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La chenille

 

 

 

Se nourrir, telle est l' activité essentielle de la chenille.A tel point même que, dès sa sortie de l' oeuf la jeune larve dévore souvent l' enveloppe qu 'elle vient de quitter.Sans cesse elle doit manger afin d' accumuler les réserves qui lui permettront de se transformer en papillon. Papillon qui continuera à vivre sur ces réserves.Car certains papillons se nourrissent fort peu, voir pas du tout.Dans ce cas l' avenir de ces espèces dépend des réserves alimentaires accumulées par la chenille

Sans perdre de temps et armée de fortes mandibules, la larve digère aussi vite qu 'elle dévore.A ce régime elle grandit rapidement.

Exemple : des expériences au japon ont montré qu' un millier de vers à soie mangent environ 14 kg de feuilles de mûrier pendant leurs 28 jours d' existence.

 

Le corps de la chenille.

Les chenilles ont généralement un long corps cylindrique, renflé en son milieu, plus étroit à l' extrémité postérieure et aplati sur la face ventrale. Certaines familles de lépidoptères ont des larves courtes, de forme ovoïde (en forme d' oeuf).Le corps, divisé en 13 segments, porte parfois des tubercules et des touffes de poils ; certaines chenilles sont même entièrement recouvertes de poils, d' autres n' en n' ont pas du tout. Elles sont dites chenilles "glabres".

La tête, de grosseur et de forme variable, est toujours proéminente.Une matière dure, la chitine (substance organique dure, constituant principal de la cuticule des coléoptères), recouvre le corps de la chenille ainsi que du papillon et constitue une sorte de squelette externe.Tous les insectes, en effet, font partie des Invertébrés, c' est-à-dire qu 'ils sont dépourvus de colonne vertébrale et d' os.

Au bas de la tête se trouve l' appareil buccal, essentiellement constitué de puissantes mandibules destinées à broyer la nourriture.La lèvre inférieure comporte une saillie, la filière, par laquelle sort la soie. Juste au-dessus des mandibules se trouvent les yeux, au nombre de six, et disposés en arc de cercle.On les nomme ocelles.Ces "yeux simples", comme leur nom l' indique, présentent moins de complexité que les yeux "composés" de l'adulte.Shéma simplifié de la tête d' une chenille

Les segments du corps, recouverts d' une peau souple souvent ornée de tubercules et de soies de multiples couleurs, sont au nombre de treize : trois segments qui correspondent, chez l' adulte, au thorax, et dix segments abdominaux.Sur chaque côté du premier segment thoracique et des sept premiers segments abdominaux s' ouvrent les stigmates (orifices des organes de la respiration).Les segments thoraciques portent les pattes dites "écailleuses" ou vraies pattes, tandis que les troisième, quatrième, cinquième, sixième et dernier segments abdominaux portent généralement de fausses pattes dites " membraneuses" et "annales" pour celles du dernier segment. Cette curieuse distribution des pattes, vraies ou fausses, provoque, chez les chenilles des Géométridés , cette démarche en cerceau que vous avez peut-être eu l' occasion d' observer.

Chenille du géomètre du bouleau

 

Démunies de fausses pattes, à l' exception des pattes annales, elles se déplacent en ramenant la partie postérieure du corps près de la partie antérieure : d' où cette silhouette d' une grande boucle prête à se détendre.Ces chenilles sont également appelées arpenteuses comme un géomètre qui arpente , qui mesure une distance sur un terrain .

La chenille est donc un animal bien étrange : douze yeux, seize pattes et "des narines"sur tout le corps.De plus, sous la lèvre, elle possède une glande qui peut filer des mètres de soie en un instant. Comme cette végétarienne doit, en quelques semaines, multiplier son poids par 3000, on conçoit qu 'elle devienne, pendant ce laps de temps, l' un des plus terribles ravageurs de nos cultures.

 

Les moyens de défense des chenilles.

La plupart des chenilles se nourrissent de végétaux, elles ont généralement des coloris verts ou verdâtres. Certaines, cependant, sont brunes, ce qui leur permet d' imiter la couleur et même l' aspect des rameaux sur lesquels elles vivent.Pour échapper  à leurs ennemis, les chenilles des Géométridés imitent parfaitement une brindille en se cramponnant par leurs pattes annalesà une branche, le corps raide et immobile.La chenille du phalène du sureau , se donne exactement l' apparence d' un rameau de cet arbre. Certaines chenilles sont des reines de beauté par leurs couleurs éclatantes et par les dessins extraordinaires qui mettent en valeur les somptueuses fourrures dont elles sont revêtues.Mais la chair des plus belles à généralement un goût désagréable.Sans doute ces magnifiques et voyantes couleurs détournent-elles les oiseaux de ces proies tenantes, comme si un panneau invisible portait la mention : "Attention! Poison!"

