CAMPAGNE 1940

LA DRÔLE DE GUERRE 

A la suite de la défaite allemande à la fin de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne connut un régime démocratique sous le nom de République de Weimar (1919).

Cette république fédérale était dirigée par le Reichstag et un président.

Combattu sans cesse par les partis d’opposition, le gouvernement républicain s’épuisa en réformes vaines et ne parvint pas à redresser la situation économique très précaire dans laquelle se trouvait le pays:

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 La chute du mark était vertigineuse

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 Le commerce et l’industrie languissaient

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 La jeunesse allemande, qui ne demandait qu’à travailler, ne voyait autour d’elle que misère et impuissance réorganisatrice.

 

La république de Weimar était bel et bien condamnée ! En ces temps de désarroi, il fallait au peuple allemand une autorité impérieuse, un homme d’énergie qui tiendrait compte des aspirations de tous et qui saurait entraîner la nation derrière lui. Or, un parti dissident venait de naître et allait donner ce chef omnipotent, attendu comme un messie par la majorité des Allemands ...

 

Une politique frileuse des grandes puissances qui se sont gardées d'intervenir a amené un homme au pouvoir absolu en Allemagne;
Adolph Hitler dont la mégalomanie et le désir de conquête conduira à la seconde guerre mondiale.
Brillant orateur et propagandiste hors pair, son très fort charisme lui permet de mobiliser rapidement un nombre croissant de partisans.
Grand manipulateur de l'opinion publique il tirera profit de l'utilisation massive des médias de l'époque et de son image de marque, particulièrement du graphisme de son drapeau nazi.

Mais qui est Adolf Hitler ?

Adolf Hitler est né en Autriche en 1889. Fils d’un douanier, il entame des études d’architecte mais exerce, dès l’âge de 18 ans, des petits métiers dont celui de peintre en bâtiments.

Blessé au cours de la Première Guerre mondiale, il la termina avec le grade de caporal.

En 1919, pauvre et désœuvré, Hitler fonde le parti national-socialiste avec le concours de 6 Bavarois. Peu à peu, il se découvre des talents d’orateur ; sa voix persuasive, sa fougue et son entrain lui valent rapidement une grande renommée.

Arrêté et emprisonné en 1923 à Munich avec son ami Rudolf Hess pour avoir conspiré contre l’Etat, il rédige en cellule le livre « Mein Kampf » (Mon combat) qui fut édité à sa sortie de prison et obtint un énorme succès.

mein kampf

Tout le national-socialisme, ou nazisme, trouve ses directives dans cet exposé de principes nouveaux :

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D’après Hitler, les Allemands, de race aryenne, doivent tous s’unir sous un gouvernement fort et respecté pour former un peuple de même sang. Sa devise : « Ein Volk, ein Reich, ein Führer » (un peuple, un empire, un chef)

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Les non-aryens, les Juifs, doivent être exclus de la communauté. Cette mystique raciale est placée sous le signe de la croix gammée

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Tout doit être conditionné à la raison d’Etat qui exige à la fois la soumission et l’obéissance absolue de tous les Allemands, le concours de tous pour la mise sur pied d’une armée et d’une flotte puissante

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Le Reichstag ne doit subsister que comme assemblée consultative puisque le gouvernement dicte sa loi

En réalité, le nazisme fut une usurpation complète du pouvoir et une mutilation des droits du citoyen. Doctrine aux exigences totales, donc totalitaire, prétendant incorporer toutes les forces du pays dans la nation d’Etat née de la violence et du fanatisme de meneurs qui répétaient sans cesse que la race germanique avait besoin, pour vivre, d’un vaste espace vital.

 

Le graphisme du drapeau nazi

Adolph Hitler

Le dessin du drapeau nazi est introduit par Hitler comme drapeau du parti durant l'été 1920 : sur fond rouge, un disque blanc avec une svastika ** noire au milieu. Ce choix des couleurs rappelle l'Allemagne impériale, et Hitler y ajoute une autre interprétation dans Mein Kampf : le blanc représente le nationalisme, le rouge le socialisme, et la svastika la race aryenne.

En 1897, Hitler, âgé de 8 ans, était élève et enfant de chœur à l'abbaye bénédictine de Lambach en Autriche. Il put y admirer, gravés sur les murs, les boiseries et même sur des objets du culte, des svastikas dextrogyres. Ce symbole aurait été choisi par le père Hagn (Hagen), administrateur de l'abbaye et grand amateur d'ésotérisme, après ses nombreux voyages au Moyen-Orient. Les armes de Theoderich Hagn, abbé de 1859 à 1872, portent “une croix gammée or aux branches coudées à angle droit sur champ d’azur”. L'année "1860" et une croix gammée sont sculptées au-dessus d’une voûte dans la cour de l'abbaye.

Armes de l'abbé Theoderich Hagn


Dans son ouvrage "Oberdonau, die Heimat des Führers" (Le haut Danube, patrie du Führer), Robert Lenk écrit (Page 12) : “Adolf Hitler, enfant de chœur, a vu le symbole angulaire du disque solaire pour la première fois sur l’écu ornant la voûte de Lambach.”
“ Ce fut ici [à l'abbaye de Lambach, ndlr] que Hitler vit pour la première fois une croix gammée. (...) Il se peut que plus tard il ait été poussé par des mobiles tout à fait différents à adopter cet emblème, mais on ne peut nier qu’il ait passé une partie de son enfance sous le signe de la croix gammée.”("Aus Adolf Hitlers Jugendland und Jugendzeit" - Le pays et l’époque de la jeunesse de Adolf Hitler - F.H. Chelius, 1933).
 

**Le svastika (parfois appelé par abus de langage la svastika au lieu de la croix en forme de svastika) ou tel qu'on le représente la plupart du temps, est un symbole religieux que l'on retrouve de l'Europe à l'Océanie, apparaissant dès l'époque néolithique. On peut le décrire comme une croix composée de quatre potences prenant la forme d'un gamma grec en capitale (Γ), d'où son autre appellation de croix gammée.

Exemple : Svastika dans le dallage de la cathédrale d'Amiens

Ce symbole est notamment utilisé en Orient dans la symbolique jaïne, hindoue et bouddhique, en Chine pour symboliser l'éternité. En Occident, le svastika dextrogyre * est généralement incliné de 45 degrés, a été adopté comme emblème par les Nazis sous le nom de croix gammée, et acquis dès lors une forte connotation négative qui en a fait quasiment disparaître l'usage après la Seconde Guerre mondiale.

* « dextrogyre » (dextro = droite ; gyro = tourne) lorsqu'il tourne dans le sens de aiguilles d'une montre

 

Le troisième Reich

Aux élections de septembre 1930, les travailleurs expriment leur désaffection pour le gouvernement en place et manifestent un large soutien aux partis extrémistes. Hitler poursuit sa propagande électorale. Il exploite dans ses discours :

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Le nationalisme déçu

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Les désordres sociaux

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L’antisémitisme

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La xénophobie

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L’antibolchevisme

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L’antiparlementarisme

Les élections de juillet 1932 envoyèrent au Reichstag une forte majorité de députés nazis et Hitler devint chancelier le 30 janvier 1933.

Le 14 juillet 1933, le parti nazi fut proclamé seul parti légal.

A la mort du président Hindenburg, le 2 août 1934, Hitler cumulera les titres de chancelier et de président sous le vocable de Führer.

Nanti des pleins pouvoirs, Hitler met en place les instruments de la dictature :

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Tous les partis d’opposition, à commencer par le parti communiste, sont interdits

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De nombreuses organisations sociales, économiques et culturelles sont supprimées, absorbées dans de nouvelles structures ou ralliées au nouveau régime

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L’armée est astreinte au serment de fidélité au Führer.

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L’Ordre Nouveau, établi selon la doctrine d’Hitler, est assuré par un Etat policier. Toute l’autorité est concentrée dans les mains du Führer aidé par des ministres dévoués (Goering, Goebbels, Himmler, …

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Un système d’encadrement policier est mis en place :

             * la Gestapo (Geheime Staats Polizei), police d’Etat secrète

             * les SA, remplacés par les SS (Schutzstaffel) : brigade de protection

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Le système concentrationnaire est instauré dès 1933 par Hermann Goering, un ami d’Hitler

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La propagande est harcelante ; elle doit fondre tous les individus dans une obéissance nationale à la volonté du Führer

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On révoque les enseignants non ralliés au pouvoir nazi

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Les bibliothèques sont épurées : les auteurs juifs et marxistes disparaissent.

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Ouvriers et employés doivent entrer dans un front du travail, tenu par le parti nazi. La discipline y est sévère et les horaires très durs.

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Une politique sociale, comme les congés payés et le développement d’activités culturelles, est créé pour se rallier la population.

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Parallèlement, les organisations de la Jeunesse hitlérienne deviennent obligatoires et inculquent l’obéissance au Führer tout en développant un entraînement paramilitaire.


Sur le plan économique, le nazisme se caractérise par l’organisation de l’autarcie :

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De grands travaux sont entrepris grâce à la réforme financière basée sur le papier-monnaie

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L’économie allemande est redressée et le chômage résorbé. Ce redressement explique le soutien des banquiers et des industriels qui trouvent en Hitler le garant de la réalisation de leurs projets politiques et financiers :

                * La production industrielle représente plus de 11% de la production mondiale

                * La politique de réarmement intense permet d’embaucher des millions d’ouvriers au chômage

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Hitler fait construire la ligne Siegfried, une suite de casemates et d’ouvrages bétonnés faisant face à la ligne Maginot que les Français s’empressent de terminer.

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C’est en préparant la guerre qu’Hitler a réussi à redresser artificiellement l’économie.

Depuis le départ des troupes françaises et la réoccupation de la Rhénanie par les Allemands, le Führer ne cachait plus ses intentions d’effacer les clauses du Traité de Versailles et d’assurer à la Grande Allemagne, dans plusieurs continents, son « espace vital ».

Les nazis, et derrière eux, tous les Allemands, approuvaient, soit par enthousiasme, soit par peur de paraître opposants, cette politique d’audace et cette volonté d’hégémonie mondiale.

 

DE PLUS...

 

Le relâchement des liens de solidarité qui avaient uni les peuples victorieux de la Grande Guerre a favorisé le redressement de la principale nation vaincue : l’Allemagne.

L’un après l’autre, les Etats tentent de se justifier :

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L’Italie, insatisfaite des concessions que lui avait faites le Traité de Versailles, est la première à se détacher du groupe des Alliés. Elle rejoint le Pacte Antikomintern signé entre l’Allemagne hitlérienne et le Japon et donne ainsi naissance à l’Axe Rome-Berlin-Tokyo.

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La Grande-Bretagne,  soucieuse de préserver la paix, estime que la renaissance allemande lui semble nécessaire à l’équilibre des forces en Europe. En outre, préoccupée surtout par l’administration de son empire colonial, elle est persuadée que les questions d’Europe centrale ne sont pas essentielles à sa sécurité

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La France, restée seule, écrasée sous le poids de ses dettes, s’efforce de croire à l’impossibilité d’une nouvelle guerre avec l’Allemagne dont elle tient en gage la Rhénanie.  Consciente du retard militaire de son armée, elle doit suivre la politique britannique pourtant contraire à ses intérêts

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Les Etats-Unis,  déçus de ne pas avoir récupéré les capitaux prêtés dans le cadre de la Première Guerre mondiale, ont affirmé leur neutralisme.

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L’URSS  est disposée à soutenir la résistance des démocraties occidentales face aux visées nazies mais la France et l’Angleterre répugnent à une alliance avec un régime autoritaire.

Les autorités allemandes, considérant les Alliés comme séparés, s’ingénient à pousser la nation allemande à faire fi du Traité de Versailles tout en la réarmant en secret. Affirmant sans vergogne que l’armée n’avait pas été vaincue en 1918 et réclamant pour le peuple un adoucissement de traitement, l’Allemagne obtient d’abord une réduction successive des dettes puis, en 1932 par l’Accord de Lausanne est libérée des sommes qui lui avaient été imposées. Redressée par ce succès, la nation allemande allait exiger la suppression totale du Diktat de Versailles.

 

Avant le 10 mai 1940

Après l'invasion de la Pologne, le 1er septembre 1939, l'armée belge déploie ses forces à ses frontières, face à l'Allemagne mais aussi face à la France et les communications entre les États-Majors belges et Alliés paraissent être à un niveau minimum. Il n'en est rien. En réalité, le roi Léopold III et le général en chef Gamelin sont en communication secrète par le canal d'officiers belges et français, ainsi que le général Gamelin le reconnut dans ses mémoires. De ce fait, les grandes lignes du plan allemand, connu par les Belges à la suite de la capture de documents de la Wehrmacht étaient transmises aux états-majors français et anglais. Elles concernaient le report de l'attaque allemande vers le sud. L'Ardenne était clairement désignée, ce qui fut communiqué par un message du roi Léopold III envoyé directement au général Gamelin en mars 1940.

La moitié des réserves d'or de la Banque Nationale de Belgique ont été prudemment expédiée aux États-Unis. L'autre moitié - environ 210 tonnes - fut confiée à la Banque de France, laquelle parvint à l'exporter en Afrique du Nord avant la signature de l'armistice avec l'Allemagne. Cela démontrait l'affinité de la politique belge envers la France et le monde libre, contrairement à une certaine croyance selon laquelle la neutralité belge faisait le jeu de l'Allemagne. Plus tard, les Allemands ne manquèrent pas de relever le fait pour accuser la Belgique de collusion secrète avec les ennemis de l'Allemagne. De fait, c'était le cas malgré les menées de l'extrême droite flamingante représentée au parlement de Bruxelles par le VNV, parti d'opinion fasciste et même néo nazie, comme son ralliement au régime nazi allait le prouver sous l'occupation allemande.

