En vérité notre
régiment, était une communauté d'hommes et de femmes qui
réagissaient aux mêmes valeurs, aux mêmes codes et chez laquelle on
trouvait de la solidarité, de la fraternité, de l'amitié.
C'était un petit
univers où tout le monde se parlait, se reconnaissait. Un endroit où
il était interdit de laisser quelqu'un en arrière. Un endroit où les
relations étaient franches.
C'est aussi un
endroit où il fallait beaucoup travailler, très souvent se dépasser, aimer
et souffrir et toujours tenter d'approcher l'excellence.
On y riait parce
qu'il y avait de l'humour, on y pleurait aussi car les fautes et les
échecs s'ils pouvaient être parfois pardonnés étaient toujours
sanctionnés.
Les médiocres étaient écartés et le manque
d'enthousiasme était condamné.
On se disait les
choses sans détours et la camaraderie faisait le reste.
Nos familles
étaient impliquées dans notre vie de blindés et vivaient au rythme
de nos joies et de nos peines.
Nous saluions
avec respect les trois couleurs de notre drapeau, nous nous
redressions pour la Brabançonne, respections une foule de valeurs
qui pour d'autres ne semblaient plus vouloir rien dire.
Nous aimions nos
hommes qui nous le rendaient bien.