NOUVEAUTÉ : présenté le 15 avril à l'occasion du concert Ars Musica
- sortie : mai 2008 -

Claude Ledoux | d'Orients

Ensemble Musiques Nouvelles

Berten d'Hollander | Nao Momitani | Jean-Paul Dessy



 

 



 

1_ Sanaalijal pour flute solo et ensemble

 

2_ Bell(e)...s pour piano et ensemble

 

3_6_ Les Ruptures d'Icare L. | quatuor à cordes

Avec une tendresse infinie

Lent et désespéré

Paisible mais réflexif

Avec une tendresse feinte

 

7_ 11_Torrent pour violoncelle et ensemble

Senza misura – misurato – cadenza 1 – avec délicatesse

Cadenza 3 – lento rubato – souple et grésillant – piu vivo – avec une extrême délicatesse

Cadenza 3 – lento (statique et intériorisé)

Terrifiant

Cadenza 4 - lento

 

 

Très vite Claude Ledoux acquiert la conviction qu'une partie du mystère artistique se trouve inscrit dans un Orient plus ou moins lointain. Son oeuvre s'inscrit dans un courant de synthèse musicale où prime une évidente stratégie de l'écriture en vue d'orienter la perception de l'auditeur vers des chemins inconnus de l'écoute occidentale. La fascination qu'exerce sur lui le phénomène sonore incite Claude Ledoux à l'introspection acoustique. Toutefois, son intérêt pour les musiques extra-européennes, plus particulièrement les musiques orientales, l'incite à réfléchir sur l'ornementation instrumentale telle qu'elle est pratiquée dans ces pays, ainsi que sur le rapport gestuel de l'interprète à son instrument. Souvent c'est le schéma d'un discours musical articulé autour d'un matériau simple, évoluant à travers des phases de distorsions et créant de nouvelles sonorités, qui fait l'objet de l'attention du compositeur.

 

 

 

 

Ce disque consacré à la musique pour ensemble composée par Claude Ledoux, reflète la liaison forte qui l'unit à l'Ensemble Musiques Nouvelles, qui sert avec conviction et engagement son écriture. Pièces pour flûte, piano, violoncelle et ensemble ou quatuor, toutes témoignent d'une fascination pour l'art des musiques non européennes, mais avec un respect dans l'écriture qui évite l'enchaînement d'anecdotes musicales. Il en résulte une invitation à la réflexion sur le "son" comme point focal ouvrant sur d'autres perspectives du monde : le monde intérieur de la spiritualité et le monde extérieur des pensées et des mouvements corporels

Il faut découvrir la musique de Claude Ledoux, compositeur en résidence à Bozar-Bruxelles en 2008-2009 et auteur de l'imposé de demi-finale du Concours Reine Elisabeth (session violon 2009), une musique où soudain les "fleurs se mettent à rêver".

 

 

DDD | Durée totale: 1h08'06 | Digipack | Livret de 24 pages

Enregistré à l'Auditorium Abel Dubois (Mons) les 5-6 janvier 2007 par Frédéric Briant | 2_Enregistré en concert au Théâtre Marni (Bruxelles) le 16 mars 2004 par Daniel Léon | 3>6_Enregistré à Flagey, Studio 1 (Bruxelles) en juin 2003 par Frédéric Briant | 7>11_Enregistré au Conservatoire royal de Bruxelles le 31 mai 1995 par la RTBF Bruxelles – Musiq3

Référence: CYP4627 | Bar code: 5412217046279

Cypres-Kastafior sprl. | 7, rue d'Alost | 1000 Bruxelles

+32 2 213 36 65 | www.cypres-records.com

 

 

 

 

_Indices biographiques_

CLAUDE LEDOUX

ledoux-radisic

Né le 23 février 1960. Après avoir accompli les humanités scientifiques, il se tourne résolument vers le monde artistique en étudiant la peinture à l'Académie des Beaux-Arts et la musique au Conservatoire royal de Musique de Liège (Belgique). Là il rencontre Jean-Louis Robert, compositeur et remarquable pédagogue qui lui fait découvrir la musique du XXe siècle. Suivent alors les cours de composition avec Frederic Rzewski et Philippe Boesmans, la rencontre avec Henri Pousseur et finalement les recherches en musique électro-acoustique avec Patrick Lenfant. Claude Ledoux poursuit sa formation à l'étranger, notamment en Hongrie et en Italie où il participe aux séminaires de composition avec Gyorgy Ligeti. De 1987 à 1989 il réside à Paris où il suit les stages d'informatique musicale proposés par l'IRCAM en même temps que les cours de Xenakis à l'Université de Paris. Ces dernières années, Claude

