ANVERS - YSER

Le 12 août, le 3ème de Lanciers s'installe
en position sur le flanc nord de sa division, en liaison avec la
Division de Cavalerie du Général de Witte, pour protéger le repli
éventuel de la 4ème Brigade Mixte engagée à Haelen.
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La cavalerie allemande |
Luitenant Général Baron de WITTE |
Il effectue ensuite des patrouilles à l'est des
deux Gettes pendant plusieurs jours, l'ennemi ne se décidant pas, avant
le 18 août, à reprendre son offensive dans ce secteur. Dès lors, le
régiment assure d'abord le flanc-garde de sa division qui se replie vers
Anvers et reçoit, dans la nuit du 18 au 19, l'ordre de recueillir et de
reprendre la mission de la 3ème Brigade qui assure l’arrière-garde. Au
contact des Allemands dans la matinée du 19, les escadrons se replient
progressivement vers Louvain. Dans la confusion qui règne, le 3ème de
Lanciers reçoit l'ordre de rebrousser chemin et de gagner du temps
supplémentaire, avec l'appui d'une section d'artillerie.
Le 1er escadron s'oriente
en direction de Tirlemont, le 2ème vers Diest, et les deux escadrons du
2ème Groupe se dirigent vers le Pellenberg. Vers midi, progressant
vers l'est, ils sont soumis à des engagements violents, l'ennemi s'étant
déjà infiltré plus loin qu'on ne le pensait. Au prix de huit tués et
quatre-vingt disparus dont plusieurs blessés capturés pendant leur
évacuation sanitaire, les escadrons remplissent leur mission et se
regroupent au nord-ouest de Louvain, sur la route de Malines.
Du 20 au 22, le régiment
s'installe défensivement dans la région de Duffel d'où il lance le 23 de
nombreuses patrouilles afin d'effectuer le “ moulage ” des positions
ennemies dans le secteur entre Malines et Aarschot. Le 25 au matin, la
1ère Division d'Armée participe à la première sortie offensive de la
position d'Anvers; Les pelotons les plus avancés du régiment vont
jusque Semst et Hofstade, au sud de Malines. Le 3 septembre, les
escadrons sont rappelés vers la région de Boom.
Cependant, à partir du 4 septembre, un mouvement allemand est observé
en direction de Termonde, Wetteren et Gand. Dès ce moment, la 1ère
Division d'Armée et le 3ème de Lanciers passent à l'ouest de l'Escaut
pour contrer cette menace; les missions confiées à la cavalerie y sont
nombreuses et variées. Le 10 septembre, la diversion allemande prend
fin et le régiment embarque en chemin de fer en direction de Lierre.
Du 11 au 28 septembre, il
participe avec sa division, aux deuxième et troisième sorties d'Anvers
et séjourne dans la région de Malines et au sud de cette ville, puis
retourne à Lierre.
Comme une autre menace
allemande se manifeste vers Herentals, des groupements légers sont
constitués pour chercher des renseignements et battre l'estrade. Le
groupement Hagemans, composé du 3ème de Lanciers, du 4ème de Chasseurs à
Cheval et d'une compagnie de cyclistes, intervient dès le 29 septembre
de façon agressive dans la région des deux Nèthes, puis vers Nijlen et
Herenthout, et sème l'inquiétude dans les rangs ennemis jusqu'au 1er
octobre.
YSER
La prise de commandement d'Albert Ier de
Belgique
Exerçant une prérogative
constitutionnelle, le
roi des Belges
prend personnellement le commandement des
armées.
Tenant bon à
Anvers,
il gêne l'offensive de la
Marne mais
les
Allemands
veulent gagner la mer à tout prix et Albert Ier se voit
en danger d'encerclement. Il décide alors d'évacuer la
ville et pousse les troupes vers l'ouest avec l'idée
d'utiliser un fleuve côtier, l'Yser,
qui servira de défense
Mais les Allemands
développent simultanément leur offensive sur la rive gauche de la Lys,
vers Menin et Ypres; un nouveau groupement est donc constitué pour
protéger la base secondaire d'Ostende. Composé du 3ème de Lanciers, de
deux compagnies d'infanterie et de cyclistes de la 1ère Division
d'Armée, d'un groupe d'escadrons de la 6ème Division d'Armée et de
quatre automitrailleuses, le groupement franchit l'Escaut le 2 octobre
et voyage en chemin de fer le 3 octobre pour débarquer à Bruges dans la
soirée.
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Pertes à
l'issue des combats |
Belgique:
75 000 h.
France: 15 000 h. |