Chasse les oiseaux grâce à ses couleursD' autres chenilles sont protégées par des poils urticants qui répandent une substance toxique irritante pour l' appareil digestif des oiseaux.Ceux-ci les connaissent et s' en méfient.Ces poils peuvent aussi nous causer des démangeaisons pénibles lorsqu' on les touchent

Les chenilles des Lasiocampidés et des Papilionidés dégagent, lorsqu' elles sont attaquées, une odeur nauséabonde ; en effet, des organes appelés osmeterium, situés dans le premier segment, derrière la tête, sécrètent un liquide défensif.La chenille de Papilio troilus d' Amérique du Nord, produit également un liquide désagréable à l' odorat, mais en même temps, elle découvre deux taches placées sur son thorax qui imitent des yeux avec un réalisme remarquable.

La chenille de l' écureuil , de couleur voyante, brune, noire et verte , est, elle aussi, fort habile dans l' art d' effrayer ses ennemis.En cas d' alerte, elle rejette la tête en arrière, de façon à dissimuler les trois premiers segments de son corps, puis elle relève ses segments postérieurs et agite ses fausses pattes, se donnant ainsi l' allure déroutante d' uneécrevisse.

Les chenilles de certains Lycénidés et Piéridés sécrètent une substance miellée dont les fourmis sont particulièrement friandes.Les larves en profitent pour se nourrir de ces dernières, telle la chenille de l'Arion . Un autre moyen de défense utilisé par les chenilles consiste, à la moindre menace, à se laisser tomber de la plante où elles vivent tout en restant suspendues par un fil de soie qu' elles sécrètent instantanément.Le danger passé, la chenille peut remonter aisément sur se plante nourricière.

 

Certaines chenilles sont adaptées à la vie aquatique.

Les larves de certains lépidoptères ont réussi à s' adapterà la vie aquatique : ces chenilles se développent sur des plantes qui poussent dans l'eau.La plus grande difficulté consistait à respirer sous l' eau, mais ces chenilles ont résolu le problème de trois manières différentes :

  1. Certaines espèces utilisent l' oxygène contenu dans les tissus des plantes aquatiques.
  2. D' autres ont fini par acquérir des branchies et sont devenues, tout comme les poissons, capables d' extraire l' oxygène de l' eau.
  3. Enfin, quelques espèces parviennent à s' enfermer dans une petite bulle d' air qu' elles fixent à une feuille.L'air devant être renouvelé, l' insecte remonte périodiquement à la surface de l' eau ; mais il arrive que l' oxygène contenu dans l' eau réussisse à pénétrer dans cette poche d' air, et que le gaz carbonique dégagé par le corps de l' insecte puisse s' enéchapper.

Les chenilles d' Nymphula nymphaeata de la famille des pyralidés, vivent sous les feuilles de nénuphars où elles commettent parfois d' importants ravages.Pour respirer, elles se construisent un abri en repliant un fragment de feuille qu' elles entourent d' un fil de soie.La chenille, enfermée dans une bulle d' air, profite ainsi de l' activité cellulaire de la feuille, qui fabrique de l' oxygène et absorbe le gaz carbonique dégagé par l' insecte : dans cette association, il y a un échange réciproque.On parle ici de symbiose.

 

Comment grandit une chenille.

Nous avant vu précédemment que les insectes, animaux invertébrés, ne possèdent ni os ni colonne vertébrale : leurs organes sont maintenus dans une enveloppe chitineuse, relativement rigide.Lorqu'ils grandissent, ils doivent donc changer périodiquement de "tenue" (la mue).L' animal abandonne la vieille enveloppe sous laquelle se trouve une peau de plus grande taille qui durcira peu à peu.La mue se produit généralement de quatre à cinq fois.

Après son éclosion, la jeune larve grandit pendant quelques jours, puis son enveloppe devient trop étroite.Par un fil de soie elle se fixe alors à un support quelconque et y reste ainsi quelques temps.Un jour, la peau se fend, de la tête à l' extrémité postérieure du corps, et la larve sort progressivement de son ancienne gaine. Après s' être ainsi dévêtue, elle laisse derrière elle une enveloppe parfaitement reconnaissable.De nouveaux poils remplaceront les anciens.Dans la famille des Psychidés , les femelles aptères (dépourvues d' ailes), ne quittent jamais l' enveloppe de la chrysalide. Leurs chenilles se construisent un fourreau de soie mêlée de brindilles et de feuilles (leur nourriture), d' où elles ne sortent jamais.

 

 

 

 

La chenille secrète un fil de soie.

