SAINT GEORGES

 

 

O ! Saint-Georges

O ! Saint Georges, Patron des cavaliers hardis
Paladin de seize ans, héros terrible et juste,
Toi, qui lanc' au poing sur ton cheval robuste
Veilles cuirassé d'or au seuil du paradis.
 

Puissions-nous, chênes verts frappés par la cognée

Mourir, mourir resplendissant sous un soleil vermeil.

Heureux le cavalier qui dort son fier sommeil

Sur l'herbe verte un soir de bataille gagnée.
 

Et Saint Georges, Patron des cavaliers hardis

Paladin de seize ans, héros terrible et juste

Tenant la lance au poing sur son cheval robuste

Et tout cuirassé d'or l'accueille au paradis.

 

Depuis des temps très reculés, les cavaliers qui se respectent, imprégnés des valeurs séculaires de leurs prédécesseurs chevaliers sans peur et sans reproche vouent un culte à saint Georges, saint patron prestigieux, capable de la plus noble bravoure, cavalcadant dans l'imaginaire de chacun sur un magnifique cheval blanc, pour, faisant fi des dangers, s'en aller délivrer la princesse captive des griffes du dragon affamé.

Qu'il soit ou non apparu à Antioches en 1098 pour aider les Croisés à donner une raclée aux Sarrasins ou à Mons en 1914 afin de permettre aux Britanniques d'infliger de nombreuses pertes aux Allemands, cela a peu d'importance. Y croire et le colporter suffit à montrer la persistance d'une croyance mythique qui peut donner des ailes aux plus réservés et de la témérité aux plus découragés rehaussant d'éclat et de panache leurs faits d'armes autrement ignorés.

Qui était donc saint Georges ? De ce que l'on sait avec une quasi certitude, c'est que Georges a réellement existé dans la peau d'un officier de Cavalerie affecté comme tribun à une légion romaine. Il serait né en Cappadoce (actuelle Turquie) de parents chrétiens au 3e siècle après Jésus-Christ - période où il ne faisait pas trop bon d'afficher son penchant pour la nouvelle religion - et mourut semble-t-il victime des persécutions anti-chrétiens organisées de main de maître par l'Empereur Dioclétien. Son martyre ne fut pas des plus sobres et comprit de nombreux supplices : il fut brûlé, ébouillanté, broyé sur une roue et finalement, toujours vivant, décapité ! Tout cela fut relaté de manière apocryphes par Pasicrates au 6ème siècle.

C'est sans doute sa superbe résistance aux supplices qui lui valu d'être accueilli dans la grande famille des saints chrétiens dont les vies exemplaires ont été transcrites avec moult détails pour l'Occident chrétien dès le 13ème siècle par Jacques de Voragine dans sa poétique et apologétique Légende dorée dont je ne résiste pas de vous soumettre quelques extraits :

 

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Georges, tribun, naquit en Cappadoce, et vint, en Libye, dans la ville qu'on appelle Silène, près de laquelle était un étang où habitait un monstre qui maintes fois avait fait reculer le peuple armé venu pour le détruire ; il s'approchait même jusqu'aux murs de la cité et de son souffle tuait tout ce qu'il trouvait.

 

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 Pour éviter de semblables visites, on lui donnait tous les jours deux brebis pour apaiser sa voracité. Si l'on y manquait, il assaillait tellement les murs de la ville, que son souffle empoisonné infectait l'air, et que beaucoup d'habitants en mouraient. On lui fournit tant de brebis qu'elles devinrent très rares, et qu'on ne pouvait plus s'en procurer la grande quantité nécessaire ; alors les citoyens tinrent conseil, et il fut décidé qu'on livrerait chaque jour un homme et une bête ; si bien qu'à la fin on donna les enfants, filles ou garçons, de manière que personne ne fût épargné. Et le sort désigna un jour la fille du roi pour ce sacrifice. Le monarque épouvanté offrit en échange son or, son argent et la moitié de son royaume, pour qu'on sauvât sa fille de ce genre si cruel de mort.

 

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Mais le peuple s'échauffa et dit au roi que puisque l'édit qu'il avait promulgué avait détruit tous les enfants, sa propre fille ne devait point faire exception. On le menaça, en cas de refus, de le brûler lui et son palais. Le roi se mit alors à pleurer, et il gémit du triste sort de sa fille, et, s'adressant au peuple, il lui demanda et obtint un délai de huit jours pour pleurer sa fille. Au bout de ce temps, le peuple revint au palais et il dit : « Pourquoi perds-tu ton peuple pour ta fille ? Nous mourons tous par le souffle de ce monstre. » Le roi vit bien qu'il fallait se résoudre au sacrifice. Il fit couvrir sa fille de vêtements royaux, l'embrassa et lui dit : « Hélas ! Chère fille, je croyais me voir renaître dans tes nobles enfants ; j'espérais inviter mes princes à tes noces, te voir ornée de vêtements royaux, et accompagnée de flûtes, de tambourins et d'instruments de musique de tout genre ; et tu vas être dévorée par le monstre ! Pourquoi ne suis-je pas mort avant que tu périsses ainsi ? » Alors elle tomba aux pieds de son père et lui demanda sa bénédiction. Il la lui donna en pleurant, et la serra tendrement dans ses bras ; puis elle s'en alla vers le lac. Georges qui passait par là, vit qu'elle pleurait, et lui demanda ce qu'elle avait ; et elle lui répondit : « Bon jeune homme, monte bien vite à cheval et hâte-toi de fuir, afin que tu ne périsses pas avec moi. » Et Georges lui dit : « Ne crains rien, et dis-moi ce que tu attends ici, et pourquoi tout ce peuple nous regarde. » Et elle répliqua : « Je vois que tu as un cœur noble et grand ; mais hâte-toi de partir. » Georges répartit : « Je ne partirai que lorsque tu m'auras appris ce que tu as. » Lorsqu'elle l'eut instruit de tout, Georges ajouta : « Ne crains pas, je t'aiderai au nom de Jésus-Christ. - Brave chevalier, reprit-elle, ne cherche point à mourir avec moi ; il suffit que seule je périsse, car tu ne pourras ni m'aider, ni me délivrer, et tu succomberais avec moi. » Dans ce moment, le monstre sortit de l'eau. Alors la vierge dit en tremblant : « Fuis au plus vite, chevalier. »

