Chroniques de

Marcel de Corte

 

La hantise de la politique

Le bonheur collectif

Le collectif n'est rien d'autre que le vide et Socialisme maladie de l'esprit maladie

Christianisme et communisme

Socialisme et christianisme

De l'Europe réelle à l'Europe mythique

Le débat sur l'incivisme

Où va l'islam

L'orthographe et l'éducation

Politique et philosophie

Politique et mystique

L'Islam et le nouvel Islam

Marxisme et nationalisme arabe

L'esclavage collectivist

 

L'aveuglement des nihilistes occidentaux au sujet de l'Islam semble un condencé de tous les aveuglements successifs de l'occident depuis deux siècles. Sur le danger jacobin, sur le danger marxiste, positiviste, bolchevik, puis nazi, tiers-mondiste, maoïste, post-moderniste...

A ce niveau-ci d'aveuglement, osons dire que le bobo nanarcho-centriste de base se crève chaque matin les yeux au réveil, en guise d'ablutions, ce qui lui permet ensuite de vaquer à ses occupations préférées: préparer une manif pour la libération de la Cijordanie occidentale, ou bien militer pour le cacao éthique et les blues-jeans équitable, voire, cela s'est vu, nous expliquer la nature du monde en écrivant un article pour une vomissure socio-pop bien en vue. - Maurice G. Dantec - " American Black box " aux éditions Albin Michel . Extrait de la page 557.

 

L'Islam et le nouvel Islam. ( Extrait )


(...)OR, au moment même où la tactique marxiste chinoise engage la politique des Etats-Unis en Extrême orient dans une impasse, la tactique marxiste russe prépare contre elle une offensive dans le monde arabe que Washington a si souvent aidé à son propre détriment.
L'affaire nous parait d'une importance énorme.


Cette rencontre entre l'Islam et le communisme pourrait bien, si nous n'y prenons garde, conduire l'Europe à sa perte.


Voici plus de dix ans que le meilleur connaisseur du communisme, le sociologue français Jules Monerot, remarquant les analogies entre la progression foudroyante de l'islam au Moyen- Age et celle, aussi rapide, du communisme au XXe siècle, appelait ce dernier le Nouvel islam. La question se pose comme écrivait récemment Jean Guitton « comment les deux Islams vont-ils réagir l'un sur l'autre ? », « comment vont s'affronter Mahomet et Lénine » ?


De fait, les analogies entre les deux systèmes de pensée sont extrêmement profondes, non seulement parce qu'ils ont un ennemi commun l'Européen, dans toute la mesure où celui-ci n'a pas renié sa tradition chrétienne et humaniste, mais surtout parce qu'ils ont une seule et même racine le judaïsme. Le Révérend Père Théry, dominicain, érudit d'une sagacité géniale, a pu montrer, dans une série d'ouvrages qui dérangent bien des habitudes de pensée, mais qui renouvellent complètement les problèmes, que Mahomet avait emprunté l'essence de la nouvelle religion qu'il prétendait lui avoir été révélée par Dieu, à des rabbins juifs d'une culture bien supérieure à celle d'un enfant du désert.
Mahomet, c'est le mouvel Abraham qui a pris en charge le peuple élu par Allah pour être le dominateur du monde. Ses héritiers contemporains, un Nasser, un Ben Bella par exemple, ont la conviction d'être à la tête d'un mouvement de conquête qui effacera la honte de Poitiers et de Vienne. Le mythe panarabe reprend exactement, en le laicisant, le grand dessein de Mahomet et de ses successeurs. Les Arabes sont une race missionnaire, exactement comme le peuple russe, naguère encore porteur des promesses du panslavisme, et que le communisme a érigé en porte-parole universel de la société nouvelle où règnera le Paradis sur terre. Le messianisme juif de Marx s'est greffé sur les espérances de la classe prolétarienne destructrice de la bourgeoisie, comme les promesses de Mahomet ont insufflé au monde arabe, ennemi de l'homme occidental et de la chrétienté, un élan mystique qui a pu parfois s'asssoupir, mais qui ne s'est jamais tari.

C'est à une même source gorgée de foi fanatique que s'alimentent les deux courants de l'Islam et du Nouvel Islam dans leurs espérances terrestres. L'un a beau être athée à l'extrême, l'autre monothéiste à l'excès, ils n'en sont pas moins psychologiquement congénères. La croyance au Dieu unique que professe l'Islam est du reste fortement ébranlée chez la plupart des dirigeants arabes et, à mesure que l'Islam adopte les techniques occidentales de domination de la matière, il se laïcise avec rapidité. Or qu'est-ce qu'un Islam laïcisé qui conserve et accroît même son fanatisme, sinon le frère jumeau du communisme ? En Islam comme dans le Nouvel Islam, il n'y a pas de distinction entré le temporel et le spirituel, entre le matériel et l'idéologique, entre l'Etat et la religion sécularisée


Ajoutons à cela que les deux mentalités sont gouvernées, l'une, l'islamique, par le fatalisme, l'autre, la communiste, par le déterminisme, qui les portent à concevoir de la même façon ou d'une façon similaire la vie humaine: dans un cas comme dans l'autre, la liberté, toujours individuelle, ne compte pas.


Une symbiose entre les deux systèmes de pensée et, en tout état de cause, une étroite connexion entre les deux politique de l'Islam et du Nouvel Islam, est plus que probable. Ce n'est point par hasard que Ben Bella se proclame socialiste, que Nasser et Bourguiba nationalisent à qui mieux mieux les propriétés privées étrangères, et que tous les dirigeants musulmans d'Afrique, sauf celui du Maroc que sa position de monarque assagit, excitent sans cesse leurs peuples contre les anciennes puissances coloniales et bourgeoises.


De part et d'autre, nous sommes en présence d'une doctrine simpliste, mystifiante, dont les finalités sont étrangement convergentes. Pour reprendre son effort de conquête du monde interrompue par l'épisode colonial, l'Islam ne va-t-il pas être tenté de calquer son action sur celle du marxisme et d'adopter les méthodes de celui-ci ?

A son tour, le marxisme ne va-t-il pas essayer d'user à son profit de cette force de frappe contre l'Europe et contre la chrétienté?
Ces questions se posent à l'observateur. Mais quels sont les hommes politiques européens ou américains qui en ont le souci ?On les cherche en vain.

Marcel DE CORTE,

Mercredi 3 juin 1964 - La libre Belgique -

 

Marcel de Corte

Biographie..

De la dissociété..

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