Mais les autorités allemandes entendaient bien mettre la main sur l'or belge et, après quantités de péripéties, réussirent finalement à le ramener en Allemagne entre 1941 et 1942.

En mai 1940, la Belgique est à nouveau envahie par l'Allemagne. L'armée belge compte 650 000 hommes, soit deux fois plus qu'en 1914. À ce chiffre, l'état-major ajoute 40 000 jeunes de la classe 1940 immédiatement envoyés en France pour y recevoir une formation militaire. En plus, 10 000 gendarmes formés militairement exercent le rôle de prévôté militaire, c'est-à-dire de police de l'armée. Ils sont aussi chargés de traquer une éventuelle cinquième colonne pro allemande, de concert avec la police et le contre espionnage militaire. Aux effectifs de l'exceptionnel effort de mobilisation s'ajoute encore 280.000 hommes représentant les classes de 1941 à 1944 ainsi que 89.000 ajournés et sursitaires des années 35 à 40. Mais le temps manque pour former ces nouveaux appelés et le déclenchement de l'offensive éclair des Allemands ne permettra pas d'incorporer ces effectifs. On compte aussi sur les engagés volontaires, comme en 1914. Au total, plus ou moins 700.000 hommes s'alignent sur un front de 500 kilomètres allant de l'Escaut à l'Ardenne. C'est un effort représentant 8 % de la population belge, soit une proportion supérieure au pourcentage que les Français et les Anglais ont engagé dans leurs mobilisations militaires.

 

D'août à octobre 1939, durant la période de mobilisation, le 3e Lanciers a pour mission la surveillance et le renseignements à la frontière avec la France dans la région de Mons. En octobre, il se déploie sur le Zuid-Willemsvaart, entre Bree et Maasmechelen. Vers mars 1940, le régiment se regroupe dans la région de Nivelles, puis prend de nouveau position face à la frontière française, entre Mons, Binche et Jurbise.

 

10 mai 1940
Hitler envahit la Belgique

Le Führer met fin à la "drôle de guerre" en lançant ses armées sur les Pays-Bas, la Belgique et la France.
En quelques jours, 8 à 10 millions de Belges et de Français se retrouvent sur les routes.

Vidéos d'époque:
La guerre en Belgique en vidéo d'époque:

La guerre en Belgique - mai 1940
10 mai 1940 - La Belgique, le Luxembourg et les pays bas envahis par l'Allemagne
1940 La drôle de guerre la Belgique bombardée par l'Allemagne

Une guerre où d'emblée la supériorité allemande, et son avancée technologique, est manifeste, avec un armement et un équipement en avance sur les autres armées qui semblent tout juste sorties de la guerre de 14.
Les soldats allemands sont nettement mieux équipés avec leurs fusils mitrailleurs MP 40 alors qu'en face on a des fusils à un coup, des uniformes pratiques avec un casque moderne, des bottes alors que les autres fantassins ont encore des guêtres et des bandes molletières, des tenues de camouflage même en cas de neige, des véhicules blindés de nouvelle génération, des avions de chasse et bien d'autres choses qui leur auraient fait gagner la guerre si elle s'était prolongée ne fut-ce qu'un an de plus.
De plus les allemands développent la technique d'une guerre éclair;
la Blitzkrieg avec l'avancée des chars, l'atterrissage des planeurs sur le fort d'Eben-Emael et l'utilisation nouvelle des charges creuses capables de percer des blindages de 25cm, des sous-marins, et surtout une stratégie qui dépasse ce que les spécialistes ont envisagé, eux qui en sont encore à une guerre de position et de fortifications, avec la ligne des forts de Liège et la ligne Maginot en France, qui s'avéreront très vite inutiles et des corps d'armée disséminés un peu partout.

Vidéos dépoque :

Attaque du fort d'Eben-Emael


NOTRE ARMÉE

L’armée belge, malgré sa politique de neutralité, possède une armée de 700.000 mille hommes pour un pays de huit millions d’habitants, c’est un chiffre très élevé par rapport à son niveau de population.
Placée sous le commandement du roi Léopold III, notre armée s’organise en dix-huit divisions d’infanterie de ligne réparties en six corps d’armées, un corps de chasseurs ardennais à deux divisions, un corps de cavalerie à deux
divisions et des unités indépendantes, à savoir une brigade d’artillerie d’armée et trois bataillons de cyclistes frontières.
Un groupement « K » est mis sur pied, il commande à la 1ère division de Chasseurs Ardennais et à la 1ère division de cavalerie.

Les organes de commandement:

 le commandement d’armée :  Sa majesté le roi Léopold III
Aide de camp :   Lieutenant-General Van Overstraete

 

Lieutenant-General Van Overstraete

Celui que l'on dénommait "Vice-roi" en 1940

Officier provenant de l'artillerie à cheval

1885 - 1977


 Sept corps d’armées :

 Ier corps d’armée :

 Lieutenant-General Vanderveken

puis Lieutenant-General Nève de Roden

QG: Tongres
IIème corps d’armée :

 Lieutenant-General Michem

QG: Aarschot
IIIème corps d’armée :

 Lieutenant-General De Kranhe

QG: Citadelle de Liège
 IVème corps d’armée :

 Lieutenant-General Bogaerts

QG: Lierre
Vème corps d’armée :

 Lieutenant-General Vandenbergen

QG: Anvers
VIème corps d’armée :

 Lieutenant-General Verstraete

QG: Bruxelles
VIIème corps d’armée:

Lieutenant-General Deffontaine

QG: Citadelle de Namur


Un corps de cavalerie :

Corps de cavalerie:

Lieutenant-General Nève de Roden

puis Lieutenant-General Keyaerts

puis General Van Strydonck de Burkel

QG: Saint Trond


Un groupement :

 Groupement « K » : Lieutenant-General Keyaerts QG: Saint-Hubert


 Les divisions d’infanterie:

six divisions d’active :

1ère division d’infanterie :

Major-General Michiels

 
2ème division d’infanterie :

 Lieutenant -General Colpin

QG: Liège - Cointe
 3ème division d’infanterie :

 Lieutenant -General Lozet

puis Major-General Massart

QG: Liège-Chartreuse
4ème division d’infanterie :

 Lieutenant-General de Grave

puis Major-General Van Trooyen

QG: Hoesselt
 5ème division d’infanterie :

 Lieutenant -General Spinette

QG: Vlesembeek
6ème division d’infanterie :

 Lieutenant -General Janssens

puis Major-General Daumerie

QG: Oxelaer


six divisions de première réserve :

7ème division d’infanterie :

Major-General Van Trooyen

QG: Gensch-Herderen
8ème division d’infanterie :

 Major-General Lesaffre

QG: ?
9ème division d’infanterie :

Lieutenant -General Vanderhofstadt

QG: Wiekevorst
10ème division d’infanterie :

Lieutenant -General Leroy

puis Lieutenant-General Pire

QG: Cortenberg
11ème division d’infanterie :

 Major-General Lebert

QG: Beverloo
12ème division d’infanterie :

 Major-General de Wulf

QG: Wyneghem


six divisions de deuxième réserve :

13ème division d’infanterie :

 Major-General Van Parijs

puis Major-General Duthoy

QG: Schooten

14ème division d’infanterie :

 Lieutenant -Massart

QG: Herck-la-Ville

15ème division d’infanterie :

 Lieutenant-General Hennin

QG: Kessel

16ème division d’infanterie :

 Major-General Duthoy

QG: Gand

17ème division d’infanterie :

 Lieutenant-General Daufresne

QG: Capallen

18ème division d’infanterie :

 Lieutenant – General Six

QG: Casterle


Deux divisions de Chasseurs Ardennais :

 1ère division de Chasseurs Ardennais :  Major- General Descamps QG: Neufchâteau
2ème division de Chasseurs Ardennais : Lieutenant - General Leyle QG: Braives

Les divisions de cavalerie

- 1ère division de cavalerie : Général Goffinet QG: La Roche
- 2ème division de cavalerie : Général Beernaert QG: Louvain

Corps de cavalerie de la 2e division de cavalerie

- CC/2e DC Général Ninette QG: Hasselt


Les positions fortifiées:

trois positions fortifiées et les défenses côtières:

 Position fortifiée d’Anvers

 Position fortifiée de Liège

 Position fortifiée de Namur

 

A la liste des grandes unités, il ne faut pas oublier de citer les trois régiments de défense contre avions, les trois régiments d’aviation dépendants de l’armée de terre belge et les régiments de réserve d’infanterie et d’artillerie de nouvelle formation.
Le 7ème corps d’armée est d’abord nommé corps des Chasseurs ardennais. Le 22 novembre 1939, il prend sa nouvelle dénomination.
Une brigade motorisée composée du 2ème régiments de Guides et du 4ème régiment de Lanciers (cavalerie motorisée) est sous les ordres du corps de cavalerie.

 

3e RÉGIMENT DE LANCIERS

Corps de Cavalerie Motorisé

(En rouge le 3ème Lanciers)

X X X

3ème Lanciers - Régiment Motocyclistes

LES REGIMENTS MOTOCYCLISTES (1CHCH, 2CHCH, 1G, 1L, 2L, 3L)

Les Régiments Motocyclistes, au nombre de six, sont tous d’active ; ils sont formés avec un noyau de volontaires de carrière et des miliciens de la classe 1939 effectuant leur service militaire. Le cadre est d’active et de réserve.

A la mobilisation de 1939, une partie du cadre d’active a été affecté à la formation d’unités de réserve.

Les vides ainsi créés ont été comblés par un cadre de réserve rappelé.

Les emplois non honorés ont été complétés par des rappelés des classes 1938 et 1937, ayant effectué leur service militaire dans ce Régiment.

Les Régiments Motos sont articulés en un Etat-Major et deux Groupes identiques de trois Escadrons, plus un 7° Escadron d’Autos-Blindées (AB).

Les Groupes sont numérotés I et II, en chiffres romains, tandis que les Escadrons le sont en chiffres arabes, de 1 à 7, les trois premiers Escadrons étant affectés au I Groupe, les Escadrons 4 à 6 au II Groupe, le 7° étant régimentaire.

Les Escadrons 1, 2, 4 et 5 sont Motocyclistes tandis que les 3 et 6 sont des Escadrons Engins (mitrailleuses et canons de 47 mm).

Le Régiment Motos dispose de 107 véhicules divers, 230 motos solo, 274 sidecars, 16 tracteurs Marnon Herrington, 4 chenillettes T13 et 7 chenillettes T15.

Sa puissance de feu représente 48 fusils-mitrailleurs, 16 mitrailleuses, 12 lance-grenades DBT, 8 canons de 47 mm et 11 chenillettes armées de 4 canons de 47 mm et 7 mitrailleuses lourdes.

Les organigrammes  vous donnent le détail de l’organisation.

* * * * * *

L’Etat-major (EM) du Régiment, qui est en fait un petit escadron, administré par un officier subalterne, comprend l’EM proprement dit, un Peloton de défense, un petit Service de Santé commandé par un capitaine médecin, une Section transmissions, une Section d’observation et l’Echelon qui regroupe les moyens de ravitaillement et de réparation.

Le Régiment est commandé par un colonel ou un lieutenant-colonel ; il n’y a pas de commandant en second.

L’EM proprement dit compte 7 à 8 officiers, dont certains de réserve, répartis entre les sections opérations, renseignements, transmissions et matériel.

Les Régiments Portés ont, en plus, un officier mécanicien ; dans les Régiments Motocyclistes, chacun des groupes dispose d’un officier mécanicien.

La fonction d’adjudant-major (à l’époque, adjudant-major était une fonction et non un grade de sous-officier), à peu près comparable à celle de notre actuel S3, est exercée par un capitaine ou un commandant.

Le Groupe est commandé par un major, assisté de deux officiers subalternes, plus un aumônier et un officier d’administration. Notons que le Groupe dispose d’un Détachement Médical comptant deux médecins, dont un candidat officier de réserve.

Les Escadrons sont normalement commandé par un capitaine qui est le seul officier à l’Etat-Major d’Escadron.

Il dispose d’un Peloton Hors Rang comportant les trois Echelons traditionnels : commandement et liaison au 1 Echelon, mécaniciens et armuriers au 2 Echelon, et ravitaillements, cuisine et bagages au 3 Echelon.

Les Escadrons Motos possèdent en plus une Section de lance-grenades DBT.

 

Symboles utilisés

 

Un Escadron Motocyclistes du 3ème Lanciers

 

 

Le 25 août 1939, jour de la mobilisation générale de l'Armée belge, les miliciens de la classe 38 rejoignent leur escadron à Brasschaat;  Il y a à peine un mois qu'ils ont été démobilisés.  Compte tenu de la neutralité de la Belgique, censée se défendre dans toutes les directions, le 30 août le 3ème Régiment de Lanciers quitte définitivement sa garnison et se rend initialement avec un Groupe le long de la Lys, près de Courtrai, et l'autre Groupe le long du Canal du Centre, à l'ouest de Mons. Dès le lendemain, le dispositif entier se déplace pour assurer la même mission entre Mons et Antoing avec les deux Groupes.

