Chroniques de

Marcel de Corte

 

La hantise de la politique

Le bonheur collectif

Le collectif n'est rien d'autre que le vide et Socialisme maladie de l'esprit maladie

Christianisme et communisme

Socialisme et christianisme

De l'Europe réelle à l'Europe mythique

Le débat sur l'incivisme

Où va l'islam

L'orthographe et l'éducation

Politique et philosophie

Politique et mystique

L'Islam et le nouvel Islam

Marxisme et nationalisme arabe

L'esclavage collectivist

 

«Alors je me répète lentement, pour bien m'en pénétrer, cette phrase mélancolique d'un vieux prince Bibesco : "La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière"»Jean Raspail

Le communisme, cet Islam sans Dieu. ( Maurice G. Dantec )

Marxisme et nationalisme arabe

« Le monde arabe est en proie au nationalisme ». La formule court aujourd'hui les rues. On y ajoute souvent une autre « Comment voulez-vous empêcher ces peuples d'accéder à une indépendance nationale que vous autres, Européens, avez vous-mêmes conquise et dont vous leur avez transmis l'exemple ? Ce mouvement est irrésistible. Il gagnera toute l'Afrique, comme il a déjà gagné l'Asie. Le Congo belge y passera. En s'érigeant en protectrice des nations arabes et des peuples africains où se trouvent d'importantes minorités musulmanes, l'U.R.S.S. est dans le fil de l'histoire. La plupart des hommes politiques que le socialisme ou le progressisme ont imprégnés tiennent ce langage. Il est d'une indigence à rougir. Il est vrai que « les rouges » n'ont plus à rougir.


Car enfin quiconque a lu Marx. Lénine et Staline sait à quoi s'en tenir là-dessus. Leur doctrine est constante. Elle n'a jamais varié, ni en parole ni en acte. Et quiconque connait un peu l'histoire des peuples que le Coran a submergés n'éprouve pas le moindre doute à ce sujet. L'idée de nation est rigoureusement absente du marxisme., Elle ne peut davantage entrer dans la mentalité d'un disciple de Mahomet.


Cela se prouve et cela entraîne des conséquences dont les hommes d'Etat feraient bien de s'aviser.
Et tout d'abord, le marxisme proclame que " les prolétaires n'ont point de patrie" et que la défense des intérêts nationaux n'a d'autre fin que de créer une unanimité factice autour de la défense des intérêts propres à la bourgeoisie. La nation est le concept mystficateur qu'utilise la classe exploitante pour entraîner le consentement de la classe exploitée à ses projets d'hégémonie. Le capitalime est en effet essentiellement nationaliste et impérialiste: il berne la classe ouvrière non seulement en détournant la lutte qu'elle mène contre la classe bourgeoise vers l'apologie et la promotion d'une prétendue indépendance, mais en aiguillant ses revendications contre les revendications des autres prolétariats nationaux et en servant d'instrument aux appétits capitalistes. Cette conquête de l'autonomie et de la prépondérance enivre le prolétariat national et le frustre de sa propre libération. Elle le persuade que l'épopée nationale et impériale est le fruit de ses efforts, alors qu'elle consolide ses
chaînes et les étend à des millions d'autres victimes.


Mais les nationalistes bourgeois sont gros de contradictions. Ils s'opposent les uns aux autres dans leurs expansions respectives. Les
grandes nations prennent sous tutelle ou absorbent les petites. Elles finissent par se ruiner elles-mêmes
dans des rivalités et des guerres sans nombre. Les prolétariats nationaux prennent ainsi peu à peu conscience de la duperie capitaliste. Ils finissent par s'unir au-delà des frontières dans un idéal internationaliste qui coïncide avec la ruine de la bourgeoisie et avec l'avènement d'une société communiste où le clivage des classes aura disparu.


Telle est la théorie. Lénine en a. forgé un outil pratique dont l'hitoire de l'U.R.S.S. montre la prodigieuse efficacité. Il est parvenu, en effet, à fondre le nationalisme et l'impérialisme russes avec l'internationalisme communiste en créant le mythe de la Russie « patrie de tous les travailleurs ». Tous ses successeurs l'ont fidèlement suivi. La patrie ainsi conçue n'a plus rien de charnel ni d'historique pour les travailleurs qui ne sont pas russes. Elle est une patrie idéologique. Un communiste étranger va ainsi spontanément chercher ses mots d'ordre à Moscou. On l'a vu avec Thorez déserteur, avec les savants atomistes qui livrèrent les secrets les mieux gardés à l'espionnage soviétique, avec les diplomates anglais qui s'enfuirent en Russie, avec Harry Hopkins et tant d'autres. « A prendre par l'idéalisme », écrivait Lénine, goguenard.