Ledoux a été compositeur en résidence de l'Ensemble Musiques Nouvelles (de 1998 à 2000), ainsi qu'au Castello d'Umbertide (Italie) durant l'été 2003. Cette même année, il a reçu le prix musical de la Fondation Civitella Ranieri de New York pour l'ensemble de sa production récente. En 2008 et 2009, le compositeur sera en résidence à Bozar-Bruxelles. De plus, il composera l'imposé de demi-finale du prochain Concours Reine Elisabeth, violon 2009. Outre ses maîtrises en Composition et en écritures musicales, Claude Ledoux est aussi diplômé en Information et Communication/Sciences de la Musique de l'Université de Liège (B). Il enseigne actuellement la composition au Conservatoire royal de Musique de Mons (B) et l'Analyse Musicale au Conservatoire National Supérieur de Paris (CNSM). Été 2008, il a été professeur invité aux universités de Campinas (UNICAMP) et de Sao-Paulo (USP) au Brésil. De 2002 à fin 2005, il a assuré la fonction de Directeur Artistique du Centre de Recherches et de Formation Musicales de Wallonie (CRFMW). Depuis janvier 2005, Claude Ledoux est membre de l'Académie royale de Belgique, Classe des Beaux-Arts. En collaboration avec les compositeurs Michel Fourgon et Denis Bosse, il a fondé " L'Atelier Musicien", lieu de recherche, de confrontation de pensées, et de créations musicales. Photo (c) Pierre Radisic





 _Presse_

Le Monde de La Musique
septembre 2008

Ledoux
Claude

né en 1960



« D'orients »

Les quatre œuvres réunies sur cet album cristallisent la fascination qu'entretient Claude Ledoux pour l’Orient. Formé auprès de Philippe Boesmans, Henri Pousseur et lannis Xenakis, ce compositeur belge offre une musique riche en idées, d'une grande liberté d'expression et d'une profonde unité.

Partition très représentative de son esthétique, Sanaalijal (« mémoire » en mongol) est porteuse d'une énergie générée par les flux et reflux de la flûte qui s'élèvent par paliers vers un chant diphonique. En arrière-plan, les cordes tissent une texture alternant sons purs et contorsions variées, servant de point d'appui à l'essor du soliste, ici Berten D'Hollender, qui parcourt ce camaïeu sonore avec prestance. Les réminiscences exotiques sont plus présentes dans le concerto de chambre Bell(e)...s, mais c'est surtout le travail sur les résonances de timbres qui surprendront l'auditeur.

Composés au retour d'un voyage en Inde du Nord, les quatre volets des Ruptures d'Icare L alternent des passages lyriques et contemplatifs et des séquences plus animées (n° 4, « Avec une tendresse feinte ») par le frémissement nerveux des cordes, l'aridité des timbres et la variété de modes de jeu. La dernière œuvre, Torrent, procède d'une écriture non moins exigeante mais plus calme et poétique.

Ces pièces trouvent ici une interprétation évidente grâce aux musiciens de l'Ensemble Musiques nouvelles : à une grande maîtrise technique, ceux-ci allient l'intelligence du texte et la justesse d'esprit.

SANDRINE KHOUDJA-COYEZ




Ramifications

mai 2008


« Le 13 mars 2008, nous découvrions la Passion selon Saint Luc de Claude Ledoux lors de sa création mondiale à la cathédrale des Saints Michel et Gudule de Bruxelles, entre sons électroacoustiques déchirés, orgue et voix humaines vibrantes et douloureuses. L'étrangeté de notre monde occidental en déliquescence, traversé de souffrances fulgurantes et dont la voix s'érode peu à peu, si prégnant dans la Passion, rencontre dans cet album "d'orients" la grâce de silences lointains, riches d'espaces en métamorphose et purement instrumentaux. Leur souffle charnel et voluptueux peut échapper à notre intellect, formaté par nos habitudes analytiques, mais leur intensité étanche notre soif de spiritualité, troublant nos repères. Bien plus que de dépaysement, Claude Ledoux nous parle de son immersion amoureuse en Inde, au Cambodge, au Vietnam, en Indonésie puis au Japon, d'où il revient résonant de rencontres qui nourrissent son imaginaire... et débrident le nôtre. L'on perçoit avec clarté l'engagement sans ostentation de ce rêveur lucide et optimiste. Sanaalijal répond à l'expulsion d'une journaliste mongole et de son jeune enfant en 2005 ; à l'hypocrisie politique, il oppose ses visions musicales, riches, vibrantes, métaphoriques. Dérive amoureuse à partir d'une cloche japonaise : Bell(e)...S est dédié à son épouse, la pianiste délicate et claire Nao Momitani.  Les Ruptures d'Icare L. évoquent avec inventivité la quête d'une "liberté métaphorique", ainsi que Claude Ledoux la nomme lui-même, jeu incessant entre "la pensée harmonique et inharmonique", jusqu'à l'imminence de la rupture. Quant à Torrent, qui nous emmène dans les montagnes de l'Himalaya, dédié à Jean-Paul Dessy, ses remous évocateurs suscitent l'intuition, derrière la force vive de l'eau, d'un ordre secret, ex-centrique sans doute comme celui de ce chaos bienveillant d'un imaginaire plus chinois cette fois que japonais. Un mystère où palpite un sens en perpétuel mouvement, non pas fuyant, mais accessible seulement dans son passage et son énergie. La sensibilité des musiciens de Musiques Nouvelles, dirigés par deux chefs vifs et précis, Jean Thorel et Patrick Davin, rencontre l'intelligence émotive des solistes, à l'interprétation extrêmement personnelle, inventive, légère et féconde. »

Isabelle Françaix



Musicweb - International
september 2008

[...]