Notre Roi Albert Ier
penché sur une carte d'état-major
Le terrain
L'Yser
est un petit fleuve côtier de 78 km de long qui
prend sa source en France, qui entre en Belgique
après quelque 30 km et qui y décrit un arc de cercle
avant de se jeter dans la mer du Nord à
Nieuport.
A Fort Knokke (ancien fort), il reçoit, venant d'Ypres,
son affluent canalisé l'Yperlée.
Sur le plan militaire, l'Yser
ne constitue pas un obstacle important car la
rivière n'est ni large (15 m environ) ni encaissée.
C'est plutôt l'ensemble de la
région qui n'est guère favorable aux opérations
militaires car il s'agit d'une plaine sillonnée par
de nombreux canaux d'irrigation et ne comportant que
de rares couverts: quelques petits villages et des
fermes isolées. Il y est impossible de creuser des
tranchées car l'eau affleure directement. Les
tranchées de l'Yser
seront le plus souvent construites au-dessus du sol
en empilant des sacs de terre.
Les centres urbains sont
Nieuport
et
Dixmude
sur l'Yser
et
Furnes
en arrière. Un remblai supportant le chemin de fer
entre Nieuport et Dixmude aura, pour la bataille,
une importance capitale.
Tout le long de la côte, un
cordon de dunes renforcé le long de la plage d'une
digue datant du XIVe siècle empêche l'envahissement
de la mer car, lors des marées hautes, la plaine se
situe sous son niveau; il s'agit de polders. A
Nieuport,
un système complexe d'écluses et de déversoirs sert
à réguler les niveaux des eaux intérieures. Il
permettra également de tendre des inondations comme
nous l'expliquerons plus loin.
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Le dispositif initial est le suivant :
Une ligne de
couverture située environ 5 Km à l'est de l'Yser
Cinq avant-postes de la force d'un bataillon : Lombartzijde,
Mannekensverre, Schore, Keiem, Beerst
Trois têtes de pont : Nieuport, Schoorbakke et Dixmude
La position principale courant le long de l'Yser jusqu'à Fort
Knokke avec :
du nord au sud :
La 2e division (secteur de Nieuport)
La 1e division (secteur de Schoorbakke)
La 4e division (secteur de Tervaete)
Les Fusiliers marins de l'amiral Ronarc'h et une brigade de la
3e division à Dixmude
Une brigade de la 6e division entre Dixmude et Fort Knokke
La 6e division (-) étendue sur l'Yperlée jusqu'à Boesinghe en
attente de relève par les alliés
en réserve
La 3e division (-) à l'ouest de Pervijze
La 5e division à Lampernisse
La 2e division de cavalerie à Coxyde
Remarque : la 1e division de cavalerie opère en couverture avec
les Français
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Dès le 4, le groupement se
déplace vers le sud et étend progressivement sa surveillance de l'ennemi
et ses patrouilles vers Iseghem, Tielt, Deinze, Audenaerde, Tournai,
Roulers, Menin et jusqu'à Ypres.
Le 12 octobre, l'Armée
belge quitte la position d'Anvers; Dès lors, le régiment remonte vers le
nord pour reprendre sa place au sein de sa division. Celle-ci
s'installe le 13 entre Bruges et Dixmude, au nord de Cortemarck, pour
couvrir la retraite vers l'Yser. Dès le 14, le 3ème de Lanciers est
déployé en avant, dans la région d'Aertrijcke, et doit freiner l'ennemi
le 15 octobre, pendant que le gros de la division se reporte sur l'Yser,
devant Schoorbakke. Puis, le régiment se replie à travers les bois du
Kroonboek; renforcé d'une compagnie cycliste, de deux automitrailleuses
et de deux sections de canons de 75mm, il s'installe à Leke avec son 1er
Groupe et à Saint-Pierre-Cappelle avec le 2ème. Les 16 et 17 octobre
il pousse des reconnaissances vers l'est.