Mais ce n'est là encore que menu fretin pris dans les filets de la stratégie communiste, des déracinés individuels emportés par le vent de l'utopie qui souffle vers Moscou.


Il s'agit d'utiliser partout les aspirations à l'indépendance nationale qui se manifestent chez les peuples eux-mêmes, au besoin de les provoquer, afin de les faire graviter autour de la « nation internationale » qu'est la terre élue du communisme. Attendre que ces élans soient parvenus à leur fin sous la poussée de la bourgeoisie nationaliste et des masses qu'elle entraîne captieusement, ferait perdre un temps précieux à la Révolution universelle. Il faut faire franchir rapidement cette étape aux divers nationalismes en les aidant de telle sorte que le capitalisme bourgeois qui les provoque soit supplanté par la coopération communiste elle-même.


Lénine a prescrit à ses successeurs de fomenter l'insurrection des « peuples opprimés » en les secourant « généreusement », en épousant leurs tentatives de libération pour les détourner au bon moment vers l'internationalisme communiste. Contre les « purs qui blâmaient cette entorse à l'antinationalisme de la doctrine, Lénine a écrit des pages mordantes dans son livre « La. maladie infantile du communisme ». Ces gens ne comprennent rien, dit-il en substance. Le communisme doit prendre pour triompher tous les masques de toutes les morales, même si elles sont hostiles au communisrne lui-même. L'essentiel est de hâter les contradictions qui font éclater le régime bourgeois.
C'est à la lumière de ces textes qui constituent le fondement de toute la politique étrangère de l'U. R.S.S., qu'il faut comprendre le soutien qu'apporte Khrouchtchev aux nationalismes arabes et le dessein qu'il a sur eux.
La stratégie communiste est d'autant plus facilitée que les nationalismes arabes n'ont que très peu d'éléments nationalistes et arabes.
Ce sont des produits artificiels issus du découpage opéré par l'Angleterre et par la France dans la mosaïque invraisemblable de peuples que la religion musulmane amalgama en vrac, où les Arabes proprement dits sont presque partout minoritaires.
De plus, pour un sectateur de Mahomet dont le comportement individuel, social et politique, est suspendu à un Dieu unique, universel, transcendant, qui ne souffre aucune différence devant lui, le concept de nation est impensable. La religion étant tout pour lui s'étend sur la totalité du monde musulman. L'autonomie de l'Etat ou de la nation ne peut avoir aucun sens dans son esprit.Il ne peut rêver qu'à un empire musulam et à son extension universelle, comme le firent ses ancêtre. Il ne peut songer qu'à la guerre sainte, non à la guerre nationale. Toute la propagande de Nasser dans le moyen- orient et en Algérie est axée sur cette chasse à " l'infidèle ".

Seule une minorité " bourgeoise " pour reprendre le vocabulaire marxiste, formée aux idéees européenne est capable de concevoir l'idée de nation.Mais si elle est pourvue de l'équipement intellectuel qui la sensibilise au nationalisme, elle n'a aucune tradition historique qui puisse lui servir de tremplin en ce domaine et elle est dépourvue des capacités économiques qui assureraient une assiette solide à son idéal.

Ainsi, tant au point de vue sociologique qu'au point de vue géographique, les minorités musulmanes dirigeantes ne peuvent que malaisément dépasser le stade d'un nationalisme verbal. Elles ont besoin d'un appui extérieur pour transformer leur révolte contre " le colonialisme " en un nationalisme effectif qui aboutrtait à la création d'états nouveaux. Ni dans le sol, ni dans les mentalités elles ne trouvent de secours suffisant. Le communisme Russe ne leur accordera le sien que jusqu'au moment où il pourra se substituer à leur action. Le fruit qu'il attend peut du reste murir très vite.

En effet, ces minorités n'ont d'autre ressource que de se lancer dans une réédition de l'aventure de Mahomet lui-même: refaire un empire religieux. Mais là, elles se heurtent aux nations musulmanes déjà constituées qui résisteront à l'absortion. Une telle tentative implique au surplus un appui plus manifeste et plus asservissant encore de la part des Russes.

Les minorités qui soulèvent frénétiquement les pleuples musulmans sont donc acculées à une agitation révolutionnaire sans issue, climat éminemment propice au communisme.

Telle est la leçon des doctrines et des faits.

Marcel De Corte - La Libre Belgique - ( Mercredi 13

aout 1958.)

 

Marcel de Corte

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Gustave Thibon


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