 

Au début du mois d'octobre, la mission change : durant tout l'hiver, le régiment occupe plusieurs positions le long du Zuid Willemsvaart, entre Bree et Maasmechelen.   Le 10 janvier 1940, se situe l'épisode de l'avion allemand égaré qui fait un atterrissage de fortune à Vucht, à proximité des dernières positions régimentaires.   L'officier de renseignements, le Sous-Lieutenant de réserve Hubert Van Hecke, constate sur place que des papiers ont été récemment brûlés derrière une haie; peut-être n'a t'on donc pas récupéré tous les documents que contenait cet avion.  En tout cas, les conséquences immédiates de l'incident sont la suppression des congés et l'ordre de mettre en état de combat les différents bunkers bordant le canal, d'y charger les mitrailleuses lourdes et de prendre connaissance des instructions secrètes qui s'y trouvent.

 

 

Tenues portées en 1940

(d'après photos d'époque)

 

 

 

Tenue d'un équiper char

(Collection MRA)

 

LA GETTE

 

Cependant, rien ne se passe vers la fin de l'hiver, le 3e de Lanciers est relevé et se regroupe initialement dans la région de Nivelles, puis se déploie à nouveau face à la frontière française, entre Mons, Binche et Jurbise.   Le 9 mai au soir, les congés sont rétablis; personne n'en profitera puisque à l'aube du 10 mai sonne l'alerte générale.

Le 10 mai 1940 à l'aube, l'Allemagne entre en guerre contre la Belgique et  la Hollande.

Dès 7 heures, le régiment se regroupe à Mons et, après une halte dans la ville, part vers Wavre aux ordres du 6ème Corps, pour défendre la Dyle.   Il prend cependant position le soir, à l'Est de Hannut pour défendre le nœud routier, après être passé aux ordres de la 2ème Division de Cavalerie.  A sa gauche se trouvent le 2ème Chasseurs à Cheval, à sa droite le 12ème de Cuirassiers français.

 

Marquage et couleur des véhicules de combat à cette époque

 

Insigne sur les tourelles des véhicules

Cocarde nationale Plaque d'immatriculation; le plus souvent le numéro de châssis surmonté du drapeau national
 
Les deux couleurs des véhicules de l'époque

 

Le 11 mai, le 3e Lanciers se retrouve sous commandement de la Brigade de Cavaliers Portés ; à 14 heures, les escadrons se mettent à nouveau en route, traversent Tirlemont, touchée par d'importants bombardements allemands, et s'installent sur la Grande Gette au nord-est de la ville.

Le 4ème escadron du 3ème Lanciers en 1940

 

Pantalon Officier et Sous-Officier Tenue Officier Pantalon Troupe
Tenue Sous-Officier Manteau de cavalerie Tenue Troupe
   
 

Tenue de Sous-Officier complète en 1940:

Veste, pantalon, ceinturon et guêtres

 

 Le 5ème escadron, renforcé de moyens du 7ème escadron, s'installe près de Gossoncourt, entre le 4ème de Lanciers à gauche et le 2ème de Cyclistes à droite.  Curieusement, les fusions de communes font qu'aujourd'hui le village d'Orsmael-Gussenhoven, témoin des combats du 10 août 1914, et les villages d'Oplinter, Neerlinter et Drieslinter, où se distinguent les anciens de 1940, appartiennent tous à l'entité communale de Linter, avec laquelle nous entretenons des liens étroits.

        

Casque moto M38

 Pendant que nos cavaliers et les hommes du Génie réalisent consciencieusement leurs travaux de campagne derrière la Gette, des réfugiés civils et des militaires en retraite, souvent sans armes, franchissent les ponts jusque tard dans la nuit.  A plusieurs reprises, les lignes téléphoniques de campagne sont physiquement coupées, rendant les transmissions très difficiles.  Le 12 mai dans la matinée, nos lanciers, confiants et enthousiastes, subissent leur baptême du feu et résistent à toutes les attaques allemandes de la journée et de la nuit suivante. Les canons antichars de 4.7 cm, en particulier, font merveille.  

 

 Le 13 mai, le régiment tient fermement son sous-secteur.  Dans la nuit suivante, vers 1 heure, arrive l'ordre de repli : au sud, les Français du Corps Prioux se sont retirés, découvrant un flanc de la position belge.  Afin d'échapper à l'encerclement, nos cavaliers se replient méthodiquement, avec le regret de devoir quitter une position solide et le sentiment prémonitoire qu'ils n'auront plus jamais l'occasion de trouver un terrain aussi favorable, ni le temps suffisant de se retrancher convenablement.  

       

A l'aube du 14 mai, les derniers motocyclistes sont recueillis à hauteur de la rivière Velp. Après un mouvement difficile, notamment au franchissement de la Dyle à Louvain, l'état-major et le 1er Groupe se rassemblent à Erps-Kwerps et le 2ème Groupe à Nederokkerzeel. Le bilan est assez lourd:  malgré le nombre peu important de morts, il faut déplorer pas mal de blessés et de disparus. Le 5ème escadron, encore au contact, ne rejoint qu'en fin de journée, après avoir perdu, à Gossoncourt, environ deux tiers de ses effectifs.  Les combats des 12 et 13 mai vaudront à toutes les unités de la Brigade la citation “ La Gette ”.  

 

Compte tenu des pertes en matériel et en personnel, le commandement doit se résoudre à réorganiser le régiment : les ordres de bataille de l'état-major et du 1er Groupe sont complétés en puisant dans le 2ème Groupe.  En fin de journée et le lendemain, des cavaliers que l'on croyait perdus rejoignent le cantonnement : chapeau à ces attardés soucieux avant tout de rejoindre leur unité.  Le hasard veut en plus qu'ils arrivent juste à temps pour percevoir la dernière solde avant la capitulation.  

 

Le 15 mai, le 2ème Groupe, sous les ordres du Major Houyoux, se sépare du régiment, fait étape à Oordegem, à l'Est de Gand, puis rejoint Ardooie, près de Courtrai, le 16 mai.   Le 18, après avoir reçu de nouvelles motos que des cavaliers sont allés chercher à Gand, le Groupe rejoint Haringe, via Ypres et Poperinge; un détachement reste à Westouter jusqu'au 28 mai. Du 19 au 22 mai, le Major Houyoux emmène les restes des 4ème et 5ème escadrons en France, dans la région de Saint-Omer; Pressentant le danger, il veut échapper à l'encerclement allemand et aller vers le sud pour permettre au Groupe de se reconstituer. Mais le 20, les Allemands dépassent le méridien de Saint-Omer et les ponts de la Somme en Abbeville sautent; pire, le même jour l'ennemi atteint Boulogne-sur-Mer, après avoir parcouru 300 kilomètres en 11 jours, alors que l'Armée belge ne cédera que 200 kilomètres en 18 jours ! Le 22 mai à 9 heures, le 2ème Groupe reprend la direction de la Belgique et arrive à Houtem à 14 heures.

 

Pendant ce temps, le 16 mai, le Lieutenant-Colonel Dugardin prend le commandement du régiment, réduit à son état-major et au 1er Groupe. 

 

Durant les 12 jours à venir, cet officier saura gagner le respect et la vénération de ses subordonnés, grâce à son calme, son courage, sa ténacité et son mépris du danger.

 

Le 17 mai, après avoir stationné brièvement au Nord-est de Gand, le régiment pénètre en Zélande avec la 1ère Division de Cavalerie, alors que les Allemands bordent déjà la rive nord de l'Escaut;  Nos lanciers occupent, sur la rive sud du fleuve, une série de positions qui se succèdent de plus en plus vers l'Ouest en fonction de la progression allemande et subissent constamment les tirs de harcèlement de l'artillerie ennemie.  

 

Le 24 mai, le régiment dépend à nouveau de la 2ème Division de Cavalerie; les escadrons du 1er Groupe sont installés entre Breskens et la frontière belge.  Au 2ème Groupe, le Major Houyoux a reconstitué le 5ème escadron en puisant dans ses autres unités et renvoie cet escadron vers le Nord.  Lui-même reste à Houtem avec le restant du Groupe, plus des militaires isolés d'autres unités que l'on tente, tant bien que mal, de regrouper.  Le 5ème escadron pénètre aux Pays-Bas le 24 vers 14 heures et se retrouve à Hazegras, dans le Zwin, aux ordres du 4e Lanciers.

Le cran des officiers, sous-officiers et lanciers du 3e Régiment est superbe et font l'admiration des soldats anglais et français.

 

Cette brillante participation lui vaudra une citation et l'inscription "LA GETTE" sur son étendard et ses chars.

 

LA LYS

 

 Le même jour à 23 heures, le Lieutenant-Colonel Dugardin reçoit l'ordre de quitter le flanc septentrional de l'Armée et de rejoindre, avec la 2ème Division de Cavalerie, le flanc méridional à l'autre bout du dispositif.  Le 25 mai, le régiment se retrouve à Elle vers 6 heures, après avoir récupéré au passage le 5ème escadron au sud de Knokke, puis rejoint Geluwe, près de Wervik, dans l'après-midi.

 

Armes individuelles

 

 

 

 

Armes collectives

 

FN 30

Munition : 7,65 mm Mauser
Canon :  50 cm
Longueur totale :  1,15 m
Masse (arme vide): 9,57 kg
Chargeur :  20 coups
Cadence de tir : 450 ou 650 c/min

 

Mitrailleuse Hotchkiss sur trépied M.A.E.

 

      

 

C'est une arme automatique, à tir automatique, fonctionnant par emprunt des gaz.

Calibre  8mn.
Munitions

cartouches 1886 D 

cartouches 1886 D à balles fraisées

cartouches 1886 M à balles traçantes

cartouches 1886 à balles perforantes

cartouches 1905 à blanc.

Vitesse initiale

690 à 710 m/s

Cadence de tir réglable, par modification de la pression des gaz sur le piston.
Alimentation

par bandes rigides de 24 cartouches,

par bandes souples en tissu (modèle pour char),

par bandes articulées (250 cartouches par bande).

Vitesse de tir 500 coups minutes et peut atteindre les 600 coups
Portée utile 3.200 mètres
Poids 25 kilos
 Longueur 1,31 mètres

 

Lance-grenades DBT

 

         

 

Construit en Belgique, ce petit mortier d'un calibre de 50mm permet, au moyen d’une cartouche balistique, le lancement d’une grenade de 600 grammes à des portées comprises entre 100 et 585 mètres, avec une précision de 50 mètres. L’arme est munie de deux niveaux à bulle d’air, fort fragiles, qui permettent de la stabiliser.
L’inscription de la portée se fait au moyen de deux bagues graduées dosant l’admission des gaz.
La dotation en munitions est de 36 coups par DBT ; des projectiles à fumée colorée existent pour designer un objectif aux armes d’appui.
Les DBT sont normalement utilisés collectivement

 

* * * * * *

 

 Le Chef de Corps prend alors le commandement d'un Groupement composé du 2ème Groupe du 1er de Lanciers, commandé par le Major Godfroid, de notre 1er Groupe, aux ordres du Major Écuyer Ysebrandt de Lendonck, du 1er Bataillon du 2ème de Carabiniers-Cyclistes et enfin du 2ème Groupe du 18ème d'Artillerie à Cheval, du Major Barthélemy.   Le Groupe 3e Lanciers se compose de trois escadrons motocyclistes, les 1er, 2e, et 5e, renforcés chacun d'une partie des canons antichars et mitrailleuses du 3ème escadron.

 

  Le régiment ne dispose plus que de quatre auto blindées, provenant du 7e escadron du 1er Lanciers et de celui du 3e Lanciers;  Elles ne représentent plus qu'un cinquième des auto‑blindées que ces deux régiments alignaient quinze jours plutôt.

 

  Le sous-secteur à défendre, en deuxième échelon derrière des positions britanniques sur la Lys, s'étend du hameau de Panemolen, au Nord, jusqu’inclus l'agglomération de Geluwe, au sud. A gauche se trouvent les restes du 2e Chasseurs à Cheval et du 2e Lanciers qui défendent l'autre sous-secteur dévolu à la division.   A droite, le Groupement doit établir la liaison avec le Corps expéditionnaire britannique.

 

 

Photos de l'époque moto

 

 Le dispositif adopté est le suivant : les escadrons du 1er de Lanciers défendent Geluwe, à cheval sur la route nationale 8, et les escadrons du 3ème de Lanciers s'installent en rase campagne et dans les fermes entre cette agglomération et l'escadron sud du 2ème de Chasseurs à Cheval, sous les ordres du Commandant Gosse.  Les Cyclistes s'installent en deuxième échelon, 800 mètres derrière les cavaliers, dont les motos sont abritées encore plus en arrière.   Le poste de commandement du Groupe est au hameau de Molenhoek et celui du régiment à celui de Ter Hand, à proximité de nos artilleurs.

 

 Au moment où ils mettent leurs motos à l'abri, il n'y a qu'une douzaine d'heures que nos cavaliers ont reçu leur nouvelle mission; Ils ont parcouru depuis lors une centaine de kilomètres, dont soixante kilomètres de nuit sans éclairage.  Chargés de leurs armes et munitions, ils gagnent à pied leurs emplacements alors que l'artillerie ennemie harcèle déjà les positions.  Devant celles-ci, il n'existe aucun obstacle naturel ou artificiel et les champs de tirs sont limités par des haies et de petits couverts.  Les travaux de campagne, entamés dans l'après-midi et réduits à l'essentiel, ne sont pas' terminés lorsque, vers 17 heures, l'ennemi débouche de la nationale 8, arrive au contact à Geluwe, se déploie dans la campagne environnante et contraint nos soldats à s'abriter dans leurs trous inachevés.

