GP LEGER 1 DA 

  

Le 10 septembre 1917, les cavaleries divisionnaires sont profondément modifiées; Le régiment se scinde en ses deux groupes qui prennent, en janvier 1918, le nom de Groupement Léger. L'état-major et le 1er Groupe (1er, 2ème escadrons) constituent désormais le Groupement Léger de la 1ere Division d'Armée (1DA), formée par les 1ère et 7ème Divisions d'Infanterie. Le 2ème Groupe (3ème, 4ème escadrons) est rattaché à la 2ème Division d'Armée (2DA).

 

  Considéré comme troupe d'élite par le Lieutenant Général Bernheim, commandant la 1DA, le Groupement Léger 1DA est affecté successivement à la garde de la ferme Montmirail, puis à son avant-poste de Craonne, points délicats dans le secteur de Steenstraete. Une attaque allemande sur Craonne le 6 septembre, coûte au Groupement Léger 1DA un tué, deux blessés et dix-sept disparus; Mais les objectifs conquis par les Allemands sont repris le jour même.

 

  Le 27 septembre 1918, le Groupement Léger 1DA remonte à cheval, participe à la première offensive des Flandres et atteint les abords de Handzaeme et Amsvelde où l'avance est bloquée par des tirs nourris de mitrailleuses allemandes. Bilan de la journée : un officier tué et plusieurs cavaliers blessés.

 

  Le 14 octobre débute la deuxième offensive des Flandres; le Groupement Léger 1DA, aux ordres du 8ème de Ligne, atteint le même jour Huilaert-Molen et, le 16, la route Ostende-Torhout. Le 17, aux ordres du 10ème de Ligne, il pousse jusqu'à Oostkamp, aux portes de Bruges; le 19, le canal Gand Bruges est atteint.

 

  Le 20, remis aux ordres du 8ème de Ligne, il se heurte, à Hansbeek, à une forte résistance ennemie sur le canal de dérivation de la Lys. Le bilan de ces quelques jours de combat est lourd : quatorze tués et quarante-quatre blessés dont deux officiers. A partir du 30 octobre, le Groupement se trouve à la frontière hollando belge.

 

 

  Le Groupement Léger 2DA participe également à la deuxième offensive des Flandres.   Le 15, après avoir franchi le canal de Handzaeme, il atteint la région de Beerst, Keyem et Couckelaere.  Le 17, le Groupement est réparti entre les 7ème (3ème escadron) et 8ème Division d'Infanterie (4ème escadron + 2 automitrailleuses); jusqu'au 11 novembre, date de l'Armistice, il ne cesse d'éclairer la marche des colonnes d'infanterie.

 

  Le bilan final de ces quatre années de guerre est de 113 morts sur un effectif initial de 541 officiers, sous-officiers et hommes du rang, soit plus de 20%; ce nombre n'inclut pas les nombreux blessés et disparus qu'il faut aussi déplorer.

 

ENTRE DEUX GUERRES

 

  Après l'Armistice, le retour au pied de paix prend un certain temps; De plus, notre armée subit plusieurs réorganisations et réductions successives qui se prolongent durant vingt ans; Finalement, en 1940, notre cavalerie ne dispose plus que de six régiments motorisés d'active répartis entre deux divisions de cavalerie et deux régiments de Cavaliers Portés.

 

  En décembre 1919, les Groupements Légers retrouvent des appellations traditionnelles. Celui de la 1ere Division d'Armée redevient le 3ème Régiment de Lanciers; il retrouve sa garnison de Bruges et participe à l'occupation de la Rhénanie en 1919 et 1923. A la 2ème Division d'Armée, le Groupement Léger devient officiellement 3ème Régiment de Chasseurs à Cheval et prend garnison à Anvers.

   Jusqu'en 1926, seul le 1er Groupe dispose de ses effectifs complets; le restant du régiment est composé essentiellement de cadres, la troupe devant être puisée dans la réserve, et les chevaux réquisitionnés. En décembre de la même année, le 3ème de Lanciers passe à la 1ere Division de Cavalerie et déménage, initialement vers Anvers, puis en 1929 vers Brasschaat; 

Caserne 3e Lanciers à Brasschaat Écuries 3e Lanciers à Brasschaat

   L'organisation prévoit six escadrons, dont deux de mitrailleurs, répartis en deux groupes identiques, préfigurant ainsi ce que sera le régiment en 1940. 

 
Le Lieutenant Boussemaere, avec son peloton à Anvers en 1934 Sous-Officier du 3e Lanciers en 1930 Quelques 3ème Lanciers en 1932

3e Lanciers - classe 1931-1er escadron

MOTORISATION

  Les années 30 voient naître une querelle au sein de l'armée belge concernant le rôle de la cavalerie et son remplacement par des motos et engins à moteur.
La décision de motorisé l'armée est prise en 1937. Les motos seront réalisées par 3 constructeurs belges ; FN - GILLET et SAROLEA.

FN Gillet Saroléa

 

Il y a 4 corps de cavalerie à motorises dans les plus brefs délais.
La presse annonce le 5 décembre 1937 que la suppression complète des chevaux de cavalerie sera effective pour le 15 mars 1938.

Voici l'ordre de motorisation des différents groupes :
- 15 janvier 1938 pour les 1er Guides et 2ème Chasseurs à Cheval
- 15 février 1938 pour les 1er et 3ème Lanciers
- 15 mars 1938 pour les 1er Chasseurs à cheval et le 2ème Lancier

Les nouvelles unités motocyclistes sont dotées du casque M.38 réalisé dans une bombe en liège et recouverte de toile cirée brun/kaki. L'insigne frontal est la tête de lion du casque modèle 31. Coiffe intérieure en cuir brun avec protège-nuque et protège-oreilles, jugulaire en cuir noir. le poids du casque est de 600 grammes.

