Chroniques de

Marcel de Corte

 

La hantise de la politique

Le bonheur collectif

Le collectif n'est rien d'autre que le vide et Socialisme maladie de l'esprit maladie

Christianisme et communisme

Socialisme et christianisme

De l'Europe réelle à l'Europe mythique

Le débat sur l'incivisme

Où va l'islam

L'orthographe et l'éducation

Politique et philosophie

Politique et mystique

L'Islam et le nouvel Islam

Marxisme et nationalisme arabe

L'esclavage collectivist

 

Socialisme: c'est l'appelation commerciale du capitalisme d'état sur le marché électoral. ( Nicolas Gomez Davila )

 

 

SOCIALISME ET CHRISTIANISME

J'EN reviens à la fascination qu'exerce le socialisme marxistes Sur certains catholiques, jeunes ,ou vieux, naïfs ou retors. A première vue, il y a là un mystère. -Voici des hommes qui se posent en adversaires du marxisme et qui accordent cependant à sa doctrine ou à ceux qui la professent la position privilégiée d'un axe de référence. Ils n'écrivent pas une phrase, ils ne font pas un geste, ils n'entreprennent rien sans se demander au préalable où se situent leurs pensées ou leurs actes par rapport au socialisme et aux adeptes de son orthodoxie. Leur souci dominant semble être de souligner les ressemblances (et parfois ces différences)d'attitudes en face des questions sociales et politiques.

Qu'il y ait là manoeuvre et tactique il serait vain de le nier On n 'accède pas aux postes majeurs d'un parti en s'appuyant seulements sur ce parti lui-même. Un parti n'a de sens que dans sa relation à. d'autres partis. Il faut souvent l'accord tacite des adversaires pour triompher. L'expérience déjà longue des gouvernements de coalition le prouve sans contestation possibe. Tel individu obcur se hisse soudain aux premières places, non point par la confiance de ses partisans, mais sous l'oblique pression de ceux qui ne le sont pas. Ainsi voit-on, dans une foule qui assiège l'entrée d'un guichet des poussée adverses conduire rapidement le resquilleur habile en présence du but. Les autres battent la semelle. Il lui suffit de se glisser au point de tangeance des mouvements qui s'affrontent. La méthode est aujourd'hui connue. Elle a fait ses preuves. On vise moins " les siens " que " les autres ". C'est l'abc de ce qu'on appelle la politique.

Cette explication est toutefois un peu courte. Un homme politique doit avoir aujourd'hui dans ses bagages un minimum d'" idées"et de "philosophie,", une weltanschauung comme disent les Allemands, une vision du monde et de la société. Ce lest aurait paru encombrant et ridicule à nos ancêtres. Un Richelieu ou un Henri IV par exemple n'avaient sûrement ni système ni doctrine. Un. solide bon sens, le sens du concret et des faits, le goût de servir, l'apitude au commandement, l'intuition du bien de l'Etat leur suffïsaient. Il n'en est plus de méme de nos jours. L'homme politique considère beaucoup moins les faits que les opinions que peuvent avoir les électeurs sur les faits eux-méme. Que ces opinions soient vraie ou fausses, raisonnnables ou folles, justes ou injustes, il n'en a cure. C'est pour lui une obligation inéluctable d'en tenir compte, à peine de disparaître lui-même de la scène politique. Or, l'opinion est , par essence, changeante , mobile, incertaine. On a vu une opinion belliciste hier, pacifiste aujourd'hui, ou l'inverse. Pour travailler à coup sûr en ce complexe liquide il faut le solidifier. Les Systèmes, et les doctrines politiques modernes jouent ce rôle compresseur. IL s'agit de communiquer .aux hommes une orthodoxie, un ensemble d'idées invariables, capables, autant que possible, de résister aux démentis de l'expérience. La position de l'homme politique s'en trouve alors consolidée. Il a ses fidèles, son « Eglise », sont « credo », ses « dogmes ». En pareil climat, la politique tend à devenir une religion, un système théologique de la vie sociale et,en certains cas privïlégiés,une croyance « mystique » inébranlable.

Sur ce plan le chrétien est inéluctablement défavorisé vis-à-vis de ses concurrents incroyants. D' abord. une religion, il en a une, et bien différente, étant surnaturelle. Ensuite, et en dépit des nombreuses tentatives effectuées en ce sens, il scrutera en vain l' Evangile pour y découvrir une doctrine sociale ou politique quelconque. La Bonne Nouvelle est absolument transcendante à de telles préoccupations. Le souverain mépris dont le Christ les entoure en témoigne « Rendez à César ce qui est à César... : Le Christianisme est d'abord personnel, Il s'adresse à la fine pointe de l'âme. Ce n'est que dans la mesure où il est personnel, où il imprègne l'âme, qu'il devient social, qu'il édifie une société chrétienne et qu'il introduit dans les rapports de l'homme avec autrui le lubrifiant de la charité.Le Christ n'est pas le premier "socialiste"ou "le premier démocrate ", comme l'affirme parfois une exégèse échevelée, il est tout simplement le premier chrétien. Enfin, si l'Église, en tant que terrestre, possède une doctrine sociale, et même en un sens politique: qu'elle prêche afin d'harmoniser la nature défaillante de l'homme et sa propre mission surnaturelle,cette doctrine n'a rien d'un phénomène d'opinion.. C'est une sociologie basée. sur l'expérience, sur la tradition, sur les constantes de la vie sociale, sur les grands axes éternels qui soutiennent l'équilibre des édifices humains. N'étant point fondé sur l'opinion, comment cet enseignement l'attirerait-il ? Son rendement est nul en ce domaine. Aussi compte-t-on sur les doigts les hommes politiques chrétiens qui. aient accordé leur attention aux Encycliques et au Syllabus.

Dans cette perspective, il est à peu près inévitable que l'homme politique chrétien subisse, s'il n'y prend garde, l'attraction du système socialiste. Le marxisme est un système breveté pour solidifier l'opinion instable. Il lui suffit de promettre aux citoyens non point ceci ou cela, mais tout, mais la félicité totale et saturante. L'opinion comblée d'espoir se stabilise en assurant du même coup aux organisateurs de l'ingénieux système un pouvoir inamovible. Or c'est là le rêve de tout homme politique quel qu'il soit: issu de l'instabilité de l'opinion, son but unique est de la rendre stable afin de se stabiliser lui-méme. Il lui importe donc de posséder une Weltanschauung, une vision du tout qu'il promet une philosophie de l'univers et de l'humanité. L'homme politique chrétien qui entre en cet engrenage, s'en forgera une, analogue puisqu'elle est totale, à celle du; marxisme. Qu'en bien des têtes ce système soit plus gélatineux que solide, on peut s'y attendre. On ne porte pas le destin du monde en sa pensée sans risque de la voir tourner au marécage.
Le secret des connivences entre le marxisme et un certain christianisme est qu'il n'y a point de secret. Cest tout simplement le résultat d'une politique faussée dès son départ.

Marcel DE CORTE,- La libre Belgique- 7 mars 1951
professeur
à l'Université de`Liège

 

Marcel de Corte

Biographie..

De la dissociété..

Fin d'une civilisation..

Philosophie des moeurs contemporaines..

Mutation de l'homme..

Sauver notre civilisation..

Sur le totalitarisme
de l'égalité..

L'homme contre
lui-même..

L'esprit de droite
et l'esprit de gauche..

Gustave Thibon


L'antidote-design by coutellerie-arthurius