 

 Cet ennemi, c'est le IVème Corps d'Armée, composé de cinq divisions d'infanterie.  Après avoir traversé l'Escaut, ce Corps marchait à l'ouest, en direction de la France et de la mer et devait donc normalement appuyer son flanc droit sur la Lys.  Mais lorsque les forces mécanisées, qui ont bousculé les troupes françaises à l'ouest de la Meuse, atteignent Boulogne et la côte, le commandement allemand réoriente l'axe de progression du IVème Corps et lui assigne la mission de séparer les forces belges et britanniques en s'emparant de la région d’ Ypres et du Mont Kemmel.

 

 C'est ainsi que les 25 et 26 mai, ce sont quatre divisions en ligne et une division en réserve qui, sur un front de dix kilomètres, vont attaquer les positions de la 2ème Division de Cavalerie, en s'accompagnant d'un important appui d'artillerie et d'aviation.

 

  La raison de l'arrivée rapide de l'ennemi est que les Britanniques ont abandonné Courtrai sans prévenir les Belges et se sont retirés bien plus au sud que prévu;  entre Geluwe et leur 12ème Régiment de Lanciers, notre voisin de droite, subsiste une ouverture de deux kilomètres qu'il faut combler.   La division désigne à cet effet le Groupe Cycliste de la 17ème Division d'Infanterie, commandé par le Major Van Derton. Ce Groupe passe à 19 heures aux ordres du Groupement Dugardin et s'installe hâtivement.

 

 Nonobstant l'acharnement des combats et la supériorité aérienne allemande, le moral de nos troupes reste excellent. L'artillerie belge participe très activement à la bataille et maintient l'ennemi à distance. Mais durant la nuit, les Allemands, profitant de l'obscurité, s'approchent de nos positions et infiltrent même des troupes entre notre premier et notre deuxième échelon.

 

 A l'aube du 26 mai, l'ennemi reprend son attaque en force, parvient, au sud, à franchir la route Geluwe-Wervik, engage des combats rapprochés dans les rues même de Geluwe et parvient également à s'approcher à moins d'une portée de grenade des positions en rase campagne de nos escadrons septentrionaux.

   

 Devant la gravité de la situation, à 06 heures 35 le Colonel BEM Serlez, Commandant de Division, ordonne le repli. Les lanciers du 1er Régiment se rendent à Frezenberg, ceux du 3ème Régiment à SAINT-JULIEN, les Cyclistes à Passendale et les Guides à West Rozebeke; Du moins ceux qui, dans la confusion du moment, sont informés de leur nouvelle destination.

 

 Certains soldats sont hébétés par la violence des derniers combats. L'artillerie et l'aviation ennemies s'acharnent, en particulier sur certains parcs à motos. Mais le repli s'effectue néanmoins sans panique et même, pour certains pelotons, de façon très méthodique. Malheureusement, certaines unités ne peuvent éviter l'encerclement, tel le 1er escadron, qui est presque entièrement capturé.

 

 Après un recul de 10 kilomètres, effectué partiellement sous le feu de l'ennemi, le Groupement Dugardin remanié cède ses Cyclistes et ses Guides, mais reçoit en renfort ce qui reste du 2e  Chasseurs à Cheval.  Passé aux ordres de la 1ère Division d'Infanterie, il doit défendre temporairement un front de cinq kilomètres, derrière le chemin de fer Ypres-Zonnebeke le long duquel sont alignés des centaines de wagons.  Mettant en ligne les débris des deux escadrons du 1er de Lanciers et des deux escadrons du 3ème de Lanciers, soit au total un T13, trois T15, un canon de 4.7cm, deux mitrailleuses et huit fusils-mitrailleurs, le Groupement organise la défense de tous les points de passage et résiste tant bien que mal durant toute la nuit et toute la journée du 27 mai. 

 

 Pendant ce temps, à une quarantaine de kilomètres de là, les Britanniques ont entamé leur rembarquement.  Deux contre-attaque, lancées contre une pénétration ennemie, sont clouées au sol par l'artillerie allemande. Vers 16 heures, sur ordre, le régiment est recueilli et se replie vers la forêt de Houthulst ou l'atteint la nouvelle de la capitulation. 

 

Après quoi, notre vieil étendard  va rejoindre 35 autres emblèmes à l'abbaye  Saint-André de Bruges où il fut dissimulé dans un local qui fut muré par le père abbé dom Nève de Mévergnies, le frère Yves et dom Francis de Meeus. Il y demeura caché jusqu'à la fin de la guerre.

 

Abbaye bénédictine Saint-André de Bruges

où fut conservé notre étendard

L'Abbaye Saint-André de Bruges est un monastère bénédictin fondé à Bruges (quartier 'Sint-Andries') au début du XIIe siècle par Robert II de Flandre.

Supprimé lors de la Révolution française il fut reconstruit à Loppem au sud de Bruges à la fin du XIXe siècle, et la vie monastique fut relevée par des moines venus de Maredsous.
La communauté monastique qui compte aujourd'hui une vingtaine de moines dirige un collège secondaire renommé.

L'abbaye est connue sous le nom de Saint-André de Zevenkerken et fait partie de la congrégation de l'Annonciation.
 

  Durant les trois derniers jours de guerre le seul 3e Lanciers déplore 71 tués, dont 44 des suites du combat de Geluwe.

Le 5ème escadron, encore lui, y a vu tomber 43 blessés et l'ensemble du Groupe y a perdu 105 gradés et soldats, capturés par l'ennemi.

 

25 MAI 1940

Détails sur LE COMBAT DE GELUWE

 

2e DIVISION  DE  CAVALERIE ( 2 DC )

A 00 h 00, le PC avancé de la 2 DC arrive aux lisières sud de Thourout.

Vers 02 h 00, le colonel BEM Serlez, commandant la 2 DC, passe au GQG à Saint- André pour y prendre ses ordres, et rentre à son PC vers 04 h 00.

A 07 h 00, il reçoit du GQG par téléphone l’ordre d’occuper la ligne Dadizele – Geluwe.

A 08 h 30, le commandant de la 2 DC donne des ordres verbaux à ses commandants d’unité :

« Mission de la 2 DC : tenir Dadizele –Geluwe en prolongeant la droite de l’armée, en liaison avec la 10 DI.

- Sous- secteur nord :

Aux ordres du commandant du 2 L :

- 1er échelon : 2 L et 2 ChCh

- 2e échelon : IIe bataillon du 2 Cy (II/2 Cy)

- Sous-secteur sud :

Aux ordres du commandant du 3 L

- 1er échelon : 1 L et 3 L

- 2e échelon : Ier bataillon du 2 Cy (I/2Cy)

- Artillerie :

- Un groupe du 18 A à chaque sous secteur.

- Chaque batterie détachera une pièce en première ligne avec mission antichars.»

A 09 h 25, le PC de la 2 DC se déplace aux lisières de Moorslede.

A 10 h 00, le colonel BEM Serlez prend contact à Roulers avec le commandant du IV CA.

A 11 h 15, par ordre du GQG, le 4 L, qui a rejoint, passe aux ordres de la 2 DC avec mission de tenir les points de passage sur la voie de chemin de fer Passchendaele –Roulers, occupée par des rames de wagons placés bout à bout.

Vers 14 h 00, le dispositif défensif est entièrement en place, et la 2 DC passe aux ordres du général de Neve de Roden, commandant du I CA.

A 15 h 45, le sous-secteur sud (SSS) signale que Moorsele est occupé par l’ennemi.

A 16 h 00, le contact est pris par l’ennemi, sur tout le front.

L’action de l’ennemi va se poursuivre, violente, jusqu’aux dernières lueurs du jour.

A 16 h 40, canons de 47 mm et mitrailleuses entrent en action sur le front du 2 ChCh.

Vers 16 h 40, le I CA avise la 2 DC que le groupe cyclistes de la 17 DI (Gp Cy 17 DI) est envoyé en renfort et dirigé sur Becelaer.

A 16 h 47, le SSS signale que des troupes d’infanterie refluent vers nos lignes, et demande l’action de l’artillerie au profit de sa droite, de même que l’envoi d’AB en direction de Wervicq.

Satisfaction lui est donnée.

A 17 h 05, le SSN signale que le 4 Li se replie en bon ordre à l’ouest de Terhand.

A 18 h 00, le I CA met à la disposition de la 2 DC, le Gp Cy 17 DI au sud de Geluwe et l’Esc Cy 1 DI à la disposition du SSN, dont les unités sont fortement accrochées.

A 18 h 05, un officier de liaison (OL) britannique fait part que les Anglais ne peuvent pas envoyer de renforts entre notre droite et Wervicq, que les ponts de Menin et Wervicq ont sauté, et que la liaison entre Belges et Britanniques risque d’être rompue !

A 18 h 30, le groupe 2 L est soumis à un tir intense et des infiltrations sont signalées dans la région de la route Roulers – Menin.

A 19 h 10, le groupe 3 L est violemment attaqué sur sa gauche, à la soudure entre les deux secteurs.

A 19 h 15, la 2 DC demande au I CA si le IV CA ne pourrait agir à son profit ?

A 19 h 25, les infiltrations sont de plus en plus nombreuses au SSN. La 2 DC répond qu’il faut tenir à tout prix et prévenir les cyclistes du deuxième échelon.

A 19 h 32 l’Esc Cy 1 DI arrive au PC/2 DC et est envoyé immédiatement au SSN.

A 20 h 00, la situation réclame un renfort dans

la SSN mais l’Esc Cy 1 DI n’est pas encore arrivé.

A 20 h 10, le groupe 2 ChCh est fortement pris à partie.

Mis au courant de la situation, le commandant du I CA envoie vers 20 h 30 une note autorisant le décrochage après 22 h 00, si la situation est grave.

Mais à 21 h 25, le SSS signale que son front est intact.

L’intendance éprouve d’énormes difficultés à ravitailler en vivres, les hommes qui sont exténués et morts de faim.

A 21 h 32, le SSS signale que le Gp Cy 17 DI est engagé au sud-ouest à Geluwe, mais qu’il n’est pas parvenu à établir la liaison avec les Britanniques.

A 22 h 00, le SSN signale la présence de véhicules blindés ennemis aux lisières de Ledeghem. Son front est intact, le calme est revenu, mais les pertes en personnel et matériel sont sensibles.

23 h 30 : le message suivant, destiné au 1 L, est envoyé par le QGQ et retransmis aux intéressés : « Le Roi a été mis au courant de la résistance héroïque du régiment aux attaques allemandes. Il a exprimé toute sa satisfaction à cette occasion. »

3e LANCIERS (3 L) ET LE SOUS -SECTEUR SUD (SSS)

Après une longue marche de nuit, le régiment arrive à Elle, à 5 km de Thourout.

A 07 h 30, le 3 L passe aux ordres du colonel BEM R. Libbrecht, CC/2 DC, dont le groupement doit occuper, organiser et défendre le front Dadizele – Geluwe.

Au lieutenant-colonel A. Dugardin, chef de corps du 3 L, échoit le commandement du sous-secteur sud (SSS), avec le Ier groupe du 3 L (I/3 L), le IIe groupe du 1 L (II/1L), le Ier bataillon du 2 Cy (I/2 Cy) et le IIe groupe du 18 A (II/18 A).

La limite entre les deux sous-secteurs est déterminée par la ligne Pannemolen – Artoishoek ; à gauche, le 2 ChCh du soussecteur nord (SSN).

Quatre camions de munitions 7.65 et 47 mm sont à la disposition du groupement à Becelaere.

Le QG/2 DC se trouve à Westroozebeke.

Le colonel BEM Libbrecht, CC/2 DC, est présent, et hâte la mise en place.

Les escadrons du 3 L prennent position, du nord au sud, dans l’ordre 5/3 L, 2/3 L et 1/3 L, entre le 2 ChCh et Geluwe, occupée par le 1 L.

Les cyclistes établissent un second échelon 800 mètres derrière le premier.

La liaison est établie, par officiers de liaison, à Dadizele avec le 2 L et à Geluwe avec le 1 L.

La liaison est recherchée en vain, avec les Britanniques.

A 19 h 00, l’ennemi est au contact à Geluwe, et le major A. Barthelemy du 18 A déclenche un tir d’arrêt.

L’ennemi reprend le contact à 19 h 00 sur la grand-route.

A la même heure, arrive le Gp Cy 17 DI du major Henry Van Derton, qui prend position de Geluwe à Wervicq.

Le soir, les pertes sont lourdes et le lieutenant-colonel Dugardin sollicite des renforts au colonel BEM Serlez, commandant de la 2 DC, mais aucune réserve n’est disponible.

L’activité ennemie perdure toute la nuit

1er LANCIERS (1 L)

Après avoir quitté à 00 h 30 la position du Bas-Escaut, le 1 L arrive à Cortemarck vers 06h 30.

A 07 h 30, le major C. Godefroid et l’adjudant-major se rendent au PC de la 2 DC, pour y recevoir l’ordre de se porter le plus rapidement possible en premier échelon à Gheluwe, à droite du 3 L.

Le I/2 Cy est en second échelon et une batterie du 18 A assure l’appui d’artillerie.

Les 1 L et 3 L forment groupement aux ordres du lieutenant-colonel Dugardin, commandant le 3 L.

Rentré à Cortemarck, le major Godefroid donne ses ordres.

Le 7/1 L couvrira la marche du régiment par Cortemarck, Staden, Westroosebeke, Passchendaele, Becelaere et Geluwe.

Le régiment se met en route vers 10 h 30, après avoir effectué le plein des véhicules.

A 13 h 00, précédée par des reconnaissances d’officiers, les escadrons prennent position, sur un terrain uniformément plat, coupé de haies, de maisons et de vergers : le 4e escadron (4/1L), renforcé par deux sections de mitrailleurs et deux canons de 47 mm, s’installe dans Geluwe même, le 5e escadron (5/1 L) avec les mêmes renforts, à gauche du 4/1 L.