D'autres unités en seront également dotés, dont les Chasseurs Ardennais et la Gendarmerie. Le modèle gendarmerie est recouvert dune toile cirée noire.

Casque modèle M38 de 1938
 

  La réussite de toute cette opération technique et la grande qualification opérationnelle, acquise par nos Lanciers en 1940, repose en très grande partie sur l'action motivante d'un Chef de Corps très apprécié, le Colonel Matthieu; investi du commandement en septembre 1934, il ne quitte ce poste qu'en décembre 1939, atteint par la limite d'âge! 

 

 La devise régimentaire

"COMME A ORSMAEL JE TIENS"

et les têtes de mort peintes sur les véhicules datent de cette période.

Depuis 1937, les véhicules du 3ème Lanciers arborent de part et d'autre une tête de mort, regardant vers l'avant, en souvenir des Hussards allemands dont on brisa l'élan à Orsmael-Gussenhoven

  

A ce moment, tous les régiments motorisés de cavalerie sont articulés en deux groupes identiques de trois escadrons et un escadrons de dix auto-blindées (AB); celui-ci est équipé de T15, armés d'une mitrailleuse Hotchkiss de 13,2mm, et de T13 armés d'un canon de 4,7cm et d'une mitrailleuse FN de 7,65mm. Dans chaque groupe, les deux premiers escadrons sont montés sur moto solo ou side-car et le troisième, appelé ''Escadron Engins'', se compose de deux pelotons de mitrailleurs et d'un peloton de canons de 4,7cm tractés.

         

 

 Tank T13

          

Le T13, est  un petit canon monté dans une semi - tourelle à révolution totale posée sur un châssis de tracteur blindé Vickers-Carden Loyd Type III sur chenilles. Le  canon  de 47 mm FRC monté dans la tourelle pouvait percer  n'importe quel blindage de l'époque. Le tir pouvait s'effectuer sur 360 ° de rotation. La protection  est dérisoire, blindage  très  léger ( 9mm ), la tourelle est ouverte sur l'arrière, le T13 est plutôt conçu  comme  arme  défensive, mais les  circonstances vont faire qu'il sera employé comme char de combat.

Le fusil mitrailleur FN Browning modèle 1930, calibre 7,65 mm était complémentaire et placé à droite du canon.

La réserve d'obus était composée de 69 obus explosifs et 69 obus perforants.

Fiche technique Char léger Vickers T13
Armement 1 x canon 47mm FRC AT

1x 7,65mm FN 30 MG

Poids 4500 kg
Moteur Meadows, 6 cyl., 88 CV
Vitesse 57 km/h
Autonomie 200 hm
Blindage +/- 9mm
Année de construction 1937-1940
Equipage 03 hommes

 

Tank T15

            

Ce véhicule, fabriqué en Angleterre sous l'appellation Vickers-Carden-Loyd M1934, fut livré à la Belgique en 42 exemplaires. Ils furent uniquement utilisés par la Cavalerie (six à l'Escadron AB de chaque régiment) et par les Chasseurs Ardennais (trois à la 10e Compagnie de chaque régiment de la 1e Division de Chasseurs Ardennais).
Officiellement désigné «AB/Mi» (Auto-Blindée/Mitrailleuse), ce véhicule était en fait un véritable char léger de reconnaissance.

Fiche technique Char léger Vickers T15 (AB/Mi)
Armement: 1 mitrailleuse Hotchkiss de 13,2 mm
Poids: 3,8 T.
Longueur: 3,63 m
Largeur: 1,89 m
Hauteur: 1,90 m
Equipage:  2
Blindage: 4-9 mm (maximum)
Moteur: Meadows, 6 cyl., 90 CV/PK
Autonomie : 200 km
Vitesse: 65 km/h

 

Casque et veste porté dans les véhicules blindés

de cette époque

 

Tracteur Vickers-Garden Loyd  et Canon anti-char FRC de 4,7 cm

   

 

Armement :

Poids :

Longueur :

Hauteur :

Largeur :

Equipage :

Blindage :

Moteur :

Vitesse :

 

sans

1,96 T

2,42 m

1,63 m

1,63 m

1 à 3 hommes

6 mm

Ford 4 cylindres, 52 ch

32 km/h

 

Canon antichar FRC C47 M31 de 47mm et ses munitions

C’était le canon antichar standard de l’armée belge. Il était produit par la F.R.C. (Fonderie Royale de Canons, Liège). Environ 750 exemplaires étaient en service en mai 1940. Il pouvait tirer des obus explosifs et des obus brisants (perforants).

Le même canon équipait les bunkers antichar belges et ainsi que les chenillettes T13 (B1/B2/B3).
C’était un bon canon antichar, capable de neutraliser à 600 mètres n’importe quel type de char allemand de 1940, pour autant que l’angle d’impact fut bon. Certains vétérans qui l’ont utilisé affirment que l’obus brisant pouvait pénétrer un PzKW IV de 1940 d’un côté et en ressortir de l’autre.

Cadence de tir : 5 coups/min.
Ses principales faiblesses étaient le temps nécessaire pour dépêcher le canon (pas très pratique lorsqu’il est nécessaire de  changer de position sous le feu ennemi) et son système de visée optique fragile.
Un exemplaire est exposé au Musée Royal de l’Armée à Bruxelles.

Miniature du tracteur et du canon

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