Chroniques de

Marcel de Corte

 

La hantise de la politique

Le bonheur collectif

Le collectif n'est rien d'autre que le vide et Socialisme maladie de l'esprit maladie

Christianisme et communisme

Socialisme et christianisme

De l'Europe réelle à l'Europe mythique

Le débat sur l'incivisme

Où va l'islam

L'orthographe et l'éducation

Politique et philosophie

Politique et mystique

L'Islam et le nouvel Islam

Marxisme et nationalisme arabe

L'esclavage collectivist

 

Mais la modernité veut du présent sans larme. Pour elle, la civilisation est l'état où la question de l'origine de l'eau est résolue par l'existence des robinets, exactement comme le problème de l'origine de la " vérité " se règle par l'activité des scientifiques.

Les hommes ont-ils en général besoin de la catastrophe parce qu'il faut les éduquer, et ne peuvent-ils être éduqués qu'en passant par l'école du pire?

Peter Sloterdijk - La mobilisation infinie - Essais, Christian Bourgois.

 

PRÉFACE à - L'homme contre lui-même -
Le livre que voici rassemble une série d'études écrites en marge de nos autres ouvrages de philosophie morale et politique. En les réunissant, nous avons constaté quelles répétaient toutes un thème unique: la haine que l'homme moderne éprouve contre lui-même et que le poète a décrite mieux que nous

«Je suis la plaie et le couteau!

Je suis le soufflet et la joue!

je suis les membres et la roue!

Et la victime et le bourreau!

Le lecteur n'y trouvera donc pas une suite de chapitres qui se dérouleraient à la manière d'un cours d'eau, de sa source à son embouchure. Chaque chapitre examine un des aspects de la schizophrénie dont souffre l'homme contemporain, et constitue un tout achevé. Un même diagnostic les traverse, une même conclusion les couronne: les maladies de l'homme dérivent du refus de son unité organique et la récupération de sa santé ontologique et morale implique un retour à son statut d'esprit incarné en un corps. Les symptômes pathologiques que nous analysons s'articulent en un syndrome indubitable qui impose un seul remède : réconcilier l'homme avec lui-même.
Natura malorum remedium demonstrat, dit l'adage hippocratique. Connaître la nature des maux qui nous affectent est la voie qui mène à la cure et au rétablissement. Toutes les parties de ce livre se dirigent donc vers un seul et même point comme les surfaces d'une pyramide vers leur sommet.


Une telle méthode inclut sans doute des répétitions. Nous n'avons pas hésité un seul instant à les maintenir. Chaque fois que nous l'avons pu, nous avons dégagé le même foyer d'évidence. L'expérience prouve du reste, surabondamment, que l'homme contemporain ignore ses maux et la voie de sa guérison possible. En dépit du mot fameux de Valéry, les civilisations ne savent pas qu'elles sont mortelles. Plus exactement, elles ne veulent pas le savoir: toutes celles qui sont mortes et dont les cadavres encombrent le charnier de l'histoire, ont prétendu guérir le mal dont elles souffraient par l'intensification de ce mal, offerte comme une panacée qui les a tuées définitivement. Au royaume des sourds, il faut crier le même avertissement sur les toits, sans lassitude.


C'est dire que notre livre, comme nos ouvrages antérieurs, est profondément réactionnaire. Nous ne tenterons pas d'excuser l'adjectif. Si le retour à la santé est la réaction contre la maladie, il va de soi et la réaction peut seule nous sauver. Nous dirons simplement que nous n'excluons rien de l'animal raisonnable, sauf sa décomposition.
C'est dire aussi que la philosophie n'est pas pour nous une construction artificielle, une oeuvre ésotérique et pédantesque, un jargon accessible aux seuls initiés. Elle est la science des évidences vitales, sinon l'art d'enfoncer des portes ouvertes. L'expérience prouve, encore une fois, que cette conception n'est guère à la mode et que la plupart des philosophies ne sont que les labyrinthes du philosophe. Notre attitude réactionnaire s'est étendue à la philosophie dans toute la mesure où celle-ci a perdu le sens des vérités simples, ingénues, élémentaires, et s'est enfoncée dans les ténèbres compliquées du philosophe lui-même. Nous avons trop la passion de « l'éternel en l'homme » pour perdre notre temps à couper les cheveux en quatre. Nous préférons ingénument la saisie directe et immédiate du réel à la forgerie de clefs imaginaires qui ne servent qu'à crocheter des serrures fantomatiques. Violenti rapiunt illud. Un tel aveu paraîtra outrecuidant à certains philosophes de métier. Nous leur rétorquons, avec tranquillité, avec assurance, que leurs divagations ne nous ont jamais rien appris. Nous n'avons pu croquer les noix vides que Kant et ses émules nous offraient dans leurs sacs. Ce ne sont pas les concepts volatils qui ont apaisé notre faim, mais les réalités solides de la vie.
Nous ne nous faisons enfin aucune illusion sur le succès de notre entreprise. En un temps tel que le nôtre, éperdu de byzantinisme, prosterné dans l'adoration des entités majusculaires : Peuple, Race, Liberté, Histoire, Évolution, etc. qui ne sont que la projection d'une pensée désincarnée et dont le caractère outrageusement simplificateur mime la simplicité du vrai, si ce livre rencontrait l'audience d'un vaste public, nous commencerions à douter de sa pertinence.


Marcel De Corte - L'homme contre lui-même - Editions De Paris 2005 ( Edition revue et corrigée par Jean-Claude Absil )

 

Marcel de Corte

Biographie..

De la dissociété..

Fin d'une civilisation..

Philosophie des moeurs contemporaines..

Mutation de l'homme..

Sauver notre civilisation..

Sur le totalitarisme
de l'égalité..

L'homme contre
lui-même..

L'esprit de droite
et l'esprit de gauche..

Gustave Thibon


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