Now in his late forties, Claude Ledoux has asserted himself as one of the most imaginative composers of his generation. The works recorded here span some ten years of his compositional career and offer a fairly comprehensive survey of his output and of his musical progress. His music displays a fascinating and successful blend of intellect and feeling that never fails to impact on listeners in spite of its technical complexity. It is hugely demanding but ultimately generously rewarding, although I must admit that there was a time when technical concerns seemed to have the upper hand over expressivity. His most recent works, however, display a new warmth that makes his music more readily accessible although it remains complex and exacting, particularly for performers. Another important facet of Ledoux’s music-making is his lifelong interest in things oriental as he admits in his insert notes accompanying the present release. This is often reflected in allusions to eastern musical traditions that – almost inevitably – appear in his music. That said these allusions are often transformed beyond recognition. Indeed all four works recorded here have some connection with eastern Asia which the composer has visited on several occasions.

[...]

Claude Ledoux’s music is certainly not easy. It is quite exacting and demanding both for the player and the listener. As such, it needs repeated hearings to yield all its riches, which discs fortunately allow us. This sincere and committed music-making is ultimately generously rewarding.

HUBERT CULOT

complete review at :

http://www.musicweb-international.com/classrev/2008/Sept08/ledoux_CYP4627.htm
Diapason
septembre 2008



Comme beaucoup de compositeurs, Claude Ledoux a ressenti un bouleversement au contact d'un Orient d'abord rêvé et étudié puis approché et vécu, venu finalement hanter sa musique. Mais contrairement à certains d'entre eux, il a su se détourner de l'imitation exotisante pour passer par le filtre de l'écriture - en atteste la présente sélection d'œuvres - certaines qualités sonores qui ne subsistent qu'en filigrane dans son œuvre. La prédominance du genre concertant semble traduire dans ce programme la priorité accordée au déploiement mélodique, tel qu'il existe dans les traditions de l'improvisation modale. On constatera en outre une tendance, présentée à rebours, à la simplification du langage.

Torrent (1995), pour violoncelle et ensemble, fait alterner quatre cadences, dont l'éventail expressif amène Jean-Paul Dessy à conjuguer chaleur lyrique et maîtrise sans faille des modes de jeu avancés, avec des passages d'une écriture plus touffue pour ensemble [...]

Si l'influence du Japon transparaît dans Bell(e)...s (2004), c'est autant par une parenté lointaine avec le piano de Takemitsu que par révocation fugace de sonorités autochtones, notamment celles du shô (orgue à bouche) et du kakko (tambour).

 [...]

Très stylisée, la référence musicale à la Mongolie peut passer inaperçue aux oreilles de l'auditeur non averti, qui entendra surtout dans Sanaalijal (2006) une belle partie de flûte où sont exploitées de façon judicieuse les qualités complémentaires de l'instrument en ut et de la flûte alto ; essentielle à une telle pièce, la conduite du discours sans perte d'intensite est remarquablement assumée par Berten D'Hollander. Cohabitant avec des couleurs presque ravéliennes, des ambiances en demi-teintes mises en relief par des hauteurs non tempérées font du quatuor Les Ruptures d'Icare L. (1993) la pièce la plus originale de l'album.

PIERRE RIGAUDIERE
Crescendo
octobre 2008



Depuis qu’il a été fasciné par une estampe japonaise représentant une musicienne, alors qu’il n’était encore qu’un jeune garçon, Claude Ledoux est attiré par l’Orient, et c’est cette attirance que traduit le présent disque où sont réunies quatre de ses oeuvres écrites entre 1993 et 2006. Elles plongent chacune dans une culture spécifique :

 [...]

On aurait pourtant tort de croire qu’il y va ici d’une musique à programme ou d’une musique descriptive, même si par moments l’orientalisme des partitions est très perceptible. Ce sont plutôt des oeuvres impressionnistes, au sens où on parle d’impressionnisme chez Claude Debussy, mais sans la moindre afféterie, Claude Ledoux refusant à juste titre toute forme de ce qu’il appelle lui-même “colonisation musicale”.

 [...]

Quatre oeuvres extrêmement sobres d’un des compositeurs belges actuels parmi les plus doués et les plus inventifs.


JEAN-PIERRE BARONIAN







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Les ruptures d'Icare L.
Mvt  IV (extrait mp3)
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Sanaalijal
(extrait mp3)


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