le roi Louis XV confia au maréchal de Saxe la mission de préparer la campagne de 1745. Son choix se porta logiquement sur Tournai, constituant un verrou sur l'Escaut, favorisant l'avance française vers Gand, Bruges, Ath et Mons. Le 21 avril 1745, l'armée du maréchal de Saxe, groupant quelque 90.000 hommes entama son mouvement sur Tournai ; le 25 avril, les premiers éléments français bouclèrent la place ; le 26, le gros de l'armée française investit la place.

A. LE SIEGE DE LA VILLE

(du 25 avril au 22 mai 1745)

Sans hésiter, Van Dorth fit aussitôt incendier les faubourgs, fit mener une sortie sur Orcq qui fut aisément repoussée par le canon français. Dans la soirée du 30 avril au 1er mai 1745, la tranchée fut ouverte face à la porte des Sept-Fontaines, sur la rive gauche de l'Escaut. Le canon français ne tarda pas à se déchaîner sur les ouvrages fortifiés de la cité.

Le 8 mai 1745, le roi Louis XV et son fils le Dauphin rejoignirent le camp français établi sous Tournai ; au cours de la même journée, vers les 3 heures de l'après-midi, une dramatique explosion se produisit dans un magasin à poudre de la citadelle : nombreuses furent les victimes; la citadelle fut grandement endommagée.

Dans la soirée du 8 mai 1745, une explosion accidentelle causa la mort du colonel de Normandie, le prince de Talleyrand-Périgord et de l'ingénieur Desmazis, pertes regrettées par le maréchal de Saxe.

A l'heure de la bataille de Fontenoy, les opérations de sièges furent laissées au marquis de Brézé, à la tête de 27 bataillons et demi et 17 escadrons ; le reste de l'armée s'achemina vers le futur champ de bataille. Au cours de la bataille de Fontenoy, une timide sortie de cavaliers hollandais fut bien tentée mais sans inquiéter réellement les Français.

La défaite de Fontenoy signifia à très court terme la fin de la place. Isolée, la garnison hollandaise, et tout particulièrement, le régiment suisse de Hirtzel et le régiment écossais MacKay n'en poursuivirent pas moins la défense. Le 18 mai 1745, les Français mirent pied sur le bastion principal de la porte des Sept-Fontaines ; courageux, le colonel Daniel Aeneas Mackay y perdit la vie. Les batteries françaises ne tardèrent pas à battre en brèche le dernier rempart de la ville : le sort de la ville était réglé. Le 22 mai, le drapeau blanc fut hissé sur la muraille: Tournai se rendait. Le lendemain, 23 mai 1745, la capitulation militaire était signée.

B. LE SIEGE DE LA CITADELLE

( du 1er juin au 19 juin 1745)

La garnison hollandaise se retira dans la citadelle dévastée en attendant les ordres de La Haye pour se rendre ou poursuivre le combat dans la citadelle. Après huit jours de trêve, la décision hollandaise fut de poursuivre le combat.

Le siège de la citadelle commença le 1er juin. Malgré une défense héroïque sous des tirs des nombreux canons et mortiers français, les troupes hollandaises furent forcées de capituler le 19 juin 1745 ; pour sa défense honorable, la garnison, réduite à quelque 6500 hommes et commandée par le Baron Van Brackel, reçut les honneurs de la guerre et se retira vers Audenarde.

L'orgueilleuse citadelle était réduite à l'état de décombres.

Conquise en 1709 par le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, Tournai était redevenue française. Trois ans plus tard, toutefois, par le Traité de la paix d'Aix-la-Chapelle, en octobre 1748, la ville fut restituée à l'Autriche.

En janvier 1749, les derniers soldats français quittèrent la cité.

Le siège de Tournai et de sa citadelle avait duré 47 jours, un des plus longs de la guerre de Succession d'Autriche. Sur ordre du roi Louis XV, la cathédrale et les principaux bâtiments de la cité avaient été épargnés par les canonnades.

ALAIN TRIPNAUX

PRESIDENT DU TRICORNE