Les véhicules et une fraction du 6/1 L à Zuidhoek. L’état-major du régiment avec le 5/1 L et une fraction du 6/1 L à l’hippodrom de Zonnehoek.

A 14 h 15, une colonne britannique traverse la position en direction de l’ouest.

A 14 h 25, des troupes du 4 Li (1 DI) commencent à refluer.

A 14 h 30, le peloton AB, envoyé en liaison à Menin, rentre, sans avoir eu de liaison avec les Britanniques, qui ont fait sauter les ponts à Menin et Wervicq.

Dès 15 h 15, des éléments ennemis s’approchent du front.

A partir de 15 h 00, la position est bombardée successivement par l’artillerie et la Luftwaffe, mais trois attaques allemandes échouent successivement.

Le 1 L, qui dispose de son escadron AB (7/1 L), utilise ses T13 et T15 pour maintenir la liaison entre les différents points d’appui, pour déjouer les infiltrations et protéger le flanc droit découvert.

Si la liaison a été établie à gauche, à 16 h 30 avec le 3 L, elle ne sera établie à droite, avec le Gp Cy 17 DI, qu’à 20 h 15.

Vers 23 h 00, le major Godefroid téléphone au lieutenant-colonel Dugardin, pour donner la situation du 1 L et de ses pertes, et demande un renfort en armes automatiques, mais aucun armement de réserve n’étant disponible, des échanges de fusils-mitrailleurs ont lieu entre les différents escadrons.

A part quelques échanges de mousqueterie, la nuit est relativement calme.

2e LANCIERS (2 L) ET LE SOUS-SECTEUR NORD (SSN)

Après avoir roulé toute la nuit, le 2 L arrive à 06 h 00 à Lichtervelde.

A 09 h 30, le colonel Charles d’Orjo de Marchovelette reçoit du commandant de la 2 DC la mission d’organiser et de commander le sous-secteur nord (SSN) de la position Dadizele – Gheluwe.

Il dispose du Ier groupe du 2 L (I/2 L) du major Marcel Balestrie, du Ier groupe du 2 ChCh du major Jean de Brabandère et d’un bataillon du 2 Cy.

L’appui de feu est fourni par le I/18 A dont, par décision de la 2 DC, une pièce par batterie doit être poussée en première ligne en mission antichars. Il est bien établi que, depuis plus d’une semaine, il n’y avait plus de chars devant l’armée belge mais certaines divisions d’infanterie allemandes disposent de lourdes autos blindées de reconnaissance.

Dans ses ordres, le commandant du 2 L, dont le PC est installé 300 mètres au nord du clocher de Dadizele, attribue le quartier nord de son sous-secteur au I/2 L, le quartier sud au I/2 ChCh.

L’escadron AB du 2 L/2 ChCh est chargé de protéger la mise en place, pour constituer ensuite réserve de sous-secteur.

Le bataillon du 2 Cy occupe une position en second échelon, 800 mètres derrière le premier échelon.

A 13 h 00 l’occupation de la position est en bonne voie.

La liaison avec le 3 L et le sous-secteur sud (SSS) est assez vite réalisée, mais, vers le nord-ouest, certaines unités d’infanterie de la 10 DI demeurent introuvables.

Dès 14 h 00, l’ennemi commence bombardements aériens et tirs d’artillerie sur la position, et l’infanterie allemande se lance à l’attaque.

Un avion allemand est abattu par les tirs anti-avions du 2 L.

A partir de 18 h 30, le groupe Balestrie est soumis à un tir intense, suivi d’attaques rapprochées.

A 19 h 30, la 2 DC donne à l’Esc Cy 1 DI l’ordre de se mettre à la disposition du 2 L pour renforcer le second échelon assuré par un bataillon du 2 Cy.

A 22 h 00, le calme est rétabli et le front est intact.

2e CHASSEURS A CHEVAL (2 ChCh)

Après avoir roulé de nuit, tous feux éteints, le groupe du major de Brabandère, dont l’arrière garde est assurée depuis Breskens par les AB, arrive à Thourout vers 09 h 00.

Le major se rend au QG de la 2 DC à la borne 7 de la route Thourout – Roulers, pour y recevoir ses ordres. « Le 2 ChCh constituera groupement avec le 2 L, aux ordres du colonel d’Orjo de Marchovelette, et occupera un quartier à 2 .000 mètres au sud de Dadizele (dont les limites sont marqués par le colonel BEM Serlez sur la carte du major). Un bataillon du 2 Cy occupera les lisières du village en second échelon et le charroi sera dirigé sur Becelaere où s’installera le PC du CC/2 DC. Une rencontre avec l’ennemi étant possible, la marche sera couverte par une avant-garde ».

Le groupe se met en marche à 10 h 00 et est survolé à plusieurs reprises par l’aviation ennemie.

Vers 11 h 00, l’avant-garde atteint Dadizele, encore occupée par les Anglais qui plient bagages, sous le bombardement de l’aviation allemande. Au loin, on distingue la ville de Menin en feu.

L’escadron AB est envoyé 2 km en avant de la position, pour protéger, les reconnaissances du terrain.

L’escadron du lieutenant André Gosse (6/2 ChCh) prend position au sud-ouest, l’escadron du capitaine André Massart (2/2 ChCh) au nord-est, les mitrailleuses et les canons de 47 mm de l’escadron du capitaine Boulvin (3/2 ChCh) étant répartis entre ces deux escadrons.

Le commandant du 2 L fait savoir que les motos doivent être reportées à 3 km au nord du village et qu’un groupe du 18 A est en appui du sous-secteur.

Le 3 L n’étant pas encore arrivé, le flanc droit est couvert provisoirement par l’escadron AB.

Vers 12 h 00, les derniers fantassins belges, venant du sud, traversent la position.

Dès 14 h 30, les éléments avancés ennemis entrent en contact avec la position et les AB ouvrent le feu.

Vers 15 h 00, tous les points d’appuis sont soumis à de violents tirs d’artillerie qui déclenchent les tirs d’arrêt de notre 18 A.

L’ennemi accentue sa pression et les commandants d’escadron sont appuyés alternativement par le 18 A et les AB de l’escadron du capitaine G. Delatre.

Le peloton en protection de l’état-major est mis en ligne. A la tombée de la nuit, la progression ennemie est enrayée et les tirs d’artillerie cessent.

La nuit est mise à profit pour ravitailler en munitions.

Les ordres étaient de « tenir », et les positions ne sont pas entamées.

ESCADRON CYCLISTES 1 DI (Esc Cy1 DI)

La veille au soir, l’Esc Cy 1 DI occupe la ligne Kloekhoek – Schoonwater avec le Ier groupe du 1er régiment léger de gendarmerie (I/1 RL) aux ordres du IV CA.

Le 4 Li recule durant la nuit, découvrant ainsi les arrières du 1er peloton de l’escadron cyclistes.

A 08 h 00, la 1 DI signale au IV CA que le 4 Li est en position sur la Lys, assurant la liaison avec la 22e brigade britannique par l’escadron cyclistes ; en arrière, le Bn Motos ChA.

Un tir est demandé aux Anglais sur une concentration de véhicules allemands au champ d’aviation de Wevelghem. Les Anglais obtempèrent avec une unique salve de trois obus ….. au but !

Le QGQ ayant décidé de regrouper ses forces, la 1 DI passe au I CA et ses débris se replient vers l’ouest, recueillis par le Bn Motos ChA. L’escadron et le 4 Li se replient à 09 h 40

A 10 h 40, l’escadron est mis en réserve de DI à Vijfwegen, où il est rejoint par son échelon.

A 13 h 00, l’escadron est rassemblé dans une ferme au sud de Dadizele.

A 16 h 30, il est envoyé à Moorslede aux ordres de la 2 DC, où il arrive vers 19 h 00. Il est ensuite envoyé en renfort du 2 L avec mission de renforcer son second échelon, constitué par un bataillon du 2 Cy.

GROUPE CYCLISTES 17 DI (Gp Cy 17 DI)

Aux ordres du I CA, le groupe est cantonné la veille à Hanselseckstraat, dans la région de Ruddervoorde.

Vers 11 h 00, le I CA (1 DI, 2 DC, 15 DI) donne ordre au Gp Cy 17 DI de rejoindre le hameau de Kaphoek, près de Oostnieuwekerke, dans la région de Roulers.

A 16 h 40, le groupe cyclistes, seule réserve de la 2 DC, est envoyé sur le champ à Becelaere, où il arrive à 18 h 45, et reçoit l’ordre d’occuper une position entre Gheluwe et Wervicq, où il doit assurer la liaison avec les Britanniques.

Le Gp Cy 17 DI arrive à Wervicq à 19 h 30, et termine son installation vers 21 h 00, avec son 1er escadron au nord du secteur et le 2e escadron au sud, en liaison à vue avec les Britanniques.

A 23 h 00, 1er escadron et 2 Cy repoussent des éléments ennemis, qui s’étaient infiltrés entre le groupe cyclistes et le 1 L.

A 23 h 15, le 2e escadron fait savoir que les Anglais, avec lesquels il a liaison à droite, se replient au sud de la Lys.

Le reste de la nuit sera calme.

4e LANCIERS (4 L)

Le 25 mai à 05 h 00, le 4 L quitte l’Escaut maritime pour rejoindre la voie de chemin de fer Ypres – Roulers, transformée en obstacle antichars par une rame continue de wagon, placés bout à bout.

Son escadron moto (7/4 L) reste toutefois aux ordres de la 1 DC,

A 13 h 00, le 4 L est en place avec ses deux groupes de part et d’autre de la route Moorslede – Roulers, le I/4 L au sud-ouest, le II/4 L au nord-ouest.

A 17 h 00, la position du Ier groupe est inchangée et le IIe groupe passe à l’aile droite, et est mitraillé par la Luftwaffe durant son déplacement.

Le soir, vers 20 h 00, la position est mitraillée par une quinzaine d’avions ennemis.

 

  Pour l'ensemble des opérations, le régiment déplore la perte de 89 tués, dont 5 officiers, 9 sous-officiers et 75 brigadiers et soldats.

De plus, 25 militaires du Régiment, résistant à l'envahisseur, mourront sous les balles nazies ou dans les camps de concentration durant les années d'occupation.

 

Le 3e Régiment de Lanciers inscrit une nouvelle citation "LA LYS 1940" dans les plis de son glorieux étendard.

 

Les Pays-Bas capitulent le 15 mai.

Le 23 les Anglais se replient sur Dunkerque.

 

Le 25 mai au matin, le Roi lance à ses troupes la proclamation suivante :


"Soldats, la grande bataille que nous attendions a commencé. Elle sera dure.

Nous combattons avec toutes nos forces et une suprême énergie.

Nous luttons sur ce sol où, en1914, nous avons arrêté victorieusement l’envahisseur.
Soldats, la Belgique espère que vous ferez honneur à vos drapeaux.
Officiers, sous-officiers et soldats, quoiqu’il arrive, mon sort sera le vôtre.
Je fais appel à votre volonté, à votre discipline, à votre confiance.
Notre cause est juste et pure.
La Providence nous aidera.
Vive la Belgique !
"


L'armée belge résiste; elle permettra aux troupes françaises et anglaises de se retirer et en partie de se sauver, mais que peut- elle faire devant la déferlante allemande ?
 

 Déclaration du Roi à ses ministres le 25 mai 1940

"Je suis décidé de rester.
Au-dessus des considérations les plus solides au point de vue logique ou politique, il y a des raisons de sentiment sur lesquelles on ne peut passer.
Quitter mon armée serait une désertion.
Je dois, quel qu'il soit, partager le sort de mes troupes..."

..."La décision que je prends m'est affreusement pénible.
J'aurais la vie, certes, plus facile si je me retirais en France, si j'allais y vivre avec mes enfants, en attendant la fin de la tourmente;
mais je crois que lorsque deux routes s'ouvrent devant nous, celle du devoir est toujours la plus dure.
C'est celle-là que j'ai choisie".

ET ENSUITE, LA Reddition

Le 28 mai 1940, Sa Majesté Léopold III annonce la reddition de l'armée belge, désavoué par son gouvernement.

 

Comprendre la reddition

En mai 1940, l'issue de la bataille de la Lys - achevée en reddition - doit se comprendre en considérant que le problème était autant politique que militaire. Pour s'en rendre compte, il n'est pas besoin d'évoquer l'historien militaire du XIXe siècle Clausewitz qui liait les deux facteurs, car la situation militaire en mai 1940 et les événements politiques des années d'avant-guerre parlent d'eux-mêmes.

Sur le plan militaire, la décision royale résultait d'une constatation évidente: à l'issue de la percée de Sedan, de la campagne de France et de la campagne des 18 jours, il n'y avait plus aucune chance pour l'armée belge de continuer la guerre du fait du retrait soudain de l'armée anglaise vers Dunkerque pour s'y réembarquer. Cette retraite est un fait majeur des débuts de la Seconde Guerre mondiale. L'armée belge se trouvait découverte sur son flanc droit sans possibilité de combler le vide créé par l'abandon anglais et alors que la zone des combats était encombrée par 2 millions de réfugiés soumis aux bombardements allemands et à des atrocités, comme lors du massacre de la population de Vinkt (qui rééditait les exactions allemandes de 1914). Dans l'esprit du roi, il fallait arrêter ce qui pouvait dégénérer en massacre, aucune mesure n'étant prise pour sauver au moins une partie de l'armée belge à Dunkerque. Les Belges étaient sacrifiés, comme a bien dû l'avouer l'attaché militaire anglais auprès du roi, l'amiral Sir Roger Keyes, ce que celui-ci reconnaît dans ses mémoires.