Entre
-temps,
le 12
octobre également, le régiment reçoit le renfort inattendu d'une trentaine
de cavaliers britanniques de la “ Légion
of FRONTIERSMEN of the Commonwealth ”;
membres du Corps des “ British
Colonial Horses ”,
ces cavaliers
ont décidé de ne pas attendre l'engagement de
leur pays contre l'Allemagne et de rejoindre le continent à leurs
propres frais. Arrivés à Ostende, ils ont offert leurs services à
l'Armée belge qui les affecte au 3ème de Lanciers.
Le 18, dès 08 heures 30,
l'ennemi attaque et tâche d'envelopper Saint-Pierre-Cappelle par le nord
et le sud. L'attaque ennemie prend une telle ampleur que la division
risque d'y perdre tout son régiment de cavalerie; l'ordre est donc donné
au régiment de se replier également derrière le fleuve. Le terrain,
plaine basse sans ondulations, est coupé de nombreux fossés et rend la
cavalerie très vulnérable aux mitrailleuses allemandes.
Le repli, très
hasardeux, surtout au 1er Groupe, s'effectue difficilement sur Schoorbakke.
Le régiment déplore 13
tués ou disparus et 8 blessés dont deux FRONTIERSMEN. Et ce bilan aurait
sans doute été plus lourd sans l'action de nos automitrailleuses.
La bataille de l'Yser vient
de commencer et ne se termine que le 31 octobre. Durant ces 13 jours, le
Commandant de division maintient ses cavaliers en alerte constante et
fait maintes fois appel à des détachements de lanciers démontés pour
combler des brèches dans son dispositif.

Croix de l'Yser
décernée
à ceux qui, entre le 17 et 31 octobre 1914,
faisaient partie de l'armée combattant
au long de l'Yser et qui se sont montrés dignes de cette distinction.

Croix de feu décernée à ceux qui avaient reçu la "Carte du Feu" c.à.d. tout ceux qui ont subi le feu ennemi
au front.
Médaille que l'on retrouve sur la couverture du livre reprenant les
noms de ceux qui ont reçu la Croix de feu

Carte des récipiendaires de la Croix du feu

Carte des membres des Croix du Feu
Ensuite le front se
stabilise derrière les inondations.
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L'armée
belge a du reculer et s'est retranchée dans la région de
l'Yser.
La situation devenait intenable du fait de la différence des
effectifs en présence.
L'éclusier Henri Geeraerts suggère à l'état-major un moyen
d'inonder la plaine pour stopper définitivement l'avancée de
l'armée allemande.
Il faut profiter de l'altitude des polders qui sont sous le
niveau de la mer.
En ouvrant les vannes des écluses à marée montante et en les
refermant à marée descendante, la mer inondera toute la
région.
Du fait du déséquilibre des effectifs en présence,
constatant que la ligne de défense ne pourra tenir
indéfiniment, le roi Albert de Belgique approuve l'opération
qui est menée par le général Dossin.
L'opération aura lieu le 25 octobre.
L'ingénieuse proposition de l'éclusier a permis à l'armée
franco-belge de s'établir solidement sur la rive occidentale
du fleuve et de stopper l'avance de l'adversaire vers un
objectif de grande valeur stratégique : Dunkerque.
À l'exception de deux offensives sur Tervaete rapidement
repoussées les 22, 23 et 24 octobre 1914, la ligne de l'Yser
restera infranchissable pour l'armée allemande jusqu'à la
fin des hostilités en 1918.
Le
19 octobre, le 1er corps britannique sous les
ordres du général sir Douglas Haig, nouvellement arrivé,
lance une contre-offensive contre l'armée allemande depuis
ses positions dans les environs de la ville belge d'Ypres.
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Billet de
1.000 FB représentant l'éclusier Henri Geeraert |
Photo de Henri Geeraert |
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Nos cavaliers partagent désormais
leur temps entre l'entretien de leur monture, à l'arrière, et une foule
de nouvelles missions démontées dans les premières lignes. Engagés comme
de l'infanterie, ils gardent des tranchées, exécutent des patrouilles
dans les lignes ennemies, défendent des avant-postes régulièrement
bombardés et visités par les Allemands, organisent des sections
permanentes de mitrailleuses qui travaillent soit pour le régiment, soit
en renfort d'autres unités de la division.

Situation
des inondations en octobre
C'est ainsi qu'avec leur
Grande Unité, nos lanciers font connaissance avec le secteur de
Ramskapelle entre octobre 1914 et juillet 1915, se familiarisent ensuite
avec celui de Noordschoote-Steenstraete jusqu'en novembre de la même
année, puis gardent les inondations du Waterhoeck jusqu'en janvier 1916.
La 1ère Division d'Armée est relevée en avril et se rend dans le secteur
d'Oud-Stuivekenskerke. Mais dès le mois de juin et jusqu'au 9 septembre
1917, le régiment est détaché successivement aux 6ème, 3ème, 5ème et à
nouveau 6ème Division d'Armée; Il occupe une partie du secteur de Zwijnstal et le pont de Treurniet.
Durant tout ce temps,
l'aspect de nos soldats change profondément. La tenue 1863 et la vareuse
de campagne 1902 disparaissent au profit d'un uniforme plus fonctionnel
et plus discret; le chapka est remplacé par un casque métallique du
modèle Adrian. Le tout d'une couleur qui se confond, dans sa monotonie,
avec la terre de Flandre.
