LES ORIGINES

C'est avec fierté et un brin de forfanterie que les Lanciers du 3ème Régiment arborent une cuirasse sur leur béret et un casque à chenille sur leur poitrine. Mais ces éléments rappellent leurs origines lointaines et leur histoire ...

Insigne de poche Insigne de béret Casque à chenille

                   

Cette histoire commence au moment où Napoléon 1er, vaincu à Leipzig en octobre 1813, contraint de se   replier derrière le Rhin et, ensuite, incapable d'empêcher l'invasion de la France par les membres de la 6ème coalition, est obligé d'abdiquer.

Ceci amena les nationaux belges à prendre conscience d'eux-mêmes et du sort peu enviable de nation asservie.

Le rôle de juristes belges défendant à Vienne et à Londres l'idée d'une Belgique indépendante, est bien connu pour être à la base du "Gouvernement Général" organisé dès janviers 1914.

Dès février 1814, les Alliés chargèrent le baron de Vincent, Lieutenant-général au service de l'Empereur d'Autriche, du gouvernement de nos provinces.

"Colonel Propriétaire" en 1806 des Dragons de Latour, il connaissait la mentalité des Corps nationaux et c'est dans cet esprit qu'il allait former l'embryon d'Armée belge, créé par l'arrêté du 4 mars 1814.

 

Général Baron de Vincent

Respectivement, étaient d'abords levés les régiments de "Cheveau-légers Van der Burch" et les "Hussards de Croy".

Le 7 septembre 1814, un nouvel arrêté autorisait la levée d'un Régiment de "Carabiniers Belges" ancêtres du 3e Lanciers, portant ainsi à trois le nombre de Corps de Cavalerie.

Constitué sous les ordres du Colonel Baron de Knijf de Gontreuil, le Régiment s'installe à la Caserne des Annonciades, à Bruxelles.

La plupart de ces cavaliers s'étaient illustrés sous les Aigles Impériales Napoléoniennes et couverts de gloire sur tous les champs de bataille de l'Europe.

 

Tenues des Carabiniers n°2 entre 1814 et 1816

    L'uniforme de cavalerie lourde des carabiniers est particulièrement seyant. L'habit veste bleu de roi arbore un plastron, des épaulettes et des distinctives écarlates. La culotte de peau blanche ou le pantalon de cheval gris sont rehaussés par des bottes montantes à l'écuyère. Le casque de fer, à cimier de laiton et frappé d'une tête de lion, est surmonté d'une chenille noire et d'un plumet droit en plumes blanches. L'armement se compose du long sabre droit de grosse cavalerie, du mousqueton

Mousqueton Pistolet

et de pistolets. Suivant les usages de l'époque, les trompettes doivent être identifiés de loin; aussi portent-ils les couleurs inversées, en particulier un habit écarlate distingué de bleu, ainsi qu'une chenille blanche et un plumet écarlate.

 

A l'issue du Traité de Paris du 30 mai 1814 qui fixe les frontières de la France après la défaite de Napoléon Ier, la Hollande est déclarée État libre et indépendant. Les anciens territoires des Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège passent à la couronne d'Orange-Nassau. Le 31 juillet, Guillaume d'Orange entre à Bruxelles. En août, les régiments de la Légion Belge passent tous à l'armée du Royaume des Pays-Bas, où nos carabiniers sont connus comme "Zuid Nederlandsche Carabiniers", et en prennent l'organisation, soit, pour la cavalerie, un état-major, quatre escadrons de guerre de deux compagnies et une compagnie de dépôt, en tout un millier d'hommes.

Au printemps de 1815, lorsque Napoléon revient de l'île d'Elbe et reprend le pouvoir en France, se forme une septième coalition groupant le Royaume-Uni, la Russie, la Prusse, la Suède, l'Autriche, les Pays-Bas et un certain nombre d'Etats allemends. L'armée des Pays-Bas se met sur pied de guerre à partir du 25 mars; nos carabiniers quittent Bruxelles le 4 avril, bivouaquent le 12 à Braine le Château et Wauthier-Braine, puis à Bauffre, Lens et Jurbise à partir du 4 juin, à Goegnies dès le 10 juin, à Nivelles et Arquennes le 16 et, enfin, à Mont Saint-Jean le 17.