Sur le plan politique, il faut savoir qu'une méfiance à l'égard de l'Angleterre était née dans l'esprit du roi depuis l'occupation de la rive gauche du Rhin par l'Allemagne au mépris du traité de Versailles, et cela sans réaction des anciens alliés de 1914-18. Méfiance grandissante après l'accord de Munich qui sacrifiait la Tchécoslovaquie à l'annexionnisme hitlérien, le premier ministre anglais Chamberlain renonçant, de concert avec le premier ministre français Daladier, à intervenir sur le continent. Tous deux choisissaient le déshonneur plutôt que la guerre selon les paroles de Churchill. La motivation politique de la méfiance royale était encore renforcée par un fait inconnu du public à l'époque, et encore largement ignoré depuis, c'est la tentative secrète de Chamberlain d'offrir à l'Allemagne un partage de l'Afrique au détriment du Congo belge, démarche restée secrète mais que le roi apprit par des renseignements confidentiels. Cela n'avait rien pour rassurer sur l'engagement anglais aux côtés de la Belgique.

Et d'ailleurs, sur le plan militaire, il avait fallu constater que, lorsque le gouvernement de Londres s'était décidé à entrer en guerre, de concert avec la France, en septembre 1939, le monde entier avait pu constater l'impréparation britannique révélée par l'envoi de 2 divisions pour atteindre, petit à petit, le chiffre de 10 le 10 mai 1940, alors que la Belgique mettait en ligne 22 divisions dès octobre 1939. Aussi, rendu défaitiste par la politique d'avant-guerre de la Grande Bretagne et constatant, le 28 mai 1940, que la Belgique était abandonnée, le roi crut qu'il adoptait une attitude digne en se voulant prisonnier des Allemands avec ses soldats, ceci afin, dit-il, de ne pas les abandonner. Il ne s'en attira pas moins les foudres du premier ministre anglais Winston Churchill qui avait lui-même donné l'ordre de rembarquement de l'armée anglaise, mais feignait d'ignorer que c'était cette décision qui était la raison principale du défaitisme royal. Quant au premier ministre français Paul Reynaud, il avait lancé sa condamnation de la capitulation sans rien connaître des motivations profondes du roi et de la situation sur le terrain des combats. C'est que Reynaud n'était pas tenu au courant de la situation des armées du nord. Il avait d'ailleurs déjà dû reconnaître son ignorance des opérations militaires le 15 mai, lors d'une conférence avec Chuchill et le général en chef Gamelin, lorsque celui-ci avait avoué qu'il n'y avait plus de réserves françaises pour contre attaquer. Cela, Reynaud en avait tout ignoré jusque là. Comme le 28 mai, lorsqu'il crut que l'armée belge abandonnait ses alliés, alors que ce sont les Anglais qui, en se préparant à rembarquer, abandonnaient le front de l'armée française du nord et de l'armée belge.

Quant au gouvernement belge, dirigé par le catholique Hubert Pierlot et comprenant notamment le socialiste Paul-Henri Spaak, il estimait de toute façon qu'il était nécessaire que le roi poursuive la lutte avec les alliés hors du territoire national. C'est ce que ce gouvernement décida de faire seul, sans le roi, après quelques tergiversations, grâce à quoi la Belgique pu continuer la guerre avec quelques forces qui seront regroupées en Grande-Bretagne dès la participation de 28 pilotes belges dans la bataille d' Angleterre suivie de la constitution de trois escadrilles et d'une nouvelle force terrestre et aussi grâce au Congo belge avec sa puissance économique et ses quelques forces militaires victorieuses plus tard contre les Italiens d'Abyssinie. Tout cela en se passant de l'avis du roi devenu incapable de régner puisqu'il était prisonnier, la Constitution nationale belge suspendant l'exercice du pouvoir royal lorsque le roi n'a plus la capacité d'exercer librement les devoirs de sa charge.

A la motivation politique fondée sur le comportement britannique passé et présent s'en ajoutait une autre fondée sur l'avenir: le roi entrevoyait une tragédie nationale représentée par une politique allemande de division de la Belgique en deux états distincts dont la crainte lui serait venue en constatant le renoncement au combat de plusieurs troupes flamandes. Ceci pouvait inciter l'ennemi à croire que le démantèlement du pays serait possible en encourageant le séparatisme de certains milieux flamands. Pour cette raison, le roi crut qu'il devait rester en Belgique, même sous occupation, pour empêcher par sa présence, que soit rééditée la division du pays opérée durant l'occupation allemande de la première guerre mondiale, alors, pourtant, que, de 1914 à 1918, l'armée belge n'avait cessé de combattre sous les ordres du roi Albert sur la portion de territoire national restée libre. Cela n'avait pas empêché les Allemands de chasser l'administration belge de Bruxelles pour l'installer de force à Namur, la Flandre et la Wallonie étant séparées en vue de tomber sous la coupe de l'empire allemand.

En mai 1940, la défaite sur le continent pouvait-elle fortifier le camp anglais favorable à une paix de compromis avec l'Allemagne ? Il aurait fallu, pour cela, une défaite de Churchill devant le parlement de Londres. À la fin de mai, dans l'ambiance de la défaite, cette éventualité n'était pas à exclure. Ne pouvait-on craindre, dans ces conditions, à la résurgence du projet d'avant guerre par lequel le premier ministre anglais Chamberlain avait voulu offrir le Congo belge à Hitler dans l'espoir de tarir les ambitions impérialistes du dictateur ? Le roi pouvait le croire. Il savait que la proposition en avait été faite à Hitler le 3 mars 1938 par l'ambassadeur anglais Henderson. Le roi en avait très vite été alerté par le réseau de relations qu'il avait dans la noblesse anglaise. Mais Hitler avait répondu qu'il valait mieux rendre à l'Allemagne son domaine colonial d'avant 1914 conquis par l'Angleterre (l'Est africain allemand) et la Belgique, le (Rwanda-Burundi) que le congrès de Versailles lui avait enlevé. Dans ce cas, l'Angleterre aurait dû quitter l'Est africain dont la prise avait assuré à ses colonies une continuité territoriale du Cap au Caire. Cela, ni le gouvernement de Londres, ni l'opinion publique anglaise ne l'auraient accepté. Aussi Chamberlain dut-il renoncer à un marchandage qui aurait réédité celui de Munich, en 1938, qui immolait la Tchécoslovaquie avec la complicité résignée de Daladier pour la France. Mais Hitler avait orienté sa stratégie avant tout vers la conquête d'un espace vital en Europe. De plus, en 1938, l'armée allemande n'avait heureusement pas les moyens logistiques d'envoyer une force militaire en Afrique. Sinon, qu'aurait pu faire la Belgique, avec la Force Publique du Congo telle qu'elle était en 1939 ? Et l'Allemagne aurait-elle envahi la Belgique pour imposer sa mainmise sur le Congo en vertu d'un traité léonin, alors que l'armée belge était encore plus faible qu'elle le serait en 1940 ? Dans ce cas, l'Angleterre aurait-elle dénoncé la garantie donnée à la Belgique en 1936 de la défendre pour pouvoir, au contraire, l'attaquer de concert avec l'Allemagne dans le but d'imposer un traité en infraction avec le droit international ? Et qu'aurait fait la France en pleine réorganisation militaire devant un conflit éclatant à sa frontière nord alors qu'en 1936 elle avait, elle aussi, apporté sa garantie au maintien de l'indépendance de la Belgique et de l'intégralité de son territoire ?

Sinistre perspective que cette politique anglaise à la munichoise qui reniait, pour la première fois depuis 1830, plus d'un siècle de politique de soutien du gouvernement de Londres à l'indépendance belge. Cette politique qui conditionnait l'équilibre européen et qui, en 1914, avait entraîné la guerre de l'Empire britannique avec l'Empire allemand, en application du traité par lequel le Royaume Uni garantissait la neutralité et l'indépendance de la Belgique. Indépendamment de ce que l'on peut penser, par ailleurs, de la politique générale de Léopold III, on peut admettre qu'il soit devenu méfiant, durant la campagne des dix-huit jours, quant au comportement d'un allié dont la duplicité lui avait été révélée par des voies officieuses, car le gouvernement de Londres n'avait évidemment jamais laissé entrevoir son projet de forfaiture.

Pour revenir plus en détails sur les raisons militaires de la reddition, on doit relever l'absence du général en chef anglais, le général Gort, lors de la conférence d'Ypres à laquelle il avait été convié pour y rencontrer Léopold III et le nouveau général en chef français Weygand. Absence inexcusable s'agissant d'une rencontre destinée à mettre au point une contre-offensive alliée de la dernière chance. Absence lourde de sens donc quant à aux intentions anglaises. On sait d'ailleurs que rien n'était prévu pour aider les Belges à sauver une partie de leurs troupes à Dunkerque. Cela est clairement démontré par l'attaché militaire anglais auprès du roi l'amiral Sir Roger Keyes dans son livre "Un Règne Brisé" paru en 1984 et 1985 en Angleterre et en Belgique  Dans cet ouvrage en deux volumes très détaillés, l'auteur prend la défense de Léopold III qu'il considère comme sacrifié avec son armée et son peuple, citant cette phrase que lord Gort a prononcée devant lui et que l'on peut appeler une parole historique, les Belges nous considèrent-ils comme de vrais salauds ? Constatant le lâchage du commandant en chef britannique, le roi Léopold III confie à l'attaché militaire anglais Keyes - comme celui-ci le relate dans ses mémoires - un message personnel au roi d'Angleterre qui sera remis à celui-ci par porteur. Le roi Georges d'Angleterre est le chef nominal des forces britanniques et le roi des Belges veut l'avertir loyalement que l'on ne pourra très bientôt plus compter sur l'armée belge abandonnée. De même, Léopold III prévient les Français en lançant des messages radios vers le général Jean Blanchard qui commande l'armée française du nord et qui sont captés par les services d'écoute du colonel Thierry, comme le relate avec précision le colonel Remy dans son livre "Le 18e jour" consacré au drame belge de mai 1940.

Cependant, des soldats français de la 60e division de l'armée du nord combattaient aux côtés des Belges. Pour leur éviter d'être faits prisonniers du fait d'une reddition qui ne les concernaient pas, le général Van Overstraeten, conseiller militaire du roi, les fit transporter à Dunkerque par des camions belges.
 

 

Les ministres fuient à l'étranger où ils forment un gouvernement en exil.

 

Gouvernement en exil

 En 1940, un déchirement aux conséquences politiques funestes se se déroule en Belgique où le roi Léopold III décide de rester auprès de ses troupes et refuse de suivre son gouvernement en exil. Le 28 mai 1940, il décide de capituler, provoquant ainsi la colère de Paul Reynaud qui l’accuse, dans une intervention radiodiffusée, de trahison. Le gouvernement belge en exil en France est gagné, en juin-juillet, par le défaitisme et se dissout. Seulement quatre ministres (Camille Gutt, Albert De Vleeschauwer, Hubert Pierlot et Paul-Henri Spaak) acceptent de s’exiler à Londres.

Albert De Vleeschauwer
Camille Gutt Albert De Vleeschauwer Hubert Pierlot Paul-Henri Spaak

Au cours de cette période, le gouvernement belge craignait qu’un exil à Londres signifie une mise sous tutelle de la Belgique par la Grande-Bretagne. La capitulation du roi ayant été largement diffusée dans la presse du monde entier et l’attitude défaitiste du gouvernement étant bien connue des milieux alliés, la Belgique sera perçue pendant la guerre par les Anglo-Saxons, en particulier par W. Churchill et F. D. Roosevelt, comme un allié de troisième ordre. La Belgique ne peut plus prétendre bénéficier d’un rayonnement similaire à celui qui avait suivi la Grande Guerre.

Après bien des hésitations et des péripéties, le 22 octobre 1940, Spaak et le Premier ministre Pierlot arrivent à Londres et rejoignent De Vleeschauwer, ministre des Colonies, et Gutt, ministre des Finances, qui les ont précédés. Réduit à quatre membres, qui se répartissent entre eux plusieurs départements ministériels, le cabinet se reconstitue. Le 6 décembre, Spaak proclame enfin officiellement que la Belgique reste en guerre contre l’Allemagne et devient l’alliée de l’Angleterre. En 1940, le crédit du gouvernement belge auprès des Alliés est au plus bas, suite à la capitulation et au ralliement tardif d’une partie du gouvernement. L’absence du chef de l’État se fait sentir, surtout dans les relations du gouvernement belge en exil avec les grandes puissances, qui ne le consulteront pratiquement jamais au cours de la guerre. Les relations belgo américaines au cours de la Seconde Guerre se révèlent particulièrement froides, le peu de sympathie de Roosevelt envers Spaak constituant un facteur aggravant. Les Belges sont donc perçus comme des alliés de seconde zone, dont l’attitude n’a pas été nette et en qui on n’accorde qu’une confiance limitée. Rapidement, un rapprochement s’esquisse entre le gouvernement belge en exil et les autres petites nations alliées en exil, notamment avec les Luxembourgeois et les Néerlandais ; ce qui aboutit à la création du Benelux, projet destiné à créer un groupe des petites nations d’Europe occidentale, capable d’être écouté par les grandes puissances.

 

LEOPOLD III PRISONNIER A LAEKEN

Prisonnier à Laeken, Léopold III s'abstient publiquement, sous l'occupation, de toute activité politique.
En homme courageux, fidèle à la tradition et comme son père le Roi Chevalier Albert, Léopold III restera en Belgique avec son peuple et usera de toute son influence afin d'éviter au peuple belge de souffrir sous la botte hitlérienne.