 

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 Pour toute réponse, Georges monta sur son cheval, fit le signe de la croix, s'avança au-devant du monstre en se recommandant à Jésus-Christ, et le chargea intrépidement. Il brandit sa lance avec une telle force, qu'il le traversa et le jeta par terre. Alors, s'adressant à la fille du roi, il lui dit de passer sa ceinture autour du cou du monstre et de ne le redouter en rien.

 

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Quand ce fut fait, le monstre la suivit comme le chien le plus doux. Lorsqu'ils l'eurent conduit dans la ville, le peuple s'enfuit sur les montagnes et sur les collines, en s'écriant que tout le monde allait périr. Mais Georges les retint en leur disant de ne rien craindre ; que le Seigneur l'avait envoyé pour les délivrer de ce monstre. Et il dit : « Croyez seulement en Dieu, et que chacun de vous soit baptisé, et je tuerai ce monstre».  Alors le roi et tout son peuple furent baptisés ; ensuite Georges tira son glaive et abattit la tête du monstre ; selon ses ordres, quatre paires de bœufs le transportèrent hors de la ville.

 

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Ce jour-là, vingt mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, furent baptisés. En l'honneur de la Vierge Marie et de saint Georges, le roi fit construire une église d'une étendue considérable, de l'autel de laquelle il coule une source qui guérit tous les malades qui boivent de son eau.

 

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Le roi offrit d'immenses richesses à Georges ; mais il les refusa, et il les fit distribuer aux pauvres. Georges instruisit le roi de quatre devoirs à remplir : d'avoir soin des églises de Dieu, d'honorer les prêtres, d'assister toujours dévotement au service divin, et d'être constamment charitable envers les pauvres, et ayant embrassé le roi, il partit de ces lieux.

 

Différentes iconographies de St Georges

Saint Georges et le dragon

 

Saint Georges est toujours représenté jeune et imberbe, en armure de chevalier, soit à pied, soit à cheval. Il porte souvent des cheveux longs et bouclés. Comme attributs, il arbore généralement une lance, souvent cassée, ou une épée nue, mais aussi un écu et/ou une bannière timbrée d'une croix de gueule sur champ d'argent (= rouge sur fond blanc). Son cheval blanc est le cheval sacré des Mazdéens et sa bannière sera la base du drapeau anglais.

Adopté par les Croisés, saint Georges fut également choisi comme saint patron par les républiques de Gênes et de Venise en Italie et par Barcelone en Espagne. Il est le saint protecteur de l'Angleterre et patron dès lors de l'Ordre de la Jarretière institué en 1349 par Edouard III.

Saint militaire par excellence et cavalier de surcroît, il est le patron des chevaliers et des cavaliers, mais aussi des archers et des arbalétriers, ainsi que de trois corporations d'artisans mettant leur savoir-faire au service des cavaliers et des combattants, les selliers, les armuriers et les plumassiers ou fabricants de plumets qui confectionnaient jadis les grands panaches de casques de bataille ou de tournoi, comme celui que Saint Georges porte à son cimier y compris sur le pin de l'Arme Cavalerie blindée.

La Russie des tsars choisira, elle aussi, saint Georges pour représenter et récompenser la notion de mérite au plus haut niveau et l'Ordre militaire de Saint-Georges de Russie récompensera de nombreux actes de bravoures. Créé par Catherine la Grande en 1769, il sera supprimé par Lénine en 1917, mais son prestige social permanent le fera réhabiliter en 2000 par le Président de la Fédération de Russie. 104 Belges appartenant au corps des autos-canons-mitrailleuses belges envoyés en Russie en 1915 et incorporé à l'Armée russe se verront attribuer croix ou médailles de Saint-Georges pour la bravoure dont ils firent preuve depuis l'offensive au printemps 1916.

A la lecture de sa légende, on comprend mieux pourquoi chevaliers et cavaliers s'entichèrent de Saint Georges. Les qualités dont il témoigne sont, pour nous tous, une source de réflexion et un exemple à suivre. Le fameux Esprit Cavalier dont on se targue dans de nombreuses armées occidentales n'est rien d'autre qu'un amalgame de ces valeurs dont les noms rappellent les notes métalliques des sonneries de cavalerie sur les champs de batailles des siècles passés.

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