 

Entre-temps, pour une raison de commodité, les régiments de cavalerie belgo néerlandais prennent, le 5 mai, une numérotation unique imposée par le Ministre de la Guerre. Nos carabiniers, commandés depuis le 3 avril par le Colonel Debruyn de Basisque, seront désormais connus comme "Régiment de Carabiniers No 2" et constituent, avec leurs confrères néerlandais No 1 et No 3, la Brigade de Grosse Cavalerie du Général Major Trip van Zoudtland.

 

Parmi les neuf régiments que compte à ce moment la cavalerie des Pays-Bas, sept, dont les trois belges, sont engagés durant cette campagne; au sein de la division de cavalerie, les deux autres brigades sont de cavalerie légère, à deux régiments. Le recrutement n'étant pas encore achevé, les effectifs de plusieurs régiments atteignent à peine la moitié du nombre prévu. C'est le cas au Carabiniers No 2 qui est néanmoins considéré, à juste titre, comme un régiment d'élite : La plupart des cavaliers sortent des rangs de l'armée française et presque tous les officiers ont fait les grandes guerres du Premier Empire et arborent la Légion d’honneur.

 

WATERLOO

 

 

 Le 18 juin vers midi, au début de la bataille, la brigade de carabiniers se trouve en réserve derrière la cavalerie de Somerset; vers 13 heures 30, celles-ci contre-attaque l'infanterie française et les carabiniers doivent s'avancer pour appuyer l'infanterie de Wellington.  A 15 heures, formés sur deux rangs ils sont à hauteur de la cavalerie de Dornberg.

 

  A 16 heures, Ney lance sa première charge avec les cuirassiers de Milhaud; la brigade Trip contre charge et les carabiniers repoussent les 7ème et 12ème Cuirassiers français.

 

Le 2e Carabiniers charge les Cuirassiers français à Waterloo.

Collection Musée Royal de l'Armée.

Carabinier belge à Waterloo

 

Ney lance rapidement une deuxième charge de cuirassiers, accompagnés des lanciers et chasseurs à cheval de la Garde; deux brigades de cavalerie belgo néerlandaise contre-attaquent aussitôt et les carabiniers repoussent cette fois les 1er, 4ème, 5ème et 10ème Cuirassiers.

 

  A 17 heures, Ney lance sa troisième charge avec les débris des premières, la cavalerie de Kellermann, ainsi que les Grenadiers à Cheval et Dragons de la Garde; Accompagnés cette fois de l'autre brigade de cavalerie légère, les carabiniers se ruent sur les lanciers et chasseurs à cheval de la Garde.

 

A l'issue de cette troisième action, le Prince d'Orange, fils du Roi des Pays-Bas, se porte au galop vers le Colonel de Bruyn et s'écrie : "Reprenez vos places, braves carabiniers, vous en avez assez fait aujourd'hui".

Le Colonel de Bruyn

 

  L'ultime charge de Ney, menée par les 1er et 2ème Carabiniers français, viendra se rompre sur les carrés de Wellington et la cavalerie qui les appuie. A 19 heures, le Général Major Trip remplace le Lieutenant Général Baron de Collaert, son commandant de division blessé, et le Colonel de Bruyn reprend le commandement de la brigade lourde, renforcée du 5ème Dragons Légers.

Après avoir soutenu la cavalerie de Vivian et Vandeleur et, à l'issue de l'attaque manquée de la Garde de Napoléon, les carabiniers participent à la poursuite de l'armée française et s'arrêtent, tard dans la nuit, près de Genappe, 10 kilomètres au sud du champ de bataille.

 

  Sur 399 carabiniers présents le matin du 18 juin, 88 tués et 66 blessés ou disparus manquent à l'appel suivant; l'ensemble de la brigade se verra octroyer 79 croix de l’ordre Militaire de Guillaume pour sa conduite à Waterloo.

Croix de l'ordre militaire de Guillaume Ier

  Après la bataille de Waterloo, le 2ème Régiment de Carabiniers marcha sur Paris, et finit ainsi la campagne de 1815. Il retourna à la caserne à Bruxelles en décembre 1815.

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