Rencontrant le 19 novembre 1940 Hitler à Bergchtesgaden, il lui demande un allègement des charges d'occupation, un meilleur ravitaillement de la population et la libération des militaires Wallons encore prisonniers en Allemagne (les Flamands ont été pour la plupart libérés).

Interrogé par Hitler sur sa manière de voir l'avenir de son pays, Léopold III répond seulement souhaiter le rétablissement de l'indépendance de la Belgique.

Léopold III est déporté le 7 juin 1944 en Allemagne.
Ses actes lui seront injustement reprochés par le monde politique qui a préféré s'exiler en sécurité à l'étranger.
Qualifié de lâche par certains alliés qui n'ont pas pu résister bien plus longtemps et par un gouvernement manipulateur, l'histoire lui donnera raison.
Les nations reconnaîtront que grâce à son courage et à la ténacité dont elle fit preuve jusqu'à la limite de ses possibilités, la petite armée belge commandée par son Roi permit aux Français et aux Anglais de sauver une bonne partie de leurs troupes et de préparer ainsi la suite de la guerre.


Mais dès le début certains comme Sir Roger Keyes qui était à ses côtés pendant la bataille le soutiendront et témoigneront en sa faveur.
Il était l’officier supérieur nommé, dès l’invasion allemande, par le premier ministre britannique Winston Churchill, en qualité d’officier spécial de liaison auprès du roi Léopold jusqu’à la veille de la capitulation.

Sir Roger Keyes qui était aux côtés du Roi Léopold III dès le début

Déclaration de Sir Roger Keyes

Son gouvernement et le notre avaient demandé au roi Léopold de quitter son pays et de poursuivre la guerre du dehors. Il me répondit qu’en tant que commandant en chef de son armée, qui livrait une bataille désespérée, il avait à partager le sort de ses troupes. Sa mère, la reine Elisabeth, demeurait tous ces derniers jours avec lui et choisit de partager sa captivité. Le Roi me déclara qu’il réalisait combien sa position serait difficile mais qu’il voulait user de tous les moyens pour empêcher que ses concitoyens ne fussent obligés de s’associer à une action dirigée contre les pays qui avaient essayé d’aider la Belgique dans son malheur.
Comme le Roi et la Reine refusaient de m’accompagner en Angleterre et que l’ennemi approchait de Bruges, je me séparai de leurs majestés le 27 mai à 22h.00 et partis pour Nieuport où, le 28 mai juste avant l’aube, j’embarquai à bord d’un torpilleur.
L’on sait que le roi Léopold ne conclut pas de paix séparée et qu’il est prisonnier de guerre.
Pour une seconde fois, l’adversité à écrasé son pays, mais les Belges peuvent être fiers de leur Roi car il a prouvé qu’il était un soldat courageux, un allié loyal et le digne fils de ses magnifiques parents

 

Autre déclaration:

Celle du Major-Général Vicomte Monckton of Brenchley C.B.E., O.B.E. M.C. publia une lettre dans le Sunday Telegraph du 7 octobre 1984.


« J’éprouve encore un sentiment de culpabilité devant les accusations lancées contre l’Armée belge et son Roi.

Comme jeune chef de peloton dans un régiment de cavalerie, j’ai pu m’échapper vers Dunkerke grâce, dans une large mesure, à la vaillance de l’Armée belge qui avait empêché les Allemands de submerger le Corps expéditionnaire britannique avant le début de la retraite.

Les Belges nous ont prévenus avec un préavis de 36 heures qu’il ne leur restait pas d’autres solutions que de se rendre mais la Grande-Bretagne ne dit jamais au Roi que notre propre fuite avait commencé presque deux jours plus tôt. »


C'est le début d'une guerre qui dévoilera des atrocités, ce n'est pas qu'une guerre territoriale,
c'est aussi une guerre d'extermination à laquelle beaucoup participeront.

 

Comme en d'autres pays, on l'oublie souvent,
on assistera à des scènes de collaboration entre les allemands et les milieux d'extrême droite.

 

Pendant cette période troublée, la collaboration apparait plus importante en Flandre. En fait, une attitude politique en Flandre - parfois séparatiste et pronazie, parfois pas - qui vise à poursuivre les buts du mouvement flamand sous l'Occupation, rend celle-ci plus visible et peut-être plus importante si l'on prend en compte les dossiers ouverts par la Justice pour faits de collaboration (62 % des condamnés pour collaboration seront des flamands par des tribunaux composés de juges flamands pour respecter la loi sur l'emploi des langues). En Wallonie, la Résistance est plus évidente et efficace, notamment par le nombre plus élevé des attentats (80 % des sabotages commis à travers l'ensemble du pays), la présence de 70 % de la presse clandestine, et un sous-bassement tant idéologique (communistes, socialistes, chrétiens, prêtres, patriotes belge de droite et de gauche, mouvements wallons), que sociologique (la plus grande industrialisation) plus favorables. 79 titres de journaux de la Résistance sur 95 sont de langue française. 26.016 (60,3 %), prisonniers politiques sur 43 113 sont wallons ou francophones.

Des réseaux d'évasion fonctionnèrent dès la fin de 1940 pour permettre aux Belges qui voulaient quitter le pays de gagner l'Angleterre afin de participer à la guerre. Un réseau, le réseau Comète (Comet Line), était spécialisé dans l'évacuation de pilotes des aviations alliées dont les appareils avaient été abattus lors des raids aériens de la R.A.F. et de l'U.S.Air Force. Ces réseaux clandestins s'étendaient à la France et à l’Espagne.

C'est surtout au sud-est de la Belgique, surtout en Ardenne, que la résistance peut former des nids de combattants clandestins en profitant du terrain accidenté et forestier, surtout en Ardenne. Mais des sabotages sur le réseau ferré et dans les usines ont lieu un peu partout favorisés par les parachutages d'armes et de radiotélégraphistes chargés de la coordination avec le commandement allié de Londres.

Il convient de lire ce qui se rapporte à la résistance avec le sens de la nuance et en répudiant tout manichéisme: la Flandre n'a pas été que collaboratrice et Bruxelles et la Wallonie n'ont pas été que résistants. Sur l'ensemble des résistants arrêtés, 43 % l'ont été en en Wallonie, 35 % en Flandres, et 22 % à Bruxelles.

En tout, plus de 30 000 résistants ont subi l'arrestation, dont 15 000 perdront la vie. Plus de 6 000 déportés politiques belges ont péri dans les camps de concentration nazis. La collaboration a, quant à elle, concerné plusieurs dizaines de milliers "d'inciviques" belges.

Le courant "rexiste" a perdu de son influence (4 députés en 1939 contre 26 en 1936), et les déclarations de Léon Degrelle sur la germanité des Wallons en janvier 1941, à Liège, le discréditent. Le fait que Degrelle se soit engagé dans la collaboration militaire en est peut-être un signe. La 28e division SS Wallonie représentera la part la plus importante de la collaboration militaire avec l'Allemagne.

Tandis que les collaborateurs sont de plus en plus isolés et haïs, la Résistance active est de plus en plus manifeste et aboutit à des affrontements directs avec les troupes allemandes, surtout dans les semaines qui suivent le débarquement allié de juin 1944. Sans jamais rassembler plus de 3 % de la population adulte, presqu'exclusivement masculine, la résistance jouit de la sympathie croissante de l'écrasante majorité des Belges.

 

D'autres choisirent donc la voie de l'honneur en accomplissant leur devoir de soldat, en entrant en résistance ou en rejoignant les Brigades d'Irlande.

Les brigades d'Irlande, furent formées en grande partie de volontaires.
Cinq brigades reçurent ainsi un entraînement complet en Irlande dans le courant de l'année 1945.
Elles devaient être mises en action comme unités combattantes à part entière.
Après la reddition de l'Allemagne, ces brigades ont été destinées à rejoindre l'Extrême-Orient pour continuer le combat contre les Japonais.
Heureusement, le Japon capitula le 8 août après avoir subi les deux bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki, et les brigades d'Irlande constituèrent le premier noyau de notre nouvelle armée nationale indépendante.


Ces six brigades étaient à constituer très vite car elles devaient être susceptibles de prendre part à l'effort de guerre allié en cas de poursuite des hostilités.
Tandis que la la 1ère brigade du Colonel Piron était réorganisée en Belgique pour reprendre le combat au plus tôt, cinq brigades d'infanterie sont constituées à partir de décembre 1944.
Après une phase de formation d'une quinzaine de jours en Belgique, les brigades partent pour une période d'instruction de six mois en Irlande du Nord.
Chacune des brigades porte le nom d'une citation octroyée à un régiment d'infanterie lors du premier conflit mondial.
A l'exception de la 6e brigade qui se rattache aux traditions de la 1ère division de chasseurs ardennais de 1940.

Les différents brigades d'Irlande :
- 2e brigade d'infanterie " Yser ", traditions du 1er régiment de ligne, créée le 12 décembre 1944.
- 3e brigade d'infanterie " Rumbeke ", traditions du 1er régiment de carabiniers, créée le 12 mars 1945.
- 4e brigade d'infanterie " Steenstraet ", traditions du 1er régiment de grenadiers, créée le 15 mars 1945.
- 5e brigade d'infanterie " Merckem ", traditions du 1er régiment de chasseurs à pieds, créée le 4 mai 1945.
- 6e brigade d'infanterie " Deinze ", traditions de la 1ère division de chasseurs ardennais, créée le 10 juin 1945 via les effectifs des 1° - 2° et 3° bataillons de fusiliers de la 11° brigade de fusiliers.
 

insigne de la 2e Brigade d'Irlande Brigade d'infanterie  Yser
Yser
YSER.htm

insigne de la 3e Brigade d'Irlande Brigade d'infanterie  Rumbeke
Rumbeke
Rumbeke.htm

insigne de la 4e Brigade d'Irlande Brigade d'infanterie S Grenadiers
Steenstraet
Steenstraete.htm

insigne de la 5e Brigade d'Irlande Brigade d'infanterie Merckem
Merckem
Merckem.htm

insigne de la 6e Brigade d'Irlande Brigade d'infanterie  Deinze

Deinze
Deynse.htm

Insigne du Quartier Général des Brigades d'Irlande

Insigne du QG des Brigades d'Irlande

    

Battle-Dress  d'un Sergent de la 5e brigade Merckem

Étant donné la longueur de la période d'instruction et le déroulement des opérations militaires, ces brigades ne pourront participer aux combats. Les brigades revenues en Belgique, elles sont réorganisées en 1946 puis endivisionnées et dirigées vers l'Allemagne occupée. Au même moment est créé le Q.G. du 1° corps d'armée.
Ces brigades cessent d'être indépendante du fait de leur endivisionnement et perdent ainsi leur appellation traditionnelle.

Aujourd'hui encore, les membres de ces unités combattantes ont du mal à faire valoir leurs droits d'anciens combattants devant l'Etat belge.

 

Le tournant de la guerre (1942-1943)

 A l’aube de l’année 1942, l’Europe est quasiment allemande et le Japon règne sur un empire maritime gigantesque. Mais en quelques mois, la situation va complètement changer:

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Chez les Alliés, une véritable économie de guerre se met en place afin de satisfaire les besoins des armées

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L’Allemagne met, elle aussi, son économie au service de la guerre mais elle n’arrive pas à concurrencer les Etats-Unis qui, à eux seuls, fabriquent plus que toutes les dictatures réunies.

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      Les Alliés prennent également l’habitude de se rencontrer afin d’accorder leur stratégie. Le haut commandement des forces alliées sur le front de l’Ouest est confié au général Eisenhower.

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      Par ailleurs, les troupes nazies doivent maintenant combattre sur plusieurs fronts et surveiller de longues frontières.

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      Les territoires conquis deviennent donc difficilement tenables face à la pression des Alliés.

 

Les premières victoires

Sur le front russe

L’avancée allemande sur le front russe permet à Hitler d’affiner ses objectifs :

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Il veut s’approprier le pétrole du Caucase

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Il veut empêcher l’URSS à s’approvisionner en produits américains en coupant la route qui passe par l’Iran

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Il veut enfin conquérir la ville de Moscou

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      A Stalingrad, les Russes cherchent à gagner du temps jusqu’à l’arrivée de l’hiver. L’offensive débute en novembre, dans la neige et le brouillard. Les Allemands capitulent le 2 février 1943.

 

Dans le Pacifique

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    Les Américains remportent plusieurs victoires aéronavales qui leur permettent de prendre l’ascendant sur les Japonais. La bataille de Midway (du 3 au 6 juin 1942) marque ainsi le début du repli japonais.

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    La reconquête du Pacifique proprement dite commence en août 1942 avec le débarquement à Guadalcanal (îles Salomon) qui permit de lever la menace qui pesait sur l’Australie et la Nouvelle Zélande

 

En Afrique

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La situation est plutôt favorable aux puissances de l’Axe jusqu’à ce que le général britannique Montgomery lance, en octobre 1942, une contre-offensive alliée en Afrique du Nord. La victoire d’El Alamein (en Egypte) contraint Rommel de battre en retraite.

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Un mois plus tard, les troupes américaines et britanniques s’attaquent aux ports marocains et algériens sous le commandement du général Eisenhower. Ces attaques provoquent la colère d’Hitler qui envahit la « zone libre » française et envoie les Panzertruppen de Rommel en Tunisie. C’est encore un échec pour les Allemands ! Rommel est rappelé en mars 1943.

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A partir du mois de mai 1943, il n’y a plus un seul soldat de l’Axe sur le territoire africain. La victoire des Alliés est en marche !

