Chroniques de

Marcel de Corte

 

La hantise de la politique

Le bonheur collectif

Le collectif n'est rien d'autre que le vide et Socialisme maladie de l'esprit maladie

Christianisme et communisme

Socialisme et christianisme

De l'Europe réelle à l'Europe mythique

Le débat sur l'incivisme

Où va l'islam

L'orthographe et l'éducation

Politique et philosophie

Politique et mystique

L'Islam et le nouvel Islam

Marxisme et nationalisme arabe

L'esclavage collectivist

 

Les parti politiques, dans les démocraties, ont pour fonction d'enrôler les citoyens pour que la classe politique les manipule à sa fantaisie. ( Nicolas Gomez Davila )

 

La hantise de la politique.

A l'inverse des civilisations antérieures, la civilisation technique ne laisse aucune place à la religion, au rapport personnel à une transcendance personnelle. Le principe religieux qui a régi jusqu'à présent toutes les autres cultures, sous une forme quelconque : grossière ou raffinée, naturelle ou surnaturelle, est remplacé ici par le principe politique, lui-même issu d'un virus antireligieux et laïque qui apparaît pour la première fois dans l'histoire.


La dévitalisation ne tarit pas seulement les puissances de communion de l'homme avec le cosmos, elle épuise sa capacité de participation au bien commun des différents groupes associaux dont il fait partie et dont il se déracine. Les hommes d'aujourd'hui ne souffrent plus d'être reliés organiquement à leurs semblables par une sorte d'appel inconscient, indéfinissable comme tout ce qui surgit de la vie, et qui les pousse au delà d'eux-mêmes vers une situation sociale vécue où leur individualité se prolonge. Ils n'épousent plus les relations d'être concret à être concret que la vie établit sans cesse dans des corps. Ils s'établissent dans une discontinuité réciproque qui les rapproche les uns des autres en fonction de leur commune carence. Ils prennent obscurément conscience de leur épuisement social et se rassemblent au niveau de cette conscience. Comme nous l'avons vu plus haut, le collectif prend alors la place du social

. « Les hommes d'aujourd'hui, écrit Ramez, renient leurs familles de chair, et ils renient jusqu'à leur chair, ayant souffert à cause d'elle. Ils se cherchent des frères d'esprit par-dessus les frontières terrestres, et ne se reconnaissent plus eux-mêmes dans ceux qui les entourent. Ils se veulent des frères d'idées et mettent leurs espoirs dans des parentés d'abstraction. Ils se sont réfugiés dans les régions de la pensée par crainte et par dégoût de la réalité. Ils méconnaissent toute espèce de sol et toute espèce d'attache charnelle comme si leur pensée tirait sa substance d'elle-même et se nourrissait de son propre fonds. »


Ainsi surgit dans l'existence le groupement politique, émanation de l'anémie sociale, et qui agrège les hommes en fonction d'une conscience idéologique morte et mécanisée.


La politisation succède à la sociabilité disparue, comme la maladie à la santé: plus les liens sociaux organiques sont fragiles, plus est forte l'emprise de la politique sur l'existence humaine.
Or la politisation de l'existence signifie la divinisation de la politique. Les hommes sont contraints d'attendre tout de la politique à laquelle ils adhèrent, tout, jusqu'à leur propre refonte. Une fois disparues les relations sociales élémentaires, l'homme se trouve seul : il n'est plus qu'un moi. La politique devra lui assurer tout ce qu'il faut pour la même raison, il se trouve juxtaposé à ses semblables. La politique devra tisser entre lui et les autres des rapports artificiels destinés à faire de leur ensemble un corps cohérent. En d'autres termes, la politique est appelée à refondre totalement l'homme en sa personne et dans ses relations, à la manière de la Grâce : elle mime la présence de Dieu dans l'âme du chrétien et dans le Corps mystique que forme l'ensemble des baptisés. Les hommes sont aujourd'hui suspendus à la politique comme à la Transcendance qu'elle caricature. Ils le font d'ailleurs avec d'autant plus d'aisance que la politique se confond avec leur propre moi : n'étant qu'idée, elle n'a d'existence que dans leur imagination. La politique ne peut dès lors qu'exclure le christianisme du champ total de la vie humaine parce qu'il lui fait concurrence. La religion véritable est désormais l'idéologie politique. Il n'y en a point d'autre qui puisse accorder à l'homme le salut. Par une coïncidence qui n'est point fortuite, la politique dispose du reste de moyens techniques appropriés pour diriger les hommes, tant au for interne qu'au for externe, suaviter as fortiter comme Dieu lui-même. Comment, encore une fois, le christianisme pourrait il encore subsister à ses côtés ?


Conclusion.

Notre conclusion sur ce point sera brève. Les normes directrices de la civilisation contemporaine : idée de progrès, tecknique et idéologie politique sapent toutes les conditions propices au développement de l'anima naturaliser christiana ou s'opposent radicalement au christianisme. La semence chrétienne tombe aujourd'hui sur la pierre. Comme Chateaubriand l'avait prévu, « le temps du désert revient ; le christianisme recommence dans le désert de la Thébaïde, au milieu d'une idolâtrie redoutable, l'idolâtrie de l'homme envers soi ».

Marcel De Corte.

 

Marcel de Corte

Biographie..

De la dissociété..

Fin d'une civilisation..

Philosophie des moeurs contemporaines..

Mutation de l'homme..

Sauver notre civilisation..

Sur le totalitarisme
de l'égalité..

L'homme contre
lui-même..

L'esprit de droite
et l'esprit de gauche..

Gustave Thibon


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