Une chenille sécrète presque continuellement un fil de soie.Le liquide sort par deux conduits qui se rejoignent dans la filière d' où il est expulsé. Derrière la filière se trouvent deux glandes qui sécrètent une matière gluante destinée à coller les deux fils au fur et à mesure de leur expulsion ; cette substance, extrêmement résistante, se solidifie rapidement à l'air.Nous avons déjà vu que les chenilles échappent souvent à leurs ennemis en se laissant tomber d' une feuille grâce à un fil de soie sécrété instantanément. Elles peuvent également se déplacer sur des surfaces glissantes : en se balançant la tête pendant que se déploie le fil, la chenille tisse une sorte d' échelle qui lui permet de continuer sa progression.

Nid de chenillesLes glandes de certaines chenilles sécrètent des liquides défensifs, tel que l' acide formique (même acide que celui des fourmis), qui peuvent également jouer un rôle dans la production de la soie.Cet acide rend la soie adhésive, ce qui permet à la larve d' édifier des constructions et des nids beaucoup plus solides.D'autres chenilles, celles des processionnaires du pin par exemple, qui vivent en société, laissent sur leur passage un sillage de fils de soie qui les guide vers leur nid, au retour de leur expédition en file indienne.

 

 

 

La nourriture des chenilles.

Se nourrir, étant l' activité principale de la chenille, attardons nous sur ce phénomène.Cet insecte dévore en effet d' incroyables quantités de nourriture.La plupart des chenilles se nourrissent de végétaux, surtout de plantes à fleurs, mais certaines s' attaquent aux mousses, aux fougères et même aux champignons. Quelques rares espèces, carnivores, vivent aux dépens d' autres insectes.Si les chenilles se nourrissent généralement de plantes vivantes, il existe cependant des espèces qui consomment des matières animales ou végétales en décomposition.Ces dernières appartiennent pour la plupart à la famille des Teignes .

Certaines espèces ne se nourrissent que d' une seule espèce végétale.La larve du Sylvain azuré ( papillon - chenille) , par exemple, n' apprécie que le chèvrefeuille. Celle du Monarque Américain ( chenille - papillon ), au contraire, mange indifféremment des plantes d' espèces voisines, mais ce sont toujours des herbes à sève laiteuse.La chenille du Disparate, vit à la fois sur les arbres des vergers et des forêts. Celle des noctuelles s' attaqueà presque toutes les plantes des jardins.Les chenilles savent donc reconnaître sans erreur la plante qui leur convient.

Ce sont sans doute les huiles essentielles des plantes qui déterminent le choix des insectes. CertainsPapilionidae , qui se nourrissent de rue (rutaceae) , vivent aussi sur les ombellifères (carotte ou fenouil), qui possèdent des huiles identiques, mais n' ont aucune parenté avec la rue.Les chenilles des Pieridae se comportent pareillement et dévorent n' importe quel végétal si on imprègne sa nourriture d' huile de moutarde.

Les chenilles épargnent bien peu de végétaux. Certaines même ne craignent pas de s' attaquer aux plantes vénéneuses.La chenille du Cul-noir , ou Nonne, vit sur l' if vénéneux, tandis que la grosse chenille du Sphinx tête de mort apprécie particulièrement la Belladone ; d' autres encore vivent sur le Sumac vénéneux.

Parfois, le végétal réagit à la présence d' une larve en formant une excroissance appelée gale .Ainsi, sur la verge d' or , on peut apercevoir des galles, de forme ovale, provoquées par la chenille d' un papillon qui porte le nom compliqué de Gnorimoschema gallaesolidaginis.Ce nom original recouvre une histoire fort curieuse.Les oeufs de ce papillon éclosent au printemps. Aussitôt les larves commencent à creuser la tige. Celle-ci gonfle et il se forme, à l' intérieur, des galles dans lesquelles les chenilles vivront en se nourrissant des tissus végétaux.Au moment de se transformer en chrysalide, la chenille perce une petite ouverture par laquelle pourra sortir le papillon, puis elle rebouche ce trou si parfaitement qu' il est impossible de l' ouvrir de l'extérieur.Ainsi protégée, elle peut alors se métamorphoser dans la gale dont elle a évidé tout l' intérieur pour se nourrir.Au moment de son éclosion, il suffira à l' adulte de repousser le bouchon pour sortir de son abri.

Tout cela pour vous dire que cette histoire illustre le degré de perfection que peut atteindre l' instinct de conservation de l' espèce chez les insectes.La chenille, qui n' est jamais sortie de la gale, n' en prépare pas moins la fenêtre par laquelle s' envolera le papillon!

La croissance de la chenille achevée, le moment est arrivé pour elle de subir une nouvelle transformation, la nymphose.Dans la vie des lépidoptères, cette aventure précède la naissance du papillon.

 

Cliquez sur la photo pour suivre l' évolution de la chrysalide

 

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