La reconquête (1943-1945)


Le débarquement en Italie

Les troupes alliées débarquent en Sicile le 10 juillet 1943 et le 17 août, les dernières unités de l’Axe se rendent.

Cette victoire des Alliés se traduit par des actes importants au niveau politique italien :

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Dans un premier temps, Mussolini est destitué et arrêté le 25 juillet 1943

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Le 12 septembre, le Duce est libéré par un commando allemand

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L’Italie est partagée en 2 parties :

  - Au Sud, un nouveau gouvernement est dirigé par le maréchal Badoglio qui signe un armistice avec les Alliés le 3 septembre 1943

  - Au Nord, la République Sociale Italienne est confiée à Mussolini placé sous les ordres des nazis.

Entre-temps, les Alliés débarquent sur le continent le 9 septembre 1943. Les combats sont très violents mais peu à peu l’Italie est reconquise aux nazis :

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A la fin de l’année 1943, les troupes alliées sont arrêtées par les Allemands sur la ligne Gustav

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Le 22 janvier 1944, débarquement à Anzio

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Le 4 juin 1944, les Alliés entrent dans Rome qui est déclarée ville ouverte

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En août 1944, les Alliés atteignent la ligne gothique où ils sont bloqués pendant plusieurs mois

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En avril tout le Nord de l’Italie est libéré

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Mussolini est arrêté et exécuté le 28 avril 1945.

Le débarquement en France

Le 6 juin 1944 débute l’opération Overlord qui permet de débarquer sur les plages de Normandie quelque 100.000 hommes placés sous le commandement du général américain Eisenhower. En moins de 2 mois, les Alliés débarqueront un total de 1.500.000 hommes et 330.000 véhicules.

Petit à petit les troupes libératrices quadrillent la France pour chasser l’occupant allemand :

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En Provence, Français et Américains commandés par le général De Lattre de Tassigny, débarquent le 15 août 1944

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Les troupes de Patton libèrent la Bretagne

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Le 22 août, le général Leclerc libère Paris


Après la France, la Belgique et la Hollande sont libérées à leur tour.

En Belgique, la joie est de courte durée car le 16 décembre 1944, l’offensive von Rundstedt déclenche la Bataille des Ardennes à la surprise générale. L’offensive, dont l’objectif était de s’emparer du port d’Anvers, prendra fin le 24 janvier 1945 par la victoire des Alliés.

En Europe de l’Est

Les troupes soviétiques se chargent de reconquérir les territoires placés sous la coupe des nazis en Europe orientale. Par une invasion systématique, les Russes contraignent aussi à la capitulation des alliés de l’Allemagne :

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La Finlande

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La Roumanie

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La Hongrie

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La Bulgarie

En Yougoslavie, la résistance communiste dirigée par Tito vient seule à bout des troupes allemandes.

La capitulation allemande

Alors qu’en mars 1945, les Alliés ont envahit une partie de l’Allemagne et franchissent le Rhin, Hitler ne s’avoue pas encore vaincu et sort une nouvelle arme : les V2, plus puissants et plus précis que les V1. A bout de ressources, il fait appel à des enfants et à des vieillards pour renforcer les effectifs.

Mais quelques semaines plus tard, Soviétiques et Alliés se rejoignent. Le Reich s’effondre et Hitler se suicide dans son bunker de Berlin.

Les Allemands signent une capitulation sans condition :

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Le 7 mai 1945 avec Eisenhower

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Le 8 mai avec Jukov représentant les Soviétiques

En Europe, la guerre est terminée !

La capitulation japonaise

Dans le Pacifique, les Américains, sous le commandement du général MacArthur, reprennent une à une les îles que les Japonais avaient conquises. Ceux-ci ne sont plus en état de mener des attaques massives car leur marine est quasiment anéantie. Ils continuent néanmoins le combat en faisant appel à des kamikazes.

Une telle résistance risquant de se prolonger, le président des Etats-Unis, Harry Truman, décide d’utiliser une arme nouvelle : la bombe atomique. Deux bombardements se produisent à 3 jours d’intervalle :

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Le 6 août 1945, sur Hiroshima

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Le 9 août, sur Nagasaki


Le 15 août, l’empereur du Japon annonce la reddition de son pays. La capitulation est signée le 2 septembre 1945.

 

L’Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale


Dans l’Europe hitlérienne, les nazis tentent d’instaurer leur « ordre nouveau » basé sur une politique raciste et une exploitation économique des territoires conquis. Tous les pays ne sont toutefois pas logés à la même enseigne, certains bénéficiant d’un statut moins avilissant que d’autres.

*A la tête du 3e Reich, on trouve sans surprise la « Grande Allemagne». C’est un vaste territoire de quelque 100.000.000 d’habitants. Elle comprend :

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L’Allemagne telle qu’elle a été définie par le Traité de Versailles

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L’Autriche, incorporée par l’Anschluss de 1939

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Les Sudètes

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Une partie de la Pologne (l’autre partie relevant de l’Union Soviétique)

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Le Luxembourg

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L’Alsace-Lorraine

 

*Les protectorats. Ils obéissent à un « protecteur » qui ne les protégeait pas le moins du monde, le pays étant livré au chef de la police et aux SS. Ils constituent des réserves de main-d’œuvre et de matières premières et sont peuplés de Slaves, considérés selon la doctrine nazie comme des « sous-hommes ». La Bohême-Moravie est l’un de ces protectorats.

*Les Etats « alliés » de l’Allemagne  jouissent d’un semblant de liberté car ils sont dirigés par des régimes fascistes et autoritaires. Au fil du temps, ils deviendront de simples satellites de l’Allemagne. Parmi ces pays figurent :

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L’Italie

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La Hongrie

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La Roumanie (qui livrait aux nazis des ressources en pétrole et en blé)

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La Bulgarie

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La Slovaquie

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La Finlande

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Le Danemark, surpris par l’agression allemande éclair, avait accepté de placer sa neutralité sous la protection de l’Allemagne. Le régime monarchique subsistait mais le pays fournissait ses produits agricoles et industriels exclusivement aux Allemands qui levaient dans la population des volontaires pour les régiments de SS

 

*Les Etats « vassaux ». Ils sont occupés partiellement par l’armée allemande et leur gouvernement a généralement été installé par les Allemands afin d’assurer leur politique. Le gouvernement de Vichy en zone libre française répond à cette définition.

*Les Etats occupés. Ces pays, qui avaient résisté à l’invasion, doivent être châtiés. Ils sont pillés puis administrés directement par l’armée allemande. Parmi eux figurent :

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La Belgique

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Les Pays-Bas

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Le Nord de la France

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La Serbie

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Le Monténégro

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L’Albanie

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La Grèce

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Les pays baltes

 

*Les Etats neutres, qui ne participent pas activement à la guerre sont néanmoins sous l’influence allemande :

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L’Espagne, le Portugal et la Turquie sont des dictatures

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La Suède et la Suisse gèrent d’importants intérêts économiques du Reich

En Europe, seul un pays résiste « encore et toujours » à l’envahisseur : le Royaume-Uni.

Le code de mauvaise conduite des nazis

Dès les premières conquêtes, les nazis se comportent de manière odieuse et éprouvent une satisfaction malsaine à piller, saccager et exploiter les ressources des territoires envahis :

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Les usines sont réquisitionnées et transformées afin de servir l’industrie de guerre allemande

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Les matières premières et les denrées alimentaires sont confisquées. Les troupes d’occupation ne manquent de rien mais la population est rationnée et affamée.

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Le système du travail obligatoire est instauré :

 - certains travaillent sur place où ils participent à l’exécution de grands travaux (par exemple, la construction du Mur de l’Atlantique)

 - d’autres sont envoyés en Allemagne dans le bâtiment, l’agriculture et surtout dans l’industrie.


Mais les Allemands ont plus d’un mauvais tour dans leur sac. Ils vont instaurer un véritable régime de terreur.

Afin d’élargir « l’espace vital » prôné par Hitler et y installer des Allemands de race pure, il fallait dépeupler des territoires occupés par des « sous-peuples ». Pour y arriver, les nazis ont mis en place une politique de colonisation en direction de l’Est : la Ostpolitik qui consistait à exécuter en masse les Slaves, les communistes et les Juifs et ainsi faire « place nette ». Ce travail fut l’œuvre de commandos spéciaux qui suivaient l’armée allemande : les « Einsatzgruppen ».

Dès 1933, le régime hitlérien a créé des camps de concentration pour y enfermer les Allemands antinazis et les personnes qualifiées « d’asociaux » : les Juifs, les criminels de droit commun, les homosexuels, les témoins de Jéhova, etc. Les camps de concentration doivent permettre de « rééduquer » tous ces gens !

Au cours de la guerre, ce seront tous les opposants européens qui seront déportés  vers ces camps. En y instaurant des conditions de vie, d’hygiène et de travail épouvantables, les nazis arrivent à leurs fins :

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D’une part, ils obtiennent un haut rendement

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D’autre part, ils éliminent les plus faibles

 

En janvier 1942, les nazis instaurent la « solution finale » qui prévoit de déporter systématiquement les Juifs vers les camps d'extermination où ils seront triés :

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Ceux qui sont jugés aptes pour le travail seront dirigés vers les camps de concentration

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Les autres, sont conduits immédiatement vers les chambres à gaz. Il s’agissait de la majorité des femmes, des enfants et des vieillards.

Remarque : Nous ne développerons pas ces épisodes ô combien tragiques de la Deuxième Guerre mondiale car ils dépassent le cadre du présent site. Le visiteur désireux d’approfondir le sujet trouvera facilement quelques sites spécialisés en surfant sur la toile.

Certains collaborent avec l’ennemi, d’autres résistent …

Depuis le début de l’Humanité, il y a toujours eu des « moutons noirs » prêts à se détacher de la masse bien pensante et à se repaître de la souffrance des autres. Le second conflit mondial n’a pas fait exception à la règle et les nazis ont pu profiter des services que leur offraient les traîtres à leurs nations respectives : les collaborateurs, adeptes des idéologies hitlériennes et espérant la victoire de l’Allemagne.

Heureusement, il s’agissait d’une minorité de personnes mais leurs actes, aux conséquences tragiques pour leurs compatriotes, ne leur seront pas pardonnés après l’armistice.

Face à toutes ces exactions, une volonté de lutter dans l’ombre se met en place et aboutit à la création d’un réseau de résistance. Ses objectifs sont variés :

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Interférer dans le bon déroulement de l’occupation par des actes de sabotage ou des attentats

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Permettre, à l’aide de filières, la mise en sécurité des Juifs

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Mettre en place un réseau de renseignements destinés aux Alliés

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En France et en Italie, préparer le terrain pour le débarquement des Alliés

Dans tous les pays occupés, les résistants sont considérés comme des terroristes. Pour eux, le risque est donc omniprésent car, en cas de capture, ils savent qu’ils seront fusillés. Leur courage mérite notre respectueuse gratitude !

          L'armistice et après ?

Après une conférence préparatoire à Yalta en février 1945, la Conférence de Potsdam (du 17 juillet au 2 août 1945) fixe le sort des nations défaites :

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  Les modifications territoriales

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  La question de l’occupation de l’Allemagne par les vainqueurs

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  Les réparations de guerre

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  La dénazification : les réseaux d’influence nazis qui infiltraient l’administration, l’armée et toutes les institutions allemandes doivent être démantelés

Les modifications territoriales

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L’Allemagne

       -Elle perd un quart de sa superficie

       -La ligne formée par l’Oder et la Neisse devient la nouvelle frontière avec la Pologne

       -Elle est divisée en 4 zones d’occupation dirigées par les 4 grands pays vainqueurs : les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni et la France

       -Berlin est également divisée

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L’Autriche subit le même sort

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L’URSS retrouve les territoires perdus pendant la révolution de 1917

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L’Italie cède des territoires à la Grèce et à la Yougoslavie. Elle perd ses colonies africaines

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Le Japon perd toutes ses dépendances

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La Chine reçoit la Mandchourie et Formose

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La Corée est occupée au Nord par les Soviétiques et au Sud par les Etats-Unis

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Les Etats-Unis reprennent possession des archipels occupés par les Japonais

Bilan de la guerre


Les accords entre les « Grands » ont donc réglé le sort du monde sans que les autres peuples puissent intervenir. Mais les gens ne s’en inquiétaient pas trop ; ils ne voyaient qu’une chose : la guerre était finie !

Ce fut le conflit le plus meurtrier de tous les temps avec quelque 55.000.000 de morts dont plus de la moitié furent des civils.

Certains ont payé un tribut particulièrement lourd :

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URSS : 21.000.000 de morts

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Chine : 13.000.000 de morts

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Allemagne : 9.000.000 de morts

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Pologne : 5 à 6.000.000 de morts

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Holocauste juif : 5 à 6.000.000 de civils

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Bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki : 100.000 morts

Le règlement de la Seconde Guerre mondiale a également donné lieu à des transferts massifs de populations. Ils ne concernent pas moins de 30.000.000 de personnes qui vont se retrouver sur les routes pour rejoindre leur pays d’origine :

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Des Allemands

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Des Japonais

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Des Polonais qui quittent l’URSS pour s’établir en Pologne, telle qu’elle vient d’être nouvellement défini

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Des millions de prisonniers de guerre ou de travailleurs forcés qui doivent rejoindre leurs foyers

Partout, les destructions sont massives : infrastructures et moyens de communication ne sont plus que ruines. Les populations affamées attendent maintenant d’être enfin nourries convenablement.

C’est la désolation mais l’espoir renaît et déjà des projets